L’entropie est-elle le temps ?

En visitant ce site, je suis devenu perplexe quant à son contenu.

Sans porter le moindre jugement moral, je vais examiner la page citée en lien ci-dessus, afin d’en évaluer la pertinence.

L’auteur nous livre une équation simple, à laquelle il donne son propre nom.

Cette équation relie l’entropie S au temps t par :   dS = dt / t dS/dt désigne la dérivée de l’entropie.

En intégrant, l’auteur trouve S = log t comme solution. Je trouve plutôt   S(t) = C + ln t où C est une constante, et avec le signe ln qui désigne le logarithme népérien et non pas log qui est le logarithme décimal. Mais bon, on ne s’attardera pas sur ce détail.

Mais l’entropie S s’exprime en joule par kelvin (J/K) tandis que le temps t s’exprime en seconde. Ainsi, au niveau de l’analyse dimensionnelle, ça ne colle pas. Par contre, avec l’équation célèbre de Boltzmann S = k * ln W, ça colle grâce à la constante de Boltzmann notée k, et où W est une grandeur adimensionnelle qui désigne le nombre de microétats possibles pour un macroétat donné d’un système thermodynamique fermé. Avec l’équation  E = h*f, ça colle aussi, comme pour la formule de Boltzmann, parce que la constante de Planck (unité : joule.seconde) multipliée par la fréquence (1 Hz = 1 cycle par seconde) est égale à une énergie exprimée en joule.

La constante de Boltzmann s’exprime en J/K, tout comme l’entropie. Mais avec S = C + ln t, comment peut-on passer des secondes en joules par kelvin s’il n’y a pas de constante adaptée ? Des secondes ne sont pas des joules par kelvin.

Ensuite, l’auteur affirme que « dans le cas d’un trou noir, S est la surface de l’horizon ».

L’entropie est une surface ? Ah ? Ce n’est plus le temps ? Le concept a changé ad hoc ?

Selon l’équation de Stephen Hawking, l’entropie est proportionnelle à la surface de l’horizon du trou noir. Mais l’entropie n’est pas stricto sensu la surface. Il existe effectivement un lien entre S et A selon Hawking, oui, mais S n’est pas A,comme le montre son équation ci-dessous.

S = k * c3 * A / (4 h_bar * G)

avec :

  • S = entropie
  • k = constante de Boltzmann
  • c = célérité de la lumière dans le vide
  • A = surface de l’horizon
  • h_bar = constante réduite de Planck = h / (2 pi)
  • G = constante de gravitation

 

La dernière fois que j’ai lu que l’entropie était le temps, c’était il y a 24 ans dans un livre d’ufologie plus ou moins agrémenté de théories du complot… Et ce livre, je préfère l’oublier.

Un livre que j’ai trouvé très intéressant : « Toute la physique » (2e édition), pour niveau Licence et Ecoles d’ingénieur, éditions Dunod, ISBN 978-2-10-051181-5. Un véritable condensé de la physique : cinématique, dynamique, gravitation, relativité restreinte et générale, mécanique, chaos et fractales, vibrations et ondes, acoustique, optique, électricité, physique du plasma, thermodynamique, physique quantique, physique des particules, annexe sur les mesures expérimentales et les mathématiques et le système SI, tables de données sur les matériaux et les constantes physiques. 🙂

 

  •  Le scepticisme est utile dans la mesure où le questionnement cherche à comprendre, à trouver des réponses concrètes et valides à travers un esprit rationnel, c’est ce que j’essaie de faire ici. On a autant le droit de douter que le droit de croire. Le scepticisme ne doit pas être considéré comme une sorte d’offense ou comme un jugement moral, car c’en n’est pas du tout le but recherché ici. Attirer des lecteurs, c’est s’exposer inévitablement aux critiques, et être l’objet de remarques c’est le signe que l’on écrit des choses intéressantes. Sinon, les lecteurs seraient complètement indifférents.

John Philip C. Manson

 

 

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