Endommagé, l’avion Solar Impulse 2 doit rester au Japon pour une semaine

SolarImpulse

Ayant atterri depuis peu au Japon à Nagoya, l’avion solaire Solar Impulse 2 a subi des dégradations suite à son exposition au vent et à la pluie.

L’engin avait été contraint par la météo de faire escale au Japon, et écope maintenant d’un retard d’une semaine à cause des avaries.

Malgré sa largeur importante, l’appareil est fragile, il ne supporte pas les turbulences ni les intempéries.

Je me doutais bien que l’enthousiasme autour de cette machine solaire (néanmoins surtout équipée de batteries électriques d’appoint sans lesquelles le vol serait impossible) était exagéré et suspect.

Promouvoir les énergies renouvelables reste une utopie. L’aviation est encore très loin de transporter comme les avions Airbus des passagers au moyen de l’énergie solaire…

Faire croire que ça va marcher, que c’est l’avenir, que tout va bien et que tout est beau, que tout le monde est content et applaudit, c’est un non-sens. L’envers du décor : un spectable qui occulte des millions d’euros ayant servi à construire un avion n’ayant qu’un seul pilote. Quel intérêt ? Cherche t-on à vendre un gadget coûteux aux riches qui peuvent payer ? Un gadget cependant très fragile. Espérons que le pilote arrivera sain et sauf à la fin de son voyage.

Heureusement pour le pilote qu’il ait pu atterrir d’urgence au Japon… Que se passerait-il sans escale au-dessus de l’océan Pacifique (pas si pacifique que ça…) si le maigre squelette de l’avion solaire était endommagé ?

L’énergie renouvelable, avec cet avion, c’est un bilan d’économie d’énergie négatif, compte tenu de la dépense d’énergie que ce projet a nécessité pour sa conception et sa fabrication ! L’avion solaire est un défi technologique, certes, mais n’a rien de « renouvelable » en terme d’énergie. Sans oublier les batteries d’appoint… Des accumulateurs pesant 400 kg (soit plus du quart de la masse totale de l’avion) !

En France, à titre d’exemple, les périodes d’ensoleillement font que les journées n’ont d’ensoleillement moyen annuel que le tiers du temps, les deux tiers du temps sont donc un ciel couvert fait de nuages, de pluie, de neige… Sans oublier les nuits qui n’ont pas de soleil… Plus précisément : en France, la filière photovoltaïque jouit de 1500 à 2900 heures d’ensoleillement annuel, et il y a 8766 heures environ dans une année complète, ainsi, au mieux, il y a 2900/8766 = environ 33% de soleil au long de l’année. Comment combler le manque de soleil ? Avec des batteries électriques (qui sont nocives pour l’environnement). Développement durable ? Pas du tout !

La publicité pour l’énergie solaire tourne au fiasco. Nous en sommes encore très loin d’une concrétisation commerciale rentable…

On s’en moque de l’idéalisation, du rêve, du fantasme, il reste plus utile de rappeler les rêveurs à la réalité.

Des défis technologiques qui marchent, je voudrais bien qu’ils se réalisent avec succès, et je le souhaite ; mais faire rêver les gens jusqu’à contribuer au déni des dures réalités, c’est se foutre du monde…

Un avion solaire a t-il vraiment un avenir dans l’histoire de l’aéronautique ? Réfléchissons, posons-nous des questions, mais ne nous laissons pas leurrer par des rêves illusions qui risquent de phagocyter la raison.

 

Copyright 2015 John Philip C. Manson

 

 

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