Documentaires scientifiques à la TV : la débâcle des fantasmes de fin du monde

Vu dans le programme Télépoche de la semaine du 5 au 9 janvier 2015, page 105 :

climyths

Encore des contenus relatifs à du catastrophisme. Derrière ces fantasmes apocalyptiques, souhaitent-ils l’extinction de l’humanité ?

  • Le rôle de la science est d’informer le public à travers l’explication des phénomènes naturels.
  • Le rôle de la science n’est pas de glisser dans des conjectures ineptes de cataclysmes majeurs.
  • « Si une force étrange » : avec des « si », on mettrait Paris en bouteille… Mais une « force étrange » (Dieu ? Les Aliens ?) pour quoi faire ? « Les volcans en éruption en même temps » ? Pourquoi faire ? Et comment ? Pour nous faire peur et nous punir de vous avoir ridiculisé le soir de la fausse fin du monde du 21 décembre 2012 ?…
  • « Une période glacière » ? Glaciaire, plutôt. Zéro pointé en orthographe… Preuve que le sujet (autant le français que les sciences) n’est pas maîtrisé par les journalistes qui découvrent les sciences pour la première fois de leur existence…
  •  « Le coeur de notre planète pourrait-il remplacer notre soleil » ? Plutôt le noyau ou le manteau supérieur, ou plus vraisemblablement  l’extraction de chaleur par géothermie via des forages dans la croûte terrestre. La Terre n’a pas de coeur, elle n’est pas un être vivant… Si la géothermie remplace l’énergie solaire naturelle, ça pose des problèmes sérieux : les forages induisent des séismes, les fluides caloporteurs (comme le tétrafluoroéthane) sont de puissants gaz à effet de serre, et les techniques de géothermie sont coûteuses. De plus, la réussite des forages profonds, puis leur bonne exploitation, nécessitent des compétences spécifiques. Non, la géothermie ne pourrait pas remplacer notre soleil…

Avec un recul critique, on avance. La peur, elle, n’enseigne rien. Cependant, j’ai peur, quand je constate tout cela, la qualité de la vulgarisation scientifique a l’air de baisser d’année en année. La débâcle de la vulgarisation scientifique. C’est inquiétant.

 

Et ça recommence la semaine suivante :

crashes

  • Du volcanisme sur Jupiter, j’en doute, alors qu’il s’agit d’une planète gazeuse. Du volcanisme sur ses lunes, oui…
  • Le plus grand volcan de Mars, nommé Olympus Mons, a une hauteur de 27 km, c’est vrai, mais il est éteint depuis longtemps.
  • Collisions, crashes, téléscopages, chocs, effroi… Tiens, ça recommence dans le catastrophisme. On dirait de l’auto-flagellation, ou alors cela l’y incite…

Je ne comprends pas la façon de présenter les sciences naturelles, comme les sciences de la Terre, sous une forme de catastrophisme extrême cautionné maladroitement par des hypothèses improbables. Cette méthode bizarre n’enseigne rien, sauf la peur et l’angoisse.

 

Humour : « Oh oui, il faut crouare, paskeu sinon nous z’irons en emphair… »

iconlol

© 2014 John Philip C. Manson

 

Advertisements