Pluviométrie estivale annuelle et statistiques

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Ils soulignent bien que 2014 présente un maximum de précipitations estivales par rapport à la période 1959-2014. Mais en statistiques, on n’emploie pas des cas isolés pour affirmer des superlatifs. En statistiques, on évoque plutôt la signifiance, c’est-à-dire un résultat significatif.

En statistiques, on parle de résultat significatif s’il a jusqu’à 5% de probabilité de se produire (parfois le seuil est fixé à 1%).

Faute de pouvoir isoler les données de façon à essayer de les convertir en nombres, j’ai cependant pu définir des tranches, en les distinguant par niveau, n traçant des droites horizontales sur le diagramme.

  • Niveau A : 0 à 25 mm de précipitations pour une année donnée.
  • Niveau B : 25 à 50 mm
  • Niveau C : 50 à 75 mm
  • etc…
  • Niveau J : 225 à 250 mm
  • Niveau Q : 425 à 450 mm

Pour ces différentes tranches, on a alors un diagramme en bâtonnets plutôt qu’une courbe.

Voici le tableau de données que j’obtiens par analyse du diagramme, j’attribue le nombre d’occurrences pour chaque niveau défini :

 

  • A   B   C   D   E   F   G   H   I   J
  • 0   0    2   11   18  12  6   6   1   0

Vous l’aurez compris : A = 0, B = 0, C = 2, D = 11 et ainsi de suite…

Résultat : la moyenne correspond au cinquième niveau (E), soit l’intervalle de 100 à 125 mm de précipitations estivales.

Pour une p-value de 0,05, on a alors z = Q, c’est-à-dire que pour qu’un résultat soit significatif, il devra être d’au moins 425 à 450 mm de précipitations estivales pour une année donnée afin de se distinguer de l’ensemble de l’échantillon de l’an 1959 à l’an 2014.

Oui, en juillet et août 2014, il a un peu plus plu en France par rapport aux 54 dernières années, c’est un fait, (mais le GIEC, lui, nous promettait une sécheresse punitive…) mais l’excédant de précipitations en 2014 n’est statistiquement pas significatif. Rechercher des détails qui permettent d’étayer un changement climatique ne doit pas se résumer à trouver des cas isolés aléatoires quand la chance se présente, car le vrai problème est celui de la signifiance : il faut ainsi distinguer les fluctuations dues au hasard et les phénomènes qui ont une cause précise (un réel changement climatique). La signifiance en climatologie n’a de sens que sur le long terme (des siècles et des millénaires, mais pas sur environ 50 ans).

En 2014, le léger excès de précipitations estivales (par rapport aux précipitations de la période 1959-2014) peut être imputé au hasard plutôt qu’à une loi physique déterministe. En effet, il semble que la valeur enregistrée pour 2014 (ainsi que les valeurs supérieures à celle de 2014) soit un événement qui a 29,3% de chance de se produire aléatoirement, c’est-à-dire que sur l’intervalle d’un siècle il peut se réaliser plusieurs fois.

Je m’efforce de parfaire mes compétences en statistiques aussi bien que possible (j’essaie d’améliorer mon niveau en mathématiques depuis la fin de mes études universitaires). L’avis du Dr Goulu me sera précieux si j’ai omis certains détails, je tiens à être le plus objectif possible avec l’appui des mathématiques.

© 2014 John Philip C. Manson

 

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