La mission Rosetta : cap sur la comète

Philae, le robot atterrisseur, s’est bien détaché de la sonde Rosetta, et ses pieds d’atterrisage se sont déployés comme prévu.

Si la descente en direction de la comète se passe bien, nous pourrons voir bientôt les premières images vers 17h30 sur la chaîne LCI (La Chaîne Info).

 

Réédition ici quelques heures plus tard :

Les médias annoncent avec fracas le succès de la mission. Mais l’enthousiasme semble retomber brutalement à l’annonce d’un événement inquiétant : le robot Philae ne s’est pas arrimé au sol de la comète mais il y a eu contact, et de plus, il semblerait que le robot bouge un peu au lieu de rester immobile. J’ai suivi l’actualité sur la chaîne BFMTV.

Néanmoins, voici quelques images concrètes, cela change des animations 3D qui simulaient la mission Rosetta (ça en devenait agaçant)…

 

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La comète 67/P Churyumov-Gerasimenko, photo bien réelle. La comète a la forme d’une cacahouète géante, ou celle d’un canard en plastique.

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Une autre belle image de la comète.

 

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Un aperçu du sol de la comète juste avant l’atterrissage. Le sol semble granuleux et poudreux. Peut-être que le problème d’arrimage équivaut à celui de tenter de tendre une toile de tente sur de la farine au moyen de pitons, le sol étant trop meuble ?

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Et plusieurs photos. Il semblerait que les clichés soient accessibles d’abord sur Internet avant la télévision…

J’espère cependant que la mission ne soit pas compromise… Il faut que ça marche !

C’est quand même excitant de pouvoir examiner une comète de très près. Mon impatience me rend même irritable. Parce que l’objectif de la mission consiste à recueillir des informations inédites sur la formation du système solaire, l’existence de l’eau sur Terre (que l’on pense apportée par les comètes il y a des milliards d’années), et surtout la découverte possible de molécules prébiotiques (qui sont à l’origine de l’apparition de la vie) dont la nature nous livrera des connaissances précieuses et très attendues.

En août 2014, la sonde Rosetta a déjà fourni des infos sur la nature des gaz entourant la comète : méthane, ammoniac, méthanol, formaldéhyde (la forme anhydre du formol), sulfure, cyanure d’hydrogène, dioxyde de soufre (anhydride sulfureux), sulfure de carbone. Or justement, ces gaz servent à la synthèse naturelle des acides aminés, ces derniers étant les briques formant les protéines.

 

Néanmoins, il y a pire que le risque d’échec de cette mission spatiale : c’est l’indifférence totale de certaines personnes en ce qui concerne l’astronomie et les nouvelles découvertes, et qui ne veulent rien connaître ni comprendre…

Quant à ceux qui critiquent la conquête spatiale, l’acquisition de nouvelles connaissances en astrophysique, qui disent que ça coûte cher, je leur réponds que les guerres dans le monde, que ce soient les guerres mondiales et celles d’après (notamment en Afghanistan) ça a coûté et ça coute encore beaucoup plus cher que la recherche scientifique qui, elle, est utile… La science sert l’humanité, tandis que les guerres détruisent, appauvrissent, tuent…

 

Autres infos :

Souvent vu sur le web : « Philae, 100 kg sur Terre, ne pèse qu’un gramme dans l’espace. » Concrètement, pour parler avec rigueur : la masse ne change pas, c’est le poids qui varie selon l’endroit. Un gramme (équivalent poids) sur la comète, mais pas dans l’espace vide…

Concrètement : 100 kg sur Terre c’est un poids de 981 N. Et sur la comète Tchoury, 100 kg ont un poids de 0,01 N apparemment. Autrement dit : la gravité sur la comète est 100 000 fois environ plus faible que sur Terre.

Pour qu’un « poids » de 100 kg pèse un « poids » de 1 g sur la comète, alors cela correspondrait à un corps de 4,5 km de diamètre pour une masse cométaire de 700 milliards de tonnes. Ce qui implique une vitesse de libération d’environ 6,4 m/s, soit 23 km/h. C’est la vitesse à laquelle Philae risque d’échapper définitivement à l’attraction gravitationnelle de la comète si le robot bouge trop… Toutefois, le Wikipedia anglais indique que la vitesse de libération est de 1 m/s (3,6 km/h), ce qui équivaut à la vitesse de Philae lors de sa descente : le rebond risquait de projeter le robot avant une prochaine rechute vers le sol…

La densité moyenne de la comète est de 0,4, inférieure à celle de l’eau : on peut présumer que la comète est composée d’un mélange de gaz gelés, de glace et de roches.

 

 

  • Pour rappel : un autre événement, un gros événement, surviendra le 15 juillet 2015 avec la mission New Horizons, une sonde explorera de très près non pas une autre comète mais la célèbre planète Pluton (et sa lune Charon). Ce jour-là, je pleurerai de bonheur, comme un gamin.

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© 2014 John Philip C. Manson

Crédits photos : ESA/CNES

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