Evolution du pH et de la concentration acide

Si l’on vérifie les données quantitatives de l’article citée en lien ci-dessus, on s’apercevra que ça ne colle pas du tout avec les formules logarithmiques des acides faibles, de la forme pKa + log C = pH, où x est en rapport avec la concentration molaire acide (le couple CO2/HCO3²-). Logarithme décimal, et non népérien, je précise.

Quand je lis la presse relative à l’acidité océanique, et bien que je sois spécialiste en chimie (c’est mon domaine de formation, alors je connais bien le sujet), là je suis complètement paumé. Les données comparatives présentées par le journalisme semblent sorties d’un chapeau de magicien, comme indépendantes de toute forme de calcul…

De plus, ce sujet médiatique sort à peu près tous les ans. J’ai déjà abordé le sujet au moins une fois ici dans mon blog depuis 2011. Les augmentations de concentration acide, ça ne colle pas avec les variations de pH… Pourquoi ?

Dans ce contexte, je réitère ma question d’il y a quelques mois : pourquoi présenter des variations d’acidité avec des pourcentages plutôt qu’indiquer les grandeurs physiques directes ? Le journalisme éprouve t-il une gêne à indiquer que le pH moyen de l’eau de mer est de 8,2 depuis les années 50 ? L’eau de mer qui tend peut -être vers l’acidification du fait de l’augmentation du taux du CO2 atmosphérique, mais la proportion de CO2 dans l’air est faible, environ 0,04% (soit près de 400 ppm), pas de quoi produire de l’eau de Seltz, ainsi l’eau de mer avec un pH moyen de 8,2 est basique (synonyme de alcaline), elle n’est pas acide au sens strict. L’acidité concerne les pH inférieurs à 7. Le pH 7 est neutre.

J’ai personnellement mesuré le pH de l’eau de mer : la Manche a un pH d’au moins 8, cet eau de mer est basique. La mesure date d’août 2013.

Mais l’article de RTFlash n’a même pas daigné mentionner cette info essentielle (comme la plupart des autres médias) : le pH moyen actuel des océans. Pour rappel, ce pH est d’environ 8,2.

Il me faudra surtout qu’on m’explique ça :

coccolithe

Source : Science et Avenir 2008, si je me souviens bien.

 

Et puis, n’oublions pas que pendant la nuit, il n’y a plus de photosynthèse chez les plantes océaniques (dont les algues), et ces plantes libèrent du CO2 qui fait baisser le pH de l’eau de mer (mais le pH remonte pendant le jour). Ainsi, il n’y a pas que le CO2 atmosphérique (dont le CO2 anthropique), il y a aussi la respiration de la flore océanique.

D’après le laboratoire de métrologie : « Les mesures du pH de l’eau de mer sont fortement impactées par un manque de compatibilité et comparabilité spatio-temporelle. »  http://www.metrologie-francaise.fr/fr/publications/RFM/2014/rfm1406.asp

 

© 2014 John Philip C. Manson

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