Un parent sur 2 incapable d’aider son enfant pour ses devoirs

Voila un fait. 50% des parents sont incapables d’aider leur progéniture pour leurs devoirs scolaires. Je comprends que bien des gens soient dépassés par les maths ou les spécialités relativement difficiles, mais 50% c’est plutôt beaucoup à mon avis.

Il y a quarante ou cinquante ans, beaucoup de personnes achevaient leur scolarité à l’âge de 14 ans pour devenir des apprentis afin d’apprendre un métier. C’est le cas de mon père, mes grands-pères, mes oncles. Travailler n’est pas un mal, c’est même une opportunité. De nos jours, trouver un travail durable devient fort difficile, et de plus, les gens prolongent leurs études et commencent leur vie professionnelle tardivement. Je suis très pessimiste à propos des retraites pour les décennies à venir, les jeunes de maintenant deviendront des seniors aux maigres ressources…

Mais voila, pour évoquer le degré général de culture, le diplôme du certificat d’études (en France) était l’achèvement des études primaires, avec pour bases complètes l’aptitude à la lecture, au calcul et l’écriture, et surtout la capacité de raisonner. Le certif est un diplôme qui paraît ringard actuellement. Mais en toute franchise, ce diplôme était assez bien conçu. Si l’on faisait passer le certif à des élèves actuels de niveau lycée, nous aurions des surprises…

Mais voila… Si des parents actuels ne comprennent rien aux devoirs de leurs enfants de niveau primaire, c’est très inquiétant. De niveau collège, je comprends à la limite. Le niveau universitaire ? Là les parents sont excusés. Le niveau universitaire est difficile, je l’admets (surtout quand il s’agit de maths et de sciences).

Depuis plus de 40 ans, le niveau scolaire n’a pas évolué vers la complexité mais vers la régression. Pour preuve, le bac de mathématiques de la filière scientifique (S) en juin 2014 (j’ai abordé le sujet dans mes articles de ces derniers mois), qui a été venimeusement critiqué par les lycéens qui trouvaient le niveau trop difficile. J’ai cependant pu prouver que les exercices du bac de maths 2014 pouvait être résolus au moyen d’outils mathématiques du niveau de la classe de 3e…

Parce que depuis les années 70, moins d’heures de cours de maths sont assurés. C’est vrai. Mais avec le développement spectaculaire d’Internet depuis la fin des années 90 (et actuellement Internet fait partie de mon métier depuis septembre 2014, j’en parle en parfaite connaissance de cause), il est inexcusable de prétendre que l’on ne puisse pas apprendre les maths alors que l’Internet peut en améliorer significativement le niveau.

Mais quand on parle des difficultés des parents à aider leurs gosses dans leurs devoirs, si ces devoirs sont du niveau primaire, élémentaire, c’est quand même préoccupant.

Théorème de Pythagore, bataille de Marignan, règles d’accords du participe passé… Pythagore, à la limite, on s’en fout. Marignan, bataille dont tout le monde sait que c’était en 1515 (Marignan 1515 c’est une phrase mnémotechnique célèbre et récurrente). On ne peut cependant pas se souvenir de tout en Histoire, à part les faits historiques les plus marquants. Tandis que les règles d’accord du participe passé, là oui, c’est élémentaire, et les fautes à ce titre sont inexcusables ! Le participe passé et l’infinitif, on apprend ça lors des premières années de primaire. Si vous me voyez écrire dans un français irréprochable présentement, c’est grâce à la bonne vieille méthode syllabique, pas grâce à cette abominable méthode globale actuelle qui lobotomise les cerveaux…

Mais attention : aider les gosses dans leurs devoirs ne consiste pas à faire leurs devoirs à leur place… Il faut avoir la patience d’expliquer des choses abstraites par des exemples concrets.

 L’éducation des jeunes, c’est important, elle ne doit pas être négligée, surtout durant les 5 premières années de scolarité.


© John Philip C. Manson

Advertisements