Une voiture électrique qui fonctionne à l’eau salée ?

 

J’ai lu attentivement les données quantitative donnée par l’article. En résumé, nous avons affaire à une voiture de sport qui peut monter à 345 km/h en pointe, et atteindre les premiers 100 mètres en accélérant pendant 2,9 secondes.

Mais la particularité de cette voiture est qu’elle fonctionnerait à l’eau salée. Les électrolytes ici fonctionnent sur le principe contraire de l’électrolyse : c’est le principe de la pile électrique.

  • La voiture a une puissance de 920 cv, c’est-à-dire 676,66 kW. En considérant qu’un cheval-vapeur équivaut à une puissance de 735,49875 W.
  • La batterie de la voiture peut cumuler jusqu’à 120 kWh d’électricité, c’est-à-dire 432 MJ. En considérant que 1 kWh équivaut à 3,6 MJ.

Mais voila ce que je remarque. Si la voiture est vantée pour son autonomie de 600 km environ, il y a un point qui soulève l’interrogation.

En effet, l’énergie électrique stockée dans une batterie est délivrée sous forme de puissance pendant une certaine durée. Une puissance de 676,66 kW est assurée pendant un certain temps jusqu’à épuisement de la batterie. Une simple division montre qu’une batterie de 920 cv épuise ses 120 kWh en un peu plus de 10 minutes seulement, si la voiture roule à sa pleine puissance…

  • Je me demande à quelle vitesse maximum la voiture doit rouler afin de pouvoir parcourir les 600 km d’autonomie avec le stock d’électricité (120 kWh) que peut délivrer la batterie…
  • Et si la voiture grimpe quelques dizaines de côtes dont chacune fait varier l’altitude de 1000 mètres environ, la batterie risque d’être rapidement déchargée. Et on risquerait de tomber en panne en pleine montagne, là où il n’y a pas d’eau de mer…
  • En regard de ses performances, la batterie doit être a priori imposante. Combien pèse t-elle ? Quel volume ? En effet, 920 chevaux-vapeur c’est presque 677 kilowatts, et cette grandeur vaut environ la moitié de la puissance d’un avion de combat P-51. Et c’est environ 30% de moins que la puissance d’une Bugatti Veyron Super Sport la plus puissante. On le constate, la supercar électrique dont il est question ici, c’est une grosse bête. Au fait, que deviennent les électrolytes après usage ? Y a t-il des déchets chimiques ?
  • L’électrolyte sert de conducteur dans lequel circulent des cations et des anions, il n’est pas un carburant. Le choix des métaux a des conséquences sur la qualité de la différence de potentiel électrique entre les électrodes. L’article qui vante la supercar ne donne aucun renseignement sur les métaux utilisés (cuivre ? métaux lourds ?), et à ce niveau des détails semblent avoir été délibérément omis.

 

Je serais ravi que le Dr Goulu exprime son avis sur cette voiture électrique. Ce que j’en pense, c’est que les voitures électriques c’est bien mais il faut en avoir les moyens pour en acheter une ; et quand l’on vérifie des calculs avec les données fournies, on a l’impression que quelque chose cloche lorsque les médias se montrent sensationnalistes et étrangement très optimistes… De plus, étrange idée de faire du haut de gamme quand le développement durable préconise de faire des économies…

  • Le 9 septembre 2014, je prends connaissance de la réponse du Dr Goulu qui me fut adressée le 20 août dernier par mail :

Merci au Dr Goulu pour ces précisions.  🙂

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

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