Donne t-on le Bac trop facilement ?

Donne t-on le Bac trop facilement ?

À l’heure où j’écris, 82,9% des lecteurs ayant lu l’article du Parisien pensent que oui.

Je cite l’article :  «À la session 2013, la réussite au bac avait atteint un taux historique de 92 % au bac général et 86,9 % toutes filières confondues.»

Ces taux contredisent les données suivantes : http://www.contrepoints.org/2012/08/05/92831-30-dillettres-en-france dont je cite : «30% des jeunes de 17 ans ne savent pas lire correctement.»

À lire aussi :  http://www.francesoir.fr/actualite/societe/l-ecole-fabrique-des-illettres-133076.html  C’est le constat d’une réalité, je n’invente rien.

Quand on compare le taux de réussite au bac et le niveau moyen réel des élèves, ça fait peur.

Quand un jeune (pas tous les jeunes, je ne généralise pas) obtient son bac malgré une écriture bourrée de fautes de grammaire et d’orthographe, cela ne fait pas crédible. Il m’est arrivé de lire un texte écrit par un gars de niveau bac +5, dont l’écriture se rapprochait à peine du niveau CE1… Il ne s’agit pas d’une critique virulente, mais d’un constat. Je trouve cela plutôt inquiétant…

L’autre jour, j’ai livré une analyse sur la polémique autour de l’épreuve de mathématique pour la série S, les élèves contestent la difficulté inhabituelle de l’examen : https://jpcmanson.wordpress.com/2014/06/20/la-session-2014-de-lepreuve-de-maths-du-bac-un-carnage/  Bilan : l’exercice incriminé nécessite de la réflexion et du temps, mais il se base sur des connaissances faisant partie du programme de Terminale S. La difficulté apparente ne signifie pas que l’exercice reste insoluble. Les mathématiques c’est du travail cérébral certain, rien à voir avec des leçons apprises « par cœur ».

Les diplômes servent à valider un niveau, ils ont pas à être faciles. Sinon les diplômes ne servent à rien. De plus, des élèves devraient être capables de résoudre des exercices différents ou inhabituels à partir des connaissances de base, c’est-à-dire qu’ils devraient savoir comment résoudre des exercices nouveaux en faisant appel à la réflexion plutôt qu’à la mémoire de quelques formules et de mêmes exercices récurrents.

Par exemple, voici une question posée lors des épreuves du certificat d’études primaires (équivalent au niveau CM2, élèves d’environ 12 ans) en 1928 :  «J’ai trois fois l’âge que vous aviez quand j’avais l’âge que vous avez. Quand vous aurez l’âge que j’ai, ensemble nous aurons 98 ans. Quels sont nos âges respectifs ?»  Je serais curieux de connaître le taux d’élèves de Terminale S qui réussissent à répondre correctement à cette question.

 

Où je veux en venir ? Je n’accuse personne, mais la question est simple : Pourquoi les taux de réussite aux examens ne sont-ils pas cohérents avec le niveau réel des élèves ? Et pourquoi ne pas améliorer concrètement et efficacement le niveau des élèves ?

En constatant certaines solutions proposées, je doute franchement que ce soit de bons choix, je crois qu’on est en train de saborder et de sacrifier le système éducatif : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20140624.OBS1447/hamon-prone-une-evaluation-des-eleves-qui-soit-bienveillante-et-qui-stimule.html  Je cite : «le sujet peut se révéler délicat à traiter, entre des habitudes qui poussent à l’inertie et la crainte qu’une notation renouvelée n’aboutisse à une baisse des exigences et du niveau des élèves.» Puis cet autre article connexe : http://www.lexpress.fr/education/benoit-hamon-dans-le-guepier-de-la-notation_1553948.html dont je cite : «En 2013, un rapport d’inspection générale sur l’évaluation des élèves dressait un constat inquiétant en pointant l’opacité du système: « On ne sait pas ce qu’on évalue, les niveaux de performance ne sont pas définis. Il est impossible de savoir ce que maîtrisent effectivement les élèves et de comparer les résultats d’une classe à l’autre, d’une école ou d’un établissement à l’autre », soulignait ce rapport. Quant aux classes « sans notes » expérimentées dans certains établissements, elles sont qualifiées de « classe bizarre » et suscite l’incompréhension des enseignants et des élèves, ce qui relevait l’inspection « qui ne manquent pas d’interroger sur le statut de toute innovation dans le système éducatif français ». ». Et notamment dans le même article :  «L’évaluation du baccalauréat, qui a très peu évolué depuis dix ans, et qui reste entièrement dédiée à l’obtention de « bonnes » notes, ou du moins d’une moyenne.»

notes

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

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