L’électrosensibilité, une réalité ?

Je suis un téléspectateur qui regarde occasionnellement l’émission TV «Le magazine de la santé», sur la 5. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Magazine_de_la_sant%C3%A9)   Cette émission spécialisée sur la médecine est co-présentée par le sympathique docteur Cymès.

L’émission a parlé du sujet qu’est l’électrosensibilité. Elle a parlé d’un cas clinique. La souffrance du patient est réelle, mais l’électrosensibilité est en polémique, elle divise les médecins.

Selon la majorité des médecins, l’électrosensibilité n’a pas de lien prouvé avec les rayonnements électromagnétiques, et aurait plutôt une origine psychosomatique. Je suis du même avis.

 

Les symptômes décrits sont reconnus comme réels, par l’OMS notamment, sans toutefois qu’un lien de causalité avec l’exposition aux champs et ondes électromagnétiques ne soit établi. (Depuis 2005, aucun auteur n’a contesté la réalité du vécu des personnes qui attribuent leurs problèmes de santé à une exposition à des ondes radiofréquences. Mais, aucun n’a apporté la preuve d’une relation de causalité entre cette exposition et l’électrohypersensibilité (Expertise collective 2009 de l’AFSSET sur les radiofréquences, page 308).)  Les effets thermiques des champs électromagnétiques sur le corps, et les seuils au-delà desquels ils sont censés se manifester, sont connus (ces limites sont ainsi prises en compte dans la définition des normes d’exposition du public). Mais les personnes qui déclarent souffrir d’hypersensibilité électromagnétique affirment réagir à des intensités bien inférieures aux limites. La quasi-totalité des essais cliniques réalisés en double aveugle, où les patients sont exposés à des champs tantôt réels, tantôt factices, ont démontré que les personnes se jugeant hypersensibles étaient incapables de distinguer une exposition aux champs électromagnétiques réels d’une exposition simulée. SOURCES : (James Rubin, J. Das Munshi et Simon Wessely, « Electromagnetic hypersensitivity: a systematic review of provocation studies », Psychosom Med, vol. 67, no 2,‎ mars et avril 2005, p. 224-32 (PMID 15784787))  +  (André Aurengo, « Réduire l’exposition aux ondes des antennes-relais n’est pas justifié scientifiquement », Bull Acad Natle Méd., vol. 193, no 9,‎ 2009, p. 2127-2130 (lire en ligne [archive])) + (M. Röösli, « Radiofrequency electromagnetic field exposure and non-specific symptoms of ill health: a systematic review », Environ Res, vol. 107, no 2,‎ juin 2008, p. 277–87 (PMID 18359015, DOI 10.1016/j.envres.2008.02.003))

 

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Pour ceux qui soutiennent l’hypothèse que les ondes électromagnétiques peuvent avoir des effets d’électrosensibilité sur les humains, j’ai relevé quelques détails auxquels j’aimerais avoir une réponse :

  • Lors du petit reportage dans l’émission sur l’électrosensibilité, j’ai vu l’homme souffrant qui se protégeait méticuleusement des «ondes» avec divers moyens dont une sorte de cape ample métallisée. Pourtant, j’ai, semble t-il, aperçu un ordinateur connecté à internet. Donc il peut utiliser sa box Wi-Fi ? De plus, un ordinateur utilise l’électricité, qui devait être théoriquement bannie à cause de sa maladie.
  • L’homme souffrant bannit les «ondes nocives», mais les écrans d’ordinateurs émettent aussi un champ électrique… Moi-même, avec un volt-mètre, je peux mesurer les variations du champ électrique qui sont plus intenses surtout à proximité de l’unité centrale. À part la micro-informatique, j’ai vu dans l’émission TV que l’homme souffrant utilise un appareil électrique qui mesure les champs électriques ou les fréquences électromagnétiques, en gros l’homme se dit rendu malade à cause des ondes extérieures, mais pas des ondes produites par son ordinateur ni par son appareil de détection ? Voila qui est étrange… Encore autant étrange, le traitement à base d’oméga-3 et d’anti-oxydants, paraît-il… Quel rapport avec les ondes, je me le demande encore ?
  • Pour terminer, vous n’êtes pas sans savoir que la Terre est baignée dans un champ magnétique permanent, qui ne rend pas malade apparemment ? Il n’existe pas d’écran pour bloquer les champs magnétiques. On peut arrêter les ondes radio et les micro-ondes avec une plaque métallique. Mais un champ magnétique, non. Deux aimants s’attirent toujours entre eux, même si on intercale entre eux une plaque de cuivre par exemple. À part le champ magnétique terrestre qui, semble t-il, ne rend pas malade, alors qu’il est partout, même dans les WC et les hôpitaux, je dois rappeler l’existence omniprésente du CMBR, connu sous le nom de rayonnement fossile ou de fond diffus cosmologique chez les astrophysiciens. En effet, depuis le Big Bang, l’univers se refroidit pendant son expansion, et le rayonnement résiduel existe toujours sous forme de rayons électromagnétiques micro-ondes (de longueur d’onde d’environ 3 millimètres) qui correspond à une température absolue de 2,7 kelvins. Ce rayonnement cosmologique fossile, il est partout. Celui-ci ne rend pas malade ? Bizarre, non ? Le domaine de longueur d’onde dans lequel le rayonnement fossile se situe est celui des micro-ondes, entre l’infrarouge et les ondes radio. Plus précisément, les longueurs d’onde et fréquence typiques du rayonnement sont respectivement 1,06 mm et 100 GHz, dans un ordre de grandeur proche de la téléphonie mobile qui utilise des ondes radioélectriques (fréquences dans les bandes UHF allant de 800 à 2 600 MHz). L’existence du rayonnement cosmologique fossile est, selon moi, l’une des preuves qui discrédite l’hypothèse selon laquelle les électrosensibles seraient malades à cause des ondes électromagnétiques (même à faibles doses).
  • Ah oui, autre détail de dernière minute : dites-moi, que se passe t-il pour les électrosensibles en cas d’orages et de foudre ? Ils sont accablés de douleur ? Les éclairs des orages, je ne sais pas si d’autres ont pensé aussi à ce détail.
  • Puis aussi, quand chacun démarre une voiture avec sa clé, le démarrage est provoqué par l’étincelle produite par une batterie. Dans ce cas, les électrosensibles devraient souffrir chaque fois qu’une voiture démarre. Non ?
  • Autre exemple : à chaque utilisation d’un IRM dans un hôpital, ça doit être perçu d’assez loin à distance par les électrosensibles, non ? En gros, un champ magnétique d’IRM, c’est entre 36 000 et 362 000 fois la valeur du champ magnétique terrestre…

 

Jusqu’à présent, l’électrosensibilité attribuée aux ondes électromagnétiques est une croyance.

Aussi, ce qu’on appelle «principe de précaution» en France, ça peut être préjudiciable pour la recherche scientifique : si le principe de précaution était appliqué depuis le XVIIe siècle, la science n’aurait pas progressé au même rythme, et bien des projets ne se seraient pas développés, la médecine et la physique aurait connu des retards. C’est mon avis.

En science, c’est la preuve seule qui prévaut, pas l’intime conviction non étayée par des preuves.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

P.S.:  L’eau est un liquide dangereux, car des gens s’y noient ; donc par principe de précaution, l’eau est déclarée interdite et impropre à la consommation. 

iconlol    Merde alors, comment vais-je utiliser les WC ?

 

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