La peur des maths, une origine génétique ?

 

Que va t-on encore inventer pour excuser le manque de travail des élèves ?…

Le fond du problème, c’est l’habitude de la façon de penser. La pensée intuitive qui s’oppose à la pensée rationnelle logico-mathématique. Si l’intuition ouvre des pistes intéressantes à explorer, l’intuition n’a pas le degré de rigueur propre au raisonnement qui nécessite lui-même un grand effort personnel.

Calculer et résoudre des équations implique un effort de réflexion, de logique, et du temps. Perdre pied à cause des maths, cela m’est souvent arrivé (surtout après le Bac), et cela arrive à tout le monde à des niveaux variables. Avec de la volonté, on finit par réussir. Mais pour vouloir faire des maths, il faut d’abord aimer les maths. Et aimer les maths implique un esprit de curiosité. Et moi, par nature, je suis très curieux, même quand les choses me paraissent parfois trop compliquées.

La peur des maths ? Je pense qu’au fond il s’agirait plutôt d’un manque de curiosité, un manque d’éveil pour des choses qui peuvent paraître plus profondes et trop grandes pour nous-mêmes. Il faut vouloir dompter le savoir et non en être la victime.

Faire des maths seul peut être un facteur d’échec et d’angoisse, quand il n’y a personne pour nous aider. Faire des maths en groupe ou avec le soutien d’un professeur à domicile, cela permet d’échanger des idées, de partager et compléter des connaissances. Les comportements sociaux, selon moi, ont une part d’importance dans l’apprentissage. L’accès aux livres et documents spécialisés a aussi beaucoup d’importance, et de nos jours l’utilisation d’internet permet d’accéder à de nombreux cours de maths et cela permet de gagner beaucoup de temps par rapport au temps passé dans un CDI de lycée où il n’y a pas toujours ce qu’on recherche.

Si les gens ne s’intéressent pas aux maths, on ne va pas les contraindre à faire des maths, c’est clair. Dans la vie, chacun son truc, chacun a un talent dans un domaine dont il est plus spécialiste qu’autrui. Il existe bien des choses que je ne sais pas faire moi-même, comme par exemple démonter complètement un moteur de voiture et le remonter, mais rien n’empêche qu’un jour je n’ai plus les moyens de m’acheter une voiture et que je prenne du temps pour apprendre en autodidacte comment reconstruire une 2VC à partir de pièces détachées. Dans la vie, on peut cumuler un certain nombre d’aptitudes, mais on ne peut pas TOUT savoir ni TOUT faire… On ne peut pas reprocher à quiconque de ne pas s’intéresser aux maths ou à la mécanique automobile. Mais rien n’empêche de susciter des vocations, de provoquer l’éveil. Et mieux vaut apprendre le plus tôt possible pour que cela soit plus facile.

En bref, ma curiosité pour les maths a toujours été plus forte que les difficultés qu’elles inspirent. Pour moi, apprendre n’est pas une compétition entre étudiants, c’est plutôt un défi que l’on réalise pour soi-même. Il faut apprendre à prendre son temps pour apprendre, car à aller trop vite on peut très bien échouer autant qu’à ne rien faire.

L’angoisse des maths ? Ou plutôt la peur de ne pas avoir le temps pour comprendre les maths et en faire ? La peur de perdre son temps à faire des maths parce que l’on croit que les maths sont une abstraction absolue dépourvue d’utilité ? Détrompez-vous, les maths sont très utiles dans les différents domaines où elles sont appliquées. Même la grande dame d’acier qu’est la Tour Eiffel à Paris a une courbure sensuelle qui a été dessinée sur plan par Gustave Eiffel à partir d’une équation exponentielle. Hé oui !

 

Et puis, insinuer que divers troubles (dont l’angoisse des maths) puissent avoir une origine médicale (les gènes, ou un virus, ou n’importe quoi d’autre) c’est un prétexte éhonté pour vendre toujours plus de médicaments (ça a l’air de suggérer cela a posteriori)… L’abus des médicaments, une spécificité française en Europe… Voila le remède pour progresser en mathématiques : pas de pilules colorées, non, mais juste faire des exercices de maths selon des degrés de progression. Donc, du travail. Mais si les gens ne s’intéressent pas aux maths et ne s’y intéresseront jamais, il n’y a pas grand chose à faire…

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

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