Le visage du mal, ou le mythe de la «tête d’assassin»

Voici la question que l’on se pose : les visages de psychopathes seraient-ils « reconnaissables » de façon physiognomonique ? (Voir Physiognomonie sur Wikipedia)

Faire des statistiques, c’est louable, mais examinons le procédé de plus près.

Je cite : « Le visage de gauche a été créé par ordinateur en superposant le visage de 24 femmes présentant de forts scores de psychopathie. A droite, un visage composé de 24 femmes à faible score de psychopathie. La majorité des personnes sondées font la différence. »

24. Quantité bien trop faible pour faire des statistiques pertinentes. Les études statistiques les plus sérieuses se basent sur plusieurs centaines, ou mieux des dizaines ou centaines de milliers de données à tester. En-dessous de 100, c’est insuffisant.

De plus, les personnes (combien ?) questionnées sur la psychopathologie possible du visage observé peuvent avoir été indirectement influencées. Il faut donc que l’étude soit réalisée en double aveugle, je ne sais pas comment, mais il faut éviter tout biais subjectif.

Bref, ce genre d’étude est à prendre avec précaution.

Exemple de situation rendant les examinateurs influençables : on prend un acteur à l’apparence physique quelconque et on l’habille en officier nazi. Tout de suite, la tenue vestimentaire rend le personnage détestable. Parce que pour beaucoup d’individus, «l’habit fait le moine»… On vit dans un monde qui attache une importance démesurée aux apparences. Une fois, j’étais habillé en costume assez chic et on m’a pris pour un directeur. Dès lors, quand les apparences remplacent toute réflexion, il ne faut donc pas s’étonner de l’attrait des gens pour l’irrationnel.

Les apparences ne sont pas les faits eux-mêmes. Les apparences sont trompeuses.

À voir :  http://www.podcastscience.fm/emission/2011/03/25/podcast-science-29-%E2%80%93-les-biais-statistiques/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_%28chat%29

 

© 2013 John Philip C. Manson

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