La démarche interprétative est-elle une démarche rationnelle ?

La science est basée sur la rationalité.
On observe et on expérimente.
Ensuite, il faut interpréter ce que l’on a observé.
Pour cela, on émet des hypothèses que l’on teste avec des expériences.
Toute interprétation est faillible, d’où le critère essentiel de réfutabilité.

Une démarche rationnelle est fondée sur la logique et l’objectivité.
Mais pas seulement, car loin d’établir une forme de vérité, le principe actif est celui de la réfutabilité afin d’évaluer des concepts par rapport à des faits.

La démarche rationnelle ne construit pas des vérités, elle met à jour la fausseté des concepts faux. On élimine ce qui est faux plutôt que construire du vrai. C’est là la nuance.

Interpréter est essentiellement subjectif. C’est à travers la réfutabilité et l’observation que les interprétations se rapprochent de l’objectivité sans jamais absolument l’atteindre.

Sans la réfutabilité ni le doute, les interprétations se limitent par conformisme à ce qu’elles sont : des croyances ou des préjugés. C’est-à-dire la facilité et la paresse de croire des concepts pouvant être faux, sans qu’ils ne soient remis en question.

Il y a aussi une différence entre interpréter et raisonner. La raison se base sur la logique. L’interprétation peut obéir à des sentiments subjectifs (comme les interprétations délirantes d’un paranoïaque par exemple).

La démarche rationnelle obéit à la logique, à la raison, jusqu’à l’observation et l’expérimentation si l’on adopte une démarche scientifique. En dehors de ce cadre, c’est la subjectivité qui fait sa loi, pour construire des variétés de croyances souvent contradictoires entre elles.

L’interprétation devient rationnelle dans la mesure où elle est encadrée par un principe de remise en question et par la nécessité du critère de réfutabilité. C’est l’évaluation des interprétations qui les font rapprocher de l’objectivité, quand on les confrontent à la fois à la logique et à des faits. Une interprétation non évaluée n’est pas loin d’être une croyance ou un dogme parce qu’elle aura le défaut d’être subjective.

 

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)

 

© 2013 John Philip C. Manson

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