Que vaut l’interprétation des gestes et du langage non verbal ?

Que vaut l’interprétation des gestes et la synergologie ?

L’interprétation des gestes et du langage non verbal, ce ne sont que des interprétations subjectives, ça. Donc chapeau pour les préjugés…
Le mieux est de demander à la personne pourquoi elle fait un geste, au lieu de se perdre dans des conjectures.
Et même s’il existait des études statistiques sur ce sujet (lesquelles justement ?), ce serait réducteur et une erreur de croire que tous les gestes humains sont tous pareils et déterministes.

C’est à cause de l’interprétation des gestes qu’il existe des dérives douteuses dans le recrutement (notamment en France). On dirait que les gens ne sont plus évalués selon leurs compétences. Ce n’est plus un monde de candidats au travail, c’est un monde de cobayes…

Voici des questions à se poser :

  • – Quel est le taux d’erreur dans les interprétations des gestes par rapport à la signification réelle du geste (quand bien sûr il y a réellement une signification) ? En effet, comme l’erreur est humaine, je ne crois pas à l’infaillibilité de la psychologie. Quand des études sérieuses sont réalisées, la marge d’erreur ou d’incertitude est un paramètre de première importance.
  • – Et quel est le taux de gestes qui n’ont pas de signification consciente ni inconsciente ? En effet, je peux faire soudain un bras d’honneur comme ça sans la moindre raison par exemple, juste parce que j’ai décidé de le faire. Donc il peut exister des gestes dépourvus de signification.

Sans réponse à ces questions, on ne peut que douter de l’infaillibilité des interprétations des gestes.

SOURCES :

dont je cite : «Des interprétations péremptoires qui exaspèrent Pascal Lardellier, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, auteur de Arrêter de décoder. Pour en finir avec les gourous de la communication (Editions de l’Hèbe). Pour lui, symbolique gestuelle et autres synergologies relèvent de la pure fantaisie et de l’imposture scientifique. « Les gestes proviennent d’un contexte et d’un milieu social, s’insurge-t-il. Leur signification est conjecturale, contextuelle et culturelle, en fonction de l’interaction avec la ou les personnes qui vous font face. Se gratter l’oreille peut avoir des dizaines de significations différentes suivant les cultures et la situation. Il n’existe pas de langage secret du corps qui dévoilerait nos intentions. » Et de stigmatiser les dérives de cette « dictature gestuelle, un pur business qui évince le discours » et peut entraîner la déroute d’un bon candidat pour « délit de sale geste ».»

© 2013 John Philip C. Manson

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