La vulgarisation scientifique, entre consternation et inquiétude

Analyse du lien sur NouvelObs : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/01/22/117-du-mythe-de-la-genese-en-astrophysique.html

  • Je cite : «Au temps de Planck notre Univers n’a que environ 10-33 cm de diamètre, c’est-à-dire 10 millions de milliards de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène».

Faux. L’erreur se trompe d’un facteur de 1 milliard… Comme l’atome d’hydrogène a un diamètre d’environ 1,05×10⁻¹⁰ m, ou 0,105 nanomètre, la longueur de Planck est donc 1,05×10²⁵ fois (soit 10 millions de milliards de milliards) plus petit qu’un atome d’hydrogène.

En continuant à lire le blog de NouvelObs, je constate des incohérences :

  • Je cite : «Passons sur l’aberration qui consiste à affirmer que notre univers est 1O millions de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène pour constater que sa température est 10.32 k»

10 millions est en contradiction avec les 10 millions de milliards cités plus haut, alors qu’en réalité le facteur est de 10 millions de milliards de milliards…

La température de Planck n’est pas 10,32 k mais de 10³² K (dix puissance 32, et l’unité kelvin avec un K majuscule).

  • En continuant la lecture du blog, je cite : «alors que dans les 15 milliards d’années suivantes».

L’univers est âgé de 13,82 milliards d’années avec une marge de 200 millions d’années. Le nombre de 15 milliards d’années est faux.

Ensuite, l’article semble considérer le Big Bang comme un sommet de l’imaginaire mathématique.
Ce qui est contredit par les scientifiques :

Plus on se rapproche chronologiquement du Big Bang, plus l’univers est chaud. C’est un fait.

Toutefois, une précision est nécessaire :

  • En cosmologie, les hypothèses sont réfutables lorsque les observations concernent l’univers âgé d’au moins 380 000 ans (époque du découplage du rayonnement électromagnétique).
  • Entre l’instant du Big Bang et les premiers 380 000 ans, l’univers était opaque, et il est donc complètement inobservable et invérifiable à cause de l’interaction des rayonnements électromagnétiques avec la matière.

Puis en cliquant sur un article voisin : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/03/28/128-anthropophagie-stellaire.html je m’étonne de l’usage du mot «anthropophagie» en astrophysique. L’anthropophagie est clairement définie dans les dictionnaires comme l’acte de manger des êtres humains. Les étoiles ne mangent pas les humains, à moins que les étoiles soient humaines elles-mêmes… Le mot «cannibalisme» est plus approprié. Mais le cannibalisme désigne l’acte de manger les individus de sa propre espèce : un homme qui mange un homme, un corbeau qui déguste un corbeau… Mais les étoiles ne sont pas des organismes vivants…

Mais le comble de la consternation est atteint ici, avec une étrange façon d’aborder l’épistémologie de Karl Popper : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/10/09/72-karl-popper-ou-l-epistemologie-hallucilogene.html

La science n’est pas une Église absolutiste. L’approche épistémologique de Popper est fondée sur la fragilité des hypothèses et non sur le dogmatisme. L’épistémologie poppérienne se base sur la faillibilité des hypothèses et des théories, elle ne les érigent pas en vérités. En ce sens, l’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie qui ne dicte pas à quelles vérités qu’il faut adhérer, c’est une épistémologie qui conduit à adopter un regard critique sur la solidité apparente des connaissances. Rejeter l’épistémologie de Popper tout en rejetant une quelconque idéologie dans la science, c’est un paradoxe, c’est se tirer une balle dans le pied… C’est plutôt le déni de la réfutabilité qui peut conduire à de graves dérives idéologiques, par l’intrusion de concepts mystiques et occultistes (comme le New Age) dans les sciences… Le critère de réfutabilité est un garde-fou contre ces dérives.

© 2013 John Philip C. Manson

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