Le froid du mois de mars 2013 à cause du réchauffement climatique ?

Avant de prendre la parole, je préciserai que le réchauffement climatique estival est une réalité, sinon on risquerait de me prendre pour un climato-sceptique. En fait, le froid en Europe à cause de la fonte de l’Arctique, cette cause est seulement une hypothèse (qui ne fait pas l’unanimité), ce n’est donc pas (pour l’instant) une observation certaine, ni prouvée. On verra bien si l’hypothèse est validée ou réfutée, plus tard.

Tout attribuer au réchauffement climatique c’est risquer de décrédibiliser la science. Une fois, ils ont assimilé le phénomène géophysique de subsidence (affaissement du sol) de l’atoll (voir Atoll et l’image animée dans Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Atoll ) de Kiribati à une montée du niveau de la mer. Et les cyclones (une vingtaine chaque année dans les régions tropicales) n’ont pas attendu la subsidence (http://fr.wikipedia.org/wiki/Subsidence_%28g%C3%A9ologie%29) ou la dilatation thermique de la mer pour inonder les îles… Près de l’Australie, il existe des îles tropicales (dont l’île Lady Elliot) qui ont presque la même altitude que la mer, elles ne sont pas englouties, et il y a une activité touristique.

Le réchauffement climatique est une réalité, mais on surenchérit par rapport aux faits. Le critère principal de la méthode scientifique n’est pas la certitude, mais le doute. C’est-à-dire la réfutabilité des hypothèses. La science doit rester indépendante et ne doit surtout pas se mêler d’enjeux politiques.

Le Gulf Stream, courant marin chaud, longe les côtes européennes (et les réchauffe) AVANT d’atteindre le Groenland pour y provoquer la fonte partielle des glaces littorales, quand la glace fond elle prend la chaleur du Gulf Stream et le milieu atteint un équilibre thermique. Rien ne prouve que le froid redescend du nord vers l’Europe via les vents. Le froid ne vient-il pas plutôt des masses d’air froid venu de la Russie continentale, comme on l’a vu lors des prédictions météo ? Pour savoir ce qu’il en est, on ne discute pas en conclave pour que chacun exprime sa foi, on doit approfondir les observations car les données essentielles restent insuffisantes pour conclure.

Pourquoi douter ? Il suffit de lire la presse quotidienne. Il y a quelques mois j’ai lu un article (https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/30/trou-dans-la-couche-dozone-une-contradiction-dans-un-magazine-tv/) qui affirmait que 15% des truites Plectropomus Leopardus autour de la Grande Barrière de corail seraient atteintes du cancer de la peau ; et que les lésions superficielles sur leurs écailles pourraient être liées aux trous de la couche d’ozone. Or le problème est le suivant : la Barrière de corail est localisée au large du Queensland (Australie), à la latitude 18° 56′ Sud (donc entre l’équateur et le tropique du Capricorne), alors que d’après nos connaissances le trou dans l’ozone concerne les régions polaires… Ahurissant.

Sensibiliser à la protection de l’environnement est une priorité pour l’avenir. Mais cette sensibilisation doit impérativement s’appuyer sur des bases scientifiques rigoureuses. Quand des incertitudes subsistent, on doit avoir le courage d’avouer qu’on ne sait pas plutôt qu’ériger des hypothèses en vérités. Le bon sens est de publier des découvertes à partir d’hypothèses confirmées par des faits, mais pas avec des hypothèses qui sont en attente d’être validées par les faits. L’étude du climat est une activité difficile, cela demande du temps, mais il faut s’efforcer d’éviter l’écueil du sensationnalisme, du simplisme et des raccourcis réducteurs. La science est compliquée, c’est déjà très difficile de la vulgariser auprès du public. Depuis le début des années 2000, j’ai constaté un recul de la qualité de la vulgarisation scientifique dans certains magazines (pas tous, heureusement).
Sur les sites web, les sciences (maths, physique, chimie, biologie, astronomie, archéologie, écologie, médecine, …) ne se résument souvent plus qu’à ça : catastrophes naturelles, environnement, espace, météo, nucléaire, et puis c’est tout…

Pourquoi ?

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L’Arctique fond-il exceptionnellement afin qu’un vortex hypothétique d’air froid descende refroidir l’Europe ?

Je me suis procuré l’image satellite de l’hémisphère nord (dont l’océan Arctique), datée du 28 mars 2013 (crédits : Université de l’Illinois) :

OcanArctique28mars2013

Le 28/03/2013, non seulement l’Europe centrale, l’Amérique du nord et l’Asie sont sous la neige, mais l’Arctique lui-même est touché par la vague de froid ! Pour avoir un important vortex d’air froid qui descendrait vers l’Europe, il faudrait une fonte exceptionnelle de la banquise Arctique. Or depuis la reformation de la glace en Arctique depuis septembre/octobre 2012, ce n’est pas crédible. Même en prenant compte de l’inertie thermique des courants atmosphériques, il ne faut que 21 jours environ pour qu’une masse d’air se déplace depuis l’Arctique jusqu’au parallèle 45° (~ latitude de Paris) à une vitesse de 5 km/h.

© 2013 John Philip C. Manson

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