Divagations sur l’intelligence et le QI

Je vais parler d’au moins deux sources externes du web, mais sur le même thème. Le concept d’intelligence et de QI s’étale souvent dans des aspects subjectifs et déraisonnables.

Comme d’habitude, mon argumentaire repose sur le questionnement et le doute.

On peut lire le texte ou pas, mais le titre à lui seul est suffisant pour résumer le contexte : la Chine pense à rendre ses enfants plus intelligents grâce à une manipulation génétique.

L’intelligence, si on la définit comme la capacité à résoudre des problèmes de logique, la faculté de raisonner, est dépourvue de caractère héréditaire, comme le cas de l’homosexualité (le «gène» gay, devant le manque de preuve, est pour l’instant un mythe : lire le chapitre «Le « gène gay » de Dean Hamer» dans la Leçon n°2 du livre «L’imposture scientifique en 10 leçons» de Michel de Pracontal).

La capacité à résoudre les problèmes intellectuels est acquise, elle dépend du contexte socio-culturel. Quelqu’un qui a des livres et qui les lit avec intérêt aura une culture plus enrichie que quelqu’un qui n’a pas de livre et qui n’en lit jamais (parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter des livres ou parce que ça ne l’intéresse pas). La capacité d’intelligence est directement liée à l’environnement scolaire, périscolaire ou extrascolaire et familial. On apprend à lire tôt parce qu’on en a d’abord envie. Qui voudrait lire plus tôt s’il n’en a pas envie ? L’éveil naît de la curiosité, de l’envie de faire quelque chose. L’apprentissage, c’est du travail à travers de la curiosité, l’envie, du plaisir, parce qu’on s’y intéresse, parce qu’on aime ça, parce qu’on l’a voulu. L’intelligence n’est pas liée à l’hérédité. Nombreux sont ceux qui ont un bon potentiel intellectuel et qui ont grandi dans une famille dans laquelle il n’existe personne d’autre (sur plusieurs générations) ayant des goûts intellectuels poussés. Encore plus nombreux sont ceux ayant grandi parmi les livres, et dont la plupart des doués ont des parents qui sont professeurs (c’est très loin d’être mon cas), un environnement très favorable peut façonner un gosse ordinaire en un élève doué.

L’intelligence c’est du travail et de la curiosité, et du plaisir. L’intelligence c’est de l’acquis, pas de l’inné. L’intelligence ça se cultive et ça s’entretient. Ça ne tombe pas du ciel.

La paresse aussi ça se cultive, à travers l’habitude à ne rien faire, ne rien vouloir, à s’ennuyer, sans même chercher à savoir qu’on peut se distraire à faire des mathématiques… Être sous-doué n’est pas difficile. Aimer ce qu’on fait n’est pourtant pas difficile. Aimer ne rien faire, c’est trop simple, trop facile, et ce n’est pas du tout valorisant. Mieux vaut faire quelque chose. Un travail bien fait donne toujours des fruits. L’inaction, elle, ne produit rien.

Comme je l’ai résumé, l’intelligence est une affaire de goût et d’habitude, mais cela se fait surtout dans la sueur, mais pas dans les gènes. Pour les mathématiciens par exemple, les équations et leurs solutions ne tombent pas instantanément du ciel sans effort. Même en priant… Même en se proclamant descendant de Pythagore ou de Thalès… L’intelligence c’est un travail. On n’a de résultat qu’à travers la sueur de la réflexion. Les gènes, l’ADN, ça ne produit pas des idées déjà toutes faites, préparées sans effort. Non. Ce sont des conneries, la génétique comme cause de l’intelligence.

Pour revenir au titre de l’article sur la Chine, rendre les enfants plus intelligents par manipulation génétique c’est une croyance. Pire, c’est une idéologie. Une idéologie dangereuse, elle fait penser à l’eugénisme, et celui-ci se base souvent sur des considérations pseudo-scientifiques qui laissent suggérer une croyance en des inégalités entre humains. Cela soulève l’indignation. C’est une idéologie très difficilement défendable. Ce n’est pas de la science.

En lisant l’article, on peut apprendre que les scientifiques chinois ont relevé l’ADN de 2000 personnes remarquablement intelligentes à travers le monde dont des américains. Pour être très franc, quel individu est assez intelligent pour s’abstenir d’être assez crédule pour croire à l’hérédité du QI, sachant que le QI est devenue une panacée du marketing ?  Le QI, à l’origine conçu pour dépister les retards scolaires par rapport à une moyenne, est devenu un business pour flatter les égos, et devenu une idéologie (parfois pour justifier pseudo-scientifiquement des inégalités sociales ou ethniques). D’ailleurs, qui aurait confiance de confier son ADN à la Chine ? Ça rend plutôt méfiant, ça. Après, qu’est-ce qu’ils font de l’ADN, des recherches secrètes sont possibles, avec leurs dérives éthiques ? En continuant à lire l’article, ça parle d’embryons. Donc il s’agit d’extraction de noyaux somatiques pour les insérer dans des ovules : il s’agit de clonage humain, mais cette pratique est illégale dans les pays occidentaux. L’être humain n’est pas un cobaye ni une marchandise. Moi-même, je n’oserai faire subir ça aux gens, ni aux animaux. Ma propre éthique voit en horreur la maltraitance animale, y compris la barbarie de la chasse. Dans leur projet de manipulation génétique, comment feront-ils pour distinguer entre l’influence génétique et l’influence de l’environnement socio-culturel ? Comment dissocier les deux sans erreur d’interprétations ?

C’est une bêtise de croire à l’hérédité du génie alors que le travail et l’envie suffisent… Sans doute, ils espèrent produire de gros QI innés sans livres, sans travail, sans effort ? Veulent-ils réduire les effectifs de leur éducation nationale et faire des économies ? Balivernes.

Je pressens l’avenir avec une certaine inquiétude devant la montée de diverses idéologies. L’extrême-droite qui monte dans les pays européens durement touchés par la crise économique, la progression des sectes, et des idéologies politiques aux desseins dangereux… Ça ressemble à la poudrière de la fin des années 20 et 30, à la veille de la Second Guerre Mondiale. J’ai l’impression que l’humanité ne se souvient pas des leçons des pages noires de l’Histoire…

Une question m’interpelle : à quoi sert-il d’être très intelligent dans un pays si l’on n’y est pas libre ? Pourtant, les dictatures se méfient des gens intelligents, il y a contradiction, donc leur projet de génétique équivaut à se tirer une balle dans le pied…

C’est un peu comme dans les films Terminator et Matrix : les hommes créent des machines aux performances supérieures, les machines prennent le pouvoir et considèrent les humains comme inférieurs et faibles voire inutiles. Ainsi, pourquoi une idéologie d’un régime politique créerait-elle soudain une arme qui se retournera contre lui ? À moins d’intimider les gens intelligents… Mais l’intimidation cédera pour laisser place à la révolte.

L’intelligence voit avec horreur et révolte les dictatures et les inégalités. Après tout, produire des gens intelligents afin que ceux-ci s’organisent pour virer des régimes liberticides et les remplacer par la démocratie, ce serait une bonne idée. 😉

Je doute fort que la Chine puisse dominer le monde en croyant fabriquer des clones transgéniques intellectuellement surefficients… C’est de la science-fiction.

Il suffit qu’un enfant soit né de l’amour entre les parents, qu’il soit élevé avec bienveillance et bien-être, et là il prendra confiance en lui et développera des aptitudes à travers une méthode de travail et le travail intellectuel proprement dit. Réduire les humains à du matériel génétique et à des robots, c’est nier l’humanité en eux, et c’est faire d’eux les produits d’une idéologie stupide, ignorante. Une idéologie de la peur et de l’obéissance. Liberté ! Que plutôt ce mot-là germe dans leur esprit, avant même le mot galvaudé et dénaturé de sens qu’est le mot «intelligence».

Je cite : «En France, ils seraient 1,2 million. Surdoués, avec un QI supérieur à 130, contre une moyenne de 100 et des qualités impressionnantes.»

Nous sommes 65 millions en France. Donc 1,2 divisé par 65 est égal à 1,85% de QI supérieur à 130 en France.

Or, j’ai cependant une autre donnée qui contredit celle énoncée par l’article. En effet, je cite : «3 % dépassent le seuil de 130, ce qui indique un niveau très supérieur à la moyenne».   Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem01/mag0524/dossier/sa_5531_qi_dix_questions.htm

1,85% et 3% ce n’est pas pareil.

Cependant, le lien que je viens de coller ci-dessus (Doctissimo) affirme que les tests de QI sont fiables. Or, j’ai réalisé une expérience statistique qui montre l’existence d’une marge d’incertitude qui n’est jamais prise en compte. Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/

En effet, avec 9 tests de QI (scores = 119 ; 135 ; 131 ; 131 ; 103 ; 131 ; 119 ; 119 ; 143), on peut constater que mes scores supérieurs ou égaux à 130 concernent 5 tests sur 9, soit une probabilité de 55,5% pour que mon QI moyen soit au-dessus de la frontière du surdon. Un test, par conséquent, n’a pas de valeur certaine. Pour environ 1 test sur 2, je suis parfois surdoué, mais aussi parfois sous-doué. Un test de QI ne signifie rien, il n’a pas de valeur scientifique. J’ai observé que lors d’une même journée, des tests de QI sont plutôt disparates, ils ne convergent pas autour d’une valeur précise du QI. Alors, quand il s’agit de tests espacés dans le temps pour croire à une évolution en mieux ou en pire du QI, ça n’a pas plus de valeur ni de crédibilité…

Puis aussi, je trouve que le profil général des enfants surdoués ressemble plus à une caricature qu’aux réalités (pluriel, car tout le monde a sa façon personnelle d’apprendre et d’appréhender les choses).

Ainsi, si la moitié des tests de QI suggèrent que je fais partie des surdoués (je n’aime pas trop cette classification, je me trouve très ordinaire), je ne corresponds pas à plusieurs caractéristiques du surdoué. En effet, si j’ai acquis tôt la capacité de parler (à un âge moyen et ordinaire), je n’ai pas eu un vocabulaire riche jusqu’à l’adolescence, période à laquelle je me suis mis à lire des dictionnaires. Je m’emmerdais franchement pendant les cours de français quand j’étais collégien : à quoi sert-il de stocker en mémoire des règles de grammaire (sujet, verbe, complément, conjonction, pronom…) si on sait déjà écrire une dictée avec moins de 1 ou 2 fautes ? Programmes scolaires souvent futiles. Les phrases vraiment bien construites, ce n’est qu’à partir de 2007, époque où j’ai commencé mon blog, que j’ai pu développer cette aptitude, parce que je suis devenu assez prolifique en dactylographie. Plus jeune, je n’étais pas vraiment capable de me concentrer, pas particulièrement éveillé. Faire un calcul de la division à la main, en classe de CM1 était un cauchemar pour moi à l’époque, jamais je n’aurais cru suivre des études universitaires en suivant un DEUG de maths et informatique appliquées en sciences… On change énormément avec le temps, au point de devenir le contraire de ce qu’on a été. Seul beaucoup de travail cérébral, et prendre goût à ce qu’on fait, peut permettre cela. Mais une grosse déprime peut altérer la qualité de ce qu’on fait. Beaucoup d’étudiants sont concernés par la déprime et préfèrent ne jamais en parler. Puis aussi, je n’ai pas particulièrement une mémoire étonnante, j’ai peine à me souvenir des poésies récitées. Mais j’ai une très bonne mémoire des nombres, et pour un domaine comme l’astronomie. Puis je n’aimais pas vraiment la compagnie des adultes, j’étais plutôt sauvage, dans mon monde, je préférais la solitude et lire des livres. Si quelqu’un me définit comme un homme intelligent, j’ajoute que je n’étais pas du tout un esprit précoce. Je doute de l’affirmation selon laquelle l’intelligence rime avec la rapidité cérébrale. Être rapide est utile dans les situations extrêmes de survie, pour échapper aux caïmans, aux éléphants furieux et au grand requin blanc. La peur salvatrice concerne plutôt l’hypothalamus et les glandes surrénales (sécrétion d’adrénaline), ce n’est pas vraiment de «l’intelligence». L’intelligence c’est plutôt la jugeotte, la faculté de réflexion, et cela concerne la région préfrontale du cerveau. Et réfléchir, ça nécessite un travail patient, donc il faut du temps. La rapidité ne sert qu’à augmenter le risque de se tromper quand on essaie de résoudre un problème complexe. Être rapide n’est pas vraiment un critère d’intelligence. Il peut m’arriver d’écrire un seul article sur mon blog en 2 ou 3 heures, je ne suis pas un rapide mais je ne vois pas le temps passer, mais au moins je réfléchis, et je relis souvent mes textes afin de réduire le risque d’erreur, d’oubli ou d’inexactitude. Être rapide, ce n’est pas réfléchir.

En poursuivant la lecture de l’article de lesechos.fr (voir le lien plus haut), je dois préciser un truc. Il s’agit de la quête de sens, comme un des critères de surdouance. La quête de sens, c’est assez motivant en science, cela éveille à la curiosité. Comment ça marche, voila une question adaptée au contexte scientifique. Comment. La question du comment trouve ses réponses à travers l’expérience objective du réel, et trouver une quelconque utilité aux connaissances découvertes. Un sens fondé sur des connaissances objectives et pragmatiques. Donc là, ça va. Mais le problème que je dois évoquer concerne la quête de sens à travers la question du pourquoi, et non plus celle du comment. Un pourquoi qui concerne spécialement la métaphysique. La quête d’un sens métaphysique, à ne pas confondre avec la quête d’un sens scientifique. Vouloir trouver un sens à absolument tout, surtout dans le domaine de la métaphysique, c’est s’aliéner l’esprit, c’est courir le risque de s’enfermer dans le dogmatisme et l’idéologie. La jugeotte s’appuie sur des axiomes mathématiques qui sont appuyés par des observations et des expériences reproductibles, à travers des données quantifiables, et dont la théorisation est conditionnée par des hypothèses réfutables. La jugeotte, en tant qu’intelligence pratique, s’appuie autant qu’elle peut sur l’expérience sensorielle et instrumentale du réel. Peut-il y avoir de l’intelligence en l’absence de rationalité, en l’absence de quantification de phénomènes, en l’absence de preuves matérielles (atomes, molécules, forces, champs…) et dans l’absence de situations selon lesquelles il n’est pas possible de concevoir une expérience qui prouve la fausseté d’une hypothèse si celle-ci est fausse ? Sans rationalité ni connaissances factuelles, je n’y vois pas une roupie d’intelligence si l’on utilise des idées dénuées de crédibilité objective, j’y vois seulement de la crédulité, de la superstition ou du mysticisme. Notons bien que l’intelligence est équivalent à vecteur de connaissance.

À ce propos, existe t-il un protocole expérimental sur les tests de QI afin de pouvoir réfuter un test de QI si ce test est faux ?

Je viens de m’apercevoir d’un truc. Dans le monde, il y a a priori 70 à 210 millions de «surdoués» (1 à 3% de l’humanité) puisque nous sommes 7 milliards. La Mensa, elle, regroupe 140 000 surdoués à travers le monde. Donc une large majorité de surdoués dans le monde ne jugent pas utile d’intégrer la Mensa. Puis, quelle est l’utilité de la Mensa ? Je pense qu’il faut apprendre à vivre et à s’adapter aux gens, sans distinctions à propos de leur origine, de leurs différences, etc. S’isoler avec ses semblables, c’est se créer une vie artificielle qui n’est pas représentative des réalités quotidiennes. Les gens les plus futés ont-ils réussi à apporter la paix durable dans le monde, le progrès scientifique sans problème environnemental, le recul de l’illettrisme par l’apport de méthodes efficaces, le développement de l’esprit critique dans les écoles ?… Les êtres humains sont égaux dans leurs limites, malgré la bonne volonté.

La Mensa accepte les QI à partir de 132. En examinant mes 9 tests de QI, seuls 2 tests sur 9 répondent à ce critère de sélection, soit 22,2% de probabilité. Pourtant, en ayant essayé une fois de façon récréative un test préliminaire de Mensa en ligne, j’ai été informé que ma candidature était possible. Mais je ne compte absolument pas faire partie de cette association. Je montre seulement que les tests de QI issus d’une même méthode de conception de tests ont des résultats aussi divergents que des tests issus de méthode de conceptions différentes (il existe plusieurs échelles, dont l’échelle de Wechsler).

Je pense que si plusieurs indices existent pour dépister un intellect au-dessus de la moyenne, il est réducteur et simpliste de catégoriser la surdouance jusqu’à la caricature. Il n’existe pas de profil type. Les aptitudes intellectuelles sont multiples et diversifiées. Les intellects au-dessus de la moyenne sont différents entre eux, avec leur propre parcours, leur vécu, leur façon de voir les choses. De même pour les personnes dans la «norme», différents entre eux dans leurs aptitudes, leurs habitudes, leurs idées. 2talonner les gens sur leur QI, c’est très réducteur et simpliste. Le contexte est beaucoup plus complexe que ça, ce qui rend les méthodes d’enseignement très difficiles à mettre en place.

Pour faire un bilan : j’ai un avis ouvertement sceptique envers le concept de QI, concept galvaudé et mis à toutes les sauces à travers les médias et internet. Et même à la TV française où par exemple j’ai aperçu vaguement l’émission E=M6 sur la chaîne M6 hier soir le 24 mars 2013, dont l’un des thèmes était : «faire du sport rend intelligent». Plasticité cérébrale, adaptation, oui. Mais intelligence, pffff, ils sont audacieux de dire cela… Quand des systèmes neuromimétiques, via des modèles cybernétiques simples et composés de quelques pseudo-neurones, sont capables d’apprendre et de s’adapter selon les données reçues, peut-on par exemple parler d’intelligence dans ce cas ? Ce serait exagérer. Apprendre à faire du vélo et s’adapter, ce n’est pas de l’intelligence, cela relève plutôt d’une forme d’automatisme musculaire et cérébral par des apprentissages répétés.

  • Voici un troisième article : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2013/03/21/gromov-la-science-bute-sur-trois-enigmes-majeures-le-jdd-mars-2013/
  • Cet article du Petit Zèbre dit vrai en disant que les maths sont une activité ludique et qu’elles sont enseignées de façon ennuyeuse. Le mathématicien Gromov a raison de dire que la moitié de la population soit naturellement apte aux mathématiques. Une réforme de l’enseignement est nécessaire devant le recul inquiétant des vocations scientifiques. Il faut concevoir des méthodes d’enseignement personnalisé. M. Gromov a tout-à-fait raison de souligner qu’il n’y a pratiquement aucune recherche sur l’éducation et que tout le monde croit savoir comment enseigner. Enseigner est une mission difficile.
  • Si croire rassure et donne une belle image idéale de la vie et de l’après-vie, le savoir et la connaissance conduisent à la désillusion et donc la déception. La connaissance ne satisfait pas les scientifiques. Au contraire, on est toujours insatisfait. Dans leur tête, les scientifiques ne se sentent jamais bons, ils sont toujours remplis de doutes et doutent d’eux-mêmes, mais c’est cela qui nous fait aller de l’avant… D’aller plus loin. De ne jamais tenir une information pour vraie.
  • Par contre, je suis en désaccord partiel sur un point raconté par M. Gromov : «Le mystère de la vie. Comment est-elle survenue? Qu’est-ce qui l’a créée? Quand on regarde tous les paramètres, à l’évidence, les probabilités sont extrêmement basses qu’elle survienne. Elle n’aurait pas dû arriver et pourtant elle est survenue.» Il évoque ici le principe anthropique, on divague sur de la métaphysique. En biochimie, les réactions sont nombreuses et complexes, et des réactions à température ambiante (entre 20 et 40°C) auraient été impossibles sans des molécules protéiques que sont les enzymes. Les enzymes, en biochimie, sont des catalyseurs naturels qui facilite grandement les réactions biochimiques en multipliant les chances de se synthétiser. Plus il y a de réactions catalysées, plus il y a de chances que la vie émerge au hasard, à travers des mécanismes biochimiques dans lesquels l’hypothèse d’un Créateur ou Démiurge n’est scientifiquement pas nécessaire… Le principe anthropique fait le déni du hasard. Ce n’est pourtant pas pour rien que l’on a conçu la théorie des probabilités. Le hasard à lui seul peut nous dispenser d’avoir recours à un principe anthropique qui, de toute façon, est une hypothèse irréfutable donc dénuée d’approche scientifique.

Si j’ai une conception précise de l’intelligence, ma conception ne jette pas aux orties des domaines comme l’art, par exemple. Une œuvre d’art, par exemple un tableau de peinture à l’huile, n’est pas sensée être une connaissance objective. Une œuvre elle-même sur ce qu’elle représente, s’appuie sur l’émotion, sur l’intelligence aussi mais dans un autre contexte où l’on ne mélange pas la science à l’art ni à la foi. L’art, très souvent, met en image et en valeur ce qui est beau, du beau naturel ou du beau théorique ou idéal. Ce que représente l’art est d’ordre intuitif et émotionnel. Cependant, avec le concept de beauté mathématique, ça va bien au-delà de ces considérations. Mais pour y réfléchir, si ce qui est représenté est émotionnel, l’art lui-même en tant que technique, entre le support, les éléments appliqués et l’artiste, il s’agit d’une technique ayant sa part de rationalité et d’expérimentation. Par exemple, le français Conté était à la fois peintre et chimiste. De la chimie pour créer des couleurs avec des pigments naturels, des liants et une charge, comme le mode de fabrication des pastels. Les œuvres d’art sont l’effet de l’intuition et de la créativité, et les moyens conçus pour faire de l’art ont mobilisé de l’intelligence, voila comment je vois les choses à propos de l’art. J’ai un aveu à faire. Avant d’embrasser une carrière scientifique, j’ai failli aller aux Beaux-Arts… Je suis un dessinateur habile, et j’obtiens des choses magnifiques avec la sanguine (les pastels c’est formidable, d’ailleurs je me demande pourquoi la mode a reculé depuis la Renaissance). D’ailleurs, j’adore le style de la Renaissance. J’aime les arts traditionnels. L’art digital, l’infographie, ça peut être joli aussi mais ce n’est pas pareil, c’est moins mon truc. Cet aveu doit en étonner plus d’un.  😉 Si je n’expose pas d’art dans mon blog, j’ai une raison simple : je sépare strictement les domaines d’activités entre eux. La démarcation est un principe qui lève toute ambiguïté. Ce serait ballot par exemple que certains croient que la Matrice existe vraiment, avec nos amis Neo et Morphéus, alors que ce thème appartient à l’art du cinéma. Le pire, c’est qu’il y en a qui y croient vraiment…  o_O’

Parodie ironique et humoristique de Matrix :
Bon, tu prends la pilule blanche ou la pilule rouge ? C’est cela ouiii, l’une c’est du Vhyagrää et l’autre c’est du cyanure, héhé. Comment ça, tu cherches la pilule bleue ??  Bon ok, mais ne fais pas trop mal au lapin blanc, hein.   😉

Ajout subsidiaire :

J’ai parlé de jugeotte et d’intellect dans le cas de l’intelligence analytique logico-mathématique, bien qu’il existe d’autres formes de jugeottes. J’ai préféré parler de l’intelligence analytique car elle est la plus adaptée dans le domaine des sciences et de la théorie de la connaissance. Un artiste peut être un grand maître de créativité et de sensibilité, c’est une forme plus instinctive de l’intelligence, mais c’est différent de l’intelligence logico-mathématique, moi-même j’en sais quelque chose de par mon expérience personnelle, car j’alterne entre l’art et les sciences.

Mais on ne peut pas avoir un avis tranché en matière d’intelligence. C’est un sujet plus complexe que le concept réducteur du QI.

La question intéressante à se poser : qu’est-ce qui n’est pas de l’intelligence ? L’absence d’esprit critique, selon moi.

Sans esprit critique, on est vulnérable à la désinformation sous toutes ses formes. L’auto-défense intellectuelle est un outil qui change beaucoup de choses, ça ne rend pas forcément plus intelligent, mais ça rend certainement l’esprit moins perméable aux impostures intellectuelles. La bêtise, c’est quand on se laisse aller, quand on ne réfléchit pas assez, quand on n’observe objectivement pas assez, quand on ne laisse pas les croyances et les préjugés au vestiaire.

Le scepticisme scientifique a changé ma vie en mieux. Pourquoi pas la vôtre ?

 

Voila, l’article présent est fini. 🙂

 

© 2013 John Philip C. Manson

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