Les ondes électromagnétiques des radars routiers sont-elles cancérogènes ?

Question intéressante : les ondes électromagnétiques des radars routiers sont-elles cancérogènes ?

Pour les fréquences électromagnétiques plus faibles que les rayons ultraviolets, il n’existe pas de risque cancérogène.

Une onde électromagnétique doit avoir une énergie suffisante pour radiolyser la molécule d’ADN (via l’énergie d’ionisation de liaisons chimiques).

L’énergie d’ionisation la plus faible, dans l’ADN, est de 10,49 eV. Seule une onde électromagnétique d’au moins 2,54 millions de GHz (longueur d’onde 0,118 µm (micromètre), soit 118 nm (nanomètres)) est susceptible d’endommager l’ADN et donc de provoquer un cancer.

Les ondes radio, micro-ondes, infrarouges et la lumière visible ne sont pas des rayonnements ionisants et ne peuvent donc pas être cancérogènes, contrairement aux UV, rayons X et gamma.

La peur et la psychose, qui expliquent tout sans rien expliquer, dispensent de réfléchir et d’argumenter avec des bases scientifiques…

J’ajoute un complément au présent article, parce qu’un deuxième internaute se marrait sous prétexte que je disais que les ondes radio et les micro-ondes sont inoffensives. Il a dit que même si ils sont non ionisants, ils ont des effets certains sur la santé.

Des effets certains ? Ou seulement une prudence motivée par un principe de précaution ?

Réfléchissons un peu :

Des effets sur la santé, cela peut être un échauffement des tissus vivants, mais la question du premier internaute parle d’effet cancérogène et ma réponse se base sur les effets cancérogènes seuls. Si le débat s’orientait vers les effets sur la santé dans un sens plus général, et pas uniquement le risque de cancer, là à ce moment-là j’aurais évoqué les effet thermiques puisque ceux-ci sont réels (notamment avec les micro-ondes) mais tout dépend du flux reçu. Alors quand je dis qu’il n’y a pas de risque de cancer avec les ondes non ionisantes, cela ne concerne pas les autres effets sur la santé (dont les effets thermiques). À ce moment-là, il aurait fallu poser une question plus générale, et pas seulement sur le risque de cancer.

Effet ionisant (cancérogène) et effet thermique, ce n’est pas la même chose.

L’ionisation détruit des molécules (comme l’ADN). La chaleur (effets thermiques) c’est l’augmentation de la vitesse des molécules (notamment les molécules d’eau des tissus vivants) mais sans ionisation.

Selon ce deuxième internaute : des effets certains sur la santé ?

Il ne m’a pas cité de sources, et il a préféré insinuer que j’étais un guig’ au lieu de présenter un argumentaire scientifique… L’injure n’est pas de l’argumentaire.

Pour les effets thermiques : les technologies employant des micro-ondes peuvent s’avérer dangereuses lorsqu’elles dépassent une certaine puissance. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Micro-ondes)

J’ajoute aussi ceci :
«Le 31 mai 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer basé à Lyon (CIRC) ont déclaré par communiqué de presse que les ondes électromagnétiques à hyperfréquence utilisées notamment dans la téléphonie mobile et le Wi-Fi étaient « peut-être cancérogènes »».
Ils ont dit «peut-être». Il s’agit d’un principe de précaution, pas d’une observation empirique certaine, puisque le doute subsiste. Et toi tu parlais d’effets certains ?

Le WiFi a une fréquence allant jusqu’à 5 GHz, cette fréquence est environ 500000 fois plus faible que celle nécessaire pour provoquer l’ionisation de l’ADN. La puissance du WiFi est comprise entre 0,1 et 0,2 W, c’est un flux assez faible (400 fois moindre que celui d’une ampoule électrique de 40 W). http://www.lesondesenquestions.fr/index.php/rubric/3/
Un four à micro-ondes, lui, c’est plusieurs centaines de watts, voire plus de 1 kW. Ceux qui assimile un radar de 0,1 W à un four à micro-ondes vachement dangereux ne savent pas calculer, pour eux c’est pareil, selon eux il faut tout interdire, à commencer par leur propre connexion WiFi, tiens… 😉

Je termine par un dernier argument : le fond cosmologique fossile (CMBR) est un flux micro-onde naturel, vestige du Big Bang. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fond_diffus_cosmologique  Ce flux a une fréquence de 100 GHz, soit 20 fois celle du WiFi. On baigne dans ce fond diffus cosmologique dès notre naissance, et pourtant toi et moi ne sommes pas malades…

Les radio-fréquences ont des effets thermiques, c’est vrai, effets significatifs à partir d’une certaine puissance. Pas vraiment avec les radars routiers, le WiFi ou le bluetooth. Des présomptions sont seulement des hypothèses, et des hypothèses (même crédibles) ne sont pas des certitudes. On affirme sur la base de faits observés ou expérimentés. Je ne nie pas le risque de danger, je dis seulement que des preuves scientifiques sont manquantes… pour l’instant. Les micro-ondes des WiFi, bluetooth et téléphonie mobile ont un effet thermique, c’est vrai, mais quantitativement (par unité de masse corporelle), l’élévation de température est faible. Rien d’équivalent à ce qu’on observe avec un four à micro-ondes. Un dixième de watts par rapport à un kilowatt, ce n’est pas pareil comme effet thermique. Faites une expérience : dans un four micro-ondes de 1 kW, une tasse de thé chauffe rapidement de façon significative, mais si vous mettez des téléphones mobiles qui sonnent en même temps autour d’une barquette d’œufs frais, il ne se passe rien. Le deuxième internaute a dû croire aux canulars grotesques sur Youtube ou Dailymotion sur ce thème, peut-être.

Le risque ne dépend pas seulement de la fréquence électromagnétique, mais aussi de la puissance. Des présomptions, même crédibles, sont des hypothèses dans l’attente d’une confirmation (ou d’une réfutation). C’est comme devant une cour d’Assises : un présumé innocent n’est pas forcément déclaré innocent à l’issue du procès, en fonction des preuves objectives.

Les discussions sur le thème des ondes électromagnétiques peuvent souvent déraper dans la peur irrationnelle et la psychose.

  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Sensibilit%C3%A9_%C3%A9lectromagn%C3%A9tique dont je cite : « La quasi-totalité des essais cliniques réalisés en double aveugle, où les patients sont exposés à des champs tantôt réels, tantôt factices, ont démontré que les personnes se jugeant hypersensibles étaient incapables de distinguer une exposition aux champs électromagnétiques réels d’une exposition simulée.»

Puis aussi, au lieu de fantasmer sur les dangers électromagnétiques imaginaires des radars routiers, les gens feraient mieux de respecter le code de la route. Les chauffards sont encore trop nombreux sur les routes…

 

Bilan :

  • Je maintiens ce que j’ai dit sur les rayonnements ionisants. Les rayons ionisants provoquent le cancer (c’est le cas des UV, des rayons X, des rayons gamma).
  • Les effets thermiques sont une réalité (micro-ondes, infrarouges), il s’agit d’autre chose que les rayons ionisants. On connaît mal les effets thermiques, bien que des présomptions laissent suggérer un danger. Mais c’est un risque qui dépend de la puissance de la source émettrice.
  • Il faut continuer l’expérimentation afin de mieux connaître les effets des ondes électromagnétiques sur les tissus vivants. On ne peut guère se contenter d’un principe de précaution qui alimente la peur et la psychose chez les personnes mal informées.
  • L’eau est un liquide dangereux, des gens s’y noient, donc il va falloir interdire l’eau au nom du principe de précaution… (ironie)   

Il faut des solutions adaptées et proportionnées au risque considéré. Il faut veiller à ce que le principe de précaution ne dérape pas dans l’absurde. On a vu ce qui s’est passé avec les concombres espagnols lors de la contamination par E. Coli alors que le soja était le vrai coupable. Le principe de précaution peut entraîner des drames, des gens qui perdent leur travail à cause d’une suspicion non prouvée, par exemple…

Je cite : «Le « concombre tueur » (tueur car porteur de la bactérie E.coli) était né suite à une enquête par questionnaire auprès de proches des victimes. Scientifiquement, on n’a rien trouvé sur les concombres.»   Source : http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/06/06/2515428_le-concombre-tueur-serait-du-soja-allemand-le-pic-epidemique-est-derriere-nous.html

© 2013 John Philip C. Manson

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