Le miracle du nombre 19 ?

19 est un nombre premier, un nombre ordinaire. Certains sont venus à dénaturer l’arithmétique pour en faire un usage mystique et pseudo-scientifique afin de revêtir les doctrines créationnistes d’une fausse légitimité scientifique.

En général, la science ça fait sérieux, alors certaines mouvances obscurantistes s’habillent de science pour paraître sérieuses, et de s’attribuer une forme de pouvoir et d’autorité sur les esprits crédules.

Par exemple, j’avais entendu parler des miracles du Coran. En l’état, je ne critique pas ce livre dans son contexte historique, cultuel et traditionnel. Le problème n’est pas de croire ou pas en Dieu. Le problème, en fait, est l’amalgame entre la religion et la science, et à ce niveau c’est une imposture.

Des miracles ? Par exemple j’ai entendu parler du nombre d’or (https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/19/a-quoi-sert-le-nombre-dor-en-mathematiques/). Ce nombre est une simple curiosité mathématique et esthétique popularisée dès la Renaissance, mais sans utilité scientifique. Néanmoins, le nombre d’or fait des adeptes de nos jours car certains affirment par exemple que la distance entre la Mecque et le pôle sud géographique terrestre divisée par la distance entre la Mecque et le pôle nord est un rapport égal au nombre d’or. À noter que les distances suivent la courbure terrestre, ce ne sont pas des distances rectilignes. Quand on effectue le calcul soigneusement à partir des coordonnées GPS, on constate que le rapport n’est pas égal au nombre d’or : je trouve 1,62477 au lieu de 1,618033989, cela correspond à un décalage de 19,6 km sur le globe terrestre. Et 19,6 km ce n’est pas «rien». Si ce n’est rien pour vous, alors parcourez cette distance à pied immédiatement.  😉

Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/02/27/geometrie-tridimensionnelle-et-coordonnees-gps/

Ensuite, en ce qui concerne le nombre 19, on devrait essayer aussi avec d’autres nombres afin de comparer si un nombre est plus probable qu’un autre. On devrait évaluer aussi si l’apparition de nombres particuliers est due au seul hasard. N’oublions pas non plus que quelques siècles plus tôt, les copistes construisaient des phrases selon des règles arithmétiques de façon à rendre toute copie difficile, cette méthode permettait de savoir si un texte avait été modifié. C’est un peu comme le watermarking actuel utilisé contre la copie pirate. Ainsi, quand un texte correspondait aux règles arithmétiques initiales, c’est qu’il n’avait pas été modifié et que donc c’était le texte d’origine. Dans l’Antiquité, plusieurs alphabets servaient aussi à écrire les chiffres (la gématria, avec l’alphabet hébreu) et même principe avec l’isopséphie (via l’alphabet grec). Quand un texte était numériquement stéganographié par son auteur, on pouvait vérifier son intégrité. L’histoire de la cryptographie est assez ancienne, ça remonte à l’Antiquité. Cependant, cette technique avait été dénaturée pour donner ce que nous connaissons actuellement sous le nom de numérologie, qui est une pseudo-science et une mystification. C’est ballot de croire que les nombres des textes anciens aient un sens mystique, c’est un peu comme si on disait aujourd’hui que les métadonnées contenues dans le code binaire des images photographiques numériques étaient des messages divins…

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Oh ça alors, en poésie les alexandrins contiennent tous 12 pieds de vers, c’est la preuve d’un miracle. Victor Hugo était un grand prophète.  😉

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Sources : histoire des sciences, cryptologie

© 2013 John Philip C. Manson

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