Des buzz rediffusés tous les ans ?

Je me souviens d’un article publié quelques jours plus tôt dans la presse.

Cela concerne un problème d’hygiène alimentaire. L’histoire d’une souris morte retrouvée dans une boîte de haricots verts.

Mais voila, il y a un problème. J’ai le souvenir encore frais d’un buzz identique plusieurs mois plus tôt, et un autre buzz plus ancien.

Voici ces deux autres articles sur exactement le même thème : une souris dans des haricots verts.

Est-ce que des entreprises prendraient un tel risque ? Je trouve que 3 fois, ça fait beaucoup. Cela ressemble à de la malveillance dont l’auteur reste inconnu…

Je fais un pari, on ne sait jamais : on va peut-être entendre parler d’une petite souris dans une boîte de haricots verts en mars 2014… Je n’en suis pas sûr, mais on ne sait jamais. On verra bien. Il n’y a plus qu’à attendre une dizaine de mois.

Mais quand ce genre d’histoire se produit, il faudrait vérifier : en interviewant les victimes, en demandant aux services d’hygiène s’ils ont vraiment été appelés pour s’occuper de ces cas, et si les entreprises concernées sont au courant de ça. Qui peut confirmer la véracité de ces anecdotes ? Avec ces buzz peu ragoûtants, il est légitime de vouloir voir des preuves. Cependant, c’est peut-être néanmoins crédible à cause de la mode de la nourriture « bio », je me souviens encore des cultures de soja en Allemagne qui sont à l’origine de la contamination par la bactérie E. Coli, alors que les concombres espagnols avaient été injustement incriminés. (http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/06/06/2515428_le-concombre-tueur-serait-du-soja-allemand-le-pic-epidemique-est-derriere-nous.html)

Mais bon, je suis un grand consommateur de haricots verts en boîte, je n’ai jamais vu de trucs bizarres dans le contenu. Pas même de viande de cheval dedans. 

Mise à jour du 27 mars 2013 :

Une famille aurait trouvé une souris au milieu d’un paquet de farfalles Panzani.

mouse

Si on examine bien la photo de la souris sur le paquet de Farfalle, on voit que la souris a saigné sur ce paquet. L’épanchement de sang indique que ce sang liquide est une preuve d’une mort récente, sinon le sang aurait été déjà coagulé dans la souris. Ou alors cette souris est morte à cause d’un poison anticoagulant, mais cette hypothèse n’explique pas pourquoi la souris saigne maintenant sur le paquet. Cette souris ratatinée ressemble à une souris dont la mort a été causée par une tapette à souris (ce qui expliquerait le saignement récent).

Hypothèses possibles : un canular à l’approche du premier avril, ou l’envie d’être célèbre grâce à un canular (« youpi on cause de moi dans le journal »), ou de la malveillance (vengeance ?) contre les entreprises visées… Ce ne sont que des hypothèses, je n’accuse personne. Mais si la découverte désagréable d’une souris est vraie, alors pourquoi la souris saigne t-elle (signe d’une mort récente), alors que le paquet est hermétiquement fermé depuis des semaines ou des mois (le sang d’une souris morte depuis longtemps est coagulé depuis longtemps) ?

Je pense que dans ce genre d’affaires, la première chose à faire n’est pas d’alerter immédiatement les médias pour provoquer un buzz qui peut nuire aux entreprises. Mieux vaut laisser des laboratoires faire des analyses, et attendre le rapport d’expertise. L’information doit nécessairement s’appuyer sur des preuves. C’est ensuite sur la base de preuves que l’information est constituée et publiée. On a vu ce que ça a donné avec l’histoire des concombres espagnols injustement accusés lors de l’épidémie bactérienne, alors que du soja d’Allemagne était en cause. Des espagnols ont probablement perdu leur travail à cause de rumeurs infondées… http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/06/06/2515428_le-concombre-tueur-serait-du-soja-allemand-le-pic-epidemique-est-derriere-nous.html

Tromper les journalistes est plutôt facile. Exemple de canular : on achète une baleine congelée à des pêcheurs japonais, on se fait livrer et on laisse décongeler discrètement la nuit, puis un beau matin aux bords de la Seine à Paris on appelle la presse en déclarant qu’on a pêché une baleine à Paris ! Cela fera un énorme buzz, mais personne ne trouvera nécessaire d’essayer de démystifier la supercherie.

Imaginez un autre scénario de canular. Un éleveur de poissons découvre un poisson à deux têtes (un cas de gémellité siamoise) dans son bassin. Ce qu’on appelle frères siamois est un cas de formation de deux frères jumeaux homozygotes qui ne se sont pas séparés complètement. Cela arrive chez d’autres espèces animales sexuées. C’est absolument naturel, la gémellité, et sans lien avec la radioactivité. Mais il suffit qu’un militant écolo, imprégné d’idéologie, peut s’amuser à se procurer un tel poisson vivant à deux têtes (ou à 3 yeux), et le placer à proximité d’une centrale nucléaire pour mettre ainsi en scène des dangers fictifs pour susciter la crédulité et choquer l’opinion publique afin de créer des hostilités contre le nucléaire. Évidemment, loin de moi de raconter que le nucléaire est inoffensif. Le nucléaire a des dangers réels. Mais on n’a pas le droit de tricher avec les réalités et d’en rajouter trop… Je pense qu’un pareil canular est possible et peut marcher. Mais ce serait vraiment très malhonnête de faire ça. La vraie culpabilité dans tout ça, ce n’est pas l’auteur d’un tel canular, c’est la faute des médias qui diffusent n’importe quoi sans rien vérifier ni rien authentifier, ni expertiser, c’est aussi de la faute de la crédulité du public… Les mythes font vendre.

Je ne crois pas à cette histoire de souris dans les nouilles ou dans les haricots verts. Les règles d’hygiène sont déjà très strictes. Des entreprises ne prendraient pas ce risque dont les conséquences économiques peuvent mettre les entreprises, les patrons et les employés en péril…

© 2013 John Philip C. Manson

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