Pourquoi dort-on mal en février ?

  • Je cite : «On apprend ainsi qu’en février, nous mettons 8 mn de plus pour sombrer dans le sommeil .Plus précisément, il nous faut en moyenne 56 mn pour nous endormir alors qu’il faut compter 48 mn en mars.»

Des explications sont évoquées pour cerner le phénomène, mais il se peut qu’il ne s’agisse que d’hypothèses.

Je me permets de faire une remarque pertinente : février est le mois de l’année qui compte le moins de jours (28 jours, et 29 jours lors des années bissextiles). Tandis que le nombre de jours, en moyenne, est de 30,4375 par mois (= 365,25 / 12).

Or les chercheurs ont calculé la durée de veille par jour, en précisant qu’il s’agissait d’une moyenne !

Ce qui est surligné en vert est un calcul valide et revérifié.

Maintenant on comprend mieux :

Soit T la durée moyenne de sommeil en minutes par jour. Je prends T = 8 heures × 60 = 480 minutes par jour.

  • Mois de février : 28T.
  • Mois de mars : 31T.

Différence de sommeil entre février et mars :  3T en soustrayant 31T avec 28T.    Et 3T = 1440 minutes = 24 heures.

Différence de sommeil entre février et mars : 3T/30,4375 = 47,31 minutes par jour manquants (en moyenne) en février en apparence par rapport à mars. Alors que, par jour, que ce soit en février ou mars, le temps de sommeil est de 8 heures.

Ainsi, en février, on dort 13440 minutes par jour ; et on dort 14880 minutes par jour en mars. On a alors 1440 minutes (24h) de sommeil en moins en février par rapport à mars, parce que février a 3 jours en moins par rapport à mars. Huit heures multiplié par 3 jours = 24h soit 1440 minutes. soit 1440/28 = 51,43 minutes par jour de manque (EN APPARENCE), en février par rapport à mars, tout simplement parce qu’il manque 3 jours à février par rapport à mars, donc absolument pas par un manque réel de sommeil. D’où un manque apparent de sommeil, alors qu’on dort 8 heures par jour indifféremment en février qu’en mars.

De plus, vers le 21 mars, il y a le changement d’heure, le fameux passage à l’heure d’été : on avance l’aiguille des horloges de 1 heure. Mais bon…

Examiné autrement, on peut comparer d’autres rapports entre eux, entre février et mars, d’après la citation mentionnée. Voyons ça ci-dessous :

  • Rapport 48/56 =  0,8571
  • Rapport 28/31 = 0.9032

Différence des rapports : 5,38%

Les deux rapports sont corrélés : la différence de temps d’endormissement est liée aux 3 jours manquants de février par rapport au mois de mars. Chaque jour, il existe une durée X de temps d’endormissement pour Y heures de sommeil effectif.

J’avais envisagé aussi une autre hypothèse mais invalide, donc je ne l’ai pas retenue et elle n’est donc pas mentionnée dans mon article.

Ainsi, la durée courte du mois de février par rapport aux autres mois de l’année est un biais qui est susceptible de remettre en question le fond de l’étude.

Comme disait le professeur Henri Broch, dans son livre «Comment déjouer les pièges de l’information: Ou les règles d’or de la zététique» , je cite : « Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits oublis (ou erreurs) permettent les grandioses théories. De petits oublis qui en disent quelquefois long soit sur les connaissances des journalistes, soit sur leur déontologie réelle ou leurs présupposés profonds.».

Pourtant, et c’est ce que je ne comprends pas, le directeur de cette étude est pourtant un professeur émérite de psychologie clinique à l’université de Glasgow. C’était un gag ? On n’est pourtant pas encore le 1er avril. Refusant cette éventualité, je pense qu’il est finalement possible que les propos du chercheur aient pu être déformés par la presse, après tout.

Un internaute anonyme avait fait aussi, comme moi ici, la remarque dans la page de Yahoo que le mois de février ne compte que 28 jours. Les internautes peuvent heureusement faire preuve de perspicacité.

Je termine par une blague connue des internautes :

« Le mois de l’année auquel les politiciens et les journalistes racontent moins de conneries, c’est en février parce qu’il n’a que 28 jours. »  😀

Et pourtant, là on est en février, mais l’article critiqué raconte plus loin en parlant toujours de l’étude du sommeil : «Pour vous aider à mieux dormir, vous avez le choix du feng-shui , de l’homéopathie ou des plantes !» Voir ici : http://www.topsante.com/sante-au-quotidien/Actus/Sommeil-pourquoi-dort-on-mal-en-fevrier Et même aussi les fleurs de Bach… (Ce Bach n’a absolument rien à voir avec Jean-Sébastien Bach le dieu de tous les musiciens et des mélomanes).

Fleurs de Bach, homéopathie, Feng Shui. De la pseudo-science… Le quota d’âneries en février est déjà dépassé… Bref ce n’était pas exactement une étude mais du marketing pour guider les internautes vers une vitrine.

Seulement, voila, ces spécialités «médicales» sont très contestées :

gourou

© 2013 John Philip C. Manson

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