La science et les religions

Le 25 octobre 2012, j’ai reçu un message sur Facebook. Le voici textuellement tel quel :

Message de monsieur Sa’īd Ibn ‘ammār
Bonjour, je viens de lire differends articles de votre site et je trouve cela assez interessant.
Je viens de terminer le petit article « l’evolutionnisme expliqué », et je suis tout a fait d’accord avec vous qu’il y a pas mal de religieux, gourou, utilisant de facon malhonnete la science pour appuyer leurs croyance.
Mais je trouve triste qu’à chaque fois que l’on parle de science et de religions on ne parle que de la bible et de la religion chretienne sachant que celle ci durant son histoire, et meme encore aujourd’hui, a une mauvaise approche avec la science.
Mais l’Islam ( qui est aussi une religion) n’a jamais eu se probleme face a la science, bien au contraire et il suffit de connaitre un tout petit peu l’histoire pour se rendre compte que les avancéés scientifique qu’a vécu le monde occidentale est essentiellement le fruit des decouvertes, recherches et traduction des musulmans de l’epoque.Il est interessant par exemple de savoir que 500 ans avant Darwin, un scientifique du nom de ‘Ali ibn ‘Abess parla de la selection naturelle ( voir le livre  » le soleil d’Allah brille sur l’occident »). Je ne dis pas que les musulmans  » croient » en la theorie de l’evolution ( surtout le passage du singe à l’homme) car cela reste une theorie scientifique, mais je trouve sa navrant que l’on ommettent a chaque fois cette religion lorsque l’on parle de science, sachant que l’Islam n’a jamais eu de probleme à faire une sorte de symbiose entre elle et la science tout en gardant un esprit critique et scientifique ( ils ont meme contribués a renforcer cette esprit scientifique et critique via differentes règles que tout vrai scientifique applique aujourd’hui)
Donc il y a des gourou certes chez les religieux qui deforment les conclusions ou les decouvertes scientifique, mais meme chez les partisans de la theorie de l’evolution il ya des gourou cachant certaines vérités les mettant tres mal à l’aise car allant à l’encontre de leurs theorie, ou en citant des textes religieux sortie de leurs contexte ou mal compris ( par ex dans le Coran on peut lire dans la traduction francaise que Allah créa les cieux et la terre en 6 « jours », mais le termes en arabe est « ayam » qui ne veut pas dire necessairement jours mais plutot periode de longue , meme de trés longue durée).
donc voila j’aimerai plus d’honneté intelectuelle de la part des scientifique d’aujourd’hui.
PS: Socrate a dit: » tout ce que je sais c’est que je ne sais rien », donc certes aucune science fait de nous des gens soumis au croyance les plus betes parfois, mais lorsque l’on croit que l’on sait on pense etre les dieux du monde, ne dependant de personne, mais un troisieme niveau peut etre atteint par les gens intelligent et humble a la fois et c’est ce niveau que Socrate a cité, cet etat on le se rend compte que notre raison est limitée, que les decouvertes scientifique que l’on fait tous les jours montre que l’on est tout petit fasse a cette immensité infinie de science , et que Seul un Etre Divin, Omnipotent, Savant, Misericordieux, et Tout Sachant , mérite qu’on reconnaisse Sa toute puissance et Son existance.

Je livre une réponse publique très complète, ce 31 janvier 2013 :

Dans le texte qui va suivre, je n’ai nulle intention de choquer ni de juger autrui. Je présente des faits qui sont importants historiquement. Brièvement, je veux dire que la liberté des hommes (et des femmes, et des enfants, de tout le monde) est le fond de mon argumentaire, à travers le clivage science/religions.

Dans mon article sur «l’évolutionnisme expliqué», j’ai présenté les faits qui caractérisent cette théorie scientifique : examen attentif des fossiles, comparaisons des espèces fossilisées, comparaison génétique, parenté entre l’Homme et les singes. On observe des faits, et on en déduit des conclusions, voila ce qu’est la science. J’ai ensuite comparé tout cela avec une toute autre attitude qui est celle des mouvances religieuses. Ces mouvances tentent de faire du prosélytisme pour forcer à faire accepter leur doctrine en se parant de la science de façon usurpée et trompeuse. Montrer la démarcation entre une théorie scientifique et sa dénaturation par quelques mouvances religieuses est nécessaire. Une théorie scientifique et une croyance créationnisme ne sont pas équivalents. Imposer des dogmes définitifs et irréfutables et puis «rechercher» des «faits» qui soutiennent la sainte doctrine absolue, tout en ignorant les contre-exemples gênants, voila ce qu’est la pseudo-science créationniste…

Vous affirmez avec justesse que les abus ne concernent pas seulement certaines formes douteuses du christianisme, d’autres mouvances sont impliquées.
Le créationnisme est un prosélytisme sectaire, un embrigadement de la pensée. Il se distingue des pratiques religieuses qui sont la norme dans les religions respectives. Le créationnisme est aussi une pseudo-science.
Cette distinction est similaire à celle où il faut distinguer avec sagesse la différence entre l’Islam et l’islamisme. Dans le christianisme, c’est pareil, il y a le culte habituel, la foi en Christ, puis il y a des courants mystiques qui récupèrent la science pour la dénaturer et la sortir de son contexte. Ils font passer le créationnisme pour une théorie scientifique alors que c’en est pas une. La foi et l’intégrisme mystique sont deux choses différentes, aussi bien que la science et la croyance sont deux choses différentes. On ne peut pas créer un amalgame quand les domaines n’ont aucun rapport entre eux. Je m’en expliquerai mieux plus bas. Mais je vais brièvement évoquer l’histoire de l’Europe, du Proche Orient et de l’Afrique.

L’histoire du monde arabe montre que les arabes ont beaucoup contribué à l’essor des mathématiques il y a plusieurs siècles. Sur ce point, je suis d’accord, c’est l’épisode le plus génial de notre histoire. Le partage des connaissances entre les peuples est une richesse et un bienfait. Vous évoquez Ali ibn Abess, connu aussi sous le nom de Ali ibn Abbas al-Majusi. Celui-ci est un médecin persan du dixième siècle du calendrier grégorien. Pendant le Haut Moyen-Âge, les gens n’avaient pas autant de connaissances qu’actuellement, mais ils savaient néanmoins un certain nombre de choses utiles. Vers la même époque, environ une génération après al-Majusi, naquit un autre grand savant, Avicenne. Ce dont il faut se souvenir surtout, c’est que les scientifiques d’il y a mille ans avaient le soutien de mécènes. L’Émir Adhad al-dowleh Fana Khusraw était un grand mécène de la médecine et avait fondé des hôpitaux en Perse et à Bagdad. Ce que je veux dire c’est que la médecine, ainsi que les autres sciences, dépendent sensiblement du mécénat mais aussi surtout de la liberté en fonction des institutions politiques. Lorsque la société d’un pays garantit la liberté de pratiquer les sciences, l’histoire peut alors faire référence à de grands savants : Ali ibn Abbas, Avicenne, mais aussi Averroès, lui-même connu aussi sous le nom de Abu’l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue. La science s’épanouit dans la liberté. La vie d’Averroès fait exception par rapport à la vie de ses prédécesseurs. Averroès était un grand savant, un homme brillant, un exemple à suivre, mais l’histoire a montré une suite moins heureuse. En effet, Averroès a beaucoup contribué à la science, c’était même un homme moderne et ouvert, mais les autorités musulmanes de son époque devinrent soudain hostiles au progrès, les autorités religieuses déclarèrent Averroès comme hérétique et ordonnèrent que ses livres soient brûlés. L’émergence de l’obscurantisme est un obstacle à la science. On connut le même cas historique en Europe occidentale avec la condamnation de Galilée par l’Inquisition de l’Église romaine. De nos jours, il y a un renouveau d’obscurantisme avec la médiatisation des doctrines créationnistes qui se revendiquent chrétiennes ou musulmanes, mais sans être foncièrement ni l’une ni l’autre religion. L’obscurantisme n’a rien de religieux, il n’a de but que le pouvoir, rien que le pouvoir et l’autorité contre les gens, contre leur liberté, contre la science, contre tout ce qui peut faire obstacle à l’absolutisme et l’autoritarisme. L’actualité récente a montré un cas classique : des fanatiques ont incendié des milliers de livres au Mali avant l’arrivée de l’armée française, et ce pays d’Afrique a perdu un patrimoine culturel inestimable, la mémoire du passé a été brûlée par les suppôts de l’obscurantisme. Le patrimoine de la «Cité aux 333 saints», classé à l’Unesco, a été la cible des islamistes pendant leur domination (source sur TF1 News : VIDEO. Mali : que reste-t-il du patrimoine de Tombouctou ?).

Perdre des livres est un désastre. Je le dis franchement, les doctrines sectaires n’ont d’objectif que la paupérisation et l’abolition de la pensée, pour pouvoir conserver le pouvoir grâce à l’ignorance et la peur des peuples soumis. Devant un pareil constat, la démarcation est nécessaire entre la foi et la science, parce que c’est à travers l’amalgame inadapté science/religion que l’obscurantisme se développe, en mêlant le vrai et le faux. Le créationnisme, en réalité, s’en fout de la science, il s’en sert pour justifier sa doctrine, mais il rejette la science elle-même dans ses critères.

Même en Égypte, il faut s’en souvenir, d’après certaines archives télévisuelles de l’INA, que l’Égypte à l’époque du président Nasser était nettement plus moderne que maintenant. Il s’est passé un retour en arrière. Je vais entrer dans les détails, je présente des faits historiques. Le président Nasser a affirmé ceci : « En 1953, nous voulions vraiment travailler ensemble, avec les Frères Musulmans, pour qu’ils deviennent raisonnable. J’ai rencontré leur responsable. On s’est assis et il a présenté ses exigences. Qu’a-t-il dit ? Il a commencé par dire : il faut que tu imposes le voile en Egypte. Que tu demandes que chaque femme porte le voile en sortant dans la rue. » L’audience alors éclate de rire. Ensuite, Nasser fait un signe de la main assez drôle, genre : « Allez comprendre ces dinguos ». Dans la foule, un homme crie : « Qu’il le porte, lui ! ». Redoublement des rires dans la foule…

Nasser poursuit :

« Je lui ai répondu : si je faisais cela, ce serait un retour à l’époque de Al-Hakim bi-Amr Allah (au XIe siècle) qui interdisait aux femmes de sortir dans la journée ! (rires dans la foule) Pour moi, chacun doit rester libre de ses choix. » 

Nasser continue de parler : « Il me dit (le responsable des frères musulmans qui s’adressait à Nasser) : “c’est vous le gouverneur, vous pouvez décider ».  Je lui réponds : « Monsieur, votre fille est en faculté de médecine, elle ne porte pas le voile. (rires dans l’audience qui écoute Nasser) Si vous, vous n’arrivez pas à faire porter le voile à une fille, la vôtre, comment voulez vous que le je fasse porter à 10 milions de femmes égyptiennes ! » (Explosion de rires dans l’audience).

Cela peut paraître extraordinaire mais c’est vrai. Comme preuve télévisuelle, la vidéo peut être regardée ici : http://www.youtube.com/watch?v=D-DZUnh8-Ro  (Nasser s’exprime dans sa langue, et ce qu’il dit est sous-titré en français).

Nasser a réformé son pays, il a modernisé le système éducatif égyptien, il a également tenu un rôle important dans le monde artistique, tels que les arts, les théâtres, les films, l’industrie musicale et la littérature. Son action a eu des effets positifs en Égypte et dans tout le monde arabe.

Quel contraste avec le présent… Cinquante ans après Nasser, ces histoires de voile ne font plus trop rigoler, c’est même risqué d’en parler au point d’indigner les gens…

Si l’humanité peut grandir dans le progrès et vers la science, un retour en arrière est toujours possible. D’après l’encyclopédie Larousse, l’Allemagne d’avant le nazisme était l’un des pays les plus avancés du monde, tant économiquement que sur le plan de la philosophie ou de la réflexion en sciences humaines. Je me souviens avoir lu quelque part quelques années plus tôt que les homosexuels avaient plus de droits avant l’arrivée d’Adolf H. que les homosexuels actuels… Donc, avec un brutal retour en arrière à cause de l’obscurantisme politique ou religieux, ce sera encore plus dur de remonter la pente vers le progrès et la liberté… Voila pourquoi de nos jours il faut bloguer de l’esprit critique et de l’indignation pour s’opposer à la bêtise et la haine. Beaucoup trop d’innocents ont perdu la vie pour la liberté. Les leçons de l’histoire doivent servir de mémoire. Plus jamais ça, mais n’oublions jamais ça… Que ce soit pour la science ou en politique, l’esprit critique est un acte de résistance.

Bref, voila ce que nous révèle l’histoire, du passé au présent. L’avenir reste à écrire. La laïcité et le progressisme peuvent sauvegarder ce patrimoine qu’est la science, et sauver même aussi le patrimoine artistique religieux. L’obscurantisme, lui, est une menace. J’ai entendu parler de certains gourous inquiétants qui désireraient faire démolir les pyramides d’Égypte sous prétexte que ce sont des monuments impies et païens, mais je préviens tout de suite que je ne sais pas du tout si l’info est fondée ou non (il faut en effet se méfier aussi de la propagande nauséabonde d’extrême-droite qui répand des idées fausses sur le web dans le seul but de nuire).

Maintenant, revenons à la science.

La pensée scientifique s’exprime à travers la remise en question des informations sur la base d’observations objectives. Vous affirmez que le savant ‘Ali ibn ‘Abess a précédé Darwin de 500 ans. Abess mourut vers 982 ou 994, et Darwin mourut en 1882, il y a donc environ 900 ans qui séparent ces deux hommes, pas 500 ans.
Mon observation ici résulte d’une vérification via une remise en question de votre affirmation. La méthode scientifique procède ainsi. En revanche, dans une doctrine comme le créationnisme, des dogmes sont décidés une bonne fois pour toutes, ils sont inaliénables et définitifs. Remettre en question le créationnisme ? En ce qui me concerne, j’aurais été considéré comme un méchant hérétique, que j’aurais dû me taire, que j’ai fait un blasphème. En gros, c’est ce qui arriva à Averroès à son époque… Il fut rejeté parce qu’il contredisait les autorités qui étaient devenues plus radicales, à la manière de l’Inquisition. La foi en un Dieu ne consiste pas à établir un pouvoir, ni à jeter la terreur et l’ignorance pour soumettre et asservir les peuples.

Par la suite, vous évoquez la théorie de l’évolution dans laquelle il existe des désaccords entre partisans et détracteurs. L’opposition dans chaque théorie scientifique fait partie de la méthode scientifique, c’est même le cas pour la théorie du Big Bang et la théorie des cordes. Il faut rappeler un truc très important : la science ne consiste pas à établir des vérités immuables ni à établir des certitudes définitives ; la science fonctionne par l’élimination des hypothèses superficielles, par le rejet des hypothèses qui ont été réfutées à travers des expériences ou des observations (comme un sculpteur qui modèle sa statue en créant des formes plus affinées). La réfutabilité est le critère essentiel de la scientificité. La vérité n’est pas un critère de la science. Les connaissances scientifiques sont des représentations faillibles de la nature. Les religions sont des constructions subjectives qui sont indépendantes de la nature. Mais les mathématiques ? Les maths sont-elles une collection de vérités ? Les axiomes ne sont que des postulats, des «vérités» qui paraissent évidentes. Et les résultats de calculs restent toujours la conséquence des axiomes. La science est seulement un outil. Même la foi ne peut prétendre à la vérité, parce que si la science exige des preuves matérielles pour pouvoir réfuter a priori des hypothèses, la foi est une grande force, mais une force seulement subjective qui échappe à l’objectivité et à la réfutabilité. La foi ne prouve que sa force, mais pas ce qu’elle prétend tenir pour vrai. On n’apprend qu’en observant la nature, pas en lisant des livres. L’infaillibilité n’existe pas, parce que l’erreur est humaine. Même les livres scientifiques les plus sérieux peuvent contenir des erreurs, et les religions n’échappent pas à cette règle.

Depuis que j’ai conçu mon blog, je mets à jour l’existence d’erreurs, quelque soit le livre, le magazine, le reportage TV, etc…
Dont acte :

https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/les-encyclopedies-sont-elles-sans-erreurs-et-infaillibles/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/29/analyse-critique-de-projet-s/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/24/sur-l-objectivite-en-science-et-sur-la-subjectivite-des-interpretations/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/18/analyse-partielle-de-la-nouvelle-encyclopedie-du-savoir-relatif-et-absolu/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/erreurs-de-proportions-en-arithmetique-et-geometrie-dans-un-site-web/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/
https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/15/lattitude-scientifique/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/15/des-galaxies-naines-en-orbite-autour-de-la-galaxie-dandromede/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/01/shouryya-ray-lheure-de-verite/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/30/une-equation-de-newton-restee-une-enigme-depuis-350-ans/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/01/02/encore-une-erreur-dans-les-chiffres-dun-magazine-tv/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/15/astronautique-une-erreur-de-calcul-dans-un-site-de-vulgarisation-scientifique/
https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/une-erreur-journalistique-meme-dans-un-documentaire-dastronomie/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/analyse-du-livre-et-si-la-terre-sen-sortait-toute-seule-de-laurent-cabrol/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/29/la-culture-scientifique-une-machine-a-fabriquer-du-reve/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/un-surdoue-de-12-ans-remet-en-cause-la-theorie-de-la-relativite-deinstein/
https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-livre-le-fanatisme-de-lapocalypse-de-pascal-bruckner/
https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/
https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/12/mysticisme-quantique/
https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/13/quand-wikipedia-manque-dobjectivite-dans-la-demarcation-sciencepseudoscience/
https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/pourquoi-le-hasard-derange-t-il/

Une théorie scientifique est un groupe cohérent d’affirmations réfutables qui décrit et explique un phénomène observable, quantifiable et reproductible. Le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. La science se distingue de tous les autres modes de transmission des connaissances, par une règle de base : l’erreur est humaine donc les experts et les crédules sont faillibles, les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des calculs ou par des expériences.

Seuls l’inconnaissable et l’inexistant sont-ils infaillibles ?
Les «vérités» dépendent toutes de l’Homme, elles sont faillibles.

Les scientifiques ne savent rien, dixit Karl Popper. Nous ne savons rien. Nous savons juste que les connaissances sont faillibles.
Aucune vérité n’est garantie, à l’exception du constat de cela lui-même, et à l’exception de ce que nous voyons. Ce qu’on appelle vérité n’est que l’ensemble de nos interprétations des faits, ou les émotions suscitées par nos croyances.

La réalité est comparable au centre d’un oignon que l’on épluche peu à peu sans jamais en atteindre le centre.
Les hommes de science, quand ils sont intellectuellement honnêtes, admettent que la réalité absolue est vaine.

En science et en religion, on ne peut pas ériger des incertitudes en vérités ni en dogmes, de même qu’on ne peut pas proclamer l’existence de choses ou d’êtres qui restent matériellement invérifiables et inconnaissables. La science doit être l’outil serviteur de l’Homme et non en être le maître. De même que la foi doit servir l’Homme, le soutenir, l’aider, et non pas le soumettre, l’apeurer, l’attrister ni le faire souffrir. Connaître les incertitudes d’un mythe nommé Vérité, c’est être libre.

Vous imagineriez à quoi ressemblerait mon blog si je m’amusais à déclarer que tout est absolument vrai dans les journaux et dans le web ? Tout croire c’est se dispenser de réfléchir et de penser. Réfléchir sans ériger de vérités tout en révélant ce qui est faux, voila ce qui est utile pour tous. Parce que les hommes et les femmes naissent libres et égaux, et parce l’autonomie et le talent naissent de la pensée objective et honnête. S’informer objectivement sans idéologies c’est être libre, mais cette liberté ne vaut rien si on ne la partage pas. Voila pourquoi il faut enseigner l’esprit critique à tous, afin que tous puissent par eux-mêmes dénoncer à leur tour des contre-vérités et les impostures qui risquent durablement d’infester le web si l’on ne fait rien. Parce qu’au fond, je souhaite de tout coeur la liberté dans le monde, sans armes ni haine ni violence.

L’opposition entre science/secte est comparable à l’opposition entre liberté/autoritarisme.

La science s’associe à la liberté, la foi en tant que norme compatible avec la société laïque est aussi associée à la liberté.

Mais ni la science ni la foi sous toutes ses facettes ne doivent être associées à l’autoritarisme et à l’obscurantisme. Sinon ce serait un trop dangereux amalgame.

Vous assimilez ceux qui savent à ceux qui se prennent pour les dieux du monde. La science ne prétend pas au savoir. Dans le fond de l’esprit des hommes de science assez honnêtes intellectuellement, il y a de l’humilité. J’ai souvent assez raconté dans mon blog que mon but repose sur la remise en question des «vérités», ces «vérités» quotidiennement médiatisées, répétées en multiples et à l’infini, des «vérités» définies comme de l’information, vain mot que ce mot qu’est l’information, parce que trop souvent le grand public lit, accepte et croit ce qu’il entend et lit. Je n’adhère pas aux médias, c’est pour ça que je dissèque tout entre mes mains afin d’autopsier ce que d’autres érigent en vérités. Un blogueur scientifique qui épluche les salades de la presse quotidienne pour faire monter la mayonnaise, c’est comme un chirurgien ou un cuisinier. Il n’y a pas vraiment de vérité. On peut dire plutôt qu’il y a du flou permanent, et il faut mieux chausser différentes paires de lunettes pour étudier les choses sous divers angles. L’objectivité ne tend pas vers la Vérité. Bien des scientifiques se trompent en croyant tendre vers la «vérité». Croire que la vérité est accessible est une erreur de jeunesse. L’objectivité scientifique tend plutôt vers le dépouillement des choses, la science déshabille la Nature pour essayer de la mettre à poil, en vain. La vérité toute nue, comme la liberté toute nue les nichons à l’air, comme la Liberté guidant le peuple (d’après la peinture célèbre d’Eugène Delacroix). C’est freudien ça, la science c’est une quête sexuelle. Oh oui, la Nature toute nue, mais c’est défendu de la voir à poil.  iconlol
liberty

Puis pour terminer cet article, je vous confronte à un curieux paradoxe logique. En effet, vous affirmez que Socrate a dit: » tout ce que je sais c’est que je ne sais rien » […] mais un troisieme niveau peut etre atteint par les gens intelligent et humble a la fois et c’est ce niveau que Socrate a cité, cet etat on le se rend compte que notre raison est limitée, que les decouvertes scientifique que l’on fait tous les jours montre que l’on est tout petit fasse a cette immensité infinie de science

Mais vous concluez par cette phrase :  et que Seul un Etre Divin, Omnipotent, Savant, Misericordieux, et Tout Sachant , mérite qu’on reconnaisse Sa toute puissance et Son existance.  

On sait qu’on ne sait rien, mais en même temps vous savez et êtes certain qu’un Dieu existe ? Voila une contradiction.

On peut construire un syllogisme apparent :

  1. Je sais que je ne sais rien
  2. Je sais qu’il y a un Dieu
  3. «Je sais» est équivalent à «Je sais»
  4. Donc deux conséquences possibles : «je n’en sais rien s’il y a un Dieu» ; ou alors «il y a un Dieu qui n’est rien».

Personnellement, je ne peux pas affirmer que Dieu est «rien» puisque je ne le connais pas. Métaphysiquement, il est inconnaissable. Alors je prends a priori parti pour l’agnosticisme. Je ne sais pas si Dieu existe, je ne nie pas son existence, je ne nie pas non plus qu’il n’existe pas.

Choqué ? Peut-être. Mais ce syllogisme n’est que la déduction de votre propre logique. Ou alors Socrate a tort, et qu’il existe une vérité qui reste à découvrir (Dieu, les extraterrestres, le slip de Madonna, …). iconlol  Mais avec Karl Popper, on a fini par comprendre que la vérité scientifique n’est qu’une interprétation provisoire et faillible des faits. Tout comme la lecture de livres faillibles par des lecteurs faillibles. Errare humanum est, perseverare diabolicum. Ce que je viens de dire là est un proverbe philosophique par lequel on cherche à signifier clairement que nous sommes des êtres humains, la perfection n’existe pas, et nous ne pouvons pas nous empêcher totalement de commettre des erreurs. Cependant, commettre naturellement des erreurs ne doit pas inciter à excuser la négligence, mais plutôt inviter à apprendre par l’expérience afin de réduire le nombre d’erreurs commises. Si ce n’était que des petites erreurs dans la presse quotidienne et dans le web, encore, ce serait bénin. Mais je constate une profusion de négligence, c’est la chienlit sur le web à propos des sciences à travers la prose de «monsieur tout-le-monde». Négligence d’autant moins excusable quand ce sont des journalistes de métier qui ne connaissent rien dans les sciences.

Bref, que faire ? Croire ? Ou nier ? D’où l’importance de la pensée. Réfléchir est le but. Et cela n’est possible qu’en étant des êtres humains libres…

Le doute que j’expose sur mon blog n’a jamais servi à tenter d’imposer «ma vérité» contre celles des autres. Le doute que j’utilise est à finalité constructive, et motivé par un principe inverse : on n’oppose pas une vérité vaine à une autre, on réfute une vérité qui n’en était pas une. Par conséquent, les vérités journalistiques ne sont pas vraiment des vérités, il ne reste donc rien. À part l’utilité de l’analyse critique. lol-029

Rien n’interdit de croire en Dieu. Rien n’interdit de ne pas y croire. Cependant, Dieu n’est pas nécessaire dans la méthode scientifique pour rendre compte des faits de la nature. Dieu peut être l’objet d’un culte religieux, il peut aussi être un sujet de discussion philosophique, mais il n’est pas une hypothèse nécessaire dans le cadre de théories scientifiques. Je le dis en toute honnêteté. Parce que créer des amalgames entre science et religion, c’est favoriser l’obscurantisme et la désinformation.

Les mouvances religieuses qui s’habillent de «science» pour essayer de mieux faire passer leur doctrine dans l’esprit du peuple, c’est une imposture. Et si la science était tentée de s’habiller de religion, ce serait aussi une imposture. Il n’y a aucun sens à mélanger des choses sans aucun rapport. La méthode scientifique ne fonctionne pas du tout comme la foi. Les agnostiques sont très nombreux parmi les scientifiques, de même qu’il n’y a pas d’athées parmi les croyants.

La science et la religion sont un antagonisme irréductible.

Le propre de la science, c’est d’accepter les limites de nos connaissances.

Les États-Unis d’Amérique sont dans une situation catastrophique à cause des thèses créationnistes : http://www.traqueur-stellaire.net/2013/01/creationnistes-contre-evolutionnistes-inquietante-situation-americaine/

En Turquie, Adnan Oktar (mieux connu sous le nom de Harun Yahya) est le leader du créationnisme oriental.

Puis d’ailleurs, dans la page du lien du site du Traqueur Stellaire (ci-dessus), il y a fait mention des « Day-age » Créationnistes qui interprètent les 6 jours de la Genèse comme des résumés bibliques d’âges géologiques entiers. Le fondamentaliste musulman Harun Yahya rapporte que, d’après le Coran, la Création eut lieu en 6 « jours », le terme arabe utilisé désignant cependant une durée relative beaucoup plus longue. À comparer avec le mot «ayam» cité par monsieur Sa’īd Ibn ‘ammār qui semble soutenir ce point de vue. Harun Yahya reconnaît pour sa part l’existence des fossiles, mais ne leur trouve aucune différence avec les espèces actuelles ; mais ma propre collection de fossiles (datés jusqu’à 300 à 600 millions d’années) prouve que des espèces nous ayant précédé se sont éteintes il y a longtemps et sont fortement différentes des espèces actuelles. Voir ci-dessous mes deux photos d’une partie de ma collection de fossiles (ammonite, belemnite, trilobites…).

trilobitesdejpmansonfossilesdejpmanson

Pourquoi le créationnisme est irrecevable comme théorie scientifique : http://www.astrosurf.com/nitschelm/creationnisme.html

  • Hubert Reeves, astrophysicien : «La science et la religion ne sont pas incompatibles, mais il vaut mieux les séparer» … «Concernant la création de l’univers, la science n’a pas avancé d’un pouce depuis des millénaires. Mais la bible n’est pas pour autant un livre scientifique, c’est un livre de sagesse, de croyances. Il s’agit de contes et légendes qui préexistaient et dont la bible s’est servie pour faire des contes moraux. Il y a justement des problèmes quand il y a des intrusions, quand la science ou la religion sortent de leur domaine. Ce fut le cas entre Galilée et les Dominicains qui ont, au nom de la religion, cherché à imposer comment le monde était fait. Galilée leur a répondu: «Dites-nous comment on va au ciel et laissez-nous vous dire comment va le ciel.»»
  • Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir.  (Henri Poincaré)
  • La pensée n’est qu’un éclair au milieu de la nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout.  (Henri Poincaré)
  • La connerie est la décontraction de l’intelligence. Alors, parfois, je me permets d’être con sciemment.  (Serge Gainsbourg)
  • À mes lecteurs : je ne suis le maître ni le gourou de personne, je suis votre serviteur ; et dans la mesure de vos compétences je vous invite à servir les autres pareillement. Bien cordialement. 😉

© 2013 John Philip C. Manson

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