Remarques sur le réchauffement climatique, et la problématique de la scientificité

  • Initialement publié le 20 juillet 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 30 janvier 2013.
  • Les liens pointant sur unblog.fr sont tous morts, ils vont être remplacés par les duplicatas vers WordPress.

Cet article est un bref aperçu sur la climatologie. La recherche de contradictions fait partie de la démarche scientifique. Il n’est aucunement question ici de climato-scepticisme selon lequel les faits seraient niés ou ignorés arbitrairement. Toute théorie scientifique n’a pas le but à être érigée en dogme ni en vérité immuable. On reconnaît la valeur de la science au nombre de pseudo-certitudes qu’elle fait tomber. 

Oui, la Terre se réchauffe. C’est un fait. La planète Mars aussi, (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/article-interessant-de-wikipedia-atmosphere-de-mars/) mais pas à cause du CO2, puisque l’atmosphère martienne est déjà composée à 98% de CO2.

La question du forçage radiatif qui désigne l’effet de serre du CO2 est reliée à l’hypothèse selon laquelle la concentration du CO2 est fonction de la variation thermique. La loi de Stefan-Boltzmann rend compte de cet aspect théorique.

Cependant, le coefficient utilisé pour le calcul logarithmique présente une incertitude : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/19/quel-est-le-coefficient-utilise-pour-le-calcul-du-forcage-radiatif-du-co2/ (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/quel-est-le-coefficient-utilise-pour-le-calcul-du-forcage-radiatif-du-co2/)

Pire encore, la quantification du pouvoir de l’effet de serre du méthane par rapport à celui du CO2 présente de lourdes contradictions : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/ (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/)

Si l’absorption d’une longueur d’onde précise dans l’infrarouge par un gaz à effet de serre repose sur des expériences spectrométriques connues et reproductibles, les données quantitatives de l’effet de serre des gaz à l’échelle macroscopique ne sont pas évaluées de façon certaine.

Qu’est-ce que la climatologie constate ?

  • La science constate un réchauffement global terrestre de 0,74°C ou de 0,60°C (selon les sources) en un siècle (avec une marge d’incertitude de plus ou moins 0,2°C). C’est un fait. Mais il s’agit d’une moyenne. Par exemple, l’Europe pourrait a priori se refroidir à cause de la fonte de la banquise arctique qui modifie la circulation thermohaline ;
  • La science constate une augmentation certaine de la concentration de CO2 dans l’atmosphère terrestre. C’est un fait.

C’est tout. Vouloir relier les deux constatations dans une relation de cause à effet, sous le prétexte qu’elles sont corrélées dans le temps, doit nécessairement se soumettre au critère de réfutabilité, en faisant des expériences. L’effet de serre est une réalité prouvée à l’échelle microscopique, par l’étude des spectres d’absorption du rayonnement infrarouge selon les gaz. Peut-on extrapoler cela avec certitude à l’échelle planétaire ? L’effet de serre additionnel est une hypothèse crédible, certes, mais est-ce la vérité ? Le GIEC en est «sûr» à 90%, donc il existe une incertitude de 10% : une chance sur dix qu’on se trompe.

La climatologie fait des observations par satellite. Mais l’essentiel du désaccord repose sur les prédictions réalisées par des simulations informatiques. Les simulations on sait ce que ça donne dans les sciences économiques : on ne sait même pas prévoir les krachs boursiers.
Pour entrer dans les détails, l’hypothèse selon laquelle la probabilité que l’homme soit la cause réchauffement climatique par l’effet de serre est de 90% est devenue une conviction, mais une conviction qui repose sur une hypothèse probabiliste, pas sur une certitude scientifique.

Il existe des faits scientifiques qui prouvent que la planète Mars se réchauffe, et il est certain que l’homme n’est pas responsable du réchauffement de la planète Mars. Il est donc légitime de rechercher à réfuter scientifiquement l’hypothèse du réchauffement climatique terrestre anthropique.

Réchauffement anthropique ? Oui, c’est tout-à-fait possible, mais il faut des preuves plus abouties.

La science peut constater une évolution du climat au présent, mais l’avenir du climat est imprévisible. Trop d’incertitudes compliquent les paramètres. De plus, à la question selon laquelle le méthane est un gaz à effet de serre X fois plus puissant que le CO2, la valeur de X selon les diverses sources oscille entre 20 et 75 ! Tenter de prédire le climat que sur la base du CO2 est simpliste et réducteur, mais tenir compte du méthane et de la vapeur d’eau, c’est aboutir à de lourdes incertitudes qui ne peuvent que conduire à avouer qu’il est impossible de prédire le climat si l’on tient compte d’un optimum de paramètres.
Pour être scientifiques, des hypothèses doivent avoir la possibilité d’être réfutables, reproductibles et prédictibles pour qu’elles puissent entrer dans le cadre d’une théorie scientifique.

Dire qu’on peut prédire le climat sur les 20 ou 30 prochaines années est déjà présomptueux. Mais sur un siècle c’est mystique, franchement. On ne peut même pas prédire le temps qu’il fera exactement au-delà de 3 jours, voire 10 jours au plus, et pour le constater il suffit de comparer les prédictions avec les observations. Personne n’a pu prédire la tempête de 1999 ni la canicule de 2003…

Qui parmi nous, vivant maintenant, pourra comparer les prédictions climatiques d’aujourd’hui avec des observations du ciel dans un siècle ? Encore faudrait-il avoir la chance de devenir centenaire, voire un super-pépé… La question de la réfutabilité est posée.

En 1975, le 28 avril, le magazine Newsweek annonçait une ère glaciaire pour les années 2000.

newsweek1975-bishowtosurvive1975coldclimatenewsweek1975apr28

Cela ne ressemble pas du tout à une crosse de hockey. De plus, avant 1975 les données sont connues, sinon on n’aurait pas pu tracer cette courbe.

On a vu le résultat… D’ailleurs, pourquoi la planète Mars se réchauffe t-elle, d’ailleurs ?

Ci-dessous, voici une preuve beaucoup plus convaincante :

Il y a 14700 ans sur Terre, il y eut un réchauffement de 10 degrés en peu d’années par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008.

dryasrecent

Source : http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:asmFpYOrX2cJ:dods.ipsl.jussieu.fr/dssce/Archives/OldSite/PapierAcot3.pdf+%2214700+ans%22+r%C3%A9chauffement+cnrs&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESjAM__zpqg15juCiv8EBp4PNriJGlLk16Ev4veX_q4FVnAQ1SgxFTeaN8o9GjyGZk30udviU0I6KlkjMkfp-0G13fej9cCPptjA02KmGcJJI54jK1fnEFPsxJCqPyOU2_5qNCEl&sig=AHIEtbTo00-UPDQ4C3frLI_Yvf0178Q63g&pli=1

Je cite aussi :

Two radical warmings stand out: the first one occurred 14,700 years ago, when temperatures jumped 10°C before cooling 1800 years later; the second one came 11,700 years ago, marking the end of the Ice Age. What is startlingis the speed of evolution: these findings imply that dramatic change can occur within “1 to 3 years.”

Source : http://www2.cnrs.fr/en/1335.htm

Alors, il y a 14700 ans, c’était à cause de l’homme ?
Réfuter des conclusions incertaines n’a jamais été un acte de soutien pour la pollution et la dégradation de l’environnement. Je trouve très préoccupant la surmortalité des abeilles par exemple, et je constate que personne ne fait rien dans l’immédiat pour bannir les pesticides qui sont la cause certaine de ce risque d’extinction de l’espèce.

Les particuliers eux-mêmes ne peuvent pas réaliser des expériences qui ne sont pas à leur portée, n’ont pas le matériel à leur disposition (les appareils de mesure du CO2 sont coûteux).

Si l’homme est la cause de quelque chose ayant un rapport avec l’environnement, c’est son rôle d’empoisonneur en contribuant à la disparition des insectes pollinisateurs, mais ça ce n’est pas un sujet très à la mode comparé à la climatologie politisée, au développement durable, à l’éolienne-mania et aux énergies renouvelables. Énergie, programme industriel de développement, mais pas pour un environnement durable.

L’homme est aussi la cause d’un réchauffement de l’atmosphère, mais l’effet de serre macroscopique du CO2 n’est pas démontré. Cependant, j’affirme sur la base de mesures thermiques que l’air se réchauffe du fait de l’urbanisation croissante des campagnes : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/15/mesures-des-temperatures-naturelles-sur-des-materiaux-differents/  (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/mesures-des-temperatures-naturelles-sur-des-materiaux-differents/) D’ailleurs, il existe toujours 2°C de plus à Paris par rapport à la campagne environnante. Les matériaux sombres absorbent le plus de chaleur, et quand le soleil se couche, les matériaux échauffés restituent cette chaleur emmagasinée en rayonnant dans l’infrarouge durant la nuit, c’est pour ça qu’il fait plus chaud en milieu urbain, surtout par ciel nocturne nuageux. Et si on élaborait des tuiles blanches sur le toit ? Ça absorberait moins la chaleur par ensoleillement.

Enfin, vouloir réduire les émissions de CO2, pourquoi pas, mais mieux vaudrait agir sur la base de certitudes.
Combattre les causes réelles ou supposées du réchauffement climatique, pourquoi pas, mais rien ne garantit que la Terre se refroidirait si on agit, peut-être que croire pouvoir changer le climat est une utopie. S’adapter aux changements climatiques, voila une idée plus réaliste.

Ce que l’on peut changer :

  • sauver les insectes pollinisateurs en supprimant ces abominables poisons que sont les pesticides.
  • utiliser des matériaux blancs ou réflecteurs pour limiter l’absorption de chaleur par temps ensoleillé.
  • continuer les recherches pour apprendre dans la mesure du possible ce qui est connaissable sur le climat.

Ce qui est irréaliste :

D’ailleurs, dans le lien hypertexte ci-dessus à propos de l’article de France Soir, il m’a été impossible de poster mon commentaire, c’est bloqué. Les 17 commentaires des internautes constituent une critique explicite.

Voici donc le commentaire que je voulais laisser sur France Soir :
C’est risqué de prendre des décisions politiques d’après des prédictions sur la foi de simulations informatiques irréfutables (on va vu ce que ça donne avec les sciences économiques (*) qui n’ont pas su prédire la crise de 2008). Ce serait plus prudent de prendre des décisions politiques sur l’appui des observations seules. Le critère de la science c’est la réfutabilité d’après des données quantitatives vérifiables. Sinon c’est jouer le risque de perdre toute crédibilité pour longtemps à force de trahir l’esprit de la science et prendre le public pour des idiots…

(*)
« Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)

« Le développement de l’économie réelle n’a rien à voir avec la science économique. Bien qu’on les enseigne comme s’il s’agissait de mathématiques, les théories économiques n’ont jamais eu la moindre utilité pratique. » (Karl Popper)

© 2011 John Philip Manson

Résumé des sources énoncées ici :

  • Thermodynamique et cinétique des gaz (sur le forçage radiatif)
  • Newsweek du 28 avril 1975 (sur la prédiction foireuse d’un refroidissement futur)
  • CNRS et Jussieu (sur le réchauffement naturel d’il y a 14700 ans)
  • Nasa et Nature (pour l’atmosphère martienne)
  • Maxisciences (sur la cause de l’extinction des abeilles)
Publicités