Une pale d’éolienne s’écrase au sol en Eure-et-Loir

Si la tragédie de Fukushima a entraîné la diabolisation du nucléaire, l’éolien présente lui aussi ses défauts. C’est rare, certes, mais c’est arrivé : http://www.leparisien.fr/societe/eure-et-loir-une-eolienne-perd-une-pale-22-05-2012-2011662.php

L’information a été relayée par RTL ce matin du 26 mai 2012.

Une pale qui tombe au sol, ça aurait pu tuer quelqu’un… Les risques liés au nucléaire sont plus importants en proportion, c’est juste, mais c’est très encadré. Mais le constat est que l’absence de défauts est un mythe. S’il fallait tout interdire à cause du moindre défaut, il n’y aurait plus d’industrie, il n’y aurait plus d’économie ni d’activités…

Il paraît que la distance de sécurité entre les éoliennes et les habitations est de 500 mètres. Mais qu’en est-il des voies routières et les autoroutes ? À vérifier. En effet, des pales d’éoliennes ça pourrait tomber aussi bien sur des voitures ou des camions que sur des maisons.

Ensuite, qu’en est-il de la portée maximale de la chute d’une pale d’éolienne ? Cela dépend de la hauteur de la chute, ainsi que de la vitesse du vent.

Un commentaire anonyme sur le journal Le Parisien raconte que «En plus 500 m, ce n’est pas suffisant. Une pale est justement faite pour bien porter au vent, donc avec une rafale à 120 km/h, je vous laisse imaginer quelle distance elle peut parcourir…».

En effet, en prenant en compte la résistance de l’air, la portée d’une pale en chute et sous l’effet du vent est égale à x = v×√(2h/g) où v est la vitesse du vent (en m/s), h est la hauteur du rotor (en mètres) par rapport au sol, et g = 9,8 m/s² (accélération de la pesanteur).

Ainsi, avec une rafale à 130 km/h (soit 36,11 m/s) et une hauteur du mat de 138 mètres, la portée de la chute est voisine de 192 mètres. Ainsi, avec un vent de 130 km/h, on peut retrouver la pale à environ 192 mètres maximum de l’éolienne.

J’ai fait une capture d’écran de la zone du parc éolien et sa proximité avec l’autoroute A10 : je constate que les éoliennes sont situées de 324 à 338 mètres de l’A10 sur laquelle circulent les voitures. Mais même par grand vent, les pales qui tombent ne peuvent pas parcourir cette distance pour atteindre l’autoroute.

L’avantage des centrales nucléaires, c’est qu’il n’y a pas besoin d’en implanter des dizaines de milliers… En effet, les centrales nucléaires ont le mérite de concentrer la production énergétique : elles sont au nombre de 19 pour 65 millions de français, soit 1 centrale pour 3,4 millions. En éolien, c’est 1 éolienne pour seulement 500 habitants. Pour quelques hectares de terrain nucléaire, on obtient une production entre 3 et 4 GW d’électricité. Ceci est impossible à faire avec les éoliennes, l’éolien est intrinsèquement une production étendue en surface. Ça défigure le paysage naturel rural, et ça peut même nous fracasser le crâne si ça nous tombe sur la tête…

Des éoliennes avec des pales manquantes, j’ai déjà ça plusieurs fois quelque part. Et même en feu…

Voila :

C’est la fin d’un mythe. Les éoliennes ne sont pas parfaites. Le manichéisme idéologique selon lequel le nucléaire est le Mal et que l’éolien est le Bien, ça devenait ridicule. L’énergie parfaite et idéale est un mythe.

© 2012 John Philip C. Manson

4 réflexions sur “Une pale d’éolienne s’écrase au sol en Eure-et-Loir

  1. Si cette comparaison est indubitablement très drôle (et aussi très informative, concernant le le risque d’autocombustion…), elle a peu de portée réelle : combien de personnes seraient susceptibles d’être affectées par un accident d’éolienne? Si on met en regard le nombres de personnes potentiellement affectées par un coup de grisou (charbon), une marée noire (pétrole) ou une perte de contrôle d’un réacteur (nucléaire), le risque accidentel parait plutôt minime pour l’éolien.
    Ça ne veut pas dire que l’éolien est la bonne solution (j’en doute), mais seulement que le risque accidentel va plutôt en sa faveur. Par contre l’éolien est incapable de produire de grandes quantités d’énergie par temps froid et sec (hiver), et ça c’est nettement plus limitant…

  2. Il est vrai que les accidents d’éoliennes sont assez spectaculaires car on ne soupçonnait pas que cela puisse arriver. Néanmoins vous avez raison de dire que la probabilité que quelqu’un se trouve présent sur les lieux et se prennent l’éolienne dans la figure est très faible. C’est un peu comparable au risque d’être noyé dans une marée noire, ce qui a peu de chances d’arriver. Même pour le nucléaire français fréquemment amalgamé avec la catastrophe de Tchernobyl à travers la psychose autour de la tragédie du tsunami de Fukushima.
    Comme vous, je pense que l’éolien n’est pas une bonne solution pour l’avenir énergétique. Et son risque accidentel est proportionnellement beaucoup moins grave qu’un hypothétique accident nucléaire futur. J’ai fait cet article pour montrer que les éoliennes ne sont pas parfaites ni sûres, contrairement aux tons utopiques que nous entendons tous les jours. Je pensais même que les accidents d’éoliennes étaient inexistants : je m’étais trompé, ils surviennent plus fréquemment qu’on ne le croit. Effondrement du mat, incendie du rotor, c’est spectaculaire et inattendu, et heureusement qu’on ne déplore aucune victime jusqu’à présent…
    Puis en ce qui concerne la possible sortie du nucléaire, j’avais argué qu’une telle décision sera très préjudiciable pour l’environnement et l’économie en France si cela se fera. J’avais dit dans mon blog il y a cela quelques semaines que l’Allemagne était sortie partiellement du nucléaire mais elle est loin d’être un modèle puisqu’elle a accéléré la consommation de son charbon, et cela est contraire aux intentions de l’Union européenne de réduire les émissions de dioxyde de carbone. Un reportage sur France2 le 24 ou 25 mai 2012 en soirée a parlé de l’Allemagne qui émane du CO2 à cause de sa sortie du nucléaire, cela ne fait que confirmer ce que j’avais dit à ce sujet. Pourquoi renoncerions-nous au nucléaire pour entrer en sous-production d’électricité alors qu’on en a besoin ? Pourquoi renoncerions-nous au nucléaire pour finalement se fier au charbon dont les émissions en CO2 seront en augmentation exponentielle ? Pourquoi renoncerions-nous au nucléaire, c’est-à-dire en renonçant à un kilogramme d’uranium pour préférer une tonne de charbon comme équivalent en énergie ? Sortir du nucléaire c’est amorcer la mort de l’industrie française, c’est annoncer une nouvelle ère où le CO2 deviendra un gros problème. Donc, non, l’Allemagne n’est pas «verte» en sortant du nucléaire. L’autre jour, la Chine était présentée comme «verte» à cause du développement de ses énergies renouvelables, mais j’ai constaté que la majeure production de la Chine c’est à travers la consommation d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz…) au rythme de 3 milliards de tonnes de CO2 chaque année…

    À lire :
    https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/30/la-chine-numero-1-de-lenergie-verte/
    https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/24/lenergie-en-allemagne-dont-le-nucleaire/
    https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/29/lautriche-fait-mieux-que-lallemagne-contre-le-nucleaire/

    Je suis très d’accord avec ce que raconte le ministre suédois de l’Environnement, Andreas Carlgren : http://info.france2.fr/europe/le-gouvernement-annonce-la-sortie-du-nucleaire-68981476.html

  3. Oui, je suis complètement d’accord sur les inconvénients probables de la sortie du nucléaire.
    Juste une remarque cependant : peu de gens se noient à cause des marées noires, mais quel est l’impact sur les élevages, les pêcheries, l’emploi? C’est pour cela que je parlais de « personnes affectées » par les accidents et pas seulement de « victimes ».
    Si on se limite aux victimes, le principal risque lié au pétrole et au gaz est sans doute l’explosion d’une raffinerie plutôt que la marée noire.
    Les images que vous montrez restent impressionnantes. Je me demande quel est le risque indirect d’incendie de forêts!

  4. En effet les photos sont étonnantes. Il y a quelques jours je ne savais pas que les éoliennes pouvaient brûler (elles sont probablement fabriquées en fibre de carbone) et j’ignorais aussi que leur mat pouvait se briser par grand vent. Ces photos servent à illustrer quelques exemples flagrants dont on n’a jamais entendu parler à la TV (on a surtout trop entendu une diabolisation délibéré des centrales nucléaires, tandis que le renouvelable était présenté comme idéal, «vert», propre). Les antinucléaires devraient survoler les éoliennes en ULM pour dénoncer qu’elles ne sont pas plus sûres que la centrale nucléaire du Bugey…

    Voici un scénario catastrophe possible : un orage survient et la foudre s’abat sur le rotor d’une éolienne (ou alors aussi, un grand vent pendant un orage entraîne l’inflammation du rotor par excès d’effet Joule), ensuite le feu s’étend sur les pales, et le vent arrache quelques braises qui tombent sur le champ de céréales (très sec à cause d’une météo estivale), et le feu se propage dans le champ pour atteindre les forêts et les villages environnants. Je pense que c’est possible. Lors d’un orage, le champ électrique dans l’atmosphère peut provoquer une différence de potentiel électrique, engendrer une surtension élevée, et provoquer un incendie : la fibre de carbone peut brûler, et le carbone peut conduire le courant électrique (les mines de crayons en graphite conduisent le courant électrique, j’ai vérifié). Un champ électrique important peut induire un courant électrique excessif dans le câble électrique d’une éolienne, nul besoin de contact, ça agit à distance. C’est comme les lignes à haute tension, même pas besoin d’y toucher pour être électrocuté : c’est le champ électrique important qui engendre une différence de potentiel à travers le corps. Il existe un risque d’incendie d’éoliennes en cas d’orage. Je ne sais pas si les éoliennes sont surmontées d’un paratonnerre pour les protéger. De plus il faudrait concevoir une sorte d’aération du rotor pour évacuer la surchauffe par effet Joule.

    Puis les panneaux solaires, par temps très ensoleillé, ça pourrait connaître une surchauffe a priori.

    S’il est vrai qu’il faut sécuriser les centrales nucléaires, il faudrait sécuriser aussi les éoliennes. Il paraît que les éoliennes actuelles proviennent de Chine, on peut deviner qu’elle pourrait être le degré de qualité… En tout cas, les essuie-glace de ma bagnole (made in China) ne durent pas bien longtemps, et pourtant le prix est cher…

    Concernant les photos des éoliennes endommagées, ce ne sont que quelques exemples parmi de nombreux autres. Les accidents n’ont pas l’air aussi rares qu’on nous le raconte. On peut observer un certain nombre de photos de ce genre sur Google Images.
    Pour chaque cas, les médias disent que c’est rare : http://rhone-alpes.france3.fr/info/drome–deux-eoliennes-ont-pris-feu–64936157.html mais d’un événement à l’autre, ça finit par ne pas être défini comme étant rare… Il y a des cas d’incendie d’éoliennes en France (un dans le sud de la Drôme : http://news.fr.msn.com/m6-actualite/france/photo.aspx?cp-documentid=154722742#fbid=PcVgx9QV6Bh , et un en Ardèche au plateau du Coiron : http://ventdubocage.net/documents/html/accident-freycinet.htm ), en Angleterre (à Sunderland, sur la côte nord-est), aux Pays-Bas (à Heerenven : http://decadence-europa.over-blog.com/article-36531459.html ), en Allemagne (à Ostermarsch : http://www.epaw.org/multimedia.php?lang=fr&article=a9 ), au Portugal (à Caldas da Rainha), en Écosse (North Ayrshire) et au Danemark, ce n’est pas des incidents rares et isolés. De plus, la liste n’est pas complète.

    Dans le monde, en 2008, il y a eu 128 incidents de ce genre avec les éoliennes, d’après le Los Angeles Times. Probablement le même taux chaque année, mais en augmentation du fait qu’il y a de plus en plus d’éoliennes.

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