Analyse d’un article sur la consommation annuelle de papier

Décidément, FS se fait de plus en plus souvent l’écho de l’écologisme et du développement durable.

Je me concentre sur cette phrase, je cite : «Selon la Fondation Nicolas Hulot, un employé de bureau consomme en moyenne 80 kg de papier par an, soit un rejet de 25 kg équivalents CO2. Il est possible de réduire ce volume avec des gestes… »

Nous ne sommes pas tous employés de bureau. Néanmoins, ces derniers il y en a beaucoup. Je voulais juste dire au passage qu’il existe une autre vie professionnelle que le bureau, comme celle des ouvriers et des maçons par exemple…

Bon, la phrase citée extraite du site nous fournit des données quantitatives vérifiables.

Pour commencer, ça tombe bien, je possède un lot entier de 500 pages de format A4, dont je précise que je suis un faible consommateur (en effet, j’imprime peu, car les 6 cartouches d’encre en couleurs dans mon imprimante Epson, ça coûte assez cher, donc en effet ça sert à quoi d’imprimer si les données sont déjà stockées dans le disque dur ou dans une clé USB ?).

Je pèse le bloc de 500 pages A4 sur une balance. La masse relevée est de 2,44 kg. Par conséquent : 2440 grammes divisés par 500 pages ça fait 4,88 g par page.

Donc selon la Fondation N.H., 80 kg de papier jeté par an. Cette masse perdue équivaut donc à 16390 pages A4 par an, donc environ 33 lots de 500 pages chacun usés chaque année. Cela correspond à un rythme moyen de 45 pages gaspillées par jour et par employé de bureau. Ce nombre me paraît excessif.

Ensuite, le papier est une matière recyclable. Au lieu de brûler bêtement le papier, on peut par exemple le dissoudre dans la liqueur de Schweitzer et reprécipiter la cellulose, la rincer, puis compresser celle-ci pour fabriquer de nouvelles feuilles recyclées. En tout cas, j’en connais un rayon sur la chimie.

Mais si l’on évalue les pertes de papier comme étant une source d’émissions en CO2, ça veut dire que le papier jeté est brûlé, d’où les rejets de dioxyde de carbone. C’est bizarre, car je croyais que ce qui était jeté à la poubelle était ensuite recyclé quand le matériau est physiquement recyclable ?

Ensuite, est-ce que 80 kg de papier équivaut bien à 25 kg de CO2 émis par la combustion de la cellulose ? En chimie, on peut vérifier ça.

La cellulose est un polymère naturel du D-glucose, de formule (C6H10O5)n.

En ce qui concerne la réaction chimique de combustion de la cellulose dans le dioxygène de l’air, une mole de cellulose réagit avec 6 moles de dioxygène pour produire 6 moles de CO2 et 5 moles d’eau.

Selon les proportions massiques : 162 g de cellulose + 192 g de O2 ça donne 264 g de CO2 + 90 g d’eau.

Concrètement, 162 grammes de cellulose émet par combustion une quantité de 264 grammes de CO2. Cela implique que la combustion de 80 kg de cellulose conduit à l’émission de 130,37 kg de CO2 et non pas 25 kg. Le bilan est donc pire ce qu’annonce la Fondation N.H.

Même en supposant l’hypothèse de la quantité de carbone contenue dans la cellulose, la chimie montre qu’il y a 35,55 kg en atomes de carbone présents dans 80 kg de cellulose…

Ensuite, en suivant les liens de Futura-Sciences, je regarde ça http://www.futura-sciences.com/fr/question-reponse/t/eco-consommation/d/eclairage-comment-baisser-la-consommation-denergie_1358/#xtatc=INT-280-[20120404-semaineDD] et je constate une énième promotion des ampoules électriques à basse consommation. Personnellement, si nous sommes tous d’accord que les ampoules à incandescence ont une durée de vie limitée à 1000 heures, et que les remplacer ça a un coût, les ampoules à basse consommation contiennent du mercure (pourtant interdit en Union européenne) et sont excessivement chères. Dans ma cuisine, j’ai un tube à néon de forme circulaire, il est fonctionnel depuis août 2003 et il fonctionne toujours ce 6 avril 2012. Pourquoi ne pas promouvoir plutôt les tubes à néon qui ne grillent pas ? Ça serait vraiment plus économique comme démarche.

 

Pour terminer, j’ai examiné la petite image à la fin de la page du lien cité au début de mon article, l’image donne un bilan de l’activité humaine en fournissant des pourcentages et des quantités.

Par exemple, on lit qu’un être humain a généré un bilan de 8,9 tonnes de CO2 durant l’année 2007 (en moyenne).

Comment un humain émet-il du CO2 ? D’abord par la respiration, puis la circulation automobile, et l’utilisation de gaz de chauffage ou pour la cuisine. On peut vérifier tout cela en calculant la somme de chacun de ces impacts.

À partir de mots-clés, j’ai pu retrouver dans mes archives cet article : http://jpmanson.unblog.fr/2011/09/27/les-emissions-de-co2-par-habitant-et-par-an/

D’après Google lui-même, l’émission par habitant en 2007 en France est de 6 tonnes, ce qui contredit le bilan de 8,9 tonnes. Mais c’est à peu près du même ordre de grandeur, j’admets l’existence d’une incertitude naturelle qui rend les chiffres flous. Mon article daté de septembre 2011 explique l’émission de CO2 selon les activités humaines et j’avais dit que quelques tonnes par an et par individu était une grandeur cohérente.

 

© 2012 John Philip C. Manson