Les oursins et les climats

Dans le JT de TF1 de 13 heures du lundi 19 décembre 2011, j’ai regardé le petit reportage sur les oursins, où l’on entend parler de leur pêche et de la consommation de ces animaux marins lors des fêtes de fin d’année.

Cependant, un détail m’a choqué dans ce reportage. Il semble que le mot «changement climatique» est glissé intentionnellement pour que le public l’enregistre bien sans sa mémoire…

Je cite la phrase-clé du reportage :

  • « […] mais la surpêche, les maladies et les changements climatiques en ont fait une ressource fragile et de moins en moins présente en Méditerranée. »

Il est vrai que la surpêche menace ces animaux, les maladies aussi (les maladies menaceraient plutôt les personnes qui mangent des oursins malades…).

Mais mieux vaudrait remplacer le mot «changements climatiques», inadapté dans cette circonstance, par le mot «pollution» qui est une des principales réalités.

En effet, l‘oursin est un modèle très utilisé pour la recherche en écotoxicologie. Des larves d’oursins présentent des difformités si les concentrations de polluants dans l’eau dépassent un certain seuil. De même, le pourcentage d’ovocytes fécondés diminue avec l’augmentation des polluants dans le milieu. On peut donc utiliser les oursins comme indicateurs de pollution du milieu. Les piquants des oursins peuvent aussi être analysés en biomécanique pour obtenir des informations sur les lieux les plus pollués.

  • Pour approfondir le sujet, les oursins peuplent des habitats maritimes très divers, principalement côtiers, sur une profondeur allant de 0 à 100 mètres. Certaines espèces, comme le Cidaris cidaris peuvent vivre jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, sur des fonds détritiques et coralligènes.
  • Le régime alimentaire des oursins est généralement herbivore, constitué d’algues, mais ils consomment aussi moules, éponges, ophiures et crinoïdes. Les oursins sont parfois charognards, et il n’est pas rare d’en capturer dans les nasses à homard, attirés par l’appât. L’oursin crayon ou « porte lance » (Cidaris cidaris) est par exemple un consommateur macrophage carnivore broutant des bryozoaires, des mollusques et des éponges.

Ensuite, posons-nous la question suivante : est-ce que les changements climatiques sont réellement une menace pour les oursins ?

Un refroidissement climatique pourrait faire reculer ce qui constitue le régime alimentaire des oursins et menacer de disparition ces derniers.

Mais un réchauffement climatique peut-il menacer les oursins ? Non, et je vais expliquer pourquoi ci-dessous.

Je possède personnellement une collection d’oursins fossiles. J’ai ramassé ces fossiles il y a quelques années, en pleine campagne, dans le Bassin parisien.

Voici une photographie d’une partie de ma collection de fossiles :

Ces oursins fossiles proviennent de ce qui était jadis le fond de la Mer Stampienne qui a existé il y a entre 25 et 34 millions d’années. Ces oursins fossilisés sont donc au moins âgés de 24 millions d’années. L’examen de la carte géologique sur le site http://www.geoportail.fr a permis de confirmer ma remarque : ces oursins proviennent bien de la strate géologique de l’Éocène supérieur.

La Mer Stampienne a existé ainsi pendant l’ère Oligocène, pendant le Cénozoïque. Or, pendant l’Oligocène, le climat global était tropical ou tempéré chaud (de 18 à 25°C au lieu de 15°C actuellement). Bref, un climat tropical, chaud et humide, est favorable aux oursins, c’est même un fait contraire à l’idée d’une hypothétique extinction par un réchauffement climatique…

Les oursins que je possède sont tous siliceux, avec parfois un peu de calcaire. Les cassures conchoïdales révèle la nature du minéral dans les fossiles : du silex. La formation du silex est un phénomène complexe. Il est généralement admis que cette roche se forme à partir d’eau de mer ou de lac saturée en silice. La Mer Stampienne a justement apporté des sables. Les climats tropicaux sont propices à la formation du silex.

J’ai ainsi montré, avec mon article, que les oursins ont existé à une époque ancienne où la Terre avait une température moyenne ayant 3 à 10 degrés Celsius de plus qu’actuellement. Les eaux chaudes sont favorables aux éponges, aux algues et autres nourritures des oursins. Je ne vois pas en quoi un réchauffement climatique pourrait menacer les oursins. La pollution et la pêche intensive très certainement, et aussi une glaciation globale peut-être, mais pas un réchauffement.

© 2011 John Philip C. Manson

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