Les économistes et le CO2

Critiques de la farce marketing des plantes dépolluantes :

Et voici qu’une agence environnementale exprime aussi son scepticisme sur ces fumeuses plantes dépolluantes :
technicitesfr

  • Je cite : « des plantes peuvent présenter des capacités à absorber certains polluants gazeux ». Certes, mais lesquels ?? Ce serait intéressant de les désigner. Les plantes absorbent deux gaz par la respiration au moyen de la photosynthèse : l’oxygène (qui n’est pas polluant), et le dioxyde de carbone (qui est la nourriture des plantes ; le CO2 permet la croissance végétale et la formation des fruits et des légumes). Il serait pertinent aussi de dire quels laboratoires ont réalisé ces expériences pour contredire les vanteries marketing des plantes dépolluantes. Bref, c’est assez flou.

Le scepticisme apparent de l’agence environnementale est en contraste avec certaines de ses affirmations qui sont elles-mêmes des exemples éveillant le scepticisme scientifique élémentaire. Les liens ci-dessous en donnent les détails :

Des affirmations éco-prosélytes visant à dénigrer ce gaz qu’est le CO2. (Pourquoi ne pas s’opposer aussi aux autres gaz à effet de serre comme le méthane, la vapeur d’eau ainsi qu’au protoxyde d’azote sachant que ce dernier est actuellement utilisé comme gaz propulseur dans les bombes aérosol ?)

La question de la scientificité des spéculations éco-prosélytes suscite des inquiétudes. L’idéologie contre la science.

Examinons un extrait des prétentions de cette agence, daté du 7 juillet 2011 :

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  • Pour commencer, 1 Mo par mail, c’est une moyenne exagérée. Je pense que chaque mail en moyenne est relativement court, de l’ordre de quelques Ko.
  • «13,6 tonnes équivalent CO2» ? Pourquoi équivalent au lieu de dire directement ? Équivalence par masse des gaz issus de combustion, ou équivalence énergétique électrique ? Ce n’est pas très clair.
  • 13,6 tonnes de CO2 par an et par 100 personnes, c’est égal à 372,35 g de CO2 par salarié et par jour.
  • Si on prend en compte le courrier reçu et le courrier envoyé, ça fait 91 mails échangés par jour et par salarié.
  • En conséquence, ça correspond à une moyenne de 4,1 g de CO2 par mail envoyé ou reçu par un seul employé, ou 11,28 g de CO2 par mail envoyé par un seul employé. Ce qui ne colle pas avec les 19 g prétendus dans une autre publication (lire mon article Mégaoctet et CO2).
  • L’auteur de l’étude n’aurait-il pas confondu courrier électronique et courrier postal, sachant que le transport de courrier de papier est producteur certain en CO2 du fait de la circulation automobile (sans oublier le transport de lettres et de colis par avion) ?…
  • Ensuite, à combien de CO2 correspond un aller-retour Paris-NY en avion ? J’ai déjà établi le calcul pour vérifier une autre assertion écolodélirante dans mon article sur le livre de Pascal Bruckner. Bref, c’est 1872,32 kg de CO2 par aller-retour Paris-NY en avion. Alors, 13 allers-retours, ça donne 24340,16 kg de CO2, soit 24,34 tonnes de CO2, ce qui est un résultat différent en comparaison des 13,6 tonnes. Ainsi, 13 allers-retours en avion c’est excessif, quantitativement il s’agit plutôt de 7,26 allers-retours Paris-NY en avion.
  • À chaque fois que je vérifie les chiffres éco-prosélytes, je trouve systématiquement une erreur. Pourquoi ?
  • Ensuite, pour pousser le problème plus loin, je me base sur la combustion du charbon émettrice en CO2, c’est le principe des centrales électriques à charbon. Mais 84% de l’électricité française est d’origine nucléaire, mais enfin bon on va se baser sur la production énergétique ancestrale.La combustion du carbone dans le dioxygène libère une énergie de 393,5 kJ/mol, soit 8,943 kJ par gramme de CO2 émis. Ainsi, avec 11,28 g de CO2 par mail envoyé par un employé, cela correspond à une énergie de 100,88 kJ, soit 0,028 kWh. Sachant qu’un mail de 1 Mo envoyé à une vitesse maximum de 128 Ko/s par ADSL, alors l’envoi du mail dure 7,81 secondes. Alors ça correspond à une puissance électrique de 12,91 kW, or ce n’est absolument pas possible, j’ai vérifié : mon pc de bureau a une puissance de 693 W, c’est-à-dire 19 fois moins que l’envoi du mail de 1 Mo, c’est donc incohérent !!!! En outre, les centrales à charbon, en 2007, c’est 0,15% par rapport à la production française électrique totale (nucléaire = 84,1% en 2007). Si l’on tient compte de la proportion des centrales à charbon (0,15% du tout électrique) et du multiple marquant le contraste des puissances électriques comparées entre l’email et le pc, alors les chiffres sont exagérés d’un facteur 12667 : dans les faits, l’envoi d’un mail de 1 Mo représente plutôt 0,9 milligramme de CO2. De ce fait, un seul aller-retour Paris-New York en avion correspond à plus de 15 milliards de mails, tandis que la quantité annuelle du CO2 dit électrique par l’entreprise de 100 salariés ça  correspond à la millième partie d’un seul voyage aller-retour Paris-New York
  • Cependant, même lorsque l’on n’envoie pas de mail pendant que le pc reste allumé, la quantité d’électricité consommée reste la même dans le même laps de temps. Bref, que l’on envoie un mail ou pas quand le pc est allumé, on consomme de l’électricité. Illustrer le problème du CO2 à travers l’envoi du courrier électronique, c’est exactement la même chose que produire du CO2 à cause des jeux vidéo sur pc, ou de faire du télétravail, ou de publier des articles de journalisme sur le web… Ce qui est sûr, c’est que la masse de CO2 que l’agence environnementale attribue à l’envoi d’un mail est exagérée d’un facteur 12667 par rapport à ce qu’on se réfère à la consommation électrique (0,15%  du tout électrique provient de centrales électriques à charbon en proportion).
  • Bilan : comme 0,15% de l’électricité est la proportion des centrales électriques à charbon (seule source de CO2 par rapport aux autres moyens de génération d’électricité comme l’hydraulique, l’éolien, le solaire, le nucléaire…), l’impact en CO2 par l’électricité est faible en comparaison avec le trafic aérien, mieux vaudrait réduire les voyages inutiles en avion à l’autre bout du monde (la France n’est-elle pas le plus beau pays du monde ? Il y a tant de choses à visiter en France). Certains chefs d’États ont eu la sagesse de ne pas se déplacer à Durban pour la conférence climato-politique, car le voyage aurait représenté un bilan carbone trop lourd (pourquoi ne fait-on pas de congrès par vidéo-conférence via Internet, l’impact en CO2 est très moindre !)…
  • Au JT de TF1 à 13 heures ce 1er décembre 2011, j’ai appris qu’une taxe bonus/malus est créée selon la puissance des appareils électroménagers achetés… Le peuple en discutait déjà en 2008. Et cela risque fort de se concrétiser en décembre 2011. Encore un prétexte pour pomper du fric. Et cela va freiner la consommation, déjà que les commerces sont frappés par la crise économique et ont peine à pouvoir embaucher du personnel… Cette nouvelle taxe ne servira certainement pas à sauvegarder les abeilles en danger à cause des pesticides… Et les chinois, eux, continueront probablement à vendre des jouets qui contiennent des traces de produits cancérigènes

Complément d’info : si les centrales électriques à charbon disparaissent définitivement, tout l’ensemble de la production électrique française n’émettra plus directement de CO2 ; mais si on arrête toute le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien seront insuffisants (très coûteux et rendement faible) et on court le risque de multiplier les centrales électriques à charbon qui auront un impact plus fort en CO2 (par combustion, et par l’importation massive de charbon international).

 

 

© 2011 John Philip C. Manson

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