La déontologie de la vulgarisation scientifique

Voici un sujet intéressant et important qui vaut d’être traité : la déontologie de la vulgarisation scientifique.

J’en résume les enjeux :

  • Si l’information n’est pas correctement transmise – complète, honnête, compréhensible par un profane – le mot information perd tout son sens.
  • La qualité de l’information que les scientifiques se doivent de transmettre à la société doit constamment être améliorée.
  • Il est important que le public ait la garantie que l’information qui lui parvient via différents médias soit validée. Or personne n’est mieux placé que le chercheur lui-même pour valider une information scientifique (référence à des sources provenant de publications scientifiques à comité de lecture).
  • Il y a la responsabilité de devoir adapter le langage scientifique au niveau de compréhension des interlocuteurs, en évitant cependant le jargon scientifique ou technique, sans pour autant galvauder ni rendre approximative l’information ; c’est un équilibre souvent difficile à trouver. 
  • Il est extrêmement souhaitable que l’information transmise, en général par un journaliste, ait été, chaque fois que possible, validée par le chercheur lui-même quant à sa signification et quant à l’importance qu’elle revêt pour le public.
  • La vulgarisation scientifique ne doit pas dériver vers le publireportage ni vers le sensationnalisme pour propager un contenu faux ou caricaturé par rapport à ce qu’on attend de l’information scientifique. Dans le feu de l’action et du direct on peut comprendre quelques dérives, mais dans la presse, elles paraissent plus suspectes. Ce phénomène peut être renforcé par le fait que nombre de bons scientifiques, échaudés par des communications mal faites, mal comprises ou mal rapportées par les médias venus les interroger peuvent ensuite éviter de réitérer l’exercice.
  • La vulgarisation scientifique présentant des enjeux éthiques particulièrement forts dans certains domaines sensibles comme la médecine, la santé, la climatologie, les secteurs de l’énergie, etc, avec d’une part le poids de certains lobbies et d’autre part des risques de dérive liées à l’amateurisme ou à la non mise-à-jour de certains sites et autres supports d’information, cela peut conduire à des abus, et c’est à éviter.

 Texte susceptible de compléments

© 2011 John Philip C. Manson

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