Des ouragans «féminins» plus meurtriers ?

Des ouragans au prénom féminin seraient plus meurtriers ?…

Je suis absolument d’accord avec la critique développée par Anton Suwalki dans son article en lien ci-dessus.

De prétendues «études» qui font le buzz sur internet en racontant des salades tout en faisant des raccourcis sexistes, c’est abusif, c’est à dénoncer. Le pire c’est que certains blogueurs scientifiques se sont faits prendre au piège en relayant ce genre d’ineptie sans le moindre recul critique.

Le sexisme, le racisme ou l’homophobie, ça ne me fait absolument pas rire… Les blagues ou canulars douteux qui s’essayent à l’humour sur les stéréotypes ne font qu’aider à les propager et les entretenir.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Une découverte majeure sur le Big Bang ?

Je cite : «Une équipe d’astrophysiciens américains affirme avoir détecté les ondes que tous les scientifiques rêvaient de découvrir : celles provoquées par le fameux Big Bang il y a 14 milliards d’années, celles des tout premiers instants de l’Univers… Le phénomène imaginé par Einstein n’avait encore jamais été observé. Le dialogue ci-dessus, seuls quelques physiciens peuvent le comprendre, mais c’est la confirmation de ses théories et l’aboutissement d’une vie.»

En regardant la vidéo on en apprend plus : il s’agit de la découverte d’ondes gravitationnelles vieilles de 13,82 milliards d’années (et non pas 14 milliards) qui confirmeraient la théorie de l’inflation cosmique.

La vidéo date du 18 mars 2014, cela fait déjà 4 mois. C’est inhabituel que je n’ai pas appris la nouvelle plus tôt…

Mais ce n’est pas tout. Voici un coup de théâtre :

 

Une seule expérience scientifique n’est jamais concluante : il faut toujours attendre de voir si d’autres observations corroborent ou contredisent les résultats de celle-ci. L’annonce d’une découverte ne devrait être faite que lorsque l’on aura écarté les autres hypothèses possibles qui étaient susceptibles d’expliquer le phénomène observé.

On constate que, de plus en plus souvent, les scientifiques se mettent en rapport avec la presse pour annoncer leurs résultats, sans attendre la moindre validation de leurs pairs comme c’est normalement et habituellement le cas dans le circuit de la méthode scientifique. C’est le cas notamment de quelques bourdes médiatiques comme les neutrinos (faussement) plus rapides que la lumière, les exoplanètes habitables (mais qui n’existent finalement pas), puis les ondes gravitationnelles de l’inflation cosmique (qui pourraient n’être qu’un artefact causé par des poussières galactiques)…

Dans la presse, publier des controverses scientifiques actuelles est plus intéressant et plus lucide que publier des «découvertes» abusivement enthousiastes qui n’ont pas été évaluées. Se passionner pour une «découverte» avec enthousiasme sans se soucier de sa validation, ce n’est pas de la science mais de la foi. C’est dangereux de confondre «découverte» et coup de pub

 

Comme nous parlons des annonces précipitées de découvertes, de coup de pub, d’enthousiasme et de fanfare, je vais parler aussi d’un truc du même acabit.

Hier, je suis tombé sur des articles bizarres. En voici la liste ci-dessous :

En gros, on nous annonce que la Terre a évité de justesse une éruption solaire qui aurait pu anéantir notre mode de vie basé sur les appareils électriques… Certains médias parlent même d’anéantissement. Une terrible fin du monde «plausible» qui n’a jamais eu lieu… C’était le 23 juillet 2012, et ce jour-là, je n’ai rien vu, rien !

  • Pourquoi nous raconte tout cela seulement deux ans après ?
  • Examinons cette page : http://www.lepoint.fr/astronomie/en-2012-une-tempete-solaire-a-manque-d-aneantir-la-civilisation-contemporaine-25-07-2014-1848986_1925.php    il y est dit que la précédente éruption observée c’était en 1859, mais à l’époque il n’y avait pas de satellite pour surveiller de façon très précise l’activité solaire afin de quantifier l’ampleur du phénomène. À l’époque la technique était la coronographie solaire, euh non, même pas, puisque l’astronome Bernard Lyot inventa le premier coronographe qu’à partir des années 1930 !
  • Puis voici quelque chose d’étrange, une phrase de l’article de Le Point affirme ceci : «il y a 12 % de risques qu’une tempête solaire puissante touche la Terre dans les 10 prochaines années». D’où sort cette estimation ? Comment peut-elle être aussi précise ? Cette affirmation est néanmoins intéressante, elle semble faire référence à la loi de Poisson : elle présume une probabilité de risque dans un intervalle de temps. Alors, en moyenne, une éruption solaire frappe certainement la Terre tous les combien de temps ? Cela est-il déjà arrivé dans un passé proche ? Je vais enquêter sur cette piste. Pour donner une évaluation de la probabilité d’un événement, il faut qu’il existe un échantillon statistique basé sur des éruptions solaires ayant frappé la Terre dans le passé. Cet échantillon statistique existe t-il ? On ne peut pas établir une probabilité sur la base d’un seul ou deux événements connus et validés scientifiquement… Après enquête, j’ai estimé qu’une probabilité de 12% sur une décennie, cela correspond en moyenne à entre 0 et 2 éruptions solaires frappant la Terre par siècle. A t-on des statistiques comparables de ces événements qui ont été a priori observés (et avec quel matériel d’observation selon les époques ?) ?
  • Ce qui est cocasse, c’est qu’ils arrivent à chiffrer les coûts engendrés par les dégâts subis par une éruption solaire que la Terre n’a même pas subi… C’est un peu comme se proclamer témoin d’un crime qui n’a jamais été commis…

Très fort quand même. Certains parviennent à calculer une probabilité malgré l’absence de données empiriques (comme la formule de Drake dont on ne connaît la valeur d’aucun des paramètres)… Et certains réussissent à décrire à quoi ressemble la Terre ravagée, dans ses moindres détails, alors que l’événement tant redouté n’a jamais eu lieu… J’affirme que, dans ce contexte, l’imaginaire et les spéculations ont remplacé abusivement la rigueur rationnelle et surtout l’objectivité empirique.

Avec cette histoire d’éruption solaire aux saveurs apocalyptiques, on nous affole pour pas grand-chose… Pourquoi ?

Science pathologique ?  (http://jpcmanson.wordpress.com/2014/07/19/la-croissance-inquietante-de-la-science-pathologique/)

 

J’ai l’impression que l’objectivité fout le camp dans le journalisme contemporain qui s’essaie à la vulgarisation scientifique. Tout paraît jouer dans le registre émotionnel : l’enthousiasme provoqué par une «découverte», la peur et l’angoisse face à un avenir incertain et hostile…

Les faits seuls nous intéressent.

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Sur le même sujet, j’avais posté un article sur les protubérances solaires : http://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/19/une-eruption-solaire/  Curieusement, les journalistes avaient publié des choses à propos du soleil, environ 3 mois même avant l’éruption de juillet 2012. Seraient-ils prophètes ? Ou «fabriquent»-il un peu les infos ?

Pour ce qui concerne l’éruption solaire de juillet 2012, j’ai pris position pour le scepticisme. Mais cela ne veut pas dire que je renie quoi que ce soit. L’éruption solaire exceptionnelle est un événement plausible. Néanmoins je fais remarquer la multiplication de bourdes scientifiques ces derniers temps, on n’est jamais assez prudent. Ainsi, le risque d’éruption solaire (le vent solaire exceptionnellement intense de la couronne solaire) en interaction avec le champ magnétique terrestre, c’est quelque chose de possible. Mais quand il ne s’est rien passé, on ne peut pas extrapoler en l’absence de données matérielles. C’est comme pour le climat global : personne n’est capable de prédire avec précision à quoi ressembleront nos campagnes quand il y aura 2°C ou 6°C de plus. On ne peut se fier que sur des observations, pas sur des spéculations, bien que nous soyons conscient des risques. Lorsque nous parlons d’événements futurs (réels ou hypothétiques), nous nous trompons souvent. On a vu ce que les fantasmes du futurisme ont suggéré autrefois pour l’an 2000…

J’ai pu reconstituer ma journée du 23 juillet 2012 : ce jour-là je faisais de la retouche d’images numériques ; je n’ai remarqué absolument rien d’anormal ce jour-là à propos d’hypothétiques problèmes électriques que le soleil aurait pu provoquer.

Il est possible que certains trouvent que j’ai un ton véhément. Je l’assume, mais j’essaie de garder mon sang-froid. Le contexte est compréhensible : la surenchère de l’alarmisme apocalyptique dont le journalisme est si friand commence à devenir agaçante. Et certains scientifiques prennent leurs propres mirages pour des réalités, au mépris de l’évaluation critique qui doit pourtant être appliquée dans toutes les étapes de la démarche scientifique.

 

 

Pour terminer, voici une anecdote de 2008 : http://www.lepostier.fr/le-postier/connaissance/lasteroide-apophis-nico-marquardt-13-ans-et-la-nasa.html

Un ado aurait corrigé une erreur de la NASA à propos de la probabilité de chute de l’astéroïde Apophis sur la Terre. La probabilité estimée par la NASA était de 1 sur 45000, remplacée apparemment par celle du jeune allemand : 1 sur 450. Ce que les journalistes ont omis de dire, c’est qu’en octobre 2009, la NASA a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu’après avoir affiné ses calculs, elle n’évalue plus cette probabilité qu’à environ 1 sur 250 000. Ce n’est donc ni 1 sur 45000, ni 1 sur 450… Le 10 janvier 2013, après le passage de Apophis près de la Terre le 9 janvier, les scientifiques de la NASA ont évalué, d’après des observations au radar, que l’astéroïde n’entrera pas en collision avec la Terre en 2036. L’astéroïde n’est plus classé qu’au niveau 0 sur l’échelle de Turin. C’est-à-dire que le risque de collision est nul. Tout le monde s’était trompé auparavant sur l’estimation du risque de collision…

J’ai remarqué que nombre de médias sur internet ne corrigent pas leurs articles après publication, quand des choses ont été entre-temps démenties. Par exemple, on doute maintenant de l’existence des exoplanètes habitables du système Gliese 581, mais hélas il existe des milliers d’articles sur le web qui n’ont pas remis à jour l’information, présentant maintenant à tort une découverte qui n’en est pas une… Je pense qu’un article de plus de 3 mois est périmé, et qu’il vaut mieux rechercher des articles les plus récents.

Exemple de pages non mises à jour : http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581_c#Habitabilit.C3.A9_de_cette_exoplan.C3.A8te et http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581

Or, dans la page Vikidia sur Gliese 581c, je découvre cette affirmation : «À cause que l’exoplanète est proche de son étoile, elle subit une force de marée 400 fois plus importante que la Lune exerce sur la Terre.»
Or le titre "Caractéristiques climatiques" est totalement inapproprié. Il s’agit ici d’astronomie et non de climat… Et si l’affirmation sur la force de marée est vraie, alors la condition est que la masse de la planète Gliese 581c devra être supérieure à 391 masses terrestres sachant que l’étoile Gliese 581 est plus légère que le soleil (0,31 masse solaire). Or d’après la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Gliese_581_c il y est mentionné que Gliese 581c pèse 5,3 masses terrestres. Donc ce qui est affirmé sur la force de marée sur Vikia est manifestement faux, la grandeur étant trop élevée (c’est moins de 400 fois).

 

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  • «Les astrologues parlent bien de l’avenir, Mais ils ne le font pas venir."»  (proverbe français)

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© 2014 John Philip C. Manson

 

 

 

Les multivers et «l’univers mathématique»

En lisant cette prose, j’ai le sentiment de lire de la métaphysique ou de la science-fiction. L’outil mathématique va jusqu’à se confondre avec l’objet qu’il est sensé étudier. Personne ne semble se poser la question du critère de réfutabilité de cette «théorie» si cela en est une. Et la crédibilité de cette théorie repose sur quelles observations ou quelles expériences ? Est-il même possible de la vérifier par des observations afin de pouvoir invalider la théorie si celle-ci est fausse ?

Comme un internaute l’a bien formulé : «la physique ne considère que le mesurable et le démontrable.»  Je suis aussi de cet avis.

Que valent des spéculations indémontrables, irréfutables, inquantifiables ? C’est de la science-fiction, de la métaphysique, de la philosophie platonicienne ou du mysticisme. Que voulez-vous que ce soit d’autre ? Ce n’est donc plus de la science, parce que c’est en-dehors de la méthode scientifique. Nombre d’entre nous le savent avec bon sens. Pour d’autres, ce n’est pas si clair que ça…

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  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. »
  • « Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître. » (Bertrand Russell)
  • « La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. » (Jean Rostand, biologiste, 1894-1977)

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

On saura bientôt à quoi ressemble la planète Pluton

Le matin du 14 juillet 2015, la sonde spatiale New Horizons de la Nasa devrait passer «relativement» près de Pluton et en photographier la surface pour la première fois ! La sonde spatiale, qui a quitté la terre en janvier 2006, parviendra à destination dans un an.

J’ai déjà hâte d’examiner les premières photos.   ^^

 

 

Combien d’amis pour fêter au moins un anniversaire par jour ?

 

Combien faut-il d’amis (sur Facebook par exemple) de façon à fêter au moins un anniversaire tous les jours de l’année ?

Formulé autrement : combien faut-il d’amis de façon à n’avoir aucun jour sans anniversaire à fêter ?

J’ai conçu un programme en langage Perl, et je trouve un résultat analogue à celui du blogueur.

 

Code source du programme Perl :

#!/usr/bin/perl

$zeroanniv = 0;
$liste = "";
for ($friends = 1; $friends <= 100000; $friends++)
{
$bday = 1 + int(rand(365));
$liste = $liste . " " . "$bday";
for ($test = 1; $test <= 365; $test++)
{
$pos = index($liste," $test");
if ($pos < 0)
{
$zeroanniv++;
}
} # end for T
print "$friends amis :: $zeroanniv jour(s) sans anniversaire \n";
if ($zeroanniv == 0)
{
exit();
}
$zeroanniv = 0;
} # end for F

J’ai exécuté le programme plusieurs fois, j’ai noté le résultat (le nombre d’amis de façon à ne plus avoir de jours sans anniversaire). J’ai pris comme hypothèse que les dates d’anniversaire sont équiprobables entre elles (les naissances ayant lieu tel jour au hasard a priori).

D’après mes résultats, il faut 2568 ± 525 amis pour avoir au moins un anniversaire à fêter chaque jour. Avec un intervalle de confiance de 95%, il faut entre 2242 et 2893 amis.

Le blogueur a apparemment utilisé une équation de probabilités pour obtenir son résultat. Moi-même, j’ai utilisé une fonction aléatoire (genèse aléatoire de jours d’anniversaire, énumérés entre 1 et 365 selon le rang du jour dans l’année). Ce qui est certain, c’est qu’au-delà de 3000 ou 4000 amis, il n’y a plus un seul jour dans l’année sans anniversaire.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

La croissance inquiétante de la science pathologique

Au sujet de la science pathologique, je vous recommande de lire ces textes :

 

Pour résumer :

 

Les symptômes de la science pathologique peuvent être résumés de la façon suivante (extrait de Physics Today, octobre 1989) :

 

  1. L’effet maximal observé est produit par un agent causatif d’intensité à peine perceptible, et l’importance de l’effet est substantiellement indépendante de l’intensité de la cause.
  2. L’effet a une importance qui demeure à la limite de la détectabilité, ou bien, plusieurs mesures sont nécessaires en raison de la très faible signification statistique des résultats.
  3. Une très grande exactitude est revendiquée.
  4. Des théories fantastiques contraires à l’expérience sont suggérées.
  5. On répond aux critiques par des excuses improvisées, inventées sous l’impulsion du moment.
  6. Le ratio des supporteurs par rapport aux critiques augmente jusqu’à près de 50 %, puis chute graduellement et tombe dans l’oubli.

 

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L’enseignement de la programmation au primaire

Les décisions en matière de pédagogie montrent que certains sont déconnectés de la réalité…

Les élèves de l’enseignement primaire auront beaucoup de mal à coder, car pour coder il faut avoir des notions de base suffisantes. À part les élèves, est-ce que les enseignants sauront maîtriser eux-mêmes les subtilités de la programmation ?

Quand j’étais à l’école primaire, rien ne me prédisposait aux mathématiques, c’était même un sujet d’angoisse pour moi. Mais le temps m’a permis de m’intéresser aux mathématiques, il faut du travail et de la patience, j’ai ainsi pu suivre des études universitaires de maths (DEUG).

Mais ce que je pense, c’est que si j’avais eu l’occasion d’apprendre à coder, à faire de la programmation, dès l’école primaire, je pense que cela aurait eu l’effet inverse de ce qu’espèrent les enseignants : enseigner une chose beaucoup trop tôt peut dégoûter définitivement les jeunes des mathématiques et de l’informatique… C’est prendre le risque que les jeunes soient davantage fâchés avec les maths et l’informatique. Leur infliger cela, c’est comme leur faire subir une peur chronique de l’eau par peur de s’y noyer.

Heureusement que ma patience m’a fait aimer les maths. Mais les méthodes pédagogiques me laissent dubitatif. Du code au primaire, mais aussi une réforme qui consiste à fusionner des régions françaises, etc, je n’y comprends plus rien, ça devient n’importe quoi, l’impression qu’on se moque de nous…

Les décisionnaires ont-ils déjà vu à quoi ressemble un langage informatique ? J’ai débuté avec les langages C++ et Q-Basic. Je maîtrise les langages Python, Perl et C, mais j’ai du mal à assimiler le code assembleur (asm). Savent-ils de quoi ils parlent à propos du code ? Ont-ils essayé eux-mêmes ?

 

Pour apprendre à coder, il faut :

  • savoir lire (l’anglais est fréquent dans les langages de programmation, mais le langage Pascal est en français)
  • savoir écrire (notamment sans faire de fautes, afin que les instructions de code puissent fonctionner)
  • savoir compter (et notamment savoir résoudre des exercices de maths de façon à les transposer sous forme de code à partir d’un algorithme conçu)
  • avoir une mémoire visuelle et une intelligence visuo-spatiale (il faut être capable de visualiser mentalement un concept de programme afin de pouvoir l’écrire)

N’importe qui n’est pas codeur qui veut. Il faut être motivé, il faut aimer ça, il faut beaucoup de pratique pour apprendre, être notamment rigoureux, et il faut surtout maîtriser les bases élémentaires pour pouvoir être capable de coder.

Exemple de code en PHP :

php

 

Apprendre à coder, c’est utile pour ceux qui suivront des études en mathématiques ou en physique, en ingénierie ou pour la création de jeux vidéo, ou le développement PHP de sites internet. Mais pourquoi à ceux à qui cela ne servira jamais plus tard ?…

 

Tiens, et si on faisait passer le permis Poids-Lourd à des gamins de l’école maternelle ?

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Les roux menacés d’extinction à cause du réchauffement climatique ?

Article mis à jour le 21 juillet 2014

 

On ne critiquera jamais assez l’impact des médias sur le public.

Je vais montrer comment on fait pour débusquer des infos bidons sur Google. Une des phrases introductrices les plus fréquentes dans le journalisme est la suivante : «Selon une étude» ou «D’après une étude». Car pour les journalistes, citer une étude soi-disant scientifique, ça fait toujours vachement plus sérieux à montrer aux lecteurs afin de mieux les hameçonner.

Dans Google, je tape la recherche suivante :  "(selon|d’après) une étude".

J’explore les résultats de Google, et je tombe sur des pages ayant ce titre : «Les roux en voix d’extinction» ou «Les roux menacés par le réchauffement climatique». Voila un titre suspect. Je vous l’annonce dès maintenant : c’est de la désinformation. Les médias britanniques semblent promouvoir ce genre d’inepties, et le reste des médias répandent ces salades sans rien vérifier…

Nous savons un fait de base : le réchauffement climatique est une réalité. Mais certains médias peuvent néanmoins raconter des conneries sur ce thème.

Voici quelques articles sur le sujet :

La déontologie du journalisme met en exergue le devoir de vérité et le devoir de rectifier les infos quand elles sont inexactes. Le journalisme doit s’abstenir de sensationnalisme et de rester critique.

En quoi le danger d’extinction des personnes rousses est-il peu crédible ?

Dans la théorie de l’évolution des espèces, il y a transmission des gènes à une descendance quand un individu est parvenu à l’âge de procréer et d’avoir une descendance. Il n’y a pas de transmission de gène, donc aucune descendance, lorsque l’individu est mort prématurément avant d’avoir pu procréer.

La menace réelle à laquelle les roux s’exposent, c’est le rayonnement du soleil. Le rayonnement UV accroît les risques de cancer de la peau. Moi-même j’ai une peau très claire et je fais gaffe au soleil car j’ai eu autrefois des coups de soleil, et ça c’est vraiment mauvais…

Donc si les roux périssaient prématurément de cancers cutanés, ils n’assureraient plus leur descendance, et ne pourraient donc pas transmettre le gène de la rousseur.

La rousseur se manifeste chez les humains possédant deux exemplaires d’un gène récessif sur le chromosome 16, qui provoque une mutation de la protéine MC1R. La rousseur varie du bordeaux à l’orange vif, en passant par la couleur cuivrée. Elle est caractérisée par de fortes concentrations du pigment roux phéomélanine et des concentrations assez faibles du pigment sombre eumélanine. La rousseur est associée à une couleur pâle de la peau, une couleur des yeux plus claire (yeux gris, bleus, verts et bruns), des taches de rousseur, ainsi qu’une sensibilité aux rayonnements ultraviolets.

Mais voila ce qui cloche : le réchauffement climatique n’est pas une accélération soudaine de l’activité solaire, le réchauffement climatique est causé par les gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur. Pour être clair, le réchauffement climatique ne va pas frapper exclusivement les roux pour les faire mourir et les empêcher d’avoir une descendance…

Depuis la fin de la dernière ère glaciaire il y a plusieurs millénaires, le réchauffement climatique naturel qui s’est ensuivi n’a pas provoqué la disparition des roux. Les roux représentent actuellement approximativement 1% à 2% de la population humaine, soit environ 70 à 140 millions d’individus roux.

L’idée selon laquelle les roux seraient menacés par le réchauffement climatique montre que l’auteur de cette idée ne connaît pas bien les mécanismes du réchauffement climatique. Il ne faut pas confondre en effet le RC, le rayonnement solaire et le trou dans l’ozone.

Et l’idée selon laquelle le gène des roux serait menacé montre une méconnaissance de la théorie de l’évolution…

Donc là on a vu le manque de crédibilité des allégations sur les roux. On va se renseigner maintenant sur l’origine de la diffusion de l’info… euh… de l’intox plutôt. Pour cela, on fait un petit tour sur le Wikipedia anglophone qui, fort souvent, est mieux documenté que le Wikipedia francophone qui reste un peu trop brouillon.

Voila ce que j’ai trouvé, c’est intéressant, je l’ai traduit depuis l’anglais :

L’auteur (A. Moffat) qui a initié l’info selon laquelle les roux sont menacés par le RC est le chef exécutif de la compagnie BritainsDNA, qui fait des analyses génétiques de l’ADN mitochondrial et de l’ADN chromosomique du chromosome Y de clients qui sont intéressés par leur ascendance. L’auteur a notamment déclaré des choses inexactes : eue la société ait découvert le "petit-fils" d’Ève, et que 97% des hommes nommés Cohen ont un marqueur génétique commun. Ces déclarations ont été par la suite rétractées par le scientifique en chef de BritainsDNA. Dans le même temps, deux généticiens de l’University College de Londres, David Balding, et Mark Thomas, ainsi que d’autres collègues d’UCL, se sont attaqués à ces deux déclarations et aux entreprises de génétique ancestrale générale. Thomas en particulier a suggéré que l’ensemble du champ d’interprétation de la phylogéographie, sur laquelle est fondé beaucoup de ces tests génétiques, n’a aucune base scientifique et est un peu plus que l’astrologie génétique. Cependant, Martin Richards, professeur d’archéogénétique à l’Université de Huddersfield, et Vincent Macaulay, lecteur de statistiques de l’Université de Glasgow, ont contesté ces allégations.

Peu de temps après l’interview sur le BBC Today Programme, Balding et Thomas ont écrit une série de courriels à Moffat et ses partenaires d’affaires. Le contenu des messages n’a jamais été publié et est contesté entre les différentes parties. Cependant, il est connu que Moffat a écrit au recteur de l’UCL à tenter d’obtenir Thomas et Balding se rétracter les observations faites dans ces communications et que Moffat a publié une menace de poursuivre en justice si elles ont été répétées. Balding et Thomas ont allégué que ces menaces ont été faites pour faire taire leurs critiques sous-jacentes de la science. Moffat et ses partenaires d’affaires affirment que Thomas et Balding font une série de commentaires très diffamatoires sans que cela ne nuisait à leur liberté académique.

 

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Alistair_Moffat

Autres constats intéressants :

  • Britains DNA est-il un organisme de recherche scientifique sur la génétique ? Non, c’est un groupe de sociétés commerciales qui fournissent des tests ADN d’ascendance.
  • L’auteur à l’origine de l’intox sur les roux menacés par le RC est-il généticien ? Je ne le sais pas. Mais ce que j’ai trouvé, c’est qu’il est écrivain, journaliste, et serait diplômé en Histoire médiévale à l’Université de St Andrews, université dans laquelle il est devenu recteur…
  • Les roux menacés par le RC, une découverte scientifique ? Non, c’est du marketing et de la pub…
  • «Ève» fait référence à la première femme biblique… Utiliser ce mythe est inapproprié en science.
  • En ce qui concerne l’ascendance Cohen, par exemple, il ne faut pas oublier que la pratique d’une religion est un fait culturel et social, et non un fait exclusivement génétique. Un croyant qui devient athée, par exemple, ce n’est pas dû à une mutation génétique, mais à un choix. La génétique n’explique pas tout, par exemple nous ignorons s’il existe un gène "gay" spécifiquement lié à l’orientation sexuelle.

 

Alors, pourquoi beaucoup de médias relaient l’intox selon laquelle le réchauffement climatique nuirait aux roux ? Ils n’évaluent pas les sources… Puis ça les arrange bien de vendre du vent.

Peu de journalistes émettent un point de vue critique, et parmi eux, le journal Le Point reprend le même titre, mais sous le mode négatif : http://www.lepoint.fr/environnement/non-les-roux-ne-vont-pas-disparaitre-a-cause-du-changement-climatique-09-07-2014-1844817_1927.php

En sous-titre dans l’article du Point : «Les généticiens ne savent pas s’ils doivent rire ou pleurer de cette hypothèse "scientifique" relayée par le journal britannique "The Independent"».
On a déjà vu nombre d’âneries sur les conséquences possibles d’un réchauffement climatique, on a déjà atteint le summum de la bêtise. Certains journalistes déforment beaucoup ce que disent les spécialistes en climatologie, allant même jusqu’à inventer des "découvertes". À force de prendre les lecteurs pour des crédules, cela finit plutôt par les rendre méfiants et agacés.

La disparition du gène roux ? Foutaises ! Les femmes rousses sont si jolies, la rousseur c’est ce que je préfère chez une femme. Les hommes ne se lasseront jamais de courtiser les rousses. Dans ce contexte de séduction et de fascination, le gène roux ne risque pas de disparaître…  ;)

 

Attention, c’est assez cru ci-dessous. ;)

Au fait, saviez-vous qu’à force de croire trop de bêtises, le cerveau se liquéfiait peu à peu ? Chaque fois qu’on croit une ânerie, le cerveau se met à fondre de façon irréversible, ça dégouline par les narines, la bouche et les oreilles. Certains malades qui sont atteints de ce mal ont même pris la précaution de s’enfoncer un bouchon de champagne dans leur postérieur… Vous m’avez crû ? Ah ah ah. Attention, vous avez le nez qui coule… ou la queue qui pleure…

 

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Mise à jour du 21/07/2014 :

 

Vu dans un magazine TV :

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Une journaliste a parlé de cette pseudo-découverte qu’est la disparition des roux à cause du réchauffement climatique.

«Si l’on en croit des «chasseurs» écossais» ? Des chercheurs plutôt, non ? Puis leur institut n’est pas un organisme de recherche mais une société commerciale qui vend un service (analyse génétique).

Avant de relayer une info, mieux vaut évaluer sa véracité d’abord…

 

 

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

Quand les sectes instrumentalisent la science comme alibi

 

Mais aussi, et ce détail n’est pas des moindres, ce que je viens de trouver à propos du projet "Biosphere 2" :

Ahurissant, non ?…

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Mise à jour du 15 juillet 2014 :

Le Dr Goulu me fait remarquer que l’article anglophone de Wikipedia est plus critique à l’encontre de "Biosphere 2". Merci au Dr Goulu pour ces infos complémentaires.

Le paragraphe est en anglais mais j’en donne une traduction rapide et approximative ci-dessous, les points clés sont surlignés en rouge :

«Louanges et critiques

Une vue de Biosphère 2, c’est que c’était "le projet scientifique le plus excitant d’être entrepris aux États-Unis depuis que le président John F. Kennedy nous a lancé vers la Lune". D’autres l’appelaient "le radotage New Age se faisant passer pour la science". L’Institut d’Écotechnique, qui a accordé à Margret Augustine et autres Biosphériens leurs titres de compétences scientifiques, a été présenté par un documentaire de la CBC à être logé dans une galerie d’art et un café à Londres. L’Institut est en effet logé à ce jour dans un environnement multi-nivelé d’un vieux bâtiment londonien qui comprend une prestigieuse galerie d’art pour l’art contemporain non occidental au premier étage. John Allen et Roy Walford eu pouvoirs traditionnels. John Allen titulaire d’un diplôme en génie minier métallurgique de la Colorado School of Mines, et d’un MBA de la Harvard Business School. Roy Walford a obtenu son doctorat en médecine de l’Université de Chicago et a enseigné à UCLA en tant que professeur de pathologie pendant 35 ans. Peu de temps après avoir quitté la première mission de Biosphère 2, Mark Nelson a obtenu son Ph. D (doctorat) en vertu du professeur TH Odum en génie écologique. [Citation nécessaire]

Remettre en cause les pouvoirs des participants (en dépit de la contribution dans la phase de préparation de la biosphère 2 de scientifiques de haut niveau à travers le monde, entre autres l’Académie des sciences de Russie), Marc Cooper a écrit que «le groupe qui a construit, conçu et dirige le projet de la biosphère n’est pas un groupe de chercheurs de haute technologie à la fine pointe de la science, mais une clique d’artistes de théâtre recyclés qui ont évolué à partir d’un culte autoritaire et résolument ayant un profil non-scientifique». Il faisait allusion au Synergia Ranch au Nouveau-Mexique, en effet la plupart des Biosphériens ont fait la pratique du théâtre sous la direction de John Allen, et a commencé à développer les idées derrière la Biosphère 2. Cependant, le Comité consultatif d’origine Biosphère 2 Science, présidé par Tom Lovejoy de la Smithsonian Institution, dans le rapport de Août 1992 a déclaré: «Le comité est d’accord que la conception et la construction de Biosphère 2 étaient des actes de vision et de courage l’échelle de biosphère 2 est unique et la biosphère 2 fournit déjà inattendu. résultats scientifiques impossibles par d’autres moyens (notamment la baisse inattendue documentée des niveaux d’oxygène dans l’atmosphère.) Biosphere 2 fera d’importantes contributions scientifiques dans les domaines de cycles biogéochimiques, l’écologie des systèmes écologiques fermés, et écologie de la restauration ". En outre, l’Université de Columbia a rassemblé des scientifiques extérieurs pour évaluer le potentiel de l’installation, et a conclu ce qui suit: «Un groupe de scientifiques de renommée mondiale se sont réunis et a décidé l’installation Biosphère 2 est un laboratoire exceptionnel pour aborder les questions critiques par rapport à l’avenir de la Terre et son environnement. "

Un de leurs propres consultants scientifiques sont venus à être critique de l’entreprise, aussi. Dr Ghillean Prance, directeur des Jardins botaniques royaux de Kew, a conçu le biome de la forêt tropicale à l’intérieur de la biosphère. Bien plus tard, il s’est rétracté, en reconnaissant la portée unique de cette expérience et a contribué à son succès en tant que consultant, dans une interview de 1983 (8 ans avant le début de l’expérience), Prance a dit: «J’ai été attiré par l’Institut d’Écotechnics parce que les fonds pour la recherche ont été coupé et l’institut semblait avoir beaucoup d’argent qu’il était disposé à dépenser librement. avec d’autres il a été mal utilisé. Leur intérêt pour la science n’est pas authentique. Ils semblent avoir une sorte de programme secret , ils semblent être guidés par une sorte de système religieux ou philosophique ». Après cette déclaration, cependant, il a initié une collaboration renouvelée avec Biosphere 2 et est devenu un consultant de 1987 à 1993».

 

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Quand je vous disais qu’il vaut mieux conserver un esprit critique…

 

 

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© 2014 John Philip C. Manson

Recherche scientifique sans connaissance de soi n’est que ruine de la science

 

La fiabilité des travaux de recherche scientifique est étroitement liée à notre conscience honnête des risques d’erreurs causés par les biais cognitifs et psychologiques. Les êtres humains sont faillibles, épistémologiquement c’est un critère aussi important que celui de la réfutabilité potentielle des hypothèses scientifiques.

Selon ma propre expérience : lire des livres, beaucoup de livres de tout genre, c’est bien ; mais croire ce qui est écrit dans les livres est la pire chose qui puisse arriver pour les lecteurs. Toute analyse critique minutieuse des livres révèle l’existence d’erreurs. Des livres exempts d’erreurs, c’est un mythe. Arguments ci-dessous :

 

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© 2014 John Philip C. Manson