Chauffage domestique et poids : des études contradictoires

Aujourd’hui, je vais démontrer qu’il existe des études contradictoires sur le même sujet. Ici, le cas de l’influence du chauffage domestique sur le poids humain.

Voici un texte issu de l’étude de l’université de Stirling, publiée par l’almanach Vermot 2015 :

chauffage

En résumé : lorsque les gens surchauffent, ils dépensent plus d’énergie et ont moins d’appétit, donc ils maigrissent.

Cependant, et c’est là l’essentiel du problème, c’est en contradiction totale avec les articles suivants qui révèlent une étude de l’université de Maastricht :

En bref, si on considère les deux études comme vraies, cela signifie qu’on brûle nos graisses quand il fait froid, et qu’on perd aussi de la graisse quand on mange moins quand il fait chaud ?

Chiche, je vais me rouler à poil dans la neige pour brûler mes calories, puis ensuite je vais me faire cuire dans un sauna pour fondre comme neige au soleil.

iconlol

Généralement, en cas de contradiction, les deux phénomènes ne peuvent pas être vrais en même temps, et que l’un est vrai quand l’autre est faux, ou peuvent être faux tous les deux.

Force est de constater que dans le domaine climatologique, ou les domaines de la santé, il peut arriver que des études affirment une chose et son contraire (manipulation du public ? conflits d’intérêt ?)… Par conséquent, il faut donc les considérer avec du recul.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Le mathématicien Alexandre Grothendieck est mort

Je viens d’apprendre le décès du plus grand mathématicien du XXe siècle. Alexandre Grothendieck est mort le jeudi 13 novembre, à l’hôpital de Saint-Girons (Ariège), non loin de Lasserre, le village où il s’était secrètement retiré au début des années 1990, coupant tout contact avec le monde. Il avait 86 ans.

 

Elle reprend vie 45 mn après un arrêt cardiaque ?

Je tombe sur cette page douteuse.

Je résume le contenu :

  • « Ruby, 40 ans, s’est spontanément réveillée 45 minutes après avoir été déclarée en arrêt cardiaque à la suite d’un accouchement. »
  • « Alors inconsciente, Ruby Graupera-Cassimiro a subi deux heures de tentatives de réanimation avant que son coeur ne s’arrête définitivement. 45 minutes plus tard, les médecins décident même de prévenir la famille du décès. «Une fois que nous avons dit ça, c’était reparti», a expliqué un médecin anesthésiste au Sun Sentinel. Un «bip» s’est déclenché en provenance du moniteur et le coeur a recommencé à battre. « 

J’ai du mal à y croire.

On constate juste des témoignages par la voie des médias. Mais aucune évaluation scientifique de l’événement.

Ce qu’il faut rappeler, c’est que lorsque le coeur ne bat plus, le sang ne peut plus circuler, et ne peut plus oxygéner les organes, en particulier les organes vitaux comme le cerveau, le foie, les reins… Et en cas d’arrêt cardiaque, on n’a que 4 à 5 minutes pour tenter une réanimation cardiorespiratoire, les minutes (courtes et précieuses) sont comptées, et au-delà de 5 minutes après un arrêt cardiaque, c’est la mort assurée…

Mais 45 minutes après l’arrêt de la réanimation ayant échoué, ce n’est pas possible. Le cerveau, le foie, les reins, en particulier, ne peuvent pas survivre en l’absence d’oxygène.

Seule la cryogénisation ou un refroidissement du corps (en passant de 37°C à 5°c environ) pourrait expliquer un réveil 45 minutes (au lieu de 5 minutes) après la réanimation. Mais déjà, en-dessous de 15°C de température corporelle, c’est très risqué, l’hypothermine pouvant être fatale. Le refroidissement de la température corporelle est utilisé parfois dans certaines opérations délicates, comme dans le cas de longues heures d’opérations chirurgicales du cerveau. Mais dans le cas de l’anecdote douteuse sur la femme enceinte, je ne pense pas qu’il y ait eu un refroidissement.

Lorsqu’il n’y a plus d’apport en oxygène au cerveau, comme dans le cas d’un arrêt cardiaque, cela cause toujours des atteintes cérébrales transitoires ou définitives, selon la durée écoulée après l’arrêt cardiaque.

Je cite : « Au repos, la consommation d’oxygène du cerveau est la plus importante de tous les autres organes (12 fois plus grande que celle du cœur) avec de faibles réserves énergétiques. Si l’alimentation en oxygène est interrompue ou réduite, le métabolisme cellulaire se fait pendant quelque temps en anaérobiose. La dégradation du glucose entraîne alors une production d’acide lactique assez rapidement toxique pour les neurones. Ainsi l’anoxie cérébrale entraîne d’abord l’épuisement des réserves en glucose des cellules (déplétion énergétique), puis leur destruction progressive (mort des cellules) qui libère des subtances toxiques pour les cellules voisines. Il en résulte des lésions irréversibles dont le volume croit avec la durée de la phase d’hypoxie.«     – Source :  http://dictionnaire.academie-medecine.fr/?q=enc%C3%A9phalopathie%20anoxique

Je cite : « Le coma post-anoxique est la troisième cause de coma après les traumatismes et les intoxications médicamenteuses. Environ 80% des patients qui survivent à un arrêt cardiaque avecune réanimation cardio-pulmonaire présenteront un coma. Plus la durée de celui-ci est longue, plus les chances de récupération diminuent. »

Ci-dessus, c’est dans le cadre du délai de 4 à 5 minutes environ… Bien au-delà de 5 minutes, c’est le coma, et la mort, très probable quand on parle de 45 minutes d’anoxie après la réanimation ayant échoué.

 

Hypothèses :

  • Un canular pour faire parler de l’hôpital dans les médias (forme de publicité/marketing)
  • Un canular religieux, afin de « convaincre » de nouveaux fidèles
  • Il n’y avait peut-être pas d’arrêt cardiaque : le pouls cardiaque pourrait avoir été imperceptible mais non inexistant
  • L’électrocardiogramme était mal branché…

Ces hypothèses sont peut-être simples, mais elles sont plus réalistes et plus plausibles qu’un miracle divin.

Se réveiller 45 minutes sans n’avoir pu respirer (c’est le sang oxygéné en circulation qui assure la survie du cerveau), puis se réveiller sans séquelles, c’est impossible.

De plus, le sang se charge en toxines qui ne sont plus filtrées par les reins… Et le pire, le sang qui ne circule plus peut commencer à coaguler, même avant la mort cérébrale…

Statistiquement, en médecine, il existe des taux de faux positifs sur les circonstances de mauvais pronostic… C’est même connu des médecins.

D’après un rapport nommé « Pronostic neurologique après anoxie cérébrale », la durée moyenne entre arrêt cardiaque et réanimation réussie est de 12,2 minutes. Ainsi, si cette valeur moyenne est dans le cadre d’une distribution de Poisson (en statistiques), alors la probabilité pour qu’une réanimation réussie soit réalisée après 45 minutes et au-delà est d’environ 2×10⁻²⁰, c’est-à-dire une chance sur 5 milliards de milliards de milliards de milliards de milliards de milliards. Autrement dit : 45 minutes ou au-delà, ça n’arrive jamais. En revanche, une réanimation réussie moins d’une minute après un arrêt cardiaque, c’est probable pour un cas sur 2700 environ, ça c’est possible.

Le plus récent record d’apnée statique, homologué, est de 11 minutes 35 secondes, en 2009 (record obtenu par un français : Stéphane Mifsud). Personne ne peut se vanter d’avoir accompli un exploit meilleur. L’apnée est un sport difficile qui nécessite une concentration énorme, une maîtrise totale de soi, et une grande capacité pulmonaire, avec des années d’exercices de préparation.

45 minutes sans respirer (puisqu’il n’y a plus d’oxygénation cérébrale sans circulation sanguine), puis se réveiller sans séquelles, c’est biologiquement impossible. Quarante cinq minutes, c’est énorme. Dans le meilleur des cas, l’issue est un état végétatif irréversible. Dans le pire des cas, c’est la mort cérébrale.

Les médias sensationnalistes se moquent de nous…

 

Tiens, et si je racontais avoir aperçu le monstre du Loch Ness dans la Seine la nuit dernière ? Et qu’une vingtaine de complices affirment eux aussi la même chose ? Ainsi des (faux) témoignages paraîtront plus vrais, quand il y a plusieurs personnes. Dans ces conditions, on peut être quasi-certain que certains médias en profiteront pour parler de l’affaire. Vendre, c’est plus important que douter, et peu importe que cela soit vrai ou pas, pour les journalistes…

 

Ajout du 12 novembre 2014 :

Je cite : « Une partie du liquide amniotique (contenu dans le placenta qui entoure le foetus) pénètre dans son sang et remonte jusqu’au cœur de la quadragénaire, qui va alors s’arrêter progressivement de battre. »

Le placenta est un organe intermédiaire entre le cordon ombilical et l’utérus. C’est la membrane amniotique (nommée également amnios ou sac amniotique) qui est la poche qui contient le liquide amniotique, pas le placenta… Ainsi, pourquoi croire le journalisme au sujet d’un « miracle » médical s’il confond l’amnios et le placenta ?

On apprend dans cette page que l’arrêt cardiaque a été causé par la diffusion accidentelle de liquide amniotique dans le sang… C’est donc un empoisonnement. Et en cas d’arrêt cardiaque, les reins n’assurent plus leur rôle de filtrage du sang, mais si les reins avaient fonctionné ils auraient été endommagés par l’intoxication du sang, il y aurait dû y avoir une atteinte rénale grave…

Or non seulement la patiente se serait réveillé après 45 minutes, mais elle en ressortirait sans séquelles…

Derrière cette médiatisation, il y a de la propagande mystique qui sous-entend un miracle. Et pourquoi les médias américains ne parlent de miracles qu’aux Etats-Unis mais pas ailleurs ?

Foutaises… Cela se pourrait qu’il n’y ait jamais d’arrêt cardiaque, mais s’il y en eut un il n’aurait pas pu durer 45 minutes, et la patiente n’aurait pas pu se désintoxiquer spontanément de l’embolie amniotique qui aurait dû provoquer la formation de caillots sanguins et déclencher un AVC mortel…

Non mais allô quoi…

beee

© 2014 John Philip C. Manson

Températures et ordre de grandeur

Je cite :  « Le long du trajet de la décharge [de la foudre], l’air peut atteindre une température de 30.000°C, c’est-à-dire la température de la surface du Soleil! »

Non. La température de surface du soleil est d’environ 5778 K (soit environ 5505°C). Entre la foudre dans l’atmosphère terrestre et la surface du soleil, le rapport des températures absolue est quand même de 5,24. On va gentiment dire que c’est dans le même ordre de grandeur, et c’est le cas : scientifiquement, un ordre de grandeur est une fourchette de valeurs ; celle-ci va, communément, d’un dixième à dix fois la grandeur. Dans le cas présent, le facteur est de 5 environ, donc on peut bien dire que c’est dans le même ordre de grandeur, malgré l’erreur apparente.

Mieux aurait valu dire : « Le long du trajet de la décharge, l’air peut atteindre une température de 30.000°C, c’est-à-dire plus de 5 fois la température de la surface du Soleil, si l’on fait la division entre les températures absolues. »

Enfin bon, ce n’est pas une critique, c’est juste un détail.

Cependant, dans un site similaire à Wikipedia : http://fr.wikimini.org/wiki/Soleil qui est une encyclopédie pour enfants, on peut lire ceci :

  • La température à la surface du soleil varie entre 8500 degrés Celsius au plus profond de la photosphère et atteint 4200 degrés Celsius à la surface de la photosphère.

La photosphère est la surface visible d’une étoile. 8500°C au plus profond de la photosphère ? C’est-à-dire à quelques centaines de km en-dessous de la surface solaire ? Il n’y a aucun moyen de mesurer directement ou indirectement la température des couches profondes de la photosphère solaire… A moins d’utiliser un modèle mathématique ? En effet, on n’utilise pas de thermomètre que l’on enfonce dans le soleil… On peut juste mesurer calculer la température de surface grâce à la loi de Stefan-Boltzmann, selon le flux du rayonnement solaire (en watts par mètre carré) qui, lui, est mesurable.

Cependant, 4200°C à la surface de la photosphère, non, c’est plutôt 5500°C environ, en moyenne… A moins que 4200°C fasse plutôt référence aux tâches solaires, qui sont un peu plus « froides » que la température moyenne…

Malgré l’erreur, là aussi ça reste néanmoins dans le même ordre de grandeur. Cela ne signifie pas pour autant que les données soient « exactes », c’est-à-dire (en physique) des grandeurs comprises dans les intervalles de la marge d’incertitude autour de la valeur moyenne (en tant que résultat de mesures), et c’est préférable à l’ordre de grandeur.

 

© 2014 John Philip C. Manson

Un SMS c’est combien de CO2 ?

Un SMS c’est combien de CO2 ?

Dans la page citée en lien ci-dessus, j’ai procédé à une vérification des données par calcul.

Des commentaires avaient signalé (à raison) la confusion entre bit et byte (1 octet).

J’ai ensuite moi-même vérifié les détails des calculs de l’auteur de la page.

  • 2600 GWh c’est équivalent à 2,6 milliards de kWh
  • 60000 To ou TB (teraoctets ou terabytes, et non terabits) ça équivaut à 6*10¹⁶ bytes, soit 60 millions de milliards de bytes.

Mais comme un SMS contient un maximum de 140 bytes (140 octets), la division de 6*10¹⁶ bytes par 140 donne un total ahurissant de 428,57 mille milliards de SMS envoyés via Vodaphone en 2008.

Ce total en SMS annuels est erroné… En effet, car voici ce que dit la page http://www.planetoscope.com/electronique/718-.html  : « En 2010, 200 000 SMS auraient été envoyés chaque seconde, soit le chiffre énorme de 6 100 milliards expédiés dans le monde sur l’année. Un chiffre en constante augmentation, il était de 2 500 milliards de SMS en 2008. »

  • 2500 milliards de SMS dans TOUS les réseaux de tous les opérateurs mondiaux en 2008, c’est bien plus faible (plus de 171 fois moindre) que 428 570 milliards de SMS via le seul réseau Vodaphone en 2008. L’erreur est flagrante…

Mais on va continuer en ignorant l’erreur, afin de suivre le raisonnement de l’auteur.

Je divise 2,6 milliards de kWh par 428570 milliards de SMS, c’est égal à 0,000006067 kWh par SMS envoyé. Ce qui correspond à 21,84 J par SMS. Et à environ 6 millionièmes de kWh, soit 6 millièmes de Wh ou 6 milliwatts-heure (mWh). Mais l’auteur affirme trouver 5 microwatts-heure (l’erreur n°2 ici semble provenir de la confusion entre Wh et kWh, car changer les kWh en Wh c’est une variation d’un facteur 1000).

Mais vérifions un point capital : 0,000003 g de CO2 divisé par 0,000006067 kWh, c’est égal à 0,4945 g de CO2 par kWh. Ce qui est environ 182 fois moindre que la réalité, qui est d’environ 90 g de CO2 par kWh).

Combien de CO2 pour un SMS ? Complètement faux…

Comme il y a très vraisemblablement moins de SMS annuels que prévu, le vrai résultat en grammes de CO2 par kWh est donc plus grand que le résultat du calcul par l’auteur…

Chaque fois que j’ai vérifié une page sur le web qui parle de CO2, les quantités en terme d’énergie, d’électricité, de chimie, sont souvent inexactes… Je conçois bien que l’erreur puisse être humaine, les humains sont faillibles. Mais il faut se relire et corriger l’erreur, par devoir.

En explorant ensuite les statistiques de planetoscope.com, je tombe aussitôt sur cette page : http://www.planetoscope.com/Internet-/1852-cyberattaques-dans-le-monde.html

On peut y lire ceci : « Près de 120.000 cyberattaques ont lieu chaque jour dans le monde, soit 42,8 millions (2014) et plus de 1,3 attaque par semaine. « 

Faux là aussi, car c’est en fait 1,39 attaque par seconde, et non par semaine… J’ai vérifié. Cent vingt mille par jour, divisé par 86400 secondes par jour, c’est égal à 1,39 attaque par seconde…

Non mais allô, quoi…

iconlol

L’apologie du CO2, assortie de calculs (fort souvent erronés), c’est un gadget à oublier. Il faut juste retenir que l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère terrestre est un problème réel, je ne le nie pas.

 

Ajout de nouveaux exemples :

kWh-ordi

Ne pas confondre puissance électrique et énergie électrique. Une quantité d’énergie est une puissance constante multipliée par le nombre d’heures.

Lorsque l’on débite 0,65 kW en puissance pendant une heure, on aura consommé 0,65 kWh en énergie.

Quand on utilise une puissance constante de 0,65 kW pendant 220 jours × 12 heures = 2640 heures, on aura consommé une énergie de 0,65 × 2640 = 1716 kWh. Kilowatts-heure, et non kilowatts tout court !

Ce genre d’erreur c’est malheureusement courant…

Ensuite, même en attribuant la bonne unité de mesure, on rencontre une incohérence que je ne peux pas expliquer.

Voici cette autre page : http://www.planetoscope.com/electronique/738-emissions-de-co2-par-un-ordinateur.html

CO2-ordi

Comme nous savons qu’un ordinateur a une puissance de 0,65 kW, alors en une année, cet ordinateur consommera une énergie de 0,65 × 8766 heures = 5697,9 kWh.

Pour 1094 tonnes de CO2, ça équivaut à 1,094 milliard de grammes de CO2, je divise ce nombre par 5697,9 kWh et je trouve 192000 g de CO2 par kWh, soit 192 kg/kWh. Cela pose un très gros problème car en Europe, l’équivalent CO2 est d’environ 90 g de CO2 par kWh… Complètement différent… et faux.

Mais enfin, allô quoi…

 

Bon allez, encore un autre exemple :

kWhpersec

Quoi ?? Des kilowatts-heure par seconde ? Pourquoi ne pas simplifier en parlant de kilowatts tout court ???

C’est ahurissant…

5 milliards de kWh divisé par les 8766 heures de l’année = 570 386 kW, c’est-à-dire environ 570,4 MW pour les 23 millions de boxes. Ce qui correspond à 0,0248 kW par box, soit 24,8 W.

Pour reprendre la quantité suggérée par l’auteur : sachant que 1 kWh équivaut à 3,6 MJ, alors 159 kWh/s est équivalent à 159 × 3600000 = 572 400 000 J/s, soit 572,4 MW, ce qui est proche de la valeur des 570,4 MW des 23 millions de boxes.

Pour parler des puissances, on évoque les watts, les kilowatts ou les mégawatts, mais pas les kilowatts-heure par seconde… Sinon c’est aussi risible que dire que ma bagnole fonce dans le mur avec une énergie exprimée en kg-mètre par seconde carrée ou exprimée en équivalent CO2… Et l’utilisation médiatique des masses de CO2 pour définir une quantité d’énergie, c’est vraiment risible… Un exemple similaire : sachant qu’une cigarette a une puissance thermique de 3 W, alors mon ordinateur a une puissance de 216,66 cigarettes ! C’est pareil… L’apologie du CO2 (ou de toute autre principe d’équivalence comme les cigarettes ou les litres de purin ou de lisier), ça fait oublier comment utiliser rigoureusement les kilowatts et les kilowatts-heure qui sont, elles, des unités de mesure bien plus adaptées… Le choix de l’équivalence CO2 est tout aussi douteux que le choix de présenter (dans certains médias) des variations de pH ou de concentrations acides ou basiques par des pourcentages plutôt que par le pH lui-même ou par l’unité mol/L directement. Pour moi, c’est suspect.

 

Je comprends bien que l’erreur humaine, naturelle, puisse produire 1 à 3% d’erreurs de façon accidentelle malgré un soin régulier. Mais trouver des erreurs d’une page à l’autre, ça laisse penser que ces erreurs anormalement fréquentes sur le web semble délibérées… Pour gagner du temps ? Mince, ma montre fonctionne à l’envers, l’horloger s’est trompé lui aussi ! Bon… Quelle heure est-il ? Deux kilomètres ! Hein ?!

iconlol

 

Je cite : « Une éolienne d’une puissance de 2 MW produit annuellement environ 4400 mégawatts-heure, soit la consommation électrique d’environ 2000 personnes. »

4400 MWh/an ça équivaut à 4,4 millions de kWh/an. On divise par 8766 heures : ça équivaut alors à 501,94 kW en puissance, soit 0,502 MW environ, ce qui correspond à environ un rendement de 25%. Et cela correspond à 251 W par personne. En gros, une grosse éolienne pouvant théoriquement avoir jusqu’à une puissance de 2 MW fonctionne pendant 3 mois de l’année, et c’est le black out électrique pour les 9 mois restants de l’année… Pour remédier à ce fâcheux problème : on met des batteries d’appoint… En comparaison, dans un réacteur nucléaire, l’uranium ça ne tombe pas en panne… Avec les énergies comme l’éolien et le solaire, ça pourra nous éviter le problème des déchets nucléaires, mais ça ne marchera que par intermittences…

 

Trouvez-vous que j’exagère sur les détails quand je constate des erreurs ? Vous reconnaîtrez que le taux d’erreurs est anormal. Voir ci-dessous.

Page intéressante sur les impacts de foudre, cela va me servir pour un de mes futurs articles. Mais je cite ceci : « Il y a 32 millions le nombre d’éclairs qui touchent le sol chaque année dans le monde. 44 000 éclairs se déclenchent en moyenne chaque jour dans le monde, soit un déversement d’énergie de 4 milliards de kilowatts.« 

Piqûre de rappel pour le vaccin, avec une seringue de la taille de la tour Eiffel : l’énergie c’est avec l’unité kilowatt-heure (tel que 1 kWh = 3,6 MJ), tandis que la puissance c’est avec le watt (ses multiples et ses sous-multiples) !

Ce qui fait presque 91 000 kW par éclair si on parle en terme de puissance, ou 91 000 kWh par éclair (ou 327,6 GJ par éclair) si on parle en terme d’énergie !

Allô quoi… Allô ??? On a été coupé…

iconlol

 

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

Scepticisme sur certains effets préventifs contre le cancer de la prostate

Je viens de regarder l’émission TV « Le magazine de la santé » sur la chaîne « France 5″ . Malgré une étude médicale qui affirme qu’avoir plus de 20 partenaires féminins aurait un rôle protecteur contre le cancer de la prostate, l’un des médecins présents sur le plateau de télévision, le Professeur F. Haab (un urologue), dénonce qu’il n’existe pas de preuve scientifique sérieuse sur cette allégation.

Ayant eu vent de cette étude quelques jours plus tôt sur le web (via news.google.fr), je suis aussi moi-même sceptique sur cette étude.

Les traces médiatiques de cette étude médicale provient du Québec :

L’étude fut réalisée par 3 chercheuses.

Quel effet psychologique cette étude peut-elle produire lors de sa diffusion ? Le cancer fait peur, surtout celui de la prostate quand on est un homme. Comme la peur rend prévisible, certains hommes crédules, ayant peur du risque de cancer, vont peut-être décider à multiplier leurs aventures sexuelles…

La première chose que cette étude m’a fait penser : inciter à relancer la natalité dans un pays menacé par le vieillissement de la population. Hypothèse plausible, pourquoi pas ?

Cette étude m’a aussi fait penser à une forme de publicité ou d’auto-promotion.

Je n’affirme pas que l’étude repose sur des données truquées. Ces données statistiques peuvent être authentiques, mais conduire à des biais qui faussent les conclusions. Il faudrait trouver, par exemple, la probabilité que les résultats aient été influencés par le HASARD. Oui, des écarts statistiques peuvent exister par le hasard. Et surtout, et je souligne cela ici, lorsqu’il y a une apparente corrélation entre deux faits (le cancer de la prostate et l’activité sexuelle), IL FAUT POUVOIR EXPLIQUER LE LIEN DE CAUSALITE APPARENT. Si l’on ne réussit pas à expliquer un tel lien, en vain, on peut suspecter la présence d’un biais statistique (une corrélation apparente, mais absence de causalité réelle).

La question à se poser : aurait-on pu obtenir les mêmes résultats statistiques par le seul fruit du hasard ? Pour le savoir, il faut connaître le taux moyen de cancer de la prostate dans la population masculine et connaître aussi le taux moyen d’hommes ayant une vie sexuelle très active… A partir de ces deux paramètres, on peut montrer des exemples statistiques et probabilistes assez intéressants.

Au cours de leur vie, les hommes ont eu, en moyenne, 11,6 partenaires sexuels. Cela fait quel pourcentage d’hommes parmi le total d’hommes qui ont eu plus de 20 partenaires dans leur vie ? Voila un détail intéressant. Si ce taux est sensiblement faible par rapport au taux de la moyenne, alors cela fait combien d’hommes ayant eu plus de 20 partenaires pour un échantillon de 3200 hommes ? Voila une question intéressante dont je suis curieux de ce que pourrait être la réponse. D’après une loi statistique, il y aurait (sur une base moyenne de 11,6 partenaires) environ 1,2% des hommes qui auraient plus de 20 partenaires dans leur vie. Cela voudrait dire à peine 40 hommes dans l’échantillon de 3200 hommes. Mais pour réduire le taux de cancer de 28%, ces hommes qui ont été sexuellement actifs devraient être significativement plus nombreux.

1590 hommes ayant eu le cancer de la prostate pour un échantillon de 3200 hommes, on est loin du taux naturel statistique : de 2005 à 2009, environ 267 500 hommes ont été diagnostiqués comme cancéreux prostatiques (soit 0,8% environ de la population masculine française).

Assailli de doutes, j’ai voulu approfondir le sujet, et voir jusqu’où cela mène.

J’ai trouvé cette page intéressante :

Ainsi, la circoncision protègerait du cancer de la prostate ? Alors, cette polémique qui avait fait bruit dans les médias il y a plusieurs mois, ça proviendrait du même institut, et de la même personne… Pourtant, cet institut canadien semble sérieux (il est l’équivalent du CNRS français). Pourtant, la médecine indique qu’en l’absence de prépuce, le gland est plus vulnérable (la circoncision n’empêche pas les microsaignements lors des rapports sexuels)…

Mais là, il est évident que personne ne peut expliquer pourquoi la circoncision protégerait du cancer de la prostate… Peut-être bien parce qu’il n’y a pas de causalité du tout… D’ailleurs, un indice met à mal cette causalité apparente : la conclusion de l’étude est inversée lorsque les hommes sont homosexuels, et là non plus personne n’est capable de donner une explication convaincante ! Je cite : « l’étude scientifique qui a débuté en 2002 montre que les hommes qui ont eu des relations avec plus de 20 hommes couraient deux fois plus de risque d’être atteints d’un cancer de la prostate. » L’hypothèse que je retiens : avec des résultats contradictoires, pourquoi ne pas conclure que l’étude statistique est biaisée ?

Les hommes homosexuels, combien sont-ils théoriquement dans l’échantillon ? Environ 1% à 5% des 3200 hommes, soient environ 32 à 160 hommes seulement, et c’est bien peu en comparaison des 1590 cancéreux qui représentent ici 49,7% (la moitié !!!) de l’échantillon de 3200 hommes. En ce qui concerne la conclusion (peut-être biaisée) que les gays aient finalement plus de risques de cancer de la prostate, mieux aurait valu constituer un échantillon exclusivement composé de quelques milliers d’hommes homosexuels, pour avoir une conclusion plus fiable.

  • La question à se poser aussi : quel doit être l’écart pour qu’une comparaison montre un résultat significatif ?
  • Le travail publié par les chercheuses a t-il été évalué, comme cela se fait pour toute publication scientifique ?
  • Quels résultats aurions-nous obtenus avec des échantillons plus grands (10000 ou 100000 voire 1 million d’hommes) ?
  • Pourquoi les chercheuses font-elles la distinction entre le coït avec des partenaires et la masturbation, alors que ces deux activités sont équivalentes pour la prostate ?
  • Pourquoi n’y a t-il aucune explication convaincante que les gays auraient un risque de cancer double de celui de la moyenne nationale, tandis que les hommes hétérosexuels sexuellement actifs avec des femmes auraient 28% de risque en moins ? Et ceux qui se masturbent (les hétéros, et les gays), quels sont leurs risques, sont-ce d’autres données contradictoires ?…

Selon moi, le scepticisme du médecin invité dans l’émission « Le magazine de la santé », le Professeur F. Haab, à propos des conclusions de cette étude statistique, est légitime. Il a absolument raison.

Au lieu de prendre un échantillon neutre, c’est-à-dire représentatif de la population masculine, présentant le même taux de cancer de la prostate par rapport à l’ensemble de la population, l’échantillon ayant servi à l’étude présente un grand nombre d’hommes cancéreux par rapport au total de l’échantillon (1590 cancéreux prostatiques pour un échantillon de 3200 hommes).

 

Ce n’est pas à proprement parler une critique que j’ai fait ici, je dis seulement que c’est toujours intéressant que des chercheurs découvrent des corrélations, mais il est toujours nécessaire et indispensable d’évaluer les conclusions des recherches. D’ailleurs, à l’index du site internet de l’émission TV « Allô Docteur » (diffusée juste avant « Le magazine de la santé »), on peut lire ce texte qui résume bien notre contexte ici : « Ce n’est pas parce qu’une info est reprise partout qu’elle est forcément vraie… Les rumeurs passées au crible par la rédaction. »

Bref, ce n’est pas parce qu’on est un homme fidèle que cela signifie que l’on risque d’avoir le cancer de la prostate ni que ce « risque » signifie que ça serve de prétexte, d’excuse ou de courage pour devenir un coureur de jupons… Il faut être naïf ou con pour obéir inconsciemment par un réflexe conditionné suggéré par les journalistes ou les scientifiques qui publient un peu de tout et n’importe quoi… Un bon coup de pied au derrière, il paraît ainsi que ça remonte par la colonne vertébrale pour remettre ensuite les idées en place…

 

—-

Il paraît que l’ablation du cerveau protège du cancer du cerveau. C’était si simple, et c’est radical !

Maintenant, quand j’éclaire mon oreille avec une lampe, cela fait apparaître une lueur dans mes yeux.

iconlol

 

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. »

© 2014 John Philip C. Manson

 

Quand les sectes infiltrent tout