Exemple d’évaluation de l’astrologie

Dans un magazine féminin, je tombe sur la dernière page qui parle d’astrologie. Ce qui y est décrit peut être comparé avec ce qui existe dans les faits réels.

Voici une image du paragraphe en question :

maxi-astro

 

Vérification avec le logiciel de planétarium Stellarium (des observations astronomiques directes c’est même mieux, mais faut avoir les moyens) :

  • Mercure rejoint Uranus : vrai, on appelle cela une conjonction, quand deux astres se réunissent dans une même zone du ciel terrestre.
  • Mercure et Uranus en conjonction dans la constellation du Bélier : faux, la conjonction se produit actuellement (en cette mi-avril 2014) dans la constellation des Poissons. L’astrologie commet l’erreur de ne pas prendre en compte le phénomène de précession des équinoxes, phénomène pourtant connu depuis l’antiquité grecque (Hipparque, il y a plus de 20 siècles)… Mais précession ou pas, l’astrologie reste invalide et subjective quelque soit la bidouille utilisée…
  • Une opposition formée entre Jupiter et Pluton : vrai.
  • Au 13e degré des signes cardinaux ? D’après la grille équatoriale, ce serait plutôt un angle d’environ 30°, et d’après la grille azimutale ce serait environ 5°.
  • Mars en opposition avec Mercure : approximativement vrai, l’alignement entre Mars, la Terre et Mercure est plutôt imparfait.
  • Éclipse totale de la pleine lune ce mardi : vrai, mais l’éclipse totale de lune est seulement visible depuis l’Amérique du Nord.
  • «Tout un programme qui ne s’annonce pas des plus sereins» : avec un S final à l’adjectif… Les événements n’ont aucun lien de causalité avec les alignements astronomiques (sauf bien-sûr lorsqu’un énorme astéroïde s’écrase fortuitement sur Terre). Et si les éclipses présageaient des changements, ça ce saurait, notamment les changements liés à la politique («le changement c’est maintenant» , disait le Président…). Les changements sont le fruit de la volonté humaine (ou des lois de la nature plus forte que nous), mais les changements n’ont jamais été initiés par des projections d’une ombre sur un support quelconque… Quand une mouche vole autour d’une ampoule électrique allumée, et que l’ombre de la mouche est projetée sur mon agenda posé sur mon bureau, cela présagerait-il une future promotion professionnelle ? L’astrologie c’est tout aussi absurde.
  • Pluton devient rétrograde pour 5 mois : je suppose que c’est quand la Terre et Pluton se rapproche au plus près puis la Terre s’éloigne ensuite de Pluton ; cela survient alors dans la période du 14 avril au 23 septembre 2014, c’est-à-dire approximativement d’un équinoxe à l’autre. Par exemple, la Terre se rapproche de Pluton jusqu’au 2 juillet 2014 à 03:49, puis s’en éloigne ensuite, puis après un délai d’environ 6 mois, la Terre en opposition avec Pluton se rapproche ensuite de Pluton. Qu’une planète avance ou recule, cela n’influence en rien nos destinés et nos habitudes, à moins d’être très crédules (ou hypocondriaques…).
  • Chiron en s’associant à Vénus ? En astronomie, Chiron désigne un astéroïde cométaire, il a sa propre orbite entre Saturne et Uranus (http://fr.wikipedia.org/wiki/%282060%29_Chiron). Le logiciel Stellarium n’a pas Chiron dans sa base de données, je ne peux pas vérifier la position de Chiron sur son orbite. Mais si l’astéroïde Chiron n’a rien à voir avec le thème astrologique présenté dans l’image ci-dessus, on doit rappeler qu’en astronomie, Chiron est une lune de Saturne que Hermann Goldschmidt crut détecter en 1861, mais qui s’avéra imaginaire, et son existence fut donc réfutée… De quel Chiron les astrologues parlent-ils ? Je dois préciser que l’astéroïde Chiron n’était absolument pas connu avant l’automne 1977, il y a seulement à peine 37 ans que cet astéroïde fut découvert, et donc les astrologues ne pouvaient pas en parler auparavant… Donc si les astrologues utilisent dans leurs «prédictions» la lune imaginaire de Saturne, Chiron, qui n’existe même pas, cela n’a aucun sens…
  • Il ne faut pas confondre Chiron (précédemment cité) avec Charon qui est une lune de Pluton, et Charon fut découvert en 1978, et de ce fait, Charon était inconnu avant cette date… http://fr.wikipedia.org/wiki/Charon_%28lune%29

 

On le constate, l’astrologie se décrédibilise, une fois de plus…

 

Voici un article sur l’éclipse de lune survenue récemment : http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140414.OBS3861/suivez-l-eclipse-totale-de-lune-en-direct.html

Cependant, dans ce journal, on peut lire une phrase intrigante :  «Le satellite de la Terre a viré au rouge au cours d’un phénomène astronomique rarissime.»  Rarissime ? Que définit-on par rarissime ?…

Si la lune était exactement sur le plan de l’écliptique en permanence, il se produirait des éclipses lunaires et solaires une fois par mois, soit 12 fois par an.

En ouvrant mon agenda d’astronomie daté de 1990, je constate qu’il y eut une éclipse lunaire le 6 août 1990, visible en Asie. Aussi, il y eut une éclipse solaire le 26 janvier 1990, visible en Antarctique, et une autre le 22 juillet 1990, visible en Finlande et dans l’ex-URSS.

Il y a au moins 1 à 2 éclipses de lune par an. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clipse_lunaire Ce n’est pas souvent, mais cela peut arriver plusieurs fois au cours d’une année. La chute d’un astéroïde de 10 km de diamètre sur la Terre, voila un phénomène franchement rarissime…

 

En 2014, il y a 2 éclipses lunaires : le 15 avril et le 8 octobre. Mais en 2013, il y en a eu 3. Rarissime, disent-ils ? Ils se sont renseignés au moins ?…

Il y a eu 23 éclipses de lune entre avril 2005 et octobre 2014, dont 8 éclipses totales.

En ce qui concerne les tétrades (4 éclipses consécutives), on doit penser au cycle du Saros, http://fr.wikipedia.org/wiki/Saros selon lequel le soleil, la Terre et la Lune retrouvent approximativement la même géométrie relative et une éclipse presque identique se produit selon une période de 223 mois synodiques ou lunaisons (environ 18 ans) qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de Soleil et de Lune. Comme l’astrologie fait le déni de la précession des équinoxes depuis plus de deux millénaires, je présume qu’elle renie aussi l’existence du Saros… D’après moi, il y aurait en moyenne 5 tétrades par siècle.

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Attention aux fausses publications scientifiques

Je poste ici un petit article vite fait. Je viens de lire un article intéressant qui résume tout l’intérêt d’avoir une attitude sceptique et critique.

Il ne faut jamais se convaincre qu’une publication prétendument scientifique est systématiquement la vérité. La vérité n’est pas le meilleur critère. On évalue une publication par son degré de solidité, afin de s’assurer d’une part de son caractère réfutable et d’autre part de sa crédibilité objective.

Lire doit être donc une approche analytique et rationnelle, et non un comportement irréfléchi qui absorbe émotionnellement tout comme une éponge en croyant que tout est vrai.

De nos jours, et surtout depuis la naissance d’internet, l’attitude critique est une nécessité, aussi bien dans les sciences à cause de cette gangrène que sont les fraudes scientifiques et les pseudo-sciences qu’en politique où dominent les promesses non tenues, les mensonges, les manipulations et les trahisons…

Sans comité de lecture par des spécialistes, il n’y aurait pas d’évaluation de travaux scientifiques, et ce serait anarchique et catastrophique. Même avec un comité de lecture comme garde-fou, on n’est jamais complètement sûr à 100% que l’on sera à l’abri d’erreurs. Et pourtant, des erreurs surviennent encore parfois malgré l’existence de filtres, et c’est parfois ahurissant :  https://www.google.fr/#q=teissier+sorbonne  et https://www.google.fr/#q=%22double+th%C3%A8se+controvers%C3%A9e%22

Pour votre sécurité, vous devriez porter un casque de motard quand vous lisez des soi-disant publications scientifiques.  ;)

© 2014 John Philip C. Manson

 

Physique quantique, mysticisme et métaphysique

Bonjour à tous. Ceci n’est présentement pas un article, mais une réponse de dialogue via Facebook, étant donné que mon blog a cessé son activité depuis fin décembre 2013. Au fait, bonne et heureuse année 2014 à tous !

SP
Bonjour. Ayant interrompu mon activité de blogueur, je vous réponds avec un peu de retard. Actuellement en déplacement pour cause de début de projet professionnel, je n’ai pas de ligne internet permanente, je surfe très occasionnellement sur internet via téléphonie mobile qu’environ 5 à 10 minutes par jour (les tarifs de la 3G sont prohibitifs et dissuasifs, oouuuhhh !). Mais j’ai pris exceptionnellement le temps de répondre à votre message.

Tout d’abord, je partage complètement votre point de vue sur l’état actuel de la vulgarisation scientifique, il existe comme un recul, une démission, par rapport à cette démarche importante. La perte d’intérêt des jeunes pour les sciences sont la cause et la conséquence de cet échec. Il faudrait enrayer cet échec. Mais on ne peut pas non plus forcer les jeunes à aimer ce qu’ils n’aimeront pas ni ce qu’ils ne voudront jamais aimer.

La science était autrefois perçue comme le moteur du progrès, de l’émancipation, une victoire contre l’ignorance et les dogmes. De nos jours, la science tend à être soit décrédibilisée (parce qu’elle est parfois instrumentalisée par la politique), soit rejetée parce qu’elle est perçue comme une menace contre les ressources naturelles à cause de l’ère industrielle, voire même dénaturée de son contexte par les charlatans qui se proclament de la "science" pour vendre leurs doctrines fantaisistes. Je pense personnellement qu’il faut un nouveau souffle : un renouveau du siècle des Lumières, le retour à la raison pour contrer les superstitions et l’aliénation de l’esprit humain victime de l’emprise des croyances inégalitaires et liberticides.

Je constate notamment une baisse de qualité de la vulgarisation depuis les années 1980, mais il existe cependant des exceptions, comme le livre de Normand Baillargeon (« Petit cours d’autodéfense intellectuelle») qui présente un contenu assez intéressant. Le tort de l’enseignement est de présenter les mathématiques comme une discipline incontournable pour la sélection tout en laissant penser que c’est une discipline inutile. Or les maths sont loin d’être inutiles : pour ne citer que quelques exemples, elles permettent par exemple la sécurité des systèmes bancaires grâce à la cryptographie, elles permettent de déchiffrer le code Enigma pendant la Seconde Guerre Mondiale contre les nazis grâce aux talents du mathématicien Alan Turing, et aussi les maths permettent de détecter des contre-vérités dans les médias. Il faut rendre les sciences plus attractives sans risquer de dénaturer le sens de leur contenu, ni sans prendre le risque de prendre une quelconque indépendance avec la méthode scientifique (à moins d’avoir innové dans une méthode plus efficace, mais j’en doute).

L’enseignement des sciences doit permettre de créer des vocations scientifiques, cela est impératif à l’heure actuelle où les effectifs dans les facultés des sciences sont en baisse depuis une quinzaine d’années. Créer des vocations sans pour autant dénaturer les critères qui définissent la science. La vulgarisation scientifique comporte parfois des maladresses qui entraînent des erreurs d’interprétation chez le public. Un exemple classique : le Big Bang est souvent présenté à tort comme une explosion de matière qui remplit un espace vide, alors que le Big Bang concerne l’expansion de l’espace.

Vulgariser la science est une mission très difficile. Avoir des connaissances ne suffit pas, il faut avoir un certain talent pour communiquer des savoirs au public, être compris sans trop simplifier ni dénaturer le sens des théories scientifiques.

Le scepticisme scientifique part d’une bonne intention, comme vous le dites, mais ce scepticisme scientifique fait partie de la méthode scientifique, c’est une nécessité, et vous le savez. On formule une hypothèse, puis on réalise une expérience pour évaluer l’hypothèse, l’hypothèse est ensuite confortée par l’expérience ou bien elle est infirmée par l’expérience. Le caractère potentiellement réfutable d’une hypothèse définit son caractère scientifique. C’est un critère épistémologique, défini par Karl Popper, et parmi d’autres épistémologies possibles, mais c’est actuellement la méthode la plus pertinente et la plus efficace, parce que ça marche.

S’il est vrai que certaines associations ou lobbies peuvent être motivés par l’appât du gain, la notoriété, la mystification ou la manipulation, il ne faut guère généraliser non plus, et il faudrait donner une argumentation plus claire en citant des exemples concrets. L’erreur est humaine, les êtres humains sont faillibles, même les scientifiques les plus intègres peuvent commettre eux-mêmes des erreurs méthodiques. Nul n’est à l’abri des erreurs et de la tromperie. En ce sens, l’esprit critique peut s’appliquer aussi bien à l’encontre des sceptiques qu’aux cibles des sceptiques, les êtres humains sont égaux.

Si au premier abord, la zététique se présente comme une méthode intéressante, elle reste cependant circonscrite à un domaine d’études trop restreint : le surnaturel et le paranormal. Je suis plutôt favorable à une palette beaucoup plus large de sujets d’études : pas seulement le paranormal, mais aussi d’autres thématiques comme par exemple les fraudes scientifiques, les contre-vérités véhiculées par le journalisme (dont les tentatives de vulgarisation scientifique peuvent être très maladroites).

Bien des publications se limitent à la vulgarisation scientifique de théories connues, en décrivant les grandes lignes. Mais il faut surpasser cela. Il faut présenter des analyses critiques objectives de ces théories. C’est-à-dire que les théories scientifiques sont présentées à tort comme des vérités, alors qu’au sens épistémologique elles ne sont qu’une représentation faillible et provisoire de la réalité physique. De même, il faut réinventer le journalisme : la presse grand public diffuse quotidiennement des « informations » plus ou moins en rapport avec les sciences, et lorsque l’on vérifie les chiffres, les données quantitatives (quand il y en a), l’on constate souvent des erreurs que beaucoup de lecteurs ne daignent pas signaler parce qu’ils auront interprété les textes comme des vérités qu’ils ne pensent pas à les remettre en question.

Le scepticisme scientifique, à travers les évaluations des connaissances par des outils efficaces (comme les mathématiques et les expériences scientifiques), est une démarche légitime et nécessaire.

Mais lorsque ce scepticisme devient hypercritique quand la subjectivité remplace l’objectivité, ce scepticisme devient abusif quand il cherche à tout nier.
Mais le scepticisme scientifique, lorsqu’il est bien conduit, à travers une démarche rigoureuse et objective, vient souvent à réfuter des « théories », celles-ci s’écroulant comme des châteaux de cartes. Et ceux qui ont pris le parti de croire à ces théories (ou plutôt ces croyances) en gardent fréquemment un goût amer et vindicatif. Ainsi, je suis surpris et étonné lorsque vous citez l’AFIS et les Sceptiques du Québec comme faisant partie d’une mouvance caricaturale et pernicieuse. Je lis occasionnellement le magazine de l’AFIS, et en général leurs textes sont de qualité et font souvent un résumé détaillé des problématiques. Cependant, il existe d’autres magazines de vulgarisation scientifique (avec des titres racoleurs) qui sont plus appropriés à recevoir un blâme (j’en ai parlé à plusieurs reprises dans mon blog).

Le scepticisme scientifique ne consiste pas à nier et tout rejeter en bloc. Le scepticisme ne combat pas des idées a priori. Le doute fonctionne selon un principe clair : si une hypothèse ne colle pas avec des observations ou des expériences, l’hypothèse est rejetée et abandonnée ; mais l’hypothèse est retenue comme crédible (sans pour autant passer pour une Vérité) si elle reste cohérente avec les faits (à condition qu’il y ait une causalité). Je comprends bien la situation des croyants qui se sentent lésés par des critiques, parce que leurs croyances auront été mise en échec face à la méthode scientifique. Les connaissances sont accessibles au moyen de la méthode scientifique, tandis que les croyances (souvent bourrées de contradictions) sont une option qui donne le meilleur moyen de se tromper…

En ce qui concerne la physique quantique, j’ai écrit plusieurs articles à ce sujet dans mon blog. En résumé, la physique quantique est une théorie scientifique crédible qui décrit la dynamique des particules à l’échelle subatomique. C’est une théorie qui peut conduire à de nombreux débats philosophiques, c’est vrai. En science, on teste des hypothèses pour construire une théorie, ou pour la modifier, ou même parfois pour l’invalider. La science procède par élimination, par tri, par une constante remise en question, et cela est nécessaire, sinon il n’existerait pas de théories scientifiques, ni même d’évolution des connaissances.

Vous percevez la physique quantique comme devant prouver un concept métaphysique. Vous évoquez ici du problème de la dualité esprit/matière. Sur le plan philosophique, je suis plutôt en faveur du matérialisme, non pas par choix esthétique, mais par tout ce que je connais actuellement des sciences depuis de longues années. Philosophiquement, d’autres points de vue sont plausibles, mais je ne vois de connaissances objectives qu’à travers des faits observables, au moyen de preuves directes ou indirectes, car la réflexion et la raison seules ne suffisent pas. Philosophiquement, je considère l’esprit (ou plutôt la conscience) comme une conséquence, un effet, de la matière. Certains affirment que l’esprit précède la matière tandis qu’il ne peut a priori exister d’esprit sans matière. Mais un argumentaire a peu de valeur en l’absence de preuves concrètes. Pour parler des faits : plus un cerveau (réseau de neurones) est lésé et endommagé, plus la conscience est gravement altérée, voire détruite, c’est ce que l’on observe. Quant aux phénomènes de dédoublement de la conscience à travers ce qu’on appelle le «voyage astral», cela est expliqué par la chimie : la kétamine et les endorphines peuvent produire des modifications de la conscience. Récemment, j’ai eu connaissance d’une étude publiée par des chercheurs de l’université du Michigan à propos des cas de décorporations lors de «mort imminente» et qui met en évidence un comportement du cerveau qui pourrait générer cette impression paranormale, rapprochée du "paradis" par des milliers de patients "ressuscités" après une mort clinique. Un phénomène chimique fait que le cerveau mélange tout, générant une expérience unifiée et homogène. La réaction cérébrale découlerait du choc physiologique provoqué par l’arrêt cardiaque. En analysant l’activité cérébrale de rats au moment de leur mort, les chercheurs se sont aperçus que l’activité cérébrale, loin de s’arrêter net par manque d’oxygène, s’intensifiait de façon exceptionnelle dans les trente secondes qui suivent l’arrêt du cœur.

En bref, j’ai évoqué la physique quantique selon le plan scientifique, puis son implication avec la conscience sur le plan philosophique. Ce que je peux dire de la théorie quantique, c’est qu’elle est en accord avec les expériences et les observations ; je n’ai pas d’avis tranché sur le plan philosophique sur la question : il existe plusieurs interprétations sérieuses et crédibles de la physique quantique. Laquelle de ces interprétations est la bonne ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais concernant les interprétations mystiques et irrationnelles de la physique quantique, on sort complètement du cadre de la science et cela ne sert à rien.

Mais lorsque vous affirmez que la physique quantique est en accord avec une conception métaphysique, on sort du cadre de la méthode scientifique pour entrer dans celui de la métaphysique. Que vaut la métaphysique ? Quelles connaissances (ou au contraire quelles réfutations) la métaphysique peut-elle apporter ? C’est une question à laquelle je n’ai pas vraiment de réponses.

Quand vous dénoncez des charlatans du mysticisme quantique, vous avez raison sur ce point. J’ai évoqué le thème du mysticisme quantique dans le but de dénoncer les interprétations farfelues de la physique quantique, interprétations qui relèvent du mysticisme, de la pseudo-science ou de la métaphysique. Ce qui fait l’intérêt de la science, sa valeur, c’est le caractère potentiellement réfutable d’une hypothèse pour que celle-ci ait une nature scientifique. En ce sens, je suis en faveur de l’épistémologie de Karl Popper, sans pour autant me ranger dans un dogmatisme illusoire. Sur le thème du mysticisme quantique, j’ai voulu dénoncer les interprétations farfelues qui entraînent des dérives idéologiques. Ces dérives surfent sur la mode actuelle du New Age. Le New Age a l’une des caractéristiques suivantes : tout se vaut, malgré les contradictions ; cette mouvance crée des amalgames inadaptés et inappropriés, en formant des syncrétismes religieux, mystiques, idéologiques. Ainsi, le New Age ne craint pas de mélanger abusivement la science avec les croyances les plus diverses, elle crée des amalgames fantaisistes, elle dénature la science.

Je pensais que vous étiez d’accord avec moi quand vous dénoncez les charlatans du mysticisme quantique. Mais vous-mêmes faites l’amalgame entre la physique quantique et le phénomène de la conscience. Peut-être qu’à l’avenir les ordinateurs quantiques pourront permettre de construire une intelligence artificielle équivalente à l’esprit humain pour que la question soit prise au sérieux, mais pour le moment cela relève de la spéculation et non d’une véritable théorie quantique de la conscience. On ne sait pas ce que le futur réserve.

La physique quantique ne prétend pas décrire un univers mystique, ni métaphysique, ni même spiritualiste, et n’est pas non plus en rapport avec la psychologie et la place de l’Homme dans l’univers. Je fais franchement la distinction entre le contentement des connaissances actuelles que nous avons (sans nier de nouvelles hypothèses réfutables, ni sans nier qu’un jour il existera une véritable théorie quantique scientifique de la conscience car on n’est sûr de rien) et l’espoir de voir d’éventuelles croyances validées par la science un jour (croire n’est pas nécessaire, mais (pour citer Henri Poincaré) j’admets que c’est par l’intuition que nous trouvons MAIS (et surtout) c’est par la logique et les expériences que nous prouvons). Pour résumer, je prend au sérieux le critère épistémologique de démarcation (entre la science et la non-science), parce qu’à travers mon parcours personnel il m’a démontré son utilité et sa nécessité. Il y a rupture entre science et croyance.

Évidemment, je ne mets pas au même niveau les métaphysiciens (qui sont des philosophes) et les gourous qui récupèrent et dénaturent la science dans le but de tromper. Les métaphysiciens ne sont pas des gourous ni des charlatans. Ce sont des penseurs. L’attitude scientifique, c’est vouloir tester une idée et la comparer avec des phénomènes physiques. Je ne fais que rappeler la nécessité d’une démarcation, parce que la spéculation métaphysique, la science et l’imposture du New Age ne se basent pas du tout sur la même méthode ni la même approche. Il existe une différence entre CONCEPT et OBSERVATION. J’oriente mes concepts philosophiques selon les connaissances actuelles données par la science. J’aurais beaucoup de mal à me satisfaire de concepts (esthétiques ou élégants) qui n’auront pas été comparés avec des connaissances scientifiques, car sinon ces concepts s’apparenteraient à des croyances. Un concept abstrait comme les nombres premiers par exemple, est indépendant des phénomènes de la physique, cela ne pose pas de problème. Mais lorsque qu’un concept a un lien avec la physique ou les sciences de la nature, par exemple la sourcellerie et la radiesthésie, on se doit de comparer ces concepts avec la réalité présentée par le terrain. J’avais personnellement expérimenté la radiesthésie il y a plus de 20 ans, d’abord avec enthousiasme, puis le scepticisme a pris le dessus, parce que l’expérimentation m’a appris une bonne leçon : la radiesthésie est la conséquence de l’effet idéomoteur, et des tests comparatifs avec le hasard m’ont montré que la radiesthésie ne fait pas de meilleur score que le hasard. On ne naît pas sceptique, on le devient. Il devient plus dur ensuite de redevenir un croyant, voire même que c’est devenu impossible. Le doute n’est pas un choix arbitraire, ni dogmatique, ni sectaire ; le doute est la conséquence d’observations. Apprendre à observer, et avoir le courage de remettre des concepts en question. C’est un travail difficile, mais cela en vaut la peine. Le doute m’a permis d’en apprendre plus,  plutôt qu’à travers l’espoir que suscitent les concepts s’ils avaient été (désirés comme) vrais a posteriori.

Comme le disait Philip K. Dick : la réalité c’est ce qui reste et subsiste quand on cesse d’y croire. J’ai personnellement appris à me méfier des concepts. La vraie valeur de la construction des connaissances n’existe qu’à travers la méthode expérimentale. Isaac Newton disait que la conviction n’est le fruit que de la preuve… malgré le fait que Newton eut toutefois pratiqué l’alchimie… (mais au moins il a essayé). Il faut pouvoir évaluer des concepts, tester leur solidité par rapports aux faits. Les mathématiques peuvent n’avoir qu’elles-mêmes comme objet d’étude, indépendamment des phénomènes physiques, elles sont une pure abstraction non dénuée d’intérêt. Mais des théories scientifiques, en physique, en chimie, ou en biologie, cela repose essentiellement sur des observations et des expériences, c’est une contrainte à laquelle l’on ne peut pas s’en affranchir. Il faut nécessairement du concret dans les sciences de la nature. Si la métaphysique et la physique quantique sont cohérentes entre elles, il faut pouvoir le prouver avec des liens de causalité. La conscience est-elle quantique ? C’est une question à caractère scientifique car il est possible de concevoir des expériences pouvant conduire à des tests d’hypothèses réfutables (via les ordinateurs quantiques, avec des simulations informatiques). Mais c’est un domaine qui émerge à peine, c’est encore trop tôt, il va falloir patienter peut-être quelques décennies. L’avenir nous le dira (peut-être).

La science se base sur une méthode rigoureuse et exigeante, mais cela n’empêche pas de voir apparaître de nouvelles théories crédibles et intéressantes à travers une diversité d’hypothèses, pourvu que ces hypothèses-là aient la possibilité d’être réfutables (il faut pouvoir les réfuter, donc permettre qu’elles puissent être a priori fausses). De plus, il ne faut jamais nier l’existence d’incertitudes.

En ce qui concerne Jacques Lavau, je l’ai cité à travers sa citation suivante : «La science se distingue de tous les autres modes de transmission des connaissances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences.»   Sa citation est pertinente, elle résume la méthode scientifique à travers une attitude prudente et un certain recul. Mais si monsieur Lavau faisait polémique, je n’en ai pas eu connaissance, et je ne le connais pas personnellement. Là aussi, comme votre avis pour l’AFIS, je suis un peu étonné de votre point de vue. Cela m’aurait été plus clair si je savais ce que vous reprochez à monsieur Lavau, aux zététiciens et à l’AFIS.

Éprouveriez-vous un rejet du scepticisme scientifique parce que vos idées n’auraient pas été prises au sérieux ? Il peut arriver que des sceptiques commettent des maladresses. C’est humain. On ne peut pas toujours rester constamment objectif. Les sceptiques ne sont pas vraiment supérieurs aux crédules, ils essaient juste d’être plus prudents mais certains sceptiques peuvent basculer dans la paranoïa aussi bien que les gourous qui, eux aussi, se sentent persécutés. ;)  Je ne serai pas étonné que des scientifiques pratiquent une activité artistique parallèlement. Les êtres humains ne sont pas formés que de raison (il m’arrive de prendre du recul même par rapport à la science, et c’est ce que j’ai fini par faire récemment). Mais la raison manque cependant à beaucoup d’humains…

Comme le disait Blaise Pascal : « Deux folies : exclure la raison, et n’admettre que la raison ».

Cordialement.

John Philip C. Manson, le 12 janvier 2014.

La science est la croyance en l’ignorance des experts

  • Mon blog touche à sa fin. Je publie ici le dernier article dont le thème est un lien ci-dessous : c’est une traduction par le Dr Goulu d’un texte du professeur Richard P. Feynman. 

Le texte de Feynman est relatif à la faillibilité des savoirs et ce qui fait la science. Ce qui fait la science, ce ne sont pas les mots que l’on met sur les choses, mais l’expérience des choses.

Ce que montre Feynman est formulé différemment par rapport à l’épistémologie de Karl Popper (sur la potentialité de réfutabilité des hypothèses scientifiques), mais c’est sur le même principe. C’est très bien que le Dr Goulu ait publié ce texte.

Feynman explique que l’on est jamais sûrs de rien. En ce sens, comme je l’avais déjà raconté dans mon blog : la science est fondée sur des expériences et des observations, mais pas sur la confiance envers des opinions, ou des experts, ou des idéologues. Cela peut paraître choquant pour certaines personnes qui ont une préférence pour des vérités définitives et immuables, mais c’est la Nature qui fait ce que les choses sont (et on apprend à mieux connaître la Nature si possible, avec des expériences), ce ne sont pas les experts qui décident ce que doit être la Nature. Ce n’est pas le jargon qui fait la science, mais ce que l’on fait sur le terrain. Cela ne signifie pas la relativité des savoirs où toutes les opinions se valent (comme le pensait Feyerabend et le postmodernisme intellectuel et, aujourd’hui, un certain négationnisme antiscientifique), l’expérimentation a prévalence sur les mots eux-mêmes. Des mots sans exploration du problème, sans l’approfondissement d’une idée, sans des observations concrètes, ne veulent rien dire et n’enseignent rien.  «Qu’est-ce qui fait bouger ce jouet ?» «L’énergie». Mettre le mot "énergie" sur une chose n’apporte guère la compréhension du phénomène.

Les mots sont le propre de l’Homme, et l’être humain est faillible.

Selon moi-même, ce qui fait un livre de science ou de vulgarisation scientifique, c’est un livre qui montre comment réaliser des expériences ou qui explique comment des expériences ont été conduites (c’était le cas de Science-et-Vie jusqu’à la fin des années 1990, avec les rubriques «l’informatique amusante» et la «chimie amusante» et la «biologie amusante»). Mais un livre rempli uniquement de mots, sans inciter et encourager à expérimenter par nous-mêmes, n’est pas vraiment un livre de science.

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« Nous ne pouvons pas définir n’importe quoi précisément. Si nous y tentons, nous allons dans cette paralysie de la pensée qui vient des philosophes…  L’un qui dit à l’autre : vous ne savez pas de quoi vous parlez ! Le second dit : que voulez-vous dire par parler ? que voulez-vous dire par "vous" ? que voulez-vous dire par savoir ? »

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« Vous pouvez connaître le nom d’un oiseau dans toutes les langues du monde, mais quand vous avez terminé, vous ne saurez absolument rien du tout de l’oiseau. Alors regardons l’oiseau et observons ce qu’il fait — c’est ce qui compte. J’ai appris très tôt la différence entre connaître le nom de quelque chose et savoir quelque chose. »

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« Ce n’est pas important combien votre théorie est belle, ce n’est pas important combien vous êtes intelligent. Si ce [votre théorie] n’est pas en accord avec l’expérience, elle est fausse. »

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Bonnes fêtes de fin d’année à tous. :)

© 2013 John Philip C. Manson

Peut-on connaître l’avenir avant de le vivre ?

L’avenir n’est jamais écrit d’avance, il est pavé d’incertitudes. On ne sait pas ce que l’avenir réserve, et on ne peut encore moins prédire un événement au jour près ou à la minute près, et même à la décennie près… Le futur est une surprise.

Les spéculations ont moins de crédibilité que les observations.

Les voyants, les médiums, les astrologues, les scientifiques, les journalistes parlent d’avenir mais on ne connaît que ce qu’on a expérimenté ou vécu…
© 2013 John Philip C. Manson

Nouvelles divagations dans un magazine TV

- Décembre 2013 – J’ouvre mon programme TV habituel à la recherche d’erreurs, d’incohérences, d’inexactitudes.

Jusqu’à ces derniers mois, depuis environ 2007, la thématique habituelle concernait l’idéologie écologiste (détournée de son contexte scientifique) dont les accents futuristes étaient exagérément alarmistes et annonciateurs de l’Apocalypse… Après une période d’accalmie, tout cela est remplacé par une autre thématique dont l’objectif (la manipulation et la mystification) reste le même : de nouveaux «experts» réécrivent l’Histoire et l’archéologie à leur sauce, l’ufologie est de retour avec ses délires.

alientheory

Un documentaire d’Histoire et d’archéologie ? Non… On ne peut pas appeler ça un documentaire, car un documentaire se base sur des faits et des preuves matérielles. On devrait plutôt classer cela dans la mythologie et la science-fiction, et vraisemblablement plutôt dans la mystification.

Qui est derrière ce spectacle ? Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ancient_Aliens

L’auteur du documentaire est un écrivain et ufologue, il est connu pour être partisan du néo-évhémérisme qui est la croyance selon laquelle des « extraterrestres » influencent l’humanité depuis la préhistoire (Théorie des Anciens Astronautes).

L’astroarchéologie n’a rien d’archéologique ni d’historique. Elle est une pseudo-science indirectement liée à la mouvance New Age, cette dernière ayant déjà récupéré cette idéologie controversée.

Après la pseudo-Histoire et la pseudo-archéologie, voici que l’on se projette ensuite dans le futur…

supercontinent

La croûte terrestre destinée à former un nouveau supercontinent comme la Pangée, oui, c’est ce que prédit la géologie. Le détroit de Behring est amené à disparaître, l’Amérique du Nord sera reliée à l’Est de l’Asie. Environ 250 millions d’années, c’est le temps depuis lequel la Pangée s’est fragmentée pour former plusieurs continents : les Amériques, l’Eurasie, l’Afrique et l’Océanie.

Mais l’océan Pacifique est actuellement plus large que l’océan Atlantique, il faudra donc un temps de plus de 250 millions d’années pour que l’océan Pacifique disparaisse afin que les continents actuels fusionnent entre eux. Les supercontinents se forment par cycles, se rassemblant et se fragmentant par le jeu de la tectonique des plaques tous les 400 à 500 millions d’années : c’est le cycle de Wilson.

Dans 250 millions d’années, ce sera peut-être un début de fusion entre l’Amérique du Nord avec l’Asie via le détroit de Behring, mais pas la fusion complète des continents (qui, elle, prendra plus de temps). C’est la nuance que je voulais souligner.

Au deuxième paragraphe du synopsis du documentaire, en réalité il est difficile de se projeter dans l’avenir…

Après le passé et le futur, générateurs respectifs de rêves et de peurs, on parle du présent, avec l’attente du pire, le risque d’un danger imminent (réel ou supposé).

asteroide

Un astéroïde qui se dirige droit sur nous ? Cela ne peut pas être la comète ISON (désintégrée près du soleil le 29/11/2013). Cela ne peut pas non plus être la planète fictive Nibiru (la secte New Age s’est ridiculisée le 21/12/2012).

Concernant les astéroïdes géocroiseurs, le risque actuel est écarté, il n’y a pas de collisions prévues dans un proche avenir. Le risque de collision pour chaque astéroïde avec la Terre est estimé à entre 1 sur un million à 1 sur 5 millions, ce qui est très faible, et c’est le cas de tous les astéroïdes géocroiseurs connus. Dans l’Histoire de la Terre, des collisions terribles ont existé dans un laps de plusieurs centaines de millions d’années, c’est vrai et indéniable, mais à l’échelle de la civilisation humaine (sur quelques millénaires) le risque est très faible. (Voir "échelle de Turin" et "échelle de Palerme" sur Google)

Le synopsis du documentaire fait probablement référence à un scénario fictif dans le cas où une pareille éventualité de collision devait survenir un jour. Mais le ton du synopsis suggère plutôt abusivement un ton teinté de réalisme et de fatalisme…

Incohérence : avec 10 fois la puissance nucléaire de la bombe d’Hiroshima, on ne peut pas directement détruire toute vie sur Terre. Ving-mille fois, oui peut-être… Indirectement, c’est peut-être néanmoins possible, à cause de «l’hiver nucléaire», via lequel les poussières projetées dans l’atmosphère durablement privent la faune et la flore du rayonnement solaire indispensable à la photosynthèse dont les plantes ont besoin… Et la végétation est à la base de la chaîne alimentaire sur Terre.

Pour qu’un astéroïde soit une menace contre la vie sur Terre, il devra avoir un diamètre d’au moins 5 km. Mais ce genre d’événement n’arrive que tous les 100 millions d’années. Je ne connais pas d’objet de cette taille qui nous menacerait d’ici une vingtaine d’années. Par comparaison, l’astéroïde Apophis ne mesure que 325 mètres. Et Toutatis a une envergure de 4,5×2,4×1,9 km. Mais concernant ces deux exemples, le risque est écarté…

Autre thème abordé ici dans le contexte des fêtes de fin d’année : la diététique.

chapon

Un chapon qui affiche 230 kilocalories pour 100 grammes, ce n’est pas un allié minceur ? Qui a écrit cette énormité ??? oO

Pour être mince, il faudrait sucer des cailloux ? Mais pas plus d’une fois par jour ?

Non mais allô quoi, 230 kcal pour 100 g et en dire que ce ne serait pas un allié minceur, seule une anorexique a pu écrire un truc pareil !

Qu’est-ce que représente 230 kcal pour 100 g ?

Par comparaison, des grains de blé précuits (Ebly) représentent 342 kcal pour 100 g. Des céréales c’est léger. Et la chair d’un chapon, c’est moins calorique que des grains de blé à masse équivalente ! Au sens littéral et arithmétique, un chapon est 1,5 fois moins calorique que des grains de blé !

Du zéro calorie, qu’est-ce que ça peut-être ? Ne rien manger, ou bien manger des épices, du sel, ou boire que de l’eau plate ou des sodas light bourrés de produits chimiques douteux… C’est plutôt mauvais comme voie extrême…

Pour prendre soin de notre poids (et seulement en cas réel de surpoids et d’obésité), il faut quand même manger équilibré (et non pas se priver !!!), et pratiquer un sport régulier (il faut bouger !!). Ne rien manger et/ou ne pas bouger, c’est se bousiller la santé !

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© 2013 John Philip C. Manson

Le documentaire, un genre dénaturé par la télévision

« La course à l’audience dicte l’écriture et le formatage des documentaires depuis une dizaine d’années en France. »  (José Chidlovsky)

L’article d’Acrimed résume assez bien le fond de ma pensée sur ce qui se passe à la TV. Cela vaut aussi pour le cyber-journalisme sur internet, ainsi que la presse au format papier. Il y a une paupérisation de l’information sur les sujets scientifiques et connexes. Cela devient similaire à la télé-réalité. Il n’y a qu’à éplucher par exemple les magazines TV pour constater cet échec : http://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/03/le-betisier-scientifique-de-lete/ et http://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/09/le-betisier-de-lete-suite/

Des émissions intéressantes et réellement instructives comme «C’est pas sorcier» disparaissent. L’année 2013 marque la fin de l’émission «C’est pas sorcier», et l’animateur Frédéric Courant a malheureusement été «remercié» après 20 ans de loyaux services… Quel genre de choses va assurer la relève ? C’est inquiétant.

L’esprit critique est indispensable à travers l’évaluation du contenu publié mais aussi à travers la critique des procédés via lesquels ce contenu est publié.

Les erreurs et incohérences existent (cela arrive naturellement par accident) même dans des livres sérieux : http://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/     Et souvent, à travers des documentaires bâclés et bidonnés (délibérément ?), plus c’est gros plus ça passe…

Les informations sont réduites à un produit à vendre et dont on fait des économies pour le simplifier jusqu’à en lui ôter sa substance (son signifiant), et non plus faire des informations comme être un support de connaissance. Comment cela va t-il évoluer (ou dégénérer) ?

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Articles connexes :

 

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© 2013 John Philip C. Manson

Analyse du synopsis d’une émission sur les OVNI

  • Ce présent article est l’épilogue du bêtisier scientifique de l’été.

Voici la photo d’une page d’un magazine TV :

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  • Le rédacteur du texte admet d’emblée l’existence de témoignages fantaisistes sur les OVNI…
  • … mais quand les témoins sont des personnages respectables, notables, experts, spécialistes, etc, ces témoignages deviennent par glissement sémantique des vérités irréfutables, des dogmes… Cette attitude étrange et malhonnête est typique de l’argument d’autorité. Ce procédé est une manipulation de l’opinion publique.

Ce n’est pas parce que des individus sont des spécialistes et des experts que le sujet étudié est forcément la vérité. Des scientifiques eux-mêmes (des "scientifiques" notoires, médiatiques et douteux, dont je ne divulguerai pas le nom) peuvent raconter des conneries énormes, personne ne fait exception. Même le célèbre astrophysicien Arthur Eddington, l’un des physiciens les plus importants du XXe siècle, spécialiste de la question des réactions thermonucléaires de l’hydrogène du soleil, a eu une période difficile dans sa vie à travers une crise mystique qui l’a conduit à écrire une forme de numérologie farfelue. Bref, il avait pété les plombs durant la dernière vingtaine d’années de sa vie, bien qu’auparavant ses travaux scientifiques aient beaucoup contribué à la science…

Ce qui crédibilise les connaissances scientifiques, ce sont les faits eux-mêmes, évalués avec rigueur et objectivité. Mais pas les experts eux-mêmes. Une astrologue célèbre, par exemple, ne rend pas l’astrologie plus vraie.

Suite à ce synopsis analysé, examinons l’avis mentionné : « des témoignages de qualité qui chamboulent les convictions des plus sceptiques »… La conviction est propre aux croyances. Les crédules sont convaincus de ce qu’ils croient. Les sceptiques, eux, n’ont aucune conviction, ils n’ont que des doutes. Les sceptiques demandent à observer des phénomènes et à examiner des preuves matérielles, sachant que les témoignages restent superficiels et ne constituent pas des preuves matérielles. Mais comment avoir une conviction s’il n’y a pas de preuves matérielles à examiner ? Des témoignages ne prouvent rien, même si les témoins sont des célébrités ou des spécialistes. Les faits seuls permettent d’établir l’existence d’un phénomène, pas des affirmations invérifiables.

Deuxième synopsis : « comment croire une personne qui affirme avoir vu des extraterrestres ». Le souci de «croire» revient souvent. Croire n’est pas une attitude rationnelle ni scientifique. De simples témoignages ne peuvent pas constituer des éléments de vérité. La méthode scientifique étudie des indices matériels (s’ils existent), en enquêtant sur le terrain. Des témoignages peuvent aider à orienter l’enquête, mais ils ne peuvent pas constituer l’unique maillon des recherches. Il faut nécessairement des preuves objectives indépendantes de la psychologie des individus. Plus clairement, les témoignages ont la nécessité de pouvoir être réfutables de façon à ce que l’on produise des hypothèses vérifiables auxquelles l’on puisse y répondre par des termes qualitatifs comme piste crédible ou hypothèse réfutée sur la base de données quantitatives objectives (ce que les témoignages ne sont pas). Si l’on ne se basait seulement que sur des témoignages sans prendre la peine de gratter le vernis en profondeur, ça ne servirait à rien, ce serait brasser de l’air et vendre du vent…

 

© 2013 John Philip C. Manson

 

L’expérimentation scientifique, un échec

Je découvre quelque chose sur Yahoo qui confirme ce que je pensais au sujet de l’enseignement des sciences.

Voici une copie d’écran :

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Autre copie d’écran :

yqr2

Les lycéens savent résoudre des exercices vus dans des livres, après avoir suivi un cours sur des connaissances de base. Les livres scolaires sont alors assimilables à des vérités immuables prédigérées. Mais les livres ne sont qu’un moyen indirect d’accès aux connaissances scientifiques. On ne devrait connaître que ce que on a expérimenté soi-même. La démarche scientifique est l’expérimentation : on observe des phénomènes et on réalise des mesures quantitatives, on teste des hypothèses. La science c’est cela. Mais réduire la science à des cours dirigés par des livres, c’est dénaturer ce qu’est vraiment la science. On ôte aux lycéens l’accès aux définitions de base de ce qu’est la science. Ainsi je ne suis pas étonné dans un pareil contexte que les lycéens soient si démunis quand leur professeur leur demande de réaliser un devoir basé sur des exemples de démarche scientifique. Parce que les élèves, bien qu’ils sachent faire des exercices classiques, ne savent pas ce qu’est la science par définition, à travers les critères épistémologiques. C’est une lacune que l’Éducation Nationale devrait s’efforcer de combler… Avant même d’enseigner certaines théories scientifiques, l’école devrait d’abord décrire en quoi consiste la méthode scientifique et inciter les élèves à expérimenter eux-mêmes !

© 2013 John Philip C. Manson