Crédibilité scientifique, personnage scientifique populaire et argument d’autorité

Parmi les termes de recherche utilisés pour trouver des articles dans mon blog, il y en a un qui a attiré mon attention.

  • «Hypothèse désapprouvée par Einstein»

 

Ce qui fait la science et la méthode scientifique, ce n’est pas l’avis d’un physicien célèbre. Considérer un scientifique comme un arbitre pour déterminer le vrai et le faux, ça s’appelle un argument d’autorité, ce qui n’est pas du tout un critère de scientificité.

Une hypothèse scientifique est évaluée à travers des observations et des expériences, lesquelles donnent pour résultat une réfutation qui invalide l’hypothèse ou bien un résultat cohérent qui crédibilise l’hypothèse. Les opinions humaines ne font pas partie de la méthode scientifique. Croire ou ne pas croire n’est pas scientifique, une opinion non plus. Ce sont les faits qui tranchent et qui déterminent les résultats, les faits établissent des connaissances ou ils rejettent des hypothèses fausses. Dans cette démarche, l’attitude des scientifiques est neutre, ils laissent "parler" les faits.

Une hypothèse est donc désapprouvée, c’est-à-dire invalidée, par des résultats observationnels ou expérimentaux, et eux seuls, et non pas par une opinion, jamais par une opinion.

Il est arrivé que des astrologues attribuent à Einstein une fausse citation (une citation apocryphe) en faveur de l’astrologie, et cela est une imposture. D’un autre côté, Einstein a lui-même réellement exprimé (de son vivant) une opinion très défavorable à propos de l’astrologie, il existe une lettre manuscrite à ce sujet.

Pour les détails sur cette anecdote, c’est ici : http://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/15/quest-ce-quun-debat/

Mais ni l’une ni l’autre des deux situations (pro-astro et anti-astro) n’a de valeur, parce que ce sont des expériences statistiques en double aveugle qui permettent de valider ou d’invalider la crédibilité des prédictions astrologiques, des thèmes astraux et des horoscopes. À ce jour, les faits ont montré que l’astrologie présente des scores qui ne dépassent pas significativement le pur hasard. Ce sont les faits qui font la science, pas ce que pensent ou croient les scientifiques ni les astrologues.

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© 2013 John Philip C. Manson

Une nouvelle exoplanète découverte grâce à la théorie d’Einstein

L’article des deux liens ci-dessus semble décrire une méthode souvent utilisée pour la détection des exoplanètes : l’interférométrie, et cela concerne la physique quantique plutôt que la théorie de la relativité. Mais en fait, ce n’est pas l’interférométrie comme l’article de Yahoo le laisse croire. Je confirme finalement l’info de l’article par une source plus précise, je vais dire pourquoi ci-dessous.
Sur le site allemand "Welt der Physik" dans les news de l’astrophysique (http://www.weltderphysik.de/gebiet/astro/news/2013/einsteins-planet/), et désolé c’est écrit en allemand, on en apprend plus : on a mesuré la déformation de la luminosité stellaire par l’attraction gravitationnelle de l’exoplanète proche, et des variations supplémentaires dues au déformations du reflet de la planète. Il s’agit bien d’une méthode authentique basée sur la théorie d’Einstein, mais l’article de Yahoo et de 20minutes.fr n’en donne pas les détails essentiels. Il ne s’agit pas seulement de détecter des luminosités, mais surtout d’en analyser les variations dans un contexte de déformations de l’espace-temps. Et en effet, c’est une méthode très intéressante.

L’article de Yahoo et de 20minutes.fr manquait de précision. Il faut toujours faire l’effort de rechercher d’autres sources pour essayer de mieux comprendre et de vérifier l’authenticité.

Un internaute s’est écrié en ces termes : «Un grand BRAVO à vous, les astrophysiciens et un grand MERCI à notre Cerveau du Siècle, Mr Einstein !!! C’est encore, (jusqu’à preuve du contraire de certains démolisseurs de théories) grâce à vous que nous avançons !!!…»

J’y ai répondu en donnant un rappel essentiel de la scientificité :

L’information sur la théorie d’Einstein à propos de l’exoplanète est authentique, j’ai pu vérifier cela dans le site allemand "Welt der Physik" ("Le monde de la physique") dans la rubrique des news sur l’astrophysique. Cependant un rappel d’épistémologie est nécessaire. Le critère principal de la méthode scientifique, c’est la réfutabilité des théories. La science ne consiste pas à accumuler des "vérités", mais à invalider des hypothèses quand elles sont fausses. C’est là toute la nuance, et nombreux ceux qui ne connaissent pas ce qui définit la science. On reconnaît une bonne expérience au nombre de théories qu’elle fait tomber. Une théorie peut être très crédible, mais cela ne signifie pas qu’elle est absolument la vérité. Au mieux, on peut invalider des hypothèses en prouvant leur fausseté (à travers la mise en évidence d’une contradiction entre l’hypothèse et les observations), mais on ne peut pas prouver que des hypothèses sont absolument et définitivement vraies, au mieux on dit qu’elles sont crédibles. Corrélation ne signifie pas systématiquement causalité. Les théories sont des représentations faillibles de la nature. La faillibilité implique la prudence, en vérifiant par des expériences quantitatives reproductibles. C’est par le doute que la science avance, en remettant les choses en question, mais pas en instituant des dogmes immuables et irréfutables. Depuis 4 siècles environ, la science évolue, pas les religions. Le but même de toute théorie scientifique est d’essayer d’être démolie afin d’en évaluer sa solidité.

Mais toutefois, je ne donne pas de conclusion définitive à propos de l’exoplanète découverte au moyen de la théorie d’Einstein, mieux vaut rester prudent, je vais rechercher d’autres sources complémentaires à ce sujet afin que l’authenticité de la découverte ne laisse plus de doute.

Entre-temps, un internaute prénommé Éric a affirmé mot pour mot que «La gravité n’a aucune influence sur la luminosité (c’est une onde électromagnétique) et ne peut pas la déformer. La déformation qu’on observe est un effet optique très connu, qui a été rendu célèbre par les "trous de Young".»

Je lui ai répondu ainsi :

La gravitation dévie la lumière, comme la célèbre expérience réalisée lors d’une éclipse de soleil en 1919 avec l’observation de la déviation de la lumière d’étoiles en arrière plan, leur lumière étant presque tangente à la surface du soleil. (Lire la page Wikipedia sur les tests expérimentaux de la relativité générale : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tests_exp%C3%A9rimentaux_de_la_relativit%C3%A9_g%C3%A9n%C3%A9rale#Courbure_des_rayons_lumineux). La gravitation peut même diminuer la fréquence des ondes électromagnétiques (cas d’un faisceau laser émis depuis un champ gravitationnel).

J’ai même vu une simulation de la proximité de l’horizon des événements d’un trou noir, avec des explications données par le docteur Alain Riazuelo, astrophysicien : la simulation montrait que la lumière des étoiles était tellement déviée pour se concentrer en un point. Voir la vidéo ayant pour titre «Reportage complet Voyage Au Coeur D Un Trou Noir» sur Youtube.

Bref, la gravitation a des effets sur la lumière.

Tandis que les changements observés dans les franges d’interférences via les fentes de Young est un phénomène quantique qui montre l’existence du mouvement de la source lumineuse par rapport au montage expérimental. Les trous de Young relèvent de la physique quantique, pas de la théorie de la relativité. Non ?

Éric a donné une nouvelle réponse, je la cite mot pour mot : «Désolé John, c’est faux… La gravité n’a AUCUNE influence sur la luminosité ! La déformation qu’on observe dans ces cas est un effet optique très connu, qui s’appelle la DIFFACTION…  Les "trous de Young", eux, mettent en évidence la nature "ondulatoire" de la lumière (c’est bien une "onde" électromagnétique). La théorie quantique de la lumière, quant à elle, est un concept mathématique très pratique pour quantifier l’énergie véhiculée par la lumière, mais elle n’est pas pertinente du point de vue de la physique. La théorie de la relativité, est justement une "théorie" qui cherche à "globaliser" les différentes interactions (éléctrostatique, magnétique, gravitationnelle) qui n’ont forcément pas d’effet l’une sur l’autre. Elle est (donc) très facile à utiliser, mais totalement aberrante pour de nombreux scientifiques. (désolé pour le premier message que j’ai supprimé)»

J’ai donné ma réponse :

La diffraction, tu veux dire, pas la "diffaction"… Avant de dire que j’ai faux, relis toi. Et quel rapport avec la théorie de la relativité ?

Ce que j’ai dit sur la luminosité provient de la traduction du site allemand "Welt der Physik" dans la rubrique astrophysique. Il y est question de variation de luminosité dans le cadre de la théorie de la relativité générale. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le CFA par la médiation de "Welt der Physik". Ce site allemand dit que la méthode habituelle consiste à l’effet Doppler dans le spectre électromagnétique mais cette méthode est coûteuse et ne permet pas d’analyser simultanément un grand nombre d’étoiles. La nouvelle méthode basée sur la théorie d’Einstein dit que la théorie de la relativité prédit que le mouvement de l’étoile conduit également à des changements de luminosité (je note : rien n’empêche d’observer des phénomènes de la relativité générale au moyen de l’interférométrie). Les étoiles se déplacent vers nous, de sorte que leur rayonnement est concentré, et qu’il sera affaibli si les étoiles s’éloignent de nous. Les chercheurs ont pu montrer que ces fluctuations sont de l’ordre du dix-millième de pourcent de la luminosité pour l’étoile Kepler-76 (similaire au soleil) située à 2000 années-lumière de nous. Pour s’assurer que la planète est à l’origine du phénomène, l’équipe a démontré deux effets : la déformation de l’étoile par l’attraction gravitationnelle d’une planète proche et des variations supplémentaires de la planète par le reflet de la lumière reçue de l’étoile.
Je note que c’est cela, l’effet relativiste. Déformation spatio-temporelle très faible mais mesurable de corps matériels, ce qui a une incidence sur la luminosité. La déformation affecte les distances, pas directement la lumière elle-même (mais cela a néanmoins des conséquences quantitatives comme les variations de la longueur d’onde et d’autres paramètres physiques liés à l’espace et le temps ; seule la vitesse de la lumière dans le vide est constante). Voila ce qui était à préciser.
C’est la gravitation exercée entre la planète et son étoile qui provoque une déformation des surfaces, ce qui fait varier la luminosité. Il s’agit donc bien d’un phénomène de la théorie de la relativité.

Ce texte est traduit de l’allemand, ce qui m’est difficile car je ne connais pas cette langue. De plus, impossible de citer un lien hypertexte ici (sur Yahoo) parce que c’est un motif de suppression du commentaire, ça ne facilite rien.

Puis sur un autre sujet, la théorie quantique n’est pas qu’un concept, elle se base sur des phénomènes observés. C’est bizarre que tu dises qu’elle n’est pas pertinente… Pourtant une théorie scientifique se base sur des faits. Non ?

Puis quand tu dis que la relativité englobe l’électrostatique, magnétique, gravitationnelle, c’est faux. Tu confonds avec la «théorie du Tout» (theory of everything) qui essaie de concilier la relativité et la théorie quantique…

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Dans un tout autre contexte, je m’inquiète des dérives antisémites dans les commentaires d’article à chaque fois que le sujet fait référence à Albert Einstein… Voir ci-dessous, j’ai exprimé un avis méprisant sur les haineux, et un imbécile est venu s’éprendre avec une voix un peu nazillarde :

rac

Les racistes, les sectes et les homophobes, ils viennent m’emmerder parce que ce que je dis ne leur plaît pas, tout cela commence sérieusement à me casser les couilles, ces crétins n’ont vraiment rien dans la cervelle, à part une moelle épinière pour marcher en rythme comme des moutons avec la mentalité de loups prêts à tout… Ce ne sont pas ces individus-là qui font avancer la science ni la société… Quelle misère !

Info complémentaire du 22 mai 2013 :

L’article de Futura parle bien de déformation de la surface des astres par effet de marée due à la gravitation, mais nulle part on ne trouve de référence à Einstein ni la théorie de la relativité. Soit Futura n’a pas d’info plus précise, soit les sources qui parlent de la relativité exagèrent un peu en faisant un scoop sur Einstein. Comme je l’avais dit plus haut, il faut des infos complémentaires pour connaître le contexte exact de la découverte. Effet classique de marée ou distorsion de l’espace-temps dans un contexte de la théorie de la relativité ?

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© 2013 John Philip C. Manson

La démarche interprétative est-elle une démarche rationnelle ?

La science est basée sur la rationalité.
On observe et on expérimente.
Ensuite, il faut interpréter ce que l’on a observé.
Pour cela, on émet des hypothèses que l’on teste avec des expériences.
Toute interprétation est faillible, d’où le critère essentiel de réfutabilité.

Une démarche rationnelle est fondée sur la logique et l’objectivité.
Mais pas seulement, car loin d’établir une forme de vérité, le principe actif est celui de la réfutabilité afin d’évaluer des concepts par rapport à des faits.

La démarche rationnelle ne construit pas des vérités, elle met à jour la fausseté des concepts faux. On élimine ce qui est faux plutôt que construire du vrai. C’est là la nuance.

Interpréter est essentiellement subjectif. C’est à travers la réfutabilité et l’observation que les interprétations se rapprochent de l’objectivité sans jamais absolument l’atteindre.

Sans la réfutabilité ni le doute, les interprétations se limitent par conformisme à ce qu’elles sont : des croyances ou des préjugés. C’est-à-dire la facilité et la paresse de croire des concepts pouvant être faux, sans qu’ils ne soient remis en question.

Il y a aussi une différence entre interpréter et raisonner. La raison se base sur la logique. L’interprétation peut obéir à des sentiments subjectifs (comme les interprétations délirantes d’un paranoïaque par exemple).

La démarche rationnelle obéit à la logique, à la raison, jusqu’à l’observation et l’expérimentation si l’on adopte une démarche scientifique. En dehors de ce cadre, c’est la subjectivité qui fait sa loi, pour construire des variétés de croyances souvent contradictoires entre elles.

L’interprétation devient rationnelle dans la mesure où elle est encadrée par un principe de remise en question et par la nécessité du critère de réfutabilité. C’est l’évaluation des interprétations qui les font rapprocher de l’objectivité, quand on les confrontent à la fois à la logique et à des faits. Une interprétation non évaluée n’est pas loin d’être une croyance ou un dogme parce qu’elle aura le défaut d’être subjective.

 

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)

 

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À propos d’un concept de Stephen Hawking

  • «L’univers a un commencement dans le temps imaginaire, une direction dans le temps qui se comporte comme l’espace. Il n’y a pas de commencement dans le temps réel, le temps que vous et moi ressentez.»  (Stephen Hawking)

Traduit de l’anglais : «The universe has a beginning in imaginary time, a direction in time that behaves like space. There is no beginning in real time, the time that you and I experience.»

Imaginaire dans le sens où c’est un nombre noté ‘i’, tel que i² = -1.

En ces termes, Hawking exprime une affirmation que nous pourrions interpréter comme une certitude. Pourtant, une représentation mathématique de la réalité est toujours faillible. La représentation du réel n’est pas elle-même la réalité. Un modèle théorique ne doit pas seulement être cohérent par rapport aux observations, mais il doit aussi permettre de trouver des liens de causalité et de pouvoir permettre de faire des prédictions.

Le temps imaginaire est-il un outil de fiction pour faciliter les calculs dans le cadre de la mécanique quantique ? Ou alors le temps imaginaire est un concept sensé représenter la réalité ? Dans ce dernier cas, on dit que cette représentation est une hypothèse. Mais cette hypothèse peut-elle être testée ? N’y a t-il pas un risque que la cosmologie dérive dans la métaphysique ?

En cosmologie, les observations peuvent remonter jusqu’au découplage de la lumière, environ 380 000 ans après le Big Bang. Le découplage du rayonnement représente l’époque où l’univers est devenu transparent au rayonnement électromagnétique, celui-ci n’interagissant plus, ou n’étant plus couplé à la matière (d’où le nom). On ne peut donc rien observer de ce qui s’est passé avant cette époque. On ne peut donc pas observer le Big Bang lui-même. D’après la physique quantique, la plus petite quantité de temps, le temps de Planck, vaut environ 10⁻⁴⁴ seconde, c’est une grandeur exprimée par un nombre réel positif, c’est la quantité minimum de temps. En physique, les nombres complexes sont utilisés pour décrire le comportement d’oscillateurs électriques ou les phénomènes ondulatoires en électromagnétisme. Les nombres complexes sont également utilisés en mécanique des fluides. Et c’est aussi le cas en physique quantique, les nombres complexes simplifient les calculs.

Les dimensions sont-elles une réalité physique ou sont-elles une commodité d’écriture mathématique ? Ne pas confondre concept et perception sensorielle. Ce que l’œil voit n’est pas ce que nous interprétons. Comme le dit Nietszche, il n’y a pas de faits mais seulement des interprétations. Des modèles logico-mathématiques servent à décrire et expliquer la réalité, mais ces modèles ne sont pas eux-mêmes cette réalité. Les mathématiques sont un intermédiaire dans notre rapport avec le réel. Et les mathématiques décrivent souvent à merveille la réalité, ce qui a fait dire à Einstein que ce qui est incompréhensible c’est que l’univers soit compréhensible.

Mais comme les maths servent à représenter le réel, les modèles théoriques sont faillibles. Des modèles sont potentiellement faux. En science, la réfutabilité est un critère essentiel. Un temps imaginaire, par exemple, est une astuce visant à simplifier des calculs, mais ça ne veut pas dire dans l’absolu que le temps est physiquement imaginaire. Les constructions du langage ne doivent pas être confondues avec ce que l’on observe et ce que l’on expérimente. Les failles, en science, se trouvent dans le lien entre les observations et les interprétations que l’on en fait. Mais ces interprétations doivent servir, il faut les tester afin de vérifier si elles sont crédibles ou si elles peuvent être invalidées par de nouvelles observations.

Ainsi, l’utilisation des nombres complexes pour simplifier des calculs n’ont de finalité que celle de la simplification, et cela ne veut pas dire que la simplification signifie simultanément que les nombres complexes sont eux-mêmes la réalité physique…

Le malentendu le plus fréquent dans la vulgarisation scientifique est de nature épistémologique. Le fond du problème concerne ce qui définit la connaissance objective. Le public tend à croire, et on l’influence souvent à croire, que les mathématiques sont elles-mêmes la réalité physique alors qu’il y a discontinuité. Les outils du maçon ne sont pas eux-mêmes la maison.

Pour mieux illustrer la confusion entre représentation mathématique et réalité physique, je présente l’exemple ci-dessous.

Voici l’histoire du tronc d’arbre qui s’écroule au sol : le bruit existe t-il sans témoin auditif présent sur les lieux ? Le bruit est une perception physiologique et sensorielle, il se distingue de l’onde acoustique. Mais on confond couramment le bruit et l’onde sonore. Les deux sont distincts, mais ils sont cause et effet. L’onde sonore se propage, puis elle parvient à l’oreille. Pour la lumière c’est pareil : il faut distinguer entre la couleur perçue et l’onde électromagnétique. L’onde électromagnétique se propage, puis elle parvient à l’œil. En physique et plus généralement dans les sciences de la nature, on observe, puis on interprète les observations, puis on construit des théories basées sur les mathématiques. Les théories s’affinent par de nouvelles observations, afin d’éliminer les hypothèses fausses, et retenir ce qui est le plus crédible.

Le temps imaginaire est un artifice utilisé pour la simplification des calculs. Dans un autre contexte, je ne vois pas où Hawking veut en venir, parce que dans ce cas, le temps imaginaire n’est plus sensé simplifier des calculs, et devient donc une hypothèse scientifique. Mais est-ce que cette hypothèse est réfutable ? Comment réaliser une expérience ou une observation permettant de prouver ou d’infirmer l’existence d’une dimension imaginaire ? Si c’est invérifiable, alors cela est plus un concept métaphysique qu’une véritable hypothèse scientifique.

Mais examinons où veut en venir Hawking. Hawking propose la conjecture d’un "univers sans bord". Il explique que dans ce modèle, le temps et l’espace ont une extension finie, mais qu’ils n’ont pas de limite ou d’extrémité. Ce modèle exclut la singularité, de façon à ce que les lois de la physique s’appliquent partout, y compris au commencement de l’univers. Hawking simplifie en quelque sorte la cosmologie grâce à un "temps imaginaire" pour éviter l’écueil des infinis et des instants zéro asymptotiques et inatteignables. C’est selon lui la seule manière d’entrevoir le commencement de l’univers d’une manière totalement déterminée par les seules lois de la physique. J’admets que le concept est intéressant. Et maintenant on a appris que Hawking utilise le temps imaginaire comme un outil de simplification, et non comme une réalité physique. Mais Hawking entretient la confusion à travers sa citation que j’ai montré au début du présent article, il parle d’un temps imaginaire comme étant une réalité alors que ce n’est qu’un outil. Je pense qu’en vulgarisation scientifique, chaque détail compte, car cela peut être déterminant dans la compréhension du sujet.

 

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Que vaut l’interprétation des gestes et du langage non verbal ?

Que vaut l’interprétation des gestes et la synergologie ?

L’interprétation des gestes et du langage non verbal, ce ne sont que des interprétations subjectives, ça. Donc chapeau pour les préjugés…
Le mieux est de demander à la personne pourquoi elle fait un geste, au lieu de se perdre dans des conjectures.
Et même s’il existait des études statistiques sur ce sujet (lesquelles justement ?), ce serait réducteur et une erreur de croire que tous les gestes humains sont tous pareils et déterministes.

C’est à cause de l’interprétation des gestes qu’il existe des dérives douteuses dans le recrutement (notamment en France). On dirait que les gens ne sont plus évalués selon leurs compétences. Ce n’est plus un monde de candidats au travail, c’est un monde de cobayes…

Voici des questions à se poser :

  • – Quel est le taux d’erreur dans les interprétations des gestes par rapport à la signification réelle du geste (quand bien sûr il y a réellement une signification) ? En effet, comme l’erreur est humaine, je ne crois pas à l’infaillibilité de la psychologie. Quand des études sérieuses sont réalisées, la marge d’erreur ou d’incertitude est un paramètre de première importance.
  • – Et quel est le taux de gestes qui n’ont pas de signification consciente ni inconsciente ? En effet, je peux faire soudain un bras d’honneur comme ça sans la moindre raison par exemple, juste parce que j’ai décidé de le faire. Donc il peut exister des gestes dépourvus de signification.

Sans réponse à ces questions, on ne peut que douter de l’infaillibilité des interprétations des gestes.

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SOURCES :

dont je cite : «Des interprétations péremptoires qui exaspèrent Pascal Lardellier, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, auteur de Arrêter de décoder. Pour en finir avec les gourous de la communication (Editions de l’Hèbe). Pour lui, symbolique gestuelle et autres synergologies relèvent de la pure fantaisie et de l’imposture scientifique. « Les gestes proviennent d’un contexte et d’un milieu social, s’insurge-t-il. Leur signification est conjecturale, contextuelle et culturelle, en fonction de l’interaction avec la ou les personnes qui vous font face. Se gratter l’oreille peut avoir des dizaines de significations différentes suivant les cultures et la situation. Il n’existe pas de langage secret du corps qui dévoilerait nos intentions. » Et de stigmatiser les dérives de cette « dictature gestuelle, un pur business qui évince le discours » et peut entraîner la déroute d’un bon candidat pour « délit de sale geste ».»

© 2013 John Philip C. Manson

Quelle est la compatibilité entre la philosophie, la science et la religion ?

Quelle est la compatibilité entre la philosophie, la science et la religion ? On examine les définitions, et on les compare :

  • - la philosophie est l’art du raisonnement et de la réflexion, sans forcément expérimenter ni observer comme dans les sciences, et la philosophie ne consiste pas à croire.
  • - la religion consiste à croire, uniquement à croire. La croyance obéit à sa propre logique mais ça ne reste qu’une croyance. En religion, la Vérité est érigée comme un dogme absolu, immuable et irréfutable. Une Vérité arbitraire totalement indépendante de l’objectivité, comme une chose autoritaire qui s’impose et qui est imposée.
  • - la science, elle, consiste à réaliser des expériences pour comprendre et connaître le réel, en s’appuyant sur le critère de réfutabilité, parce que les hypothèses et les connaissances sont faillibles, révisables et perfectibles. En science, on observe, on réfléchit mais on ne croit pas. La «vérité scientifique» est quelque chose d’assez relatif, elle est conjecturale mais jamais absolument démontrable, on dit au mieux qu’une hypothèse est crédible quand les expériences ne la réfutent pas. Dans les sciences de la nature, on ne peut prouver que la fausseté d’une hypothèse vérifiable.

Il est incongru de mélanger des domaines différents. On ne mélange pas le doute et la foi sans être dans la contradiction.

La contradiction, on la retrouve aussi quand certains "croyants" (pas tous les croyants, heureusement) disent que "Dieu est amour" et "Aimez-vous les uns et les autres" tout en montrant publiquement leur homophobie et leur haine. La valeur, je la vois dans l’égalité pour tous, mais pas dans les dérives autoritaires, liberticides et inégalitaires de la religion. Les homosexuels sont des hommes et des femmes comme tout le monde, avec les mêmes droits. Ce sont les idéologues discriminants qui inventent des normes morales qui ne sont que des fictions inégalitaires, dans le mépris total des faits. Ce qui est normal c’est ce qui est naturel. Ce sont les lois qui doivent s’adapter à l’évolution de la société, pas le contraire.

En donnant un avis critique sur la religion, je ne veux pas dire par là que la science est parfaite. Loin de là. Des fraudes nombreuses existent dans les sciences, je dirais même que c’est un cancer autant que l’imposture des pseudo-sciences. Et aussi, la vulgarisation scientifique est galvaudée par les médias. La science ne doit pas n’être qu’une histoire de pognon, ni être construite de façon romancée pour faire sensationnalisme. La science doit rester désintéressée et indépendante.

Quelque soit le domaine, l’erreur est humaine.

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© 2013 John Philip C. Manson

L’illusionnisme intellectuel du New Age

Le débat survenu sur Facebook est retransmis sur mon blog.

Mon principal contact Facebook s’exprime en ces termes le 24/04/2013 :

« Une autre trouvaille concerne les « ondes scalaires » une recherche Google s’impose. Elle vous indiquera le ratio de sites New Age, Next Age qui offrent des « démonstrations » sur ce thème ; cela peut être lié au concept de « réalité hyperdimensionelle ». Il ne m’a pas paru évident que ces ondes était expérimentalement fondées. 

Je remarque aussi que lorsque j’essaye de lire des explications dites « scientifiques » provenant d’un site New Age – je n’y comprend jamais rien. 

  • 1. soit les explications sont volontairement mal fichues, avec de nombreuses introductions de concepts de consciences, d’interactions et autres, 
  • 2. soit le fondement même de la théorie est bidon. 

En tout les cas je pense que cela part du principe que, dans l’esprit de la grande majorité des personnes, la science est quelque chose de compliqué et mystérieux et que donc c’est normal de rien y comprendre. Cela a un double avantage pour tout charlatan : Lui permettre de dire à peu près ce qu’il veut et forcer le trait de la complexité dans une explication. 

"Vous n’avez pas compris, c’est normal, c’est de la Science !"
"Mais ayez confiance, moi je sais, c’est la Vérité !"

Par opposition, je peux dire que lorsque je lis des pages qui utilisent une démarche scientifique et expliquent l’état des connaissances, c’est très accessible, instructif et qui plus est facile a retenir.
De sorte que je pense, que les théories les plus admises sont « naturelles », la science n’est pas aussi mystérieuse que le New Age se plait à le faire croire. »

Voici ma réponse :

Il n’y a rien à comprendre dans la prose pseudo-scientifique indigeste du New Age, c’est de l’illusionnisme intellectuel. C’est comme le gros baratin des vendeurs qui essaient de sauver leur entreprise de la faillite, en faisant de la vente forcée en quelque sorte.

La vraie démarche de la vulgarisation scientifique est de s’efforcer de se faire comprendre avec un langage adapté au public. Dans mon blog, j’ai fréquemment mis l’accent sur la concision et la clarté dans mes textes. Pour faire une métaphore : la culture scientifique, c’est comme la confiture, si on en met sur des biscottes c’est pour en manger. Les charlatans, eux, étalent plein de confiture mais ça ne sert à rien parce que personne ne peut y goûter franchement afin de vérifier si c’est mauvais.

La finalité de la science est d’être comprise, afin de pouvoir être évaluée en vue d’une réfutation dans le cas où la démonstration ou l’argumentation est fausse. En cas de non réfutation lors d’un examen logico-mathématique, l’expérimentation scientifique est nécessaire. Les sceptiques peuvent réfuter empiriquement (ou logiquement si c’est des maths) les racontars des charlatans, quand cela est vérifiable.

En cas d’invérifiabilité, c’est aux charlatans d’apporter des preuves matérielles sur un fait qu’ils prétendent, ce n’est pas aux sceptiques de le faire. L’existence d’un fait se prouve, tandis que prouver l’inexistence est un non-sens logique (à distinguer du dualisme vrai/faux). 
La science rime avec transparence et expériences. La science ne consiste absolument pas à enfumer les esprits. Les sujets scientifiques doivent être clairement compréhensibles dans leurs détails, preuves à l’appui, par tout le monde, même les débutants.

Et ce qui doit surtout être connu, avant tout, c’est ce qui définit la science : expérimentation et critère de réfutabilité. La science n’érige pas de vérités, elle ne fait qu’éliminer ce qui est conceptuellement faux en fonction des faits. En ce sens, les théories scientifiques sont perfectibles, mais un seul contre-exemple expérimental ou observationnel peut anéantir une théorie.

Les charlatans, eux, érigent des dogmes dont la signification exacte (et leur cause) est très floue, sans preuves, et ils rejettent les critiques en disant que c’est contraire à la tolérance et contraire à la progression des «connaissances nouvelles», alors que la vraie science est fondée sur l’évaluation de la solidité des savoirs.

La science n’a pas à avoir de mystère. Si nous ne savons pas tout en science en ce qui concerne les faits (la vie extraterrestre par exemple), la science n’a pas de secrets sur le plan théorique, tout doit être compréhensible sinon c’est de la fausse vulgarisation et une imposture.

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SUR LES ONDES SCALAIRES

Pour compléter le débat, j’apporte des précisions sur le thème des «ondes scalaires». Ce thème est populaire dans les mouvances conspirationnistes, ufologistes et ésotériques. Selon le New Age, les ondes scalaires serait un nouveau électromagnétisme, mais c’est très prétentieux, et cela n’a rien de comparable avec les vraies théories scientifiques. Le thème des ondes scalaires alimente les théories conspirationnistes et ufologiques : dans le web on trouve des documents bourrés de fautes d’orthographe et qui se prétendent être (faussement) de sources militaires secrètes, et arguent que les "ondes scalaires" expliquent la fusion froide, la théorie de grande unification et d’autres foutaises du genre. Dans d’autres sites du web, les "ondes scalaires" font partie du jargon pseudo-scientifique des adeptes de la radiesthésie et du Feng Shui. Mais de tels arguments sont farfelus, du même niveau que le marketing pathétique des publicités pour crèmes cosmétiques qui prétendent rajeunir et raffermir la peau et effacer les rides…

Bref, le thème des ondes scalaires est répandu chez les adeptes du paranormal, du conspirationnisme et de l’ufologie.

Scalaire, vectoriel, ça veut dire quoi ? Ce sont des mots répandus en physique et dans les mathématiques. Je vais donner les définitions de la façon la plus claire possible.

  • Un vecteur est un segment qui possède une direction orientée, c’est-à-dire qu’à partir d’un point à son extrémité, le vecteur définit une grandeur dirigée vers une direction. C’est le cas pour la vitesse et la propagation des ondes électromagnétiques. Le mouvement des corps s’effectue donc d’un point origine et un point de destination. Pour un vecteur vitesse, le segment représentant le vecteur est d’autant plus long que la vitesse est élevée. Les accélérations et les champs électriques aussi peuvent être représentés par des vecteurs, de même que la notion de poids d’une masse soumise à une pesanteur. En climatologie, les forçages radiatifs (watt par mètre carré) sont représentés par des vecteurs. Plus précisément, pour une onde électromagnétique : un vecteur vitesse (ça je l’ai dit), un vecteur "champ électrique" et un vecteur "champ magnétique". Voir image ci-dessous :

  • Dans le contexte de la physique, un scalaire, contrairement à un vecteur, est une grandeur qui n’est pas définie par une direction. Un scalaire est  une grandeur déterminée par sa mesure. La température est une grandeur scalaire, par exemple, et c’est une grandeur mesurée en fonction d’un point quelconque de l’espace (en temps qu’espace mathématique, et non un espace synonyme de vide spatial). La pression aussi est scalaire. Les ondes sonores sont des ondes de pression, voila un exemple exceptionnel d’onde scalaires.

Comme j’ai défini aussi bien que j’ai pu ces notions essentielles, j’en viens à poser une question.

Sachant que les ondes électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière dans le vide, elles sont représentées comme des vecteurs. Mais dans le cas d’ondes scalaires dont on ne sait absolument rien, il y a un problème : si les ondes sont scalaires, comment se propagent-elles ? Et dans le cadre d’une mesure quantitative, comment s’y prend-on, quelle grandeur physique mesure t-on, et surtout : pourquoi dire que ce sont des ondes puisqu’elles n’ont pas de mouvement les définissant comme vectorielles. Ce qui attribue la nature d’onde, c’est le mouvement de l’onde par rapport à un repère. Si les ondes sont scalaires, elles ne se propagent pas : ce ne sont pas des ondes puisqu’il n’y a ni vitesse, ni longueur d’onde (dépendante elle-même de la vitesse), ni même une fréquence (dépendante de la longueur d’onde et de la vitesse). Voila un beau merdier en perspective… C’est comme avoir un courant électrique alternatif dont le circuit est équipé d’un condensateur électrique et d’une résistance, le tout sans même avoir de propagation électromagnétique d’ondes radio, alors qu’il devrait y en avoir (principe de la radio-électricité et de la TSF). Les ondes scalaires me paraissent contredire les lois de la physique, notamment les lois de Maxwell. En gros, les ondes scalaires c’est comme avoir des ondes dont la vitesse de la lumière est nulle… Mais je vais aller au bout de ma recherche, je donnerai des détails ci-dessous.

 

  • Modèle scalaire de lumière : pour le domaine de l’optique, et dans la plus grande majorité des milieux, la lumière émise par une source peut être décrite par une onde scalaire, appelée vibration lumineuse. Dans ce cas, la vibration est la grandeur scalaire. La superposition des ondes (lumière polarisée ou non) nécessitent seulement une représentation scalaire des ondes lumineuses, dans le cadre d’interférences.

Le mot "scalaire" est un adjectif qui fait scientifique, qui fait sérieux, c’est pour cela qu’il est utilisé par le New Age. Ce choix n’obéit à aucune logique ni à aucun fait, c’est parce que le New Age trouve que le mot est joli.

Mise à part le non-sens de l’appellation scalaire pour les ondes des adeptes du New Age, il y a aussi quelque chose de flou chez les partisans de cette conception : ils ne disent pas de quel type d’ondes il s’agit exactement, si ces "ondes" existent. Des ondes acoustiques, des ondes gravitationnelles, des ondes électromagnétiques ? On va bientôt comprendre, avec la notion de pression, plus bas.

Une onde est une perturbation d’un champ qui dépend du temps et qui, a priori, se propage.

Néanmoins, les ondes stationnaires existent, j’en ai personnellement observé lors d’expériences au lycée et à l’université. Cela consiste en l’oscillation rapide d’une ficelle. Même là, ces ondes mécaniques sont des vecteurs. Voir l’expérience de Melde ici : http://f6gqg.pagesperso-orange.fr/Les_antennes__%284%29.html (figure n°5), c’est ça que j’ai vu en labo.

  • Qu’est-ce qui peut être scalaire ? Une température, une pression, une densité. Mais qu’est-ce que ça peut bien être, une onde scalaire ?… Seule l’hypothèse des ondes sonores est retenue comme crédible : les ondes sonores, ça peut être de la musique par exemple. La musique adoucit les mœurs. Elle endort aussi les moutons pris au piège. Les ondes sonores, ce n’est pas seulement de la musique, ça peut être aussi les ordres verbaux donnés par un puissant gourou très influent, et la foule répond passivement avec des yeux de zombies : «Oui, maître…».   ;)

La musicalité des mots n’est bonne que pour les poètes. Mais les apôtres du New Age ne sont pas aussi doux… Les moutons les suivent, mais ceux-ci ne suivent pas le bon berger, ils suivent des loups…

beee

Un mouton aime la sonorité du mot "onde scalaire", mais il ne connaît pas sa signification et n’y comprend rien. Moi non plus. Parce que justement, il n’y a rien à comprendre. À part peut-être la notion de bruit, seule explication possible de l’appellation "onde scalaire". Le bruit des pets a des vertus thérapeutiques pour la paix de l’esprit… Prouwtzzz ! Amen…  Bon, après l’extase mystique, c’est l’heure de la prière ? Sinon, est-on autorisé à fumer pendant la prière, ou peut-on faire une prière pendant qu’on fume ? Et sinon, est-ce que se revendiquer de la religion Jedi (prononcer Jeudaï) peut conduire à l’exclusion scolaire pour manquement au devoir de laïcité si on arrive à l’école habillé en chevalier Jedi et armé d’un sabrolaser ?

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vador

Quand on a un livre de New Age entre les mains, il y a deux façons de le lire : ou on le lit avec confiance, en buvant les mots, imprégné de mysticisme et de merveilleux, sans rien creuser ; ou bien on le lit en analysant le moindre détail, en comprenant la moindre définition, en jaugeant les causes et les effets, pour évaluer si l’édifice théorique est solide ou fragile selon le point de vue des maths et des expériences scientifiques. Au tout début de ma démarche de sceptique, il y a des années, j’ai procédé à ces deux lectures pour voir si c’était pareil ou différent : entre les deux modes de pensée il y a un abîme, ça fait un profond déclic. Par exemple, on finit par ne plus regarder le magazine S&V de la même façon… ;)   Tous les bouquins sont faillibles, y compris les livres de sciences (quelques erreurs sont possibles dans un livre sérieux), et surtout les livres de pseudo-sciences (bourrés de contradictions et d’affirmations sans preuves).

Ou on est un mouton, ou on est un homme.

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© 2013 John Philip C. Manson

Einstein, un escroc ou un mythomane ?

La vive controverse autour de la paternité de la théorie de la relativité tend souvent à s’éloigner des débats scientifiques pour prendre une tournure haineuse nauséabonde, entre le chauvinisme et l’antisémitisme…

Néanmoins, il est vrai que Henri Poincaré a eu un rôle déterminant dans l’élaboration de la théorie de la relativité. Poincaré s’est lui-même inspiré de Lorentz. Et Lorentz s’est lui-même inspiré des équations de Maxwell.

Le vrai intérêt de la polémique n’est pas de savoir qui est le premier découvreur sur la base d’une équation, mais qui est le premier à avoir accompli la majeure partie du travail avec une théorie complète.

Néanmoins, l’erreur d’Einstein est de ne pas avoir parlé de la contribution essentielle de Poincaré.

Les passions et les querelles sur la paternité d’une théorie scientifique sont bien peu de choses, en comparaison avec l’idée selon laquelle la science fait partie du patrimoine mondial de l’humanité.

 

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© 2013 John Philip C. Manson

Les méthodes protéiformes du New Age

Les sites Internet plus ou moins autoproclamés "New Age" alors qu’ils en ont les caractéristiques, ils n’hésitent pas à brouiller les pistes en faisant mine de faire publicité de livres sceptiques (comme «Petit cours d’autodéfense intellectuelle», par exemple) pour faire croire que leurs méthodes ne sont pas différentes de celles des sceptiques. L’ouverture d’esprit ne consiste pas à croire, elle ne consiste pas à considérer les théories du complot comme des vérités, elle ne consiste pas non plus à mélanger malhonnêtement le vrai et le faux.

Un site Internet lié au New Age n’hésite donc pas à promouvoir un livre dont le thème est le scepticisme scientifique. Le livre «Petit cours d’autodéfense intellectuelle» utilise pourtant les mathématiques et le raisonnement pour déjouer les pièges des médias et l’obscurantisme religieux. Peut-être que le New Age s’en sert pour mettre au point une méthode de manipulation pour rendre leurs sophismes plus sournois, parce que ce livre montre comment fonctionne les sophismes. Adopter une attitude sceptique conduit à apprendre à reconnaître les sophismes pour mieux les dénoncer. Le New Age s’inspire du bouquin peut-être pour apprendre à construire des sophismes complexes difficiles à déceler. Le contenu du livre est de même nature que «L’imposture scientifique en 10 leçons» de Michel de Pracontal. Le «Petit cours d’autodéfense intellectuelle» est, de mon avis, l’un des meilleurs livres sceptiques que je connaisse. Si le New Age se met à l’adorer comme le Veau d’Or, ses adeptes se tirent une balle dans le pied, ils ne voient pas la contradiction dans leur comportement, ils ne réfléchissent même pas… Ou alors le New Age veut laisser croire qu’ils ne sont pas des allumés. Le mélange du vrai et du faux dans le New Age c’est fréquent, comme l’exemple flagrant de la physique quantique remaquillée vulgairement en mysticisme quantique.

Si le New Age est souvent impliqué dans l’amalgame entre la science et la religion, d’autres facettes sont également à dénoncer. Le New Age est aussi friand de domaines aussi divers comme la politique, le progrès, la malbouffe, l’écologie. Derrière cette façade, les newagers cachent leurs idées néfastes, quand ils dénoncent eux-mêmes les scandales politiques, financiers, environnementaux, etc.

Le New Age est surtout friand de théories du complot. Mais la secte n’a jamais pu démontrer une fraude ou une conspiration, et pourtant c’est son fond de commerce pour attirer les crédules.

Le New Age n’opère pas seulement dans les pseudo-sciences et les pseudo-médecines, mais leur influence s’étend comme une pieuvre : le pseudo-journalisme est concerné lui aussi. Le fonctionnement du journalisme (faillible lui aussi comme les pseudo-sciences) ne devrait jamais se faire sans rappeler la nécessité de ce contre-pouvoir qui, exercé avec de bonnes pratiques (principe du recoupement des sources, déontologie, devoir de vérité, etc), est indispensable. Il faut donc non seulement combattre l’imposture des pseudo-sciences et fioritures à la sauce New Age, mais surtout pointer du doigt tous les sites Internet qui se proclament «news alternatives» qui font du pseudo-journalisme, exactement de la même manière que ce qui se fait avec la pseudo-science. Pseudo-sciences et pseudo-journalisme, ce sont souvent les mêmes individus.

Non seulement il faut combattre le New Age mais dénoncer aussi ses méthodes protéiformes.

Ce qui fait toute la différence se résume en deux mots : EXPÉRIENCE, et DÉMARCATION. Ainsi, des idées pondues sans expérimentation scientifique, et en l’absence du critère épistémologique de démarcation qu’est la réfutabilité (= falsificationism, qui est un anglicisme), sont suspectes. Ainsi, des sites Internet qui proclament avec conviction le débarquement des extraterrestres sur Terre et qui admire des livres écrits par des sceptiques sont marqués par une contradiction. Pour la secte New Age, toutes les idées, connaissances scientifiques, croyances, etc, se valent, comme si le principe du tiers exclus était aboli… Le New Age ne professe t-il pas la fusion collective des consciences, vers une Vérité unique ? C’est un beau merdier, en tout cas…

sciencevsNewAgevador

© 2013 John Philip C. Manson

Sur la physique quantique et l’usage de la philosophie

Dans le forum examiné, il y est question de physique quantique dans un contexte philosophique. À la base, il est bon de discuter d’implications philosophiques de la physique quantique, notamment dans l’interprétation de cette théorie. Mais interpréter la théorie quantique exige de rester dans un cadre rationnel et objectif. Je m’attendais à lire des choses dans un contexte d’épistémologie ou d’interprétations du genre de celles de Schrödinger. Mais le fil de la discussion du forum dérive vers la métaphysique, la spiritualité en Inde, en restant finalement évasif sur la physique quantique. La caractéristique scientifique de la physique quantique n’est même pas développée dans la discussion.

La théorie quantique est en effet mal comprise par un grand nombre d’internautes, c’est un fait. On ne peut évidemment pas tout apprendre sur la physique quantique. Mais au moins en connaître les bases. Ces bases, je les donne avec concision dans ce présent article ci-dessous, en disant à quoi sert la physique quantique. Mais ce n’est pas là le principal problème.

Le problème majeur, c’est la méconnaissance du critère épistémologique de démarcation entre science et non-science.

C’est le printemps actuellement. Une piqûre de rappel est nécessaire.

RAPPEL SUR LA PHYSIQUE QUANTIQUE :

La physique quantique n’est ni une médecine, ni une psychothérapie, ni une spiritualité, ni une religion, ni un mysticisme, ni n’a un quelconque rapport avec des critères subjectifs qui impliquent la conscience ou l’être humain. La théorie quantique est une théorie scientifique de la physique. Elle décrit un monde paradoxal, mais elle ne prétend pas décrire un monde mystique. La physique quantique (également connue sous le nom de mécanique quantique) concerne les technologies (photovoltaïque, lasers…) et la recherche scientifique (chimie, informatique, ordinateurs quantiques, cryptologie…). La physique quantique est l’étude et la description du mouvement des particules à l’échelle subatomique, une théorie scientifique sur la discontinuité de la matière. Pour aller au cœur du sujet entre théorie quantique et philosophie : http://www2.academieroyale.be/academie/documents/2011DocprelimBRICMONT12115.pdf

Autre rappel :

Le mysticisme quantique est une foutaise délibérée qui est une version fortement dénaturée et parodique de la physique quantique par la secte New Age dans le but d’attirer des crédules avec une fausse science comme appât. La (vraie) physique quantique n’a aucun rapport avec la conscience, le thème de la Matrice (cf. le film Matrix), ni la médecine, ni la place de l’Homme dans l’univers et l’Au-Delà, ni avec les extraterrestres, ni avec la magie occidentale ou orientale, ni la métaphysique, ni les religions. Il faut cesser cet amalgame qui mêle abusivement science et mysticisme. L’influence de la secte New Age dans la société est beaucoup plus grave qu’on ne le croit.

La physique quantique n’est pas une métaphysique.

La (vraie) physique quantique est basée sur des réalités technologiques comme applications scientifiques concrètes (laser, exploitation de l’énergie solaire, spectrographie (étude des raies spectrales), effet tunnel, informatique, cryptologie…), et cela se limite à ça. Il coexiste plusieurs interprétations scientifiques de la physique quantique par les scientifiques. Mais les surinterprétations issues des mouvances spirituelles sont complètement farfelues.

Il arrive que le public fasse confusion entre la physique quantique et le mysticisme quantique qui n’a rien à voir avec la théorie scientifique. Il arrive souvent que le public baigne dans des thèmes du New Age sans savoir que c’est du New Age. Un grand vecteur de propagande sur Internet, c’est Youtube, le site de vidéos : on rencontre souvent des vidéos ineptes orientées autour du mysticisme quantique, sans aucun rapport avec les sciences. Des vidéos dont le titre ressemble à «Que sait-on vraiment de la réalité», ou «What the bleep do we know» sont hautement sujets à caution (voir le lien marqué Ramtha plus haut).

Dans certains pays où l’esprit de laïcité laisse à désirer, il existe des dérives même dans les milieux éducatifs (cf. le cas de M. Shallis (voir détails sur http://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/) et le cas Hagelin (voir le lien Wikipedia plus haut)). C’est grave.

L’intrusion du mysticisme dans les théories scientifiques est une imposture. Le pire, c’est que beaucoup ne voir pas la différence entre ce qui relève de la science et ce qui relève du mysticisme.

L’imposture du mysticisme quantique est connue dans les pays anglo-saxons. Le problème commence à être évoqué en francophonie. Mais le problème, déjà ancien et autrefois plus discret, a pris racine pendant les années 1970 quand le New Age a émergé.

Je fais appel à la vigilance contre le néocréationnisme et les intrusions spiritualistes en science.

La subjectivité n’a pas sa place dans les sciences. La philosophie, elle, est l’art du raisonnement, c’est un art porté sur la réflexion, pas sur la croyance. La science c’est une sorte de philosophie «appliquée sur le terrain» qui est non seulement basée sur la rationalité, mais aussi sur l’objectivisme matérialiste concret et appliqué, avec la condition du critère de réfutabilité : on doit toujours pouvoir tester une hypothèse à vérifier de façon à pouvoir l’invalider si l’hypothèse est fausse ; on doit pouvoir nécessairement concevoir une expérience scientifique reproductible visant à obtenir un résultat binaire exclusif : l’hypothèse est définitivement fausse OU BIEN l’hypothèse est crédible (et à la fois perfectible et néanmoins faillible) par rapport aux faits.

Armez-vous d’esprit critique.

Mieux vaut expérimenter pour vérifier, plutôt que se branler sur de la métaphysique à jamais invérifiable.

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Ci-dessous, échantillons de magazine de pseudo-science à la sauce magique et «quantique» :

À l’approche de ces couvertures de magazine, mon compteur Geiger détecteur de pipeau a hurlé de douleur.

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Avis intéressant ici : http://www.ciao.fr/Effervesciences__Avis_1300647

La médecine quantique est une arnaque. Les journalistes relaient leurs infos de bonne foi sans faire un tri critique, donc en matière de «vulgarisation» c’est un désastre… La plupart des lecteurs gobent ce qu’ils lisent…

© 2013 John Philip C. Manson