Statistiques sur les CV des jeunes diplômés

Dans cet article de L’Express, j’ai relevé deux informations qui vont permettre d’obtenir quelque chose d’intéressant.

Voici ces deux informations :

  • Les jeunes diplômés qui ont récemment trouvé un emploi ont envoyé en moyenne 27 CV et lettres de motivation pour obtenir leur poste.
  • 9% des jeunes ont en outre dû envoyer plus de 50 CV pour avoir un poste.

 

Avec ces données essentielles, on va poser la conjecture que le recrutement se fait au hasard, puisqu’on va parler ici de courbe normale de Gauss. Nous avons une moyenne, et une densité partielle de probabilité d’une fonction gaussienne dite normale.

L’investigation porte sur cette équation dont il faut déterminer l’écart-type :

LoiNormale

Ensuite, j’essaie d’obtenir l’intégrale de cette fonction pour tout x supérieur ou égal à 50. Le moteur WolframAlpha n’a pas été capable de calculer l’écart-type quand l’intégrale vaut 0,09. WolframAlpha a ses limites… Alors il m’a fallu concevoir un script Perl qui a déterminé de façon empirique la valeur de l’écart-type.

  • Si le choix des CV par les recruteurs s’effectue au hasard, alors il existe une courbe de Gauss dont les paramètres sont les suivants :  µ = 27 ;  σ = 16,79.

 

eq-cv-norm

cv-norm

  • Ainsi, pour 68,2% des candidats ayant été embauchés, ceux-ci ont dû envoyer 27 ± 16,79 CV, donc entre 10 et 44 CV.
  • Et pour 95,4% des embauchés, ils auront envoyé 27 ± 33,58 CV, donc entre 1 et 61 CV.
  • Puis pour 99,8% des embauchés, ils auront envoyé 27 ± 50,37 CV, donc entre 1 et 77 CV.

La courbe de Gauss ne vaut que si le recrutement des candidats est aléatoire.

  • Le recrutement est-il aléatoire ? D’après le magazine Science-et-Vie n° 900 de Septembre 1992, dans le dossier intitulé «Les folies du recrutement», les techniques d’embauche s’appuient plutôt sur des pratiques irrationnelles (astrologie, graphologie, langage des gestes, dont le mode est proche du hasard) plutôt que sur des méthodes déterministes objectives (comme un bilan de compétences ou une période d’essai, tout simplement).

Avec la courbe gaussienne maintenant paramétrée, on peut estimer certaines nouvelles informations statistiques.

Par exemple, pour 0,7% des candidats, ceux-ci obtiendraient un poste dès un seul CV envoyé. Moi je n’y crois pas trop.

Pour être franc, je connais beaucoup de monde, des gens pourtant compétents, pour qui l’envoi de nombreux CV (plus de 100, jusqu’à 600 CV ou plus pour certains) a pour conséquence qu’ils n’obtiennent aucune réponse. Et quand il existe un seul courrier de réponse (sur un minimum d’une trentaine de CV envoyés), il s’agit d’une réponse polie mais négative. À une époque, des CV j’en ai posté des centaines, sans réponses en retour. Et systématiquement dans cette attente, j’avais trouvé du travail entre-temps, soit par l’intérim par l’intermédiaire d’une agence, soit en ayant rencontré le directeur directement en personne, sans intermédiaires. Si je ne devais compter que sur les réponses pour des CV envoyés, je vous assure qu’au bout de plusieurs années, j’attendrai encore, en vain. Il ne faut pas trop compter sur les CV. Nous vivons une époque où les entreprises ont de grandes difficultés pour pouvoir engager du personnel, parce qu’avoir au moins un employé, c’est une contrainte lourde pour chaque employeur. Les cotisations sociales et fiscales sont élevés, en France. Ces dernières années, j’avais eu la chance d’avoir exercé deux postes comme salarié, et j’ai vite réalisé que dans la conjecture économique actuelle il est vraiment très difficile de trouver un travail. C’est pourquoi dans un futur très proche (avant septembre prochain), après une formation professionnelle couronnée de succès, je vais devenir auto-entrepreneur, car pour mon cas comme pour celui d’un million de français qui ont choisi cette issue par nécessité, retrouver un poste de salarié est devenu quasi-impossible.

Seulement 27 CV en moyenne pour trouver un travail, d’après ce que raconte L’Express. Cela me paraît excessivement optimiste, j’ai quand même des difficultés à y croire, je suis sceptique… En effet, si c’était vrai qu’il ne fallait que 27 CV en moyenne avant d’être embauché, il n’existerait sans doute pas 2 millions de français expatriés (au moins). Si certains pensent que l’herbe est plus verte ailleurs et qu’ils assument leur choix, cela voudrait peut-être dire que cela ne va pas si bien que ça en France, non ?

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

De l’art de s’habituer à prendre froid en hiver

En 2011 j’avais publié un article similaire : http://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-lart-de-ne-plus-se-chauffer-decemment-en-hiver/ et je publie ici-même une suite à celui-ci.

 

À propos d’économie de chauffage électrique et d’abaissement de la température de chauffage, j’ai pu voir des affirmations à travers le web :

 

J’ai vérifié ça, en me basant sur la capacité calorifique massique de l’air. Par exemple, lorsque la température extérieure est d’environ +5°C, et pour passer d’une température intérieure de +19°C à +18°C, cela correspond effectivement à environ 7% d’économie de chaleur. Pour ces grandeurs, et elles seules, c’est cohérent.

Cependant, est-ce le pourcentage d’économie vaut pour toute température initiale et pour n’importe quelle température extérieure ? Je ne le crois pas. Cela dépend de la température extérieure à cause de laquelle on chauffe une maison afin de lutter contre le froid. Cela dépend aussi de la température initiale dans la maison, ainsi que la température intérieure redéfinie.

Par exemple, ce que je trouve, quand on passe de 22°C à 21°C dans une maison, quand il fait +10°C à l’extérieur, c’est une économie de 8,3%. Par contre, si la température extérieure est de -10°C (donc en-dessous de zéro degré) quand on abaisse de +22 à +21°C, cette économie ne vaut plus que 3% environ.

Cela semble évident : pour un abaissement de 1°C dans une maison, l’économie de chaleur en pourcentage dépend de la température initiale de la maison ainsi que de la température extérieure.

  • «L’énergie est note avenir, économisons-la», dit en substance le slogan d’un fameux fournisseur d’électricité. Si nous nous mettons tous à économiser au maximum, radins que nous sommes, en portant une laine et un gros bonnet, le fournisseur d’électricité risquerait une perte en chiffre d’affaire, et cela équivaudrait à se tirer une balle dans le pied. Avez-vous déjà vu un vendeur qui dit à ses clients : «après tout, vous n’en avez pas vraiment besoin, au revoir monsieur, pas la peine, merciii» ; ce serait alors mettre la clé sous la porte… Comme par exemple un pompiste qui dirait qu’il faut économiser le pétrole, et que ça pollue de toute façon… «Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout !», dirait un buraliste qui refuse obstinément de vendre des cigarettes. C’est un non-sens de dissuader les clients d’acheter ce que l’on doit vendre, non ? Enfin bon, je n’ai rien contre ce fournisseur d’électricité, je suis satisfait de ses services. Mais les slogans devraient être peut-être plus logiques. Par exemple, ça c’est mieux : «la fée Électricité éclaire le monde».
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Document sous réserve d’erreur ou d’omission.

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© 2014 John Philip C. Manson

L’effet de serre en examen

Les médias parlent souvent de l’effet de serre, au point que tout le monde croit savoir ce que c’est. En réalité c’est souvent confus.

Je vais entrer de plein pied dans le vif du sujet, je vais être précis.

Que voit-on dans cette vidéo ? La scène se passe dans une serre, où il fait vraisemblablement très chaud. Ce court métrage est sans paroles, ce qui fait que ce qui est visuel peut être interprété de façon subjective, car la vidéo reste évasive, sans renseignement précis, sans information structurée.

Les métaphores et les analogies sont un risque dans la vulgarisation scientifique. Il est pourtant nécessaire d’expliquer le comment des choses observées, et faire la distinction entre différents phénomènes distincts.

Dans une serre dont les parois sont en verre, la température intérieure augmente sous l’effet du rayonnement solaire. C’est un fait. La lumière du spectre visible traverse le verre qui est transparent. Les objets sombres dans la serre (la terre elle-même, ou le revêtement plastique noir) absorbent le rayonnement reçu et le réémettent sous forme de rayonnement thermique (infrarouge). Or, le verre est un matériau isolant, c’est un mauvais conducteur de la chaleur : le verre est transparent pour le spectre visible de la lumière, mais il est opaque aux rayons infrarouges. Ainsi, la serre retient la chaleur à l’intérieur.

J’avais réalisé une expérience il y a environ 4 ou 5 ans. Avec un détecteur de présence (détecteur infrarouge), cet appareil détectait ma présence en l’absence de filtre intermédiaire entre l’appareil et moi, mais il ne détectait rien quand je plaçais un grand verre entre l’appareil et moi. Cela prouve que les rayons infrarouges ne traversent pas le verre.

Lorsque le chimiste suédois Arrhénius a choisi d’appeler «effet de serre» le phénomène d’absorption du rayonnement solaire par certains gaz (CO2, méthane, etc), il s’agit d’une analogie trompeuse. Ce n’est pas le même phénomène.

Dans une serre, c’est tout le spectre infrarouge qui est retenu à l’intérieur de la serre.

En ce qui concerne les gaz dits à effet de serre (GES), au niveau spectrographique, les molécules comme le CO2 ou le méthane n’absorbent qu’une étroite marge de longueur d’onde du rayonnement infrarouge, donc pas la totalité du rayonnement thermique. Ce qui est différent.

En continuant à visionner la vidéo, on constate que la personne introduit un thermomètre dans un gobelet d’eau, et un autre thermomètre dans un gobelet rempli de terre, le tout exposé au soleil. Ces thermomètres sont eux-mêmes sous le rayonnement du soleil pour leur partie émergée, ce qui est un biais expérimental dans une certaine mesure, quand le thermomètre chauffe de lui-même. Mieux vaudrait peut-être enfoncer complètement les thermomètres dans chaque matériau à tester. À la fin de la vidéo, la personne s’aperçoit que le gobelet de terre est celui qui a subi la plus forte élévation de température.

Comment évaluer quantitativement ce résultat avec l’expérience des gobelets ?

  • La capacité calorifique massique de l’eau est de 4185 J par kg par kelvin. Celle de l’humus est de 1965 J par kg par kelvin. La masse volumique de l’eau vaut 1000 kg/m³ et celle de l’humus vaut 1200 kg/m³. On suppose que chaque gobelet utilise des volumes équivalents de matériaux (l’eau liquide, et l’humus, séparément). On va supposer que chaque gobelet est cylindrique, de rayon 5 cm, et la hauteur de chaque matériau dans chaque gobelet est 10 cm. À partir de ces données, le calcul de thermodynamique indique que si on expose les gobelets à un rayonnement solaire moyen pendant une heure, alors l’élévation de température est de 3,3°C pour le gobelet d’eau liquide, et de 5,8°C pour le gobelet d’humus.
  • Dans la vidéo, on voit que la température du gobelet d’eau est de 28°C, et celle du gobelet d’humus atteint 30 à 31°C. Soit environ 2 à 3°C de différence, alors que la température initiale est la même pour les deux gobelets. Ce qui est cohérent avec le calcul ci-dessus.

L’expérience des gobelets met en exergue une propriété thermodynamique des matériaux : la capacité calorifique massique.

Où je veux en venir ? Hé bien, je vais vous le dire :

  • Dans la vidéo, en aucun cas l’on n’a vu un exemple concret et explicite qui concerne les gaz à «effet de serre». La vidéo n’a fait qu’illustrer le rôle du verre en tant qu’isolant thermique, ainsi que la convection thermique de l’air confiné en intérieur, et mis en évidence des propriétés de matériaux comme l’eau et de la terre. Mais aucun exemple sur des gaz… Rien sur les gaz comme le dioxyde de carbone.

Dans le cadre du réchauffement climatique, où l’on dit que la Terre (son atmosphère plutôt) se réchauffe à cause des GES, une expérience avec des gaz aurait été mieux appropriée qu’une analogie avec l’exemple d’une serre. Le CO2 n’est pas intervenu une seule fois dans la vidéo. Or dans le cadre où l’on chercherait à prouver que des gaz sont des gaz à "effet de serre", tout en faisant des expériences qui n’ont rien à voir avec des gaz eux-mêmes, je trouve ça choquant, quand même…

Cependant, l’intérêt de la vidéo montre la preuve de ce que l’on appelle l’îlot thermique urbain : des matériaux exposés au soleil se mettent à chauffer, surtout s’ils sont noirs (meilleur absorption) ou s’ils sont métalliques (les métaux sont d’excellents conducteurs thermiques). Une plaque en acier peinte en noir dépasse nettement les 53°C en plein soleil, quand la température de l’air à l’ombre est de 27°C (j’ai expérimenté moi-même). Ces matériaux échaudés (métaux, plastique noir, terrasse en calcaire, bitume, asphalte…) échauffent eux-mêmes l’air ambiant dans les zones urbanisées. Indépendamment des effets du CO2.

Pour reparler de la serre de verre, outre le rôle d’isolant thermique du verre, il y a autre chose : l’air à l’intérieur de la serre est confiné, la température ne peut que s’élever. En ce qui concerne l’atmosphère terrestre, avec son oxygène, son azote et le CO2, il n’y a pas confinement d’air, l’air est libre de circuler. Une serre empêche les échanges thermiques, comme si on était enfermé dans une bouteille de verre. Mais l’atmosphère n’a ni membrane, ni paroi, elle est directement en contact avec l’espace. Comme on le sait avec la poussée d’Archimède : un gaz devient moins dense quand il est chauffé, il s’élève en altitude, puis il se refroidit en altitude, et l’air refroidi redescend, c’est la convection. Un gaz chauffé finit par refroidir grâce à la convection, puisque l’atmosphère n’est naturellement pas enfermée comme dans une serre de verre ou de plexiglas. C’est parce que la serre est un milieu fermé qu’elle conserve son air chaud.

Quand il fait très chaud, j’ai souvent remarqué que les orages survenaient après, et que la température chutait quand la pluie d’orage était soudaine et forte. L’atmosphère terrestre s’autorégule. Tandis qu’une serre est un milieu fermé.

 

 

 

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Je vais faire de l’humour noir, je suis désolé mais je le dis (pour lire, surligner avec la souris ci-dessous) :

S’il pleut des avions en ce moment, dans l’Océan Indien, en Ukraine ou au Sahara, c’est peut-être parce qu’ils ont percuté la paroi d’une serre qui surplombe l’atmosphère terrestre ?

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Mésusages idéologiques, pseudo-vulgarisation scientifique, mysticisme et métaphysique

  • En lisant le blog de M. Anton Suwalki, je tombe sur quelque chose d’intéressant :  http://www.imposteurs.org/article-quantox-un-livre-de-richard-monvoisin-114728786.html

En bref, cela dénonce l’intrusion du mysticisme dans la science, et la récupération de la physique quantique comme alibi pour servir les charlatans du New Age. C’est un sujet que j’avais déjà abordé en détail dans mon blog.

Ce qui est intéressant en particulier c’est cette page : http://cortecs.org/textes-et-opinions/these-r-monvoisin-pour-une-didactique-de-lesprit-critique/  où il est question d’une thèse nommée «Pour une didactique de l’esprit critique» dont le contenu est intéressant. Vous pourrez la lire ici :  http://cortecs.org/wp-content/uploads/2010/11/CorteX_Monvoisin_these_didactique_esprit_critique.pdf  (document de 444 pages).

À la page 389 de cette thèse, on y lit des observations pertinentes que j’avais moi-même constaté. Une certaine forme de vulgarisation scientifique repose malheureusement moins sur l’objectivité sobre que sur des techniques de communication, de mise en valeur d’images, de stéréotypes, d’usage immodéré de métaphores, d’approximations, et autres a priori.

Un aperçu de la page 389 de la thèse :

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(Cliquer pour agrandir)

«Dis… Pourquoi ?», voit-on en titre.

Le pourquoi appartient à la métaphysique. La science aborde la question du comment, pas du pourquoi. La chose la plus essentielle qui soit si peu vulgarisée, c’est bien l’épistémologie et les critères de scientificité, ainsi que la méthode scientifique.

Si les pseudo-sciences sont souvent l’objet de critiques pleinement justifiées, je pense qu’il est tout aussi intéressant et important d’analyser et de décortiquer les différentes formes de vulgarisation scientifique, afin de montrer des réalités discordantes, voire des aberrations.

En juin 1997, le magazine S&V se hasardait à utiliser l’effet paillasson. Je me souviens avoir lu moi-même cette page de magazine. La thèse de M. Monvoisin aborde ce sujet à la page 391.

Un aperçu ci-dessous :

paillasson

(Cliquer pour agrandir)

«Fracassante découverte», voila une dénomination tendancieuse et suspecte.

 

  • De la bonne vulgarisation scientifique, ça existe. Je prends l’exemple du magazine «Pour La Science». Mais même si un magazine a une qualité reconnue, cela ne doit pas pour autant nous dispenser de l’esprit critique… Les autres magazines de vulgarisation scientifique : à prendre avec des pincettes, à mon avis.

 

L’important n’est pas ce qu’on lit, mais avec quelle approche intellectuelle on considère ce que l’on lit. Croire tout ce qu’on lit, c’est foncer droit dans le mur… L’exercice de l’esprit critique est une approche analytique qui nous apprend bien plus de choses que la seule crédulité qui nous rendait perméables à toutes les salades et à toutes les sauces…

Certaines publications s’égarent dans des dérives inutiles et stériles, en s’éloignant du cadre de la scientificité, dont acte :

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(Page 394 de la thèse)

Cet exemple concernant ce Hors-Série du magazine C&E montre que ce n’est déjà plus de la vulgarisation scientifique.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Une voiture électrique qui fonctionne à l’eau salée ?

 

J’ai lu attentivement les données quantitative donnée par l’article. En résumé, nous avons affaire à une voiture de sport qui peut monter à 345 km/h en pointe, et atteindre les premiers 100 mètres en accélérant pendant 2,9 secondes.

Mais la particularité de cette voiture est qu’elle fonctionnerait à l’eau salée. Les électrolytes ici fonctionnent sur le principe contraire de l’électrolyse : c’est le principe de la pile électrique.

  • La voiture a une puissance de 920 cv, c’est-à-dire 676,66 kW. En considérant qu’un cheval-vapeur équivaut à une puissance de 735,49875 W.
  • La batterie de la voiture peut cumuler jusqu’à 120 kWh d’électricité, c’est-à-dire 432 MJ. En considérant que 1 kWh équivaut à 3,6 MJ.

Mais voila ce que je remarque. Si la voiture est vantée pour son autonomie de 600 km environ, il y a un point qui soulève l’interrogation.

En effet, l’énergie électrique stockée dans une batterie est délivrée sous forme de puissance pendant une certaine durée. Une puissance de 676,66 kW est assurée pendant un certain temps jusqu’à épuisement de la batterie. Une simple division montre qu’une batterie de 920 cv épuise ses 120 kWh en un peu plus de 10 minutes seulement, si la voiture roule à sa pleine puissance…

  • Je me demande à quelle vitesse maximum la voiture doit rouler afin de pouvoir parcourir les 600 km d’autonomie avec le stock d’électricité (120 kWh) que peut délivrer la batterie…
  • Et si la voiture grimpe quelques dizaines de côtes dont chacune fait varier l’altitude de 1000 mètres environ, la batterie risque d’être rapidement déchargée. Et on risquerait de tomber en panne en pleine montagne, là où il n’y a pas d’eau de mer…
  • En regard de ses performances, la batterie doit être a priori imposante. Combien pèse t-elle ? Quel volume ? En effet, 920 chevaux-vapeur c’est presque 677 kilowatts, et cette grandeur vaut environ la moitié de la puissance d’un avion de combat P-51. Et c’est environ 30% de moins que la puissance d’une Bugatti Veyron Super Sport la plus puissante. On le constate, la supercar électrique dont il est question ici, c’est une grosse bête. Au fait, que deviennent les électrolytes après usage ? Y a t-il des déchets chimiques ?
  • L’électrolyte sert de conducteur dans lequel circulent des cations et des anions, il n’est pas un carburant. Le choix des métaux a des conséquences sur la qualité de la différence de potentiel électrique entre les électrodes. L’article qui vante la supercar ne donne aucun renseignement sur les métaux utilisés (cuivre ? métaux lourds ?), et à ce niveau des détails semblent avoir été délibérément omis.

 

Je serais ravi que le Dr Goulu exprime son avis sur cette voiture électrique. Ce que j’en pense, c’est que les voitures électriques c’est bien mais il faut en avoir les moyens pour en acheter une ; et quand l’on vérifie des calculs avec les données fournies, on a l’impression que quelque chose cloche lorsque les médias se montrent sensationnalistes et étrangement très optimistes… De plus, étrange idée de faire du haut de gamme quand le développement durable préconise de faire des économies…

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Quelques idées pour aller plus loin

Je consigne ici quelques idées qui pourraient être susceptibles d’améliorer ce qui existe comme blogs scientifiques et sceptiques.

 

  • Des blogs scientifiques qui mettent en avant des analyses critiques sur les actualités du web au lieu du blogging journalistique qui ne faisait que relayer les infos sans les évaluer. Les sceptiques semblent se faire plus nombreux depuis ces dernières années.
  • Faciliter les échanges entre les blogueurs sceptiques. Le problème posé par les trolls et le spam régulier rend difficile la disponibilité des commentaires pour ceux qui voudraient débattre.
  • Le web anglophone est particulièrement riche en informations, mais inaccessibles parce que les francophones sont souvent fâchés contre la langue de Shakespeare. Il faudrait traduire en français les blogs scientifiques et sceptiques anglophones, afin de les rendre enfin accessibles au public francophone.
  • Être blogueur agissant seul est une activité chronophage et difficile à gérer. On pourrait prévoir le blogging collaboratif dans un même blog, avec plusieurs membres de confiance.

 

La promotion du scepticisme scientifique a ses limites, on ne peut pas tout faire. Mais on peut vraisemblablement améliorer ce qui existe. C’est-à-dire que même si on n’atteint pas certains objectifs, on peut essayer d’être plus efficaces.

 

 

Des ouragans «féminins» plus meurtriers ?

Des ouragans au prénom féminin seraient plus meurtriers ?…

Je suis absolument d’accord avec la critique développée par Anton Suwalki dans son article en lien ci-dessus.

De prétendues «études» qui font le buzz sur internet en racontant des salades tout en faisant des raccourcis sexistes, c’est abusif, c’est à dénoncer. Le pire c’est que certains blogueurs scientifiques se sont faits prendre au piège en relayant ce genre d’ineptie sans le moindre recul critique.

Le sexisme, le racisme ou l’homophobie, ça ne me fait absolument pas rire… Les blagues ou canulars douteux qui s’essayent à l’humour sur les stéréotypes ne font qu’aider à les propager et les entretenir.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Une découverte majeure sur le Big Bang ?

Je cite : «Une équipe d’astrophysiciens américains affirme avoir détecté les ondes que tous les scientifiques rêvaient de découvrir : celles provoquées par le fameux Big Bang il y a 14 milliards d’années, celles des tout premiers instants de l’Univers… Le phénomène imaginé par Einstein n’avait encore jamais été observé. Le dialogue ci-dessus, seuls quelques physiciens peuvent le comprendre, mais c’est la confirmation de ses théories et l’aboutissement d’une vie.»

En regardant la vidéo on en apprend plus : il s’agit de la découverte d’ondes gravitationnelles vieilles de 13,82 milliards d’années (et non pas 14 milliards) qui confirmeraient la théorie de l’inflation cosmique.

La vidéo date du 18 mars 2014, cela fait déjà 4 mois. C’est inhabituel que je n’ai pas appris la nouvelle plus tôt…

Mais ce n’est pas tout. Voici un coup de théâtre :

 

Une seule expérience scientifique n’est jamais concluante : il faut toujours attendre de voir si d’autres observations corroborent ou contredisent les résultats de celle-ci. L’annonce d’une découverte ne devrait être faite que lorsque l’on aura écarté les autres hypothèses possibles qui étaient susceptibles d’expliquer le phénomène observé.

On constate que, de plus en plus souvent, les scientifiques se mettent en rapport avec la presse pour annoncer leurs résultats, sans attendre la moindre validation de leurs pairs comme c’est normalement et habituellement le cas dans le circuit de la méthode scientifique. C’est le cas notamment de quelques bourdes médiatiques comme les neutrinos (faussement) plus rapides que la lumière, les exoplanètes habitables (mais qui n’existent finalement pas), puis les ondes gravitationnelles de l’inflation cosmique (qui pourraient n’être qu’un artefact causé par des poussières galactiques)…

Dans la presse, publier des controverses scientifiques actuelles est plus intéressant et plus lucide que publier des «découvertes» abusivement enthousiastes qui n’ont pas été évaluées. Se passionner pour une «découverte» avec enthousiasme sans se soucier de sa validation, ce n’est pas de la science mais de la foi. C’est dangereux de confondre «découverte» et coup de pub

 

Comme nous parlons des annonces précipitées de découvertes, de coup de pub, d’enthousiasme et de fanfare, je vais parler aussi d’un truc du même acabit.

Hier, je suis tombé sur des articles bizarres. En voici la liste ci-dessous :

En gros, on nous annonce que la Terre a évité de justesse une éruption solaire qui aurait pu anéantir notre mode de vie basé sur les appareils électriques… Certains médias parlent même d’anéantissement. Une terrible fin du monde «plausible» qui n’a jamais eu lieu… C’était le 23 juillet 2012, et ce jour-là, je n’ai rien vu, rien !

  • Pourquoi nous raconte tout cela seulement deux ans après ?
  • Examinons cette page : http://www.lepoint.fr/astronomie/en-2012-une-tempete-solaire-a-manque-d-aneantir-la-civilisation-contemporaine-25-07-2014-1848986_1925.php    il y est dit que la précédente éruption observée c’était en 1859, mais à l’époque il n’y avait pas de satellite pour surveiller de façon très précise l’activité solaire afin de quantifier l’ampleur du phénomène. À l’époque la technique était la coronographie solaire, euh non, même pas, puisque l’astronome Bernard Lyot inventa le premier coronographe qu’à partir des années 1930 !
  • Puis voici quelque chose d’étrange, une phrase de l’article de Le Point affirme ceci : «il y a 12 % de risques qu’une tempête solaire puissante touche la Terre dans les 10 prochaines années». D’où sort cette estimation ? Comment peut-elle être aussi précise ? Cette affirmation est néanmoins intéressante, elle semble faire référence à la loi de Poisson : elle présume une probabilité de risque dans un intervalle de temps. Alors, en moyenne, une éruption solaire frappe certainement la Terre tous les combien de temps ? Cela est-il déjà arrivé dans un passé proche ? Je vais enquêter sur cette piste. Pour donner une évaluation de la probabilité d’un événement, il faut qu’il existe un échantillon statistique basé sur des éruptions solaires ayant frappé la Terre dans le passé. Cet échantillon statistique existe t-il ? On ne peut pas établir une probabilité sur la base d’un seul ou deux événements connus et validés scientifiquement… Après enquête, j’ai estimé qu’une probabilité de 12% sur une décennie, cela correspond en moyenne à entre 0 et 2 éruptions solaires frappant la Terre par siècle. A t-on des statistiques comparables de ces événements qui ont été a priori observés (et avec quel matériel d’observation selon les époques ?) ?
  • Ce qui est cocasse, c’est qu’ils arrivent à chiffrer les coûts engendrés par les dégâts subis par une éruption solaire que la Terre n’a même pas subi… C’est un peu comme se proclamer témoin d’un crime qui n’a jamais été commis…

Très fort quand même. Certains parviennent à calculer une probabilité malgré l’absence de données empiriques (comme la formule de Drake dont on ne connaît la valeur d’aucun des paramètres)… Et certains réussissent à décrire à quoi ressemble la Terre ravagée, dans ses moindres détails, alors que l’événement tant redouté n’a jamais eu lieu… J’affirme que, dans ce contexte, l’imaginaire et les spéculations ont remplacé abusivement la rigueur rationnelle et surtout l’objectivité empirique.

Avec cette histoire d’éruption solaire aux saveurs apocalyptiques, on nous affole pour pas grand-chose… Pourquoi ?

Science pathologique ?  (http://jpcmanson.wordpress.com/2014/07/19/la-croissance-inquietante-de-la-science-pathologique/)

 

J’ai l’impression que l’objectivité fout le camp dans le journalisme contemporain qui s’essaie à la vulgarisation scientifique. Tout paraît jouer dans le registre émotionnel : l’enthousiasme provoqué par une «découverte», la peur et l’angoisse face à un avenir incertain et hostile…

Les faits seuls nous intéressent.

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Sur le même sujet, j’avais posté un article sur les protubérances solaires : http://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/19/une-eruption-solaire/  Curieusement, les journalistes avaient publié des choses à propos du soleil, environ 3 mois même avant l’éruption de juillet 2012. Seraient-ils prophètes ? Ou «fabriquent»-il un peu les infos ?

Pour ce qui concerne l’éruption solaire de juillet 2012, j’ai pris position pour le scepticisme. Mais cela ne veut pas dire que je renie quoi que ce soit. L’éruption solaire exceptionnelle est un événement plausible. Néanmoins je fais remarquer la multiplication de bourdes scientifiques ces derniers temps, on n’est jamais assez prudent. Ainsi, le risque d’éruption solaire (le vent solaire exceptionnellement intense de la couronne solaire) en interaction avec le champ magnétique terrestre, c’est quelque chose de possible. Mais quand il ne s’est rien passé, on ne peut pas extrapoler en l’absence de données matérielles. C’est comme pour le climat global : personne n’est capable de prédire avec précision à quoi ressembleront nos campagnes quand il y aura 2°C ou 6°C de plus. On ne peut se fier que sur des observations, pas sur des spéculations, bien que nous soyons conscient des risques. Lorsque nous parlons d’événements futurs (réels ou hypothétiques), nous nous trompons souvent. On a vu ce que les fantasmes du futurisme ont suggéré autrefois pour l’an 2000…

J’ai pu reconstituer ma journée du 23 juillet 2012 : ce jour-là je faisais de la retouche d’images numériques ; je n’ai remarqué absolument rien d’anormal ce jour-là à propos d’hypothétiques problèmes électriques que le soleil aurait pu provoquer.

Il est possible que certains trouvent que j’ai un ton véhément. Je l’assume, mais j’essaie de garder mon sang-froid. Le contexte est compréhensible : la surenchère de l’alarmisme apocalyptique dont le journalisme est si friand commence à devenir agaçante. Et certains scientifiques prennent leurs propres mirages pour des réalités, au mépris de l’évaluation critique qui doit pourtant être appliquée dans toutes les étapes de la démarche scientifique.

 

 

Pour terminer, voici une anecdote de 2008 : http://www.lepostier.fr/le-postier/connaissance/lasteroide-apophis-nico-marquardt-13-ans-et-la-nasa.html

Un ado aurait corrigé une erreur de la NASA à propos de la probabilité de chute de l’astéroïde Apophis sur la Terre. La probabilité estimée par la NASA était de 1 sur 45000, remplacée apparemment par celle du jeune allemand : 1 sur 450. Ce que les journalistes ont omis de dire, c’est qu’en octobre 2009, la NASA a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu’après avoir affiné ses calculs, elle n’évalue plus cette probabilité qu’à environ 1 sur 250 000. Ce n’est donc ni 1 sur 45000, ni 1 sur 450… Le 10 janvier 2013, après le passage de Apophis près de la Terre le 9 janvier, les scientifiques de la NASA ont évalué, d’après des observations au radar, que l’astéroïde n’entrera pas en collision avec la Terre en 2036. L’astéroïde n’est plus classé qu’au niveau 0 sur l’échelle de Turin. C’est-à-dire que le risque de collision est nul. Tout le monde s’était trompé auparavant sur l’estimation du risque de collision…

J’ai remarqué que nombre de médias sur internet ne corrigent pas leurs articles après publication, quand des choses ont été entre-temps démenties. Par exemple, on doute maintenant de l’existence des exoplanètes habitables du système Gliese 581, mais hélas il existe des milliers d’articles sur le web qui n’ont pas remis à jour l’information, présentant maintenant à tort une découverte qui n’en est pas une… Je pense qu’un article de plus de 3 mois est périmé, et qu’il vaut mieux rechercher des articles les plus récents.

Exemple de pages non mises à jour : http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581_c#Habitabilit.C3.A9_de_cette_exoplan.C3.A8te et http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581

Or, dans la page Vikidia sur Gliese 581c, je découvre cette affirmation : «À cause que l’exoplanète est proche de son étoile, elle subit une force de marée 400 fois plus importante que la Lune exerce sur la Terre.»
Or le titre "Caractéristiques climatiques" est totalement inapproprié. Il s’agit ici d’astronomie et non de climat… Et si l’affirmation sur la force de marée est vraie, alors la condition est que la masse de la planète Gliese 581c devra être supérieure à 391 masses terrestres sachant que l’étoile Gliese 581 est plus légère que le soleil (0,31 masse solaire). Or d’après la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Gliese_581_c il y est mentionné que Gliese 581c pèse 5,3 masses terrestres. Donc ce qui est affirmé sur la force de marée sur Vikia est manifestement faux, la grandeur étant trop élevée (c’est moins de 400 fois).

 

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  • «Les astrologues parlent bien de l’avenir, Mais ils ne le font pas venir."»  (proverbe français)

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© 2014 John Philip C. Manson

 

 

 

Les multivers et «l’univers mathématique»

En lisant cette prose, j’ai le sentiment de lire de la métaphysique ou de la science-fiction. L’outil mathématique va jusqu’à se confondre avec l’objet qu’il est sensé étudier. Personne ne semble se poser la question du critère de réfutabilité de cette «théorie» si cela en est une. Et la crédibilité de cette théorie repose sur quelles observations ou quelles expériences ? Est-il même possible de la vérifier par des observations afin de pouvoir invalider la théorie si celle-ci est fausse ?

Comme un internaute l’a bien formulé : «la physique ne considère que le mesurable et le démontrable.»  Je suis aussi de cet avis.

Que valent des spéculations indémontrables, irréfutables, inquantifiables ? C’est de la science-fiction, de la métaphysique, de la philosophie platonicienne ou du mysticisme. Que voulez-vous que ce soit d’autre ? Ce n’est donc plus de la science, parce que c’est en-dehors de la méthode scientifique. Nombre d’entre nous le savent avec bon sens. Pour d’autres, ce n’est pas si clair que ça…

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  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. »
  • « Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître. » (Bertrand Russell)
  • « La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. » (Jean Rostand, biologiste, 1894-1977)

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

On saura bientôt à quoi ressemble la planète Pluton

Le matin du 14 juillet 2015, la sonde spatiale New Horizons de la Nasa devrait passer «relativement» près de Pluton et en photographier la surface pour la première fois ! La sonde spatiale, qui a quitté la terre en janvier 2006, parviendra à destination dans un an.

J’ai déjà hâte d’examiner les premières photos.   ^^