Citation

  • « Ni l’ignorance n’est défaut d’esprit, ni le savoir n’est preuve de génie. »    (Vauvenargues, 1715-1747)

 

Des milliers de chercheurs manifestent pour réclamer plus de moyens

 

La précarisation de la recherche scientifique est quelque chose d’inquiétant…

Le rêve de la fusion thermonucléaire

À prendre avec des pincettes…

Réussir la fusion thermonucléaire implique un très gros matériel : pour générer une fusion contrôlée réussie, il faut fournir une grosse énergie afin de vaincre la barrière de Coulomb (il faut vaincre les forces répulsives électrostatiques du plasma).

Quand j’entends des trucs inédits du genre « miraculeux », ça me fait penser à l’histoire fumeuse de la « fusion froide »… http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusion_froide

 

Evolution du pH et de la concentration acide

Si l’on vérifie les données quantitatives de l’article citée en lien ci-dessus, on s’apercevra que ça ne colle pas du tout avec les formules logarithmiques des acides faibles, de la forme pKa + log C = pH, où x est en rapport avec la concentration molaire acide (le couple CO2/HCO3²-). Logarithme décimal, et non népérien, je précise.

Quand je lis la presse relative à l’acidité océanique, et bien que je sois spécialiste en chimie (c’est mon domaine de formation, alors je connais bien le sujet), là je suis complètement paumé. Les données comparatives présentées par le journalisme semblent sorties d’un chapeau de magicien, comme indépendantes de toute forme de calcul…

De plus, ce sujet médiatique sort à peu près tous les ans. J’ai déjà abordé le sujet au moins une fois ici dans mon blog depuis 2011. Les augmentations de concentration acide, ça ne colle pas avec les variations de pH… Pourquoi ?

Dans ce contexte, je réitère ma question d’il y a quelques mois : pourquoi présenter des variations d’acidité avec des pourcentages plutôt qu’indiquer les grandeurs physiques directes ? Le journalisme éprouve t-il une gêne à indiquer que le pH moyen de l’eau de mer est de 8,2 depuis les années 50 ? L’eau de mer qui tend peut -être vers l’acidification du fait de l’augmentation du taux du CO2 atmosphérique, mais la proportion de CO2 dans l’air est faible, environ 0,04% (soit près de 400 ppm), pas de quoi produire de l’eau de Seltz, ainsi l’eau de mer avec un pH moyen de 8,2 est basique (synonyme de alcaline), elle n’est pas acide au sens strict. L’acidité concerne les pH inférieurs à 7. Le pH 7 est neutre.

J’ai personnellement mesuré le pH de l’eau de mer : la Manche a un pH d’au moins 8, cet eau de mer est basique. La mesure date d’août 2013.

Mais l’article de RTFlash n’a même pas daigné mentionner cette info essentielle (comme la plupart des autres médias) : le pH moyen actuel des océans. Pour rappel, ce pH est d’environ 8,2.

Il me faudra surtout qu’on m’explique ça :

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Source : Science et Avenir 2008, si je me souviens bien.

 

Et puis, n’oublions pas que pendant la nuit, il n’y a plus de photosynthèse chez les plantes océaniques (dont les algues), et ces plantes libèrent du CO2 qui fait baisser le pH de l’eau de mer (mais le pH remonte pendant le jour). Ainsi, il n’y a pas que le CO2 atmosphérique (dont le CO2 anthropique), il y a aussi la respiration de la flore océanique.

D’après le laboratoire de métrologie : « Les mesures du pH de l’eau de mer sont fortement impactées par un manque de compatibilité et comparabilité spatio-temporelle. »  http://www.metrologie-francaise.fr/fr/publications/RFM/2014/rfm1406.asp

 

© 2014 John Philip C. Manson

La comète Siding Spring (C/2013 A1)

En sous-titre de l’article de « 20 minutes » : La comète Siding Spring va «frôler» la planète rouge dimanche…

L’événement aura lieu près de Mars le dimanche 19 octobre 2014. J’envie les astronomes qui réussiront à observer le phénomène.  ;)

Cependant, en examinant l’article, je constate des incohérences au niveau des données quantitatives.

Voici le paragraphe en controverse :

  • Finalement, cette boule de glaces d’1,6 kilomètre de diamètre va passer à 140.000 kilomètres de Mars. Dans le ciel martien, la comète aura trois fois la taille d’une pleine lune vue de la Terre. En filant à plus de 200.000 km/heures, Siding Spring risque de «fondre» selon plusieurs experts qui espèrent, quoi qu’il en soit, observer les modifications importantes de cet amas de glaces interstellaires.

En calculant le diamètre angulaire apparent de notre lune, je trouve 0,5181 degré, soit environ 31 minutes d’arc. Ce qui correspond à la réalité.

  • Mais quand je calcule le diamètre angulaire de la comète observée depuis le sol martien, je trouve 0,00065 degré, ce qui vaut presque 800 fois moins le diamètre apparent de la pleine lune. On est donc loin de 3 fois la taille d’une pleine lune… Là, je ne comprends rien…
  • Ensuite, une vitesse de 200 000 km/h (par heure, sans le pluriel) correspond à 55,55 km/s. Mais lorsque je calcule la vitesse de libération de la comète, aux environs de l’orbite héliocentrique martienne, je trouve 34,25 km/s. Ainsi, la comète, si elle fonce à 55 km/s (au-delà de la vitesse de libération solaire de 34,25 km/s), elle devrait a priori échapper complètement à l’attraction du soleil plutôt que poursuivre son orbite elliptique autour du soleil… La planète Mars, elle, se meut à environ 24 km/s autour du soleil.

Concernant la vitesse de la comète, je vais me renseigner de plus près pour voir s’il y a effectivement une erreur. Mais concernant l’erreur sur les diamètres angulaires, elle est flagrante…

On apprend que la comète a une orbite hyperbolique rétrograde, et elle provient du nuage de Oort : http://fr.wikipedia.org/wiki/C/2013_A1_%28Siding_Spring%29

Mais aussi : « Elle circule sur une orbite hyperbolique ce qui signifie qu’elle effectuera un seul passage près du Soleil avant de s’échapper définitivement du système solaire. » selon Wikipedia.

C’est exactement l’argument que j’exposais plus haut. La comète va quitter le système solaire à cause de sa grande vitesse. Il n’y a pas d’erreur à propos de cette vitesse, mais il y en a une pour les diamètres angulaires apparents.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

Le triangle des Bermudes

Le site de la radio Europe 1 consacre un article sur le triangle des Bermudes. En substance, Europe 1 affirme que « des chercheurs russes font un parallèle entre l’apparition d’un cratère en Sibérie et le triangle des Bermudes ».

Ces chercheurs avancent une hypothèse géophysique : des émanations de méthane, provoquant, semblerait-il, les accidents si souvent attribués à cette zone mystérieuse.

Mais tout ce qui se raconte depuis des décennies, et actuellement, sur ce fameux triangle des Bermudes, est un ensemble de nombreuses légendes. Selon un rapport du World Wide Fund for Nature en 2013, le triangle des Bermudes ne fait pas partie des 10 endroits les plus dangereux pour la navigation.

Le triangle des Bermudes n’est pas un ensemble de faits, il est l’invention d’un journaliste et écrivain, Vincent Gaddis (1913-1997), un passionné d’énigmes et de mystères. En février 1964, il forgea en couverture du magazine Argosy l’expression « Triangle des Bermudes ». Il popularisa beaucoup de phénomènes paranormaux. Il lança une mode dans le thème du paranormal, avec le triangle qu’il avait dessiné sur une carte.

Beaucoup d’hypothèses, souvent les plus farfelues, ont été avancées pour « expliquer » le triangle des Bermudes : pour expliquer les mystérieuses disparitions, certains auteurs évoquent les extraterrestres, l’influence de l’Atlantide, une distorsion spatio-temporelle ou des champs magnétiques surnaturels tandis que d’autres optent pour des perturbations climatiques, des réactions physiques ou chimiques naturelles liées à l’environnement de ce secteur (par exemple la remontée en surface d’hydrate de méthane) ou encore des défaillances humaines.

Cependant, il faut pourtant souligner que le triangle des Bermudes est une zone géographique dans laquelle les accidents et disparitions ne sont statistiquement pas plus fréquentes qu’ailleurs sur Terre…

En 1975, le bibliothécaire américain Lawrence David Kusche reprit à la source tous les témoignages sur le sujet. Son livre, The Bermuda Triangle Mystery resolved, démontre notamment qu’une grande partie des disparitions ont eu lieu à d’autres endroits que dans le Triangle des Bermudes, et que les ouvrages sur ce thème colportaient surtout des spéculations, sinon des inventions et des mensonges, pour entretenir le prétendu mystère connu

En 1975, le cabinet d’assurances Lloyd’s de Londres indiquait (à raison) que le « Triangle des Bermudes » n’était pas plus dangereux que d’autres routes maritimes internationales. En 2006, les compagnies d’assurances ne jugent pas utile de majorer leurs primes pour les navires ou avions amenés à traverser cette zone.

Le triangle des Bermudes est une légende inventée par un journaliste. Il n’y a donc rien à expliquer autour d’un phénomène qui n’existe significativement pas… Je suis surpris que des chercheurs russes prennent cette légende au sérieux… En effet, pourquoi suivre la piste du méthane alors qu le fameux triangle imaginaire n’est pas sujet à plus d’accidents et disparitions qu’ailleurs ?

Voici un argument qui invalide l’hypothèse du méthane dans le triangle des Bermudes : si le méthane se diffuse dans l’air, et si des avions y circulent, le méthane s’enflamme et les avions explosent. Or, les témoignages ne relèvent pas d’explosions.

Que faut-il penser de tout cela ? Que le journalisme sensationnaliste n’a rien à voir avec le journalisme scientifique.

Autre chose, je relève cette phrase dans leplus.nouvelobs.com : « Igor Yeltsov, directeur adjoint de l’institut Trofimuk de géologie et géophysique, branche sibérienne de l’Académie des sciences russe, n’a pas hésité à faire le lien entre les cratères et le triangle. »

La Sibérie fait partie de la Russie, il n’y a qu’une académie russe des sciences. Pourquoi y aurait-il une branche académique distincte ? En me renseignant via l’université de Lille, je constate que c’est pourtant authentique : Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics of the Siberian Branch of the RAS, Novosibirsk.

Il aurait été logique d’avancer l’hypothèse des hydrates de méthane dans un contexte où le triangle des Bermudes présenterait des accidents plus fréquents qu’ailleurs. Or, ce n’est pas le cas. Et il n’y a guère d’explosions d’avions d’après les témoignages… Pour moi, même si l’hypothèse du méthane est intéressante, elle est inutile : il n’y a statistiquement pas plus d’accidents dans le triangle des Bermudes, car sinon l’hypothèse du méthane vaudrait sur toute la superficie des océans et pas spécifiquement dans le triangle.

 

Drôle d’histoire… C’est comme raconter que c’est un produit d’entretien de couleur bleue qui est la cause d’un tsunami (qui n’existe pas) dans la cuvette des WC…

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© 2014 John Philip C. Manson

Le grand mensonge de la transition énergétique

Voici un article sur Agoravox écrit par un physicien, docteur ès sciences :

Article intéressant, je le partage ici.

Il y est question de l’abaissement de la part du nucléaire dans la production électrique, passant de 75% à 50%. Concrètement, si on réduit le nombre de centrales nucléaires et on compense cette perte par les énergies renouvelables :  il va falloir trouver comment produire 134,2 TWh par an (sachant que 1 TWh = 1 milliard de kWh) avec les éoliennes et les panneaux solaires. Si on augmente la part d’énergies renouvelables sans réduire le nucléaire :  dans ce cas, pour que la part du nucléaire passe de 75% à 50%, la production totale d’électricité augmente de 49,6% du fait de l’augmentation de la part des énergies renouvelables tout en conservant les centrales nucléaires. Ce choix n°2 est mauvais si l’on compte faire des économies électriques, sachant que ce cas particulier fait passer la part de ce qui n’est pas nucléaire (donc les énergies thermiques, renouvelables, fossiles…) de 136,5 TWh par an à 404,9 TWh par an, la différence étant de 268,4 TWh, soit une production surnuméraire de 30,6 GW, soit l’équivalent moyen de 9 centrales nucléaires. Si on réduit le nombre de centrales nucléaires sans remplacer par des énergies renouvelables dans l’immédiat :  il faudra assumer une perte de production de 268,4 TWh, c’est-à-dire une baisse de production électrique totale de 49,6%, qui équivaut à perdre 9 centrales nucléaires sur les 19 que nous possédons. C’est risqué…

L’auteur de l’article d’Agoravox a raison quand il déclare que « le grand mensonge est de prétendre que les énergies renouvelables sont en mesure dans l’immédiat de répondre à cette demande en prenant le relais des énergies fossiles et du nucléaire. »

Force est de constater que la politique se résume à une idéologie indifférente aux calculs sur la viabilité de projets ô combien périlleux… A t-on pensé aux conséquences ? La France se remettra aux centrales à charbon, comme l’Allemagne l’a fait en abandonnant peu à peu le nucléaire ces dernières années. Et importer du charbon revient à devenir dépendants de la Chine…

Par rapport à certains commentaires sur Agoravox, relevons que le projet de loi sur la transition énergétique a été adopté mardi 14/10/2014 à l’Assemblée nationale en première lecture par 314 voix pour, 219 contre et 32 abstentions. Voir ici : http://www.leparisien.fr/politique/l-assemblee-adopte-le-projet-de-loi-sur-la-transition-energetique-14-10-2014-4212821.php#xtref=http%3A%2F%2Fwww.google.fr%2Furl%3Fsa%3Dt%24rct%3Dj%24q%3D%24esrc%3Ds%24source%3Dweb%24cd%3D1%24sqi%3D2%24ved%3D0CEIQqQIwAA%24url%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.leparisien.fr%252Fpolitique%252Fl-assemblee-adopte-le-projet-de-loi-sur-la-transition-energetique-14-10-2014-4212821.php%24ei%3Dz2c_VNXbGJKxabDfgtAK%24usg%3DAFQjCNGXrPWBjCrJMvW3uV07TAtwj-Q04g%24bvm%3Dbv.77648437%2Cd.d2s

Là aussi : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/10/14/20002-20141014ARTFIG00301-les-deputes-adoptent-largement-le-projet-de-loi-sur-la-transition-energetique.php

Ce qui contredit un commentaire (au lendemain de la promulgation de la loi) qui affirme que la loi dite de « transition énergétique » n’a été votée que par 35 députés…

© 2014 John Philip C. Manson