Quand les vaches pètent du méthane

Almanach Vermot 2015, page 220 :

methancow

Une vache pète 300 kg de méthane par jour ? C’est faux. En effet, « au printemps, une vache de 700 kilos peut manger jusqu’à 70 kg par jour, c’est-à-dire ingérer 40 kg de matière sèche qui passe par ses 4 estomacs avant de finir dans son intestin grêle pour être digérés. Cela représente plus de 25 tonnes par an. Une vache consomme également de 60 à 120 litres d’eau par jour. »  - Source : http://www.planetoscope.com/elevage-viande/512-consommation-de-nourriture-par-une-vache.html

Par conséquent, une vache ne peut pas péter plus de masse qu’elle n’en absorbe par alimentation, sinon le bovin maigrirait de jour en jour. C’est évident.

Maintenant, on va évaluer approximativement combien il faut de méthane comme combustible pour faire rouler une voiture sur 100 km. Voir cette annexe : http://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/01/thermochimie-le-pouvoir-calorifique-inferieur-des-combustibles/  S’il faut 8 L d’essence par 100 km, alors il faudra 5,44 à 6,32 kg d’essence, soit entre 254 MJ et 295 MJ (soit entre 70,6 kWh et 81,9 kWh). En ce qui concerne le méthane, le PCI vaut 55,5 MJ/kg, il faudra donc entre 4,58 kg et 5,32 kg de méthane pour faire rouler la voiture sur 100 km. Ce qui est très sensiblement moindre que les 7×300 kg = 2100 kg de méthane par semaine indiqués dans l’image ci-dessus…

Le méthane produit en une journée, si l’on se réfère à 300 kg de gaz, cela correspond à une énergie calorifique de 300×55,5 = 16650 MJ, soit 16,65 GJ. Cette énergie rapportée sur 24 heures correspond à une puissance calorifique moyenne de 0,193 MW, ou 193 kW environ, ce qui est plutôt excessif pour un appareil électroménager comme le frigo…En effet, la puissance normale d’un frigo de 100 L est d’environ 160 W. Ainsi, je présume qu’une vache pète plutôt 300 g de méthane par jour, mais certainement pas 300 kg par jour…

Je cite ce lien suivant : http://www6.inra.fr/productions-animales/1995-Volume-8/Numero-4-1995/Emissions-annuelles-de-methane-d-origine-digestive-par-les-bovins-en-France   : « L’émission de méthane d’une vache allaitante est en moyenne de 120 m3/an »    Je vérifie : 120 m³ équivaut à 120000 L, que je divise par 365 jours, soit 328,77 L de méthane par jour. Soit une masse de 220,3 grammes de méthane par jour. Ce qui devient beaucoup plus cohérent et correct. Il semblerait que l’almanach ait confondu les chiffres au niveau des unités « litres » et « kg »…

C’est souvent : chaque fois que je lis un article faisant référence à des « gestes » écolos bien-pensants, le développement durable, et en particulier les chiffres sur le CO2 et autres gaz à effet de serre, les données ça ne colle pas quand on vérifie par calcul…

 

Comme toujours : se méfier de ce que l’on lit, et vérifier quand cela est possible. Sinon, cela équivaut à ne pas savoir lire.

 

Humour :

Un beau matin d’hiver, mon mouton avait des vertiges à force de péter… Pour le consoler, je lui ai attribué un nom. Mon mouton s’appelle désormais Jingle (prononcé Djinngol). Parce qu’à Noël, Jingle bêle.

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© 2014 John Philip C. Manson

 

La muraille de Chine visible depuis l’espace voire depuis la lune ?

Texte constaté à la page 95 de l’almanach Vermot 2015 :

 

Chinawall

 

Au lieu d’affirmer que la muraille de Chine est visible depuis l’espace, mieux vaut vérifier par le calcul. Visible à l’oeil nu, je précise.

La largeur d de la muraille est proportionnelle à l’angle A du minimum visible de l’acuité visuelle (0,5 seconde d’arc) et proportionnelle à la distance L d’observation.

d = 2 × pi × A × L / 360

L’angle A est exprimé en degrés. Les distances s’expriment en mètres.

On constate que pour une largeur de 4 mètres, celle-ci est visible jusqu’à 1650 km d’altitude. Pour une largeur de 5 mètres : jusqu’à 2063 km d’altitude. Pour une largeur de 6 mètres : jusqu’à 2475 km d’altitude.

Mais il faut préciser que, lorsqu’on parle de minimum visible pour l’acuité visuelle, c’est dans le cadre d’une ligne bien noire qui fait un parfait contraste avec un arrière-plan bien blanc. Or en ce qui concerne la surface terrestre, les couleurs et textures sont nettement moins contrastées entre elles que ne le sont une ligne noire et un fond blanc, ce qui implique forcément une réduction de la distance observable.

 

L’espace est à partir de quelle altitude ? Selon la ligne de Kármán, c’est à 100 km d’altitude. Mais si on parle de l’espace comme milieu qui permet des orbites stables sur quelques années, c’est à 350 km d’altitude. Comme le contraste de la muraille avec les textures et couleurs environnantes est imparfait, la muraille est très difficilement visible (voire pas visible du tout) depuis l’espace à l’oeil nu. Pire encore à cause de la réfraction optique due à l’atmosphère terrestre !

 

Au-delà d’une altitude de 2500 km, il est certain que l’on ne peut pas voir la muraille de Chine à l’oeil nu. A un kilomètre d’altitude, on voit la muraille. Mais à 15 km d’altitude, seul un oeil aiguisé peut encore deviner vaguement la forme de la muraille. Au-delà de 15 km d’altitude, le mauvais contraste fait que la muraille se confond avec les textures du paysage environnant.

Une autre certitude : la muraille de Chine n’est absolument pas visible à l’oeil nu depuis la lune. Prétendre pouvoir observer la muraille de Chine depuis la lune est équivalent à affirmer pouvoir observer un cheveu humain à une distance de 3 à 8 km, ou équivalent à observer à l’oeil nu une exoplanète 3,5 fois plus grosse que Jupiter à une distance de 2,8 années-lumière, ce qui est impossible dans tous ces cas…

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

Chauffage domestique et poids : des études contradictoires

Aujourd’hui, je vais démontrer qu’il existe des études contradictoires sur le même sujet. Ici, le cas de l’influence du chauffage domestique sur le poids humain.

Voici un texte issu de l’étude de l’université de Stirling, publiée par l’almanach Vermot 2015 :

chauffage

En résumé : lorsque les gens surchauffent, ils dépensent plus d’énergie et ont moins d’appétit, donc ils maigrissent.

Cependant, et c’est là l’essentiel du problème, c’est en contradiction totale avec les articles suivants qui révèlent une étude de l’université de Maastricht :

En bref, si on considère les deux études comme vraies, cela signifie qu’on brûle nos graisses quand il fait froid, et qu’on perd aussi de la graisse quand on mange moins quand il fait chaud ?

Chiche, je vais me rouler à poil dans la neige pour brûler mes calories, puis ensuite je vais me faire cuire dans un sauna pour fondre comme neige au soleil.

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Généralement, en cas de contradiction, les deux phénomènes ne peuvent pas être vrais en même temps, et que l’un est vrai quand l’autre est faux, ou peuvent être faux tous les deux.

Force est de constater que dans le domaine climatologique, ou les domaines de la santé, il peut arriver que des études affirment une chose et son contraire (manipulation du public ? conflits d’intérêt ?)… Par conséquent, il faut donc les considérer avec du recul.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Les auto-entrepreneurs et les statistiques

Voici les extraits les plus déterminants :

  • « Le chiffre d’affaire fait à partir des auto-entrepreneurs n’est pas extraordinaire : en février 2013, les 894.681 auto-entrepreneurs comptabilisés in France ont généré 1.460 milliards d’euros. »
  • « Premier élément de réponse : 51,2% des auto-entrepreneurs ne font pas d’argent du tout, zéro euro. »
  • « Deuxième élément de réponse : les 48,8% restant supposés faire un chiffre d’affaire,  c’est-à-dire 409.764 auto-entrepreneurs, font une moyenne de 3500 euros par trimestre. »

Remarque : 409764 / 0,488 = 839680 auto-entrepreneurs au total. En réalité : 839 672. Je retiendrai ce nombre pour les calculs.

  • « Troisième élément de réponse : seuls 6.1%, soit 51.164 auto-entrepreneurs, se sont fait plus de 7.500 euros de chiffre d’affaire au 4ème trimestre 2012. Cette statistique inclut les 26.311 auto-entrepreneurs, soit 3.1% du total, qui gagnent plus de 10.000 euros au trimestre. »
  • « Le faux chiffre : 839 672 auto-entrepreneurs. C’est le chiffre affiché par le gouvernement lorsqu’il veut présenter sa vitrine pro-business. Mais ce qui nous intéresse c’est de savoir combien d’auto-entrepreneurs vivent réellement du fruit de leur auto-entreprise. »
  • « Le vrai chiffre : 51 164 auto-entrepreneurs. C’est 94% de moins que le chiffre du gouvernement, mais c’est bien le nombre réel de ceux qui en vivent ou du moins qui arrivent à gagner le niveau du smic après taxes, ou un peu plus. En moyenne, cela fait 12.800 auto-entrepreneurs par an qui font un business viable. »

Pour résumer le contexte : parmi les auto-entrepreneurs actifs (409764), et donc en excluant tout ceux qui réalisent un chiffre d’affaire nul (429908), voici mes conclusions ci-dessous :

  • La moyenne des AE actifs ont réalisé un CA trimestriel de 3500 euros.
  • 12,49% des AE actifs ont réalisé un CA trimestriel supérieur à 7500 euros.
  • 6,4% des AE actifs ont réalisé un CA trimestriel supérieur à 10 000 euros.

Fonction de Gauss, selon l’hypothèse d’une distribution normale :

  • normal distribution, mean=3500, sd=3475, p=0.1249
  • normal distribution, mean=3500, sd=4271, p=0.064

Je constate que l’on n’a pas le même écart-type (3475 et 4271) selon les chiffres d’affaire attribués à certains pourcentages. Cela ne suit donc pas une distribution normale.

 

En utilisant un autre modèle d’analyse que les distributions de Gauss :

* Polynôme de degré 2 :  y = 0,000000009232 x² – 0,00018592 + 1      mais inadapté

* Courbe exponentielle :   y = 0,999977 × e^(-0,000276592 x)         qui est plus intéressant

 

Avec la courbe exponentielle, on peut extrapoler en déclarant que ceux qui auraient dépassé le seuil de 32900 euros en chiffre d’affaire annuel (soit 10967 euros trimestriels) sont 4,8% des auto-entrepreneurs actifs, soient 19669 auto-entrepreneurs seulement. Ainsi, les auto-entrepreneurs qui risquent de dépasser le seuil plafonné de 32900 euros annuels constituent une minorité !

 

55 % des auto-entrepreneurs ont plus de 50 ans (http://www.gautier-girard.com/actualites/55-des-auto-entrepreneurs-ont-plus-de-50-ans/), et ont majoritairement des revenus insuffisants (donc des seniors précaires), cette réalité contredit ceux qui vantent des entrepreneurs majoritairement jeunes, dynamiques, prospères…

 

Autre remarque : si l’on définit le seuil de pauvreté à 800 euros nets perçus par auto-entrepreneur (obtenus à partir d’un chiffre d’affaire trimestriel de 3183 euros auquel on déduit 24,6% de charges et cotisations par exemple), alors à partir de la fonction exponentielle, on s’aperçoit que la pauvreté concerne 41,5% environ des auto-entrepreneurs qui génèrent un chiffre d’affaire trimestriel non nul, et que cela concerne par conséquent 71,4% de l’ensemble de tous les auto-entrepreneurs (ceux qui ont zéro euro de CA + ceux qui génèrent moins de 3183 euros trimestriels).

 

Pour conclure : ceux qui prétendent que les auto-entrepreneurs constituent une menace concurrentielle envers les entreprises classiques (SARL) sont donc mal renseignés ou de mauvaise foi… Les auto-entreprises sont sensiblement moins prospères qu’on ne le croyait, ce qui fait un net contraste avec tout ce que l’on a pu entendre dire depuis 2009 quand le statut auto-entrepreneur a été créé. Il y a d’autres réalités derrière l’enthousiasme apparent des médias.

 

– © 2014 John Philip C. Manson

Jeu mathématique

En examinant un exercice de mathématiques du magazine hors-série de La Recherche, de février 2012, je ne trouve pas le même résultat que la solution proposée.

Voici l’énoncé :

Une urne contient 15 bulletins A, 15 bulletins B, 15 bulletins C, et 15 bulletins D. Combien faut-il en sortir, sans les voir, pour être certain d’avoir au moins un bulletin de chaque sorte ?

Dans le magazine, la solution proposée est : au moins 76.

Or, à défaut d’équations, j’ai réalisé une simulation numérique. Il semblerait qu’en moyenne il faut sortir à peu près 8 bulletins pour en avoir 1 de chaque.

Voici le code source du script Perl :

#!/usr/bin/perl
$m = 0; $sm = 0;
for ($try = 1; $try <= 10000; $try++)
{
$cumul = «  »;
for ($q = 1; $q <= 100; $q++)
{
$alea = 1 + int(rand(4));
if ($alea == 1)
{
$cumul = « $cumul ». »A »;
}
if ($alea == 2)
{
$cumul = « $cumul ». »B »;
}
if ($alea == 3)
{
$cumul = « $cumul ». »C »;
}
if ($alea == 4)
{
$cumul = « $cumul ». »D »;
}
if ((index($cumul, »A ») > -1) and (index($cumul, »B ») > -1) and (index($cumul, »C ») > -1) and (index($cumul, »D ») > -1))
{
#print « $q :: $cumul \n »;
$sm = $sm + $q;
$q = 1000;
}
}  # for q
} # for try
$m = $sm / 10000;
print « Moyenne = $m \n »;

———————————————–

Voici un exemple de quelques tirages aléatoires dans l’urne :

4 :: DCAB
7 :: CDADDAB
7 :: ACCCBAD
5 :: BBCDA
14 :: DADCCADDDDDDAB
4 :: DCAB
8 :: ADACAAAB
12 :: CADCDDCDAAAB
7 :: BAADBBC
8 :: ABAACCBD
4 :: BCDA
8 :: ACDAADAB
11 :: CCDBDCDBBCA
8 :: CBDBDDDA
6 :: BDBAAC
15 :: ACABBBACBABBACD

Les nombres à gauche de chaque série de bulletins tirés au sort désignent le nombre de bulletins qu’il aura fallu pour avoir les 4 bulletins de chaque au moins (A, B, C et D). J’ai surligné en rouge pour mieux mettre en évidence ces bulletins de chaque.

En bref, sur un total de 10 000 tirages aléatoires, j’ai constaté une moyenne d’environ 8,3 bulletins nécessaires afin qu’il y ait au moins un A, au moins un B, au moins un C et au moins un D.

Mais la solution indiquée dans le magazine est 76. Je ne comprends pas… En effet, pour un bulletin donné, il a une chance sur 4 d’être tiré au sort, puisqu’au total il y a 4×15 = 60 bulletins, et qu’il y a 15 bulletins pour chaque catégorie. La simulation numérique que j’ai conçue est pourtant explicite, tout me paraît correct, à moins qu’un détail m’ait échappé. Le Dr Goulu pourrait-il m’éclairer sur cette énigme ?

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Documentaires TV : bang, boum, badaboum…

Vu dans un magazine TV à une semaine d’intervalle :

magnitude

Je cite : « La planète Terre est née accidentellement des suites de la plus grande explosion du cosmos ».

Une « explosion » ? La plus grande, c’était le Big Bang, mais celui-ci a précédé la formation de la Terre de près de 9 milliards d’années… Lorsque la Terre s’est formée, c’est par accrétion de roches et de poussières, il y a 4,6 milliards d’années. Le Big Bang, lui, est un événement survenu il y a 13,8 milliards d’années, et ne coïncide pas avec le moment de l’apparition de la Terre. Néanmoins, sans le Big Bang, nous ne serions pas là. Mais le Big Bang n’est pas une explosion de matière qui remplirait un espace vide environnant, le Big Bang est l’expansion de l’espace lui-même.

Pourquoi la Terre est encore menacée par des phénomènes naturels ? Parce que sinon, la Terre serait une planète morte, froide… Via le volcanisme, les cendres volcaniques, riches en minéraux, sont particulièrement fertiles pour la végétation.

 

myst

Un autre documentaire TV, une semaine après le précédent.

Des astéroïdes qui sèment la mort, des collisions planétaires réduites à l’état de poussière, des cataclysmes, la fin du monde…

C’est franchement bizarre et malsain de réduire l’astronomie, la cosmologie et l’astrophysique à des explosions. C’est comme si l’on racontait que la chimie est une science qui se limite à la fabrication d’explosifs, avec un savant fou qui s’amuse (par malice ou par accident) à faire exploser son laboratoire, par exemple…

Il faut informer le public, oui, mais il ne faut pas s’amuser à lui faire peur en surenchérissant dans le thème récurrent des grandes catastrophes à travers des émissions TV anxiogènes… Le thème de la fin du monde, qui nous les a brisées en décembre 2012 avec la secte New Age, ça commence quand même à devenir lassant et agaçant.

Mais oui, mais oui (ironie)… La Terre va exploser, un gigantesque feu d’artifice. Boummm !!! Et s’il reste des survivants, on les achève avec l’aide des extraterrestres.

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Le mathématicien Alexandre Grothendieck est mort

Je viens d’apprendre le décès du plus grand mathématicien du XXe siècle. Alexandre Grothendieck est mort le jeudi 13 novembre, à l’hôpital de Saint-Girons (Ariège), non loin de Lasserre, le village où il s’était secrètement retiré au début des années 1990, coupant tout contact avec le monde. Il avait 86 ans.