Les calculs hasardeux de l’empreinte écologique

Oh putain, c’est la première fois (ou l’une des premières fois) que je rencontre un avis critique sur les calculs de l’empreinte écologique ;) :

 

Les calculs selon lesquels la planète ne suffira bientôt plus, compte tenu de notre empreinte écologique, ne tiennent pas vraiment la route. Par Bjorn Lomborg, directeur du Copenhagen Consensus Center.

Je cite : «Ce talon d’Achille de l’empreinte écologique a été soulevé depuis plusieurs années dans la littérature académique. En 2002, l’un de ses plus fervents défenseurs affirmait déjà que : "la théorie qui consiste à assimiler l’empreinte écologique des émissions de CO₂ à la superficie terrestre requise pour absorber le carbone émis, est considéré par la plupart des promoteurs d’une empreinte écologique durable – dont nous-mêmes – comme difficile à défendre." L’article académique "Why the ecological footprint is bad economics and bad environmental science" a été publié dans ce contexte, et selon une critique récente, "les mesures de l’empreinte écologique, telles qu’elles sont établies et présentées actuellement, sont tellement erronées qu’elles ne peuvent être utilisées dans un contexte scientifique ou politique sérieux.

 

J’avais moi-même dans mon blog montré en détails l’incohérence des calculs sur l’empreinte carbone : rien ne collait… Même dans un de mes articles récents au sujet de l’annuaire en papier des Pages Jaunes, quelque chose ne collait pas, et je n’ai toujours pas trouvé d’où venait les différences de résultats… Le plus flagrant, c’est les incohérences rencontrées à partir des citations écolos livrées par Pascal Bruckner dans son livre intéressant : «Les fanatiques de l’apocalypse». Cela divergeait quand on comparait les résultats de calculs. Je me demande toujours, à l’heure actuelle, quels sont les détails des calculs réalisés par les spécialistes de l’empreinte écologique, notamment d’après tout ce qu’on peut lire sur le web… C’est un mystère pour moi.

Les mieux placés pour effectuer des évaluations sur le carbone, ce sont les chimistes (plutôt que les économistes ou les militants écolos). Non ? Le carbone comme une fin en soi, c’est excessivement simpliste dans l’écologie, c’est plus une apologie (numérologique ?) à la mode que comme un moyen véritable pour trouver des solutions lucides et urgentes.

Les critiques contre l’empreinte écologique commençaient à se faire attendre… L’écologisme idéologique punitif est une dérive à dénoncer, l’heure est venue pour réhabiliter l’écologie scientifique et la replacer dans son contexte.

En aucune manière je ne conteste ni ne nie la réalité de problèmes environnementaux graves (pollution des océans par le pétrole et les plastiques, braconnage et massacre des espèces en voix de disparition, déforestation intensive, pollution des régions agricoles par les engrais et pesticides, empoisonnement des abeilles, intoxication de l’air à cause des gaz et fumées de combustions, accumulation des déchets nucléaires, accumulation du CO2 dans l’atmosphère terrestre…). Ce sont des réalités préoccupantes auxquelles il faut des solutions intelligentes et adaptées. L’objet de la critique porte sur la pertinence des calculs sur l’empreinte écologique, et cette critique est légitime et nécessaire. Il faut des solutions fiables. Pourquoi nous fierions nous à des calculs erronés ? Pourtant, certains en ont fait l’apologie, voire même un dogme. Soyons lucides, rationnels et logiques.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

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P.S. :  Ayant déménagé pour raisons professionnelles, j’utilise actuellement une connexion internet précaire (temporaire) de technologie antérieure à la 3G (connexion de merde ! seulement 5 à 15 Ko/s au lieu de 1 Mo/s). J’ai hâte d’avoir bientôt une box ADSL… L’internet par téléphonie mobile, une horrible abomination, une aberration…

L’Homme de Florès : quand l’enthousiasme s’effondre

  • Voici le dernier article de mon blog avant un moment futur. Le blog fait une pose pour le mois d’août 2014.

 

C’est par un heureux hasard que je tombe sur un article retentissant sur le web, avant la phase d’inactivité de mon blog. Voici cet article :  http://www.pourquoidocteur.fr/L-homme-de-Flores-etait-en-fait-trisomique-7455.html

En résumé : l’Homme de Florès, dont les ossements furent exhumés en 2004, et dont les experts enthousiastes ont déclaré en hâte que c’était une nouvelle espèce d’hominidés. Or maintenant, coup de théâtre, les analyses antérieures étaient erronées et les analyses actuelles suggèrent plusieurs preuves d’une trisomie 21 d’un Homo Sapiens

 

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(c) 2014 John Philip C. Manson

 

 

Les plantes dépolluantes, une mode New Age ?

Ce qui motive la réouverture de ce dossier, ce sont des éléments nouveaux. En effet, j’ai découvert fortuitement un livre axé sur les plantes dépolluantes.

En voici la couverture :

couverturelivre-depolluantes

Tout d’abord, je n’ai absolument rien contre les plantes d’intérieur, je suis même très favorable à leur présence dans une maison. Les plantes apportent de la gaîté, c’est beaucoup plus sympa que dans une chambre d’hôpital…

En revanche, la critique est portée sur des affirmations qui ne semblent pas fondées, il y a des arguments bizarres, des points à corriger, et je vais m’en expliquer.

Je ne conteste pas le talent des deux auteurs à travers leur art, ce sont 1 journaliste et 1 paysagiste d’intérieur. Mais un livre quelconque est fait pour être lu et pour être analysé.

J’ai survolé le contenu du bouquin. Je vais aborder environ 7 détails qui méritent d’être cités.

Le cas du radon :

radon

Oui, le radon est un gaz radioactif, et plus dense que l’air. Il aurait fallu souligner que le radon est produit par les roches granitiques que l’on trouve dans les régions montagneuses comme la Bretagne et le Massif Central. Le radon est nettement plus rare dans les régions sédimentaires comme le Bassin Parisien.

Le radon ne se combine pas avec d’autres éléments chimiques (c’est un gaz inerte), mais peut néanmoins se solubiliser dans l’eau, semble t-il.

 

Le cas des ondes électromagnétiques :

electromagn

 

En ce qui concerne les ondes électromagnétiques, il y a quelque chose qui pose problème ici.

En effet, le spectre compris entre 10 kHz et 300 GHz concerne les ondes radio. Les ondes radio sont bien des ondes électromagnétiques, elles servent pour la transmission TV et pour les postes de radio. Mais les ondes radio ne sont qu’une partie du spectre électromagnétique.

Voici ci-dessous le spectre des ondes électromagnétiques :

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  • Le spectre électromagnétique réunit les ondes radio (qui ont la plus faible énergie), les micro-ondes, les infrarouges (qui sont les rayonnements thermiques), le spectre visible (les couleurs sont dues à des rayonnements électromagnétiques), les rayons ultraviolets (UV), les rayons X et les rayons gamma.

À noter que seuls les rayons ionisants (susceptibles de provoquer des réactions chimiques, des destructions moléculaires) peuvent endommager les tissus vivants et provoquer des cancers. Les rayonnements ionisants concernent les UV, les rayons X et les rayons gamma. Soulignons aussi que les rayons gamma ont une fréquence électromagnétique qui vaut des milliers de milliards de fois celle des ondes radio utilisées en téléphonie mobile.

Les infrarouges peuvent provoquer des brûlures, mais ne sont pas ionisants.

Je ne connais aucune preuve qui démontrerait que les ondes radio puissent avoir des effets délétères observés et connus sur les organismes vivants. Les ondes radio sont très peu énergétiques. La psychose alimentée régulièrement par les médias se rapporte surtout à un quelconque principe de précaution que sur la base de preuves scientifiques. Voir cet article :  http://jpcmanson.wordpress.com/2014/04/29/lelectrosensibilite-une-realite/

Le plus étrange, c’est que certains se plaignent des champs électromagnétiques émis par les appareils électriques, alors que la planète Terre possède un champ magnétique omniprésent et que le rayonnement cosmologique fossile rayonne dans toutes les directions en permanence, et que pour ces phénomènes naturels non-négligeables, personne ne s’en plaint. Étrange, non ?

Bronzer au soleil, même avec une crème solaire protectrice, c’est plus dangereux pour la peau que les ondes radio utilisées toute l’année avec la TV, les ordinateurs et les téléphones. Pour l’OMS, 50 à 90% des cancers de la peau sont imputables aux UV solaires. Les UV peuvent provoquer des cancers cutanés tel que le mélanome, provoquer un vieillissement prématuré de la peau (rides), des brûlures (coup de soleil), des cataractes.

Mais en ce qui concerne les ondes radio, je doute qu’ils soient impliqués dans les troubles endocriniens, neurologiques, vasculaires et immunitaire. Il y a une différence entre la psychose propagées par les forums d’internet et les études scientifiques (fondées sur des preuves concrètes) publiées dans les revues scientifiques à comité de lecture. Le principe de précaution ne fait pourtant pas office de preuve.

 

Le cas de la photosynthèse :

photosynthèse

Le schéma sur la photosynthèse est correct.

 

Sur le cas de la bioépuration :

bioépuration

Par contre, là, le schéma se réfère à des suppositions.

La plante utilise l’oxygène et le CO2 via ses feuilles, tandis que les racines absorbent l’eau et les sels minéraux, la plante peut transpirer de l’eau. Mais on peut douter de l’absorption des polluants, surtout si ces polluants sont très peu solubles dans l’eau et/ou s’ils sont peu biodégradables… Les polluants sont, pour nombre d’entre eux, non métabolisés par les plantes. De plus, l’ammoniac et le formaldéhyde peuvent brûler chimiquement les plantes si leurs feuilles y sont exposées.

Supposons que vous croyez que les plantes peuvent dépolluer la présence de formaldéhyde dans l’air. Il peut exister une toute autre explication au phénomène. Par exemple, on place un aquarium que l’on rempli d’eau (20 à 40 litres, grosso modo), et on met l’aquarium dans une pièce polluée au méthanal. Le méthanal est le formaldéhyde, ces deux noms désignent la même molécule (H2CO). Ce qui est intéressant, c’est que l’on retrouvera du formaldéhyde dans l’eau de l’aquarium au bout d’un temps suffisant. Cela dépollue l’air beaucoup mieux que les plantes seraient supposées le faire… Pourquoi donc ? Parce que le formaldéhyde est très soluble dans l’eau : 400 grammes de formaldéhyde par litre d’eau à 20°C. Plus précisément, le formaldéhyde est environ 40 000 fois plus soluble dans l’eau que le dioxygène de l’air. La solubilité aqueuse peut à elle seule expliquer une prétendue absorption de gaz nocifs. En théorie, plus le gaz nocif est biodégradable et plus il est soluble dans l’eau, plus la dépollution de l’air est efficace. Encore plus efficace pour dépolluer l’air intérieur : on aère la pièce pendant au moins 10 minutes en ouvrant les fenêtres, pour renouveler l’air, tout simplement…

Le monoxyde de carbone se combine t-il à la chlorophylle des plantes ? Chez les animaux, l’intoxication au monoxyde de carbone se fait par l’action du gaz toxique sur l’hémoglobine. Or chez les plantes, en théorie, cela devrait s’appliquer sur la chlorophylle. L’hémoglobine et la chlorophylle sont des molécules chimiquement proches : ce sont des porphyrines (l’une de fer, l’autre de magnésium).

Concernant des polluants comme l’ammoniac, le benzène, le toluène et les phtalates, je doute sérieusement de leur métabolisation par les plantes… Surtout quand ce sont des solvants organiques.

 

Sur le cas de l’absorption des ondes électromagnétiques :

 

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L’absorption des ondes électromagnétiques par les plantes est une énorme blague…

Une plante reconnue par plusieurs chercheurs, dit-on ? Mais qui, justement ?

Les ondes radio traversent la matière, sauf les métaux. Les métaux sont opaques aux ondes radio. Faites une expérience avec des cactus de l’espèce concernée et placez-y un petit poste de radio : si les cactus absorbaient les ondes radio, le poste de radio ne pourrait plus capter ces ondes radio pour retransmettre auditivement le signal reçu… On parie que le récepteur radio fonctionne encore parmi ces cactus. De même si on teste avec un téléphone mobile.

Si on envoie des micro-ondes vers ces cactus, le rayonnement micro-onde accélérera la vitesse moyenne des molécules d’eau contenues dans les cactus, et cette eau s’échauffera. Là, je ne crois pas qu’il s’agit de ça dont les auteurs veuillent faire allusion…

Concernant la lumière visible : tous les objets opaques ont une couleur. Les plantes sont vertes, elles réfléchissent donc la lumière jaune et bleue, mais les plantes vertes absorbent réellement la lumière rouge. Si les plantes vertes n’absorbaient pas la couleur rouge, elles apparaîtraient blanches (si aucune couleur n’est absorbée) ou violettes ou marrons. Et si les plantes absorbaient toutes les couleurs du spectre visible, elles apparaîtraient noires.

En bref, il n’y a pas que les cactus qui absorbent la couleur rouge, mais les autres plantes vertes aussi.

Au cas où certains l’ignoreraient encore : les couleurs que nous voyons, ce sont des ondes électromagnétiques qui se propagent jusqu’à nos yeux.

Contrairement aux Schtroumpfs et aux NaVi (les aliens bleus du film "Avatar"), si notre peau n’est pas bleue, c’est parce que la peau ne la réfléchit pas, le bleu est donc absorbé. Non, non, calmez-vous, avec les couleurs vous n’êtes pas «irradiés», non non, bien sûr que vous n’allez pas mourir…

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En continuant la lecture du livre, j’ai trouvé des détails sur la prétendue radio-absorption des ondes électromagnétiques :

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La prétendue absorption des ondes électromagnétiques par les plantes (à part le cas de la couleur rouge dont j’ai parlé), est une croyance.

D’ailleurs, les auteurs précisent, en croyant de bonne foi que le phénomène est réel, qu’il est associé à la pratique de la géobiologie.

Or la géobiologie est un sujet que j’ai déjà analysé via mon blog. Voir ici :  http://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/19/remarque-sur-un-site-pro-radiesthesie/

La géobiologie irrationnelle est en lien avec les croyances du New Age qui récupèrent et dénaturent certains aspects de la science en modelant des croyances travesties faussement en science par l’emploi d’un jargon scientifique qui ne sert qu’à masquer l’absence de fondement objectif.

La géobiologie irrationnelle parle même d’ondes qui n’ont rien à voir avec les ondes électromagnétiques : les ondes de forme, et les courants telluriques, ou lignes ley.

Voir ici :

 

Si William Wolverton (NASA) a vraisemblablement testé des plantes pour tester la dépollution de l’air, cela date cependant des années 60 ou 70. À l’époque, les scientifiques essaient de trouver des moyens pour réoxygéner l’air confiné dans les capsules spatiales pilotées par les astronautes. Plus récemment, certains ont suggéré de faire pousser des plantes sur Mars afin de disposer d’oxygène pour maintenir une base spatiale permanente sur la planète rouge. Depuis Wolverton, le thème des plantes dépolluantes c’est devenu surtout un hobby exploité par des croyants dont certains ont des connaissances assez lacunaires en physique et en chimie. Puis à propos de plantes, d’oxygène, d’écologie et de conquête spatiale, j’ai écrit récemment un article assez explicite à propos du projet Biosphère II, vous devriez lire ça : http://jpcmanson.wordpress.com/2014/07/12/quand-les-sectes-instrumentalisent-la-science-comme-alibi/

Dépolluer l’air ? Il existe un moyen tout simple : une pompe aspire l’air, l’air passe d’abord à travers un filtre à poussière (comme celui d’une voiture dans le moteur), puis l’air est refoulé dans une cuve où il barbote dans de l’eau présente dans la cuve, le but est que des gaz nocifs soient dissouts dans l’eau, ensuite l’air purifié (partiellement ou complètement) ressort de la cuve pour être renvoyé dans le milieu ambiant. Pour le cas du formaldéhyde : on peut dissoudre jusqu’à 400 grammes de formaldéhyde par litre d’eau à 20°C. Mais un gros problème se pose : que fait-on de l’eau usagée ? On ne peut guère la jeter dans l’environnement. Une solution : l’hydrolyse ou la pyrolyse de la molécule. Peut-être inefficace (voire pire) avec les substances non biodégradables comme les halogénures organiques (comme le PVC, le trichloéthylène, etc).

 

Il faut se garder de l’intrusion du mysticisme New Age dans les domaines qui ne doivent relever que de la science. Parce que l’on sait comment ça commence, mais personne ne sait comment cela finit… Autrefois, au Moyen-Âge, les décisions politiques des rois et des reines s’appuyaient sur les déclarations solennelles des astrologues auxquels les souverains y croyaient dur comme fer… (d’après le documentaire «Secrets d’Histoire» sur Agnès Sorel, vu à la TV le 29 juillet dernier). Il n’y a pas pire comme décisions que celles qui ont été motivées par des dérives irrationnelles.

L’inoculation du mysticisme dans la science (et même dans la politique) est un égarement qui ne fait que nous éloigner du réel…

 

L’absorption électromagnétique par les plantes est-elle prouvée ?

cactus

Dans le livre, seul Wolverton est cité nominativement.

Quant aux chercheurs italiens, allemands, suisses, on ne sait ni qui ils sont, ni quels sont les références des études expérimentales qu’ils auraient réalisées.

  • Puis je souligne qu’il y a une différence méthodologique entre des expériences menées par un organisme de recherche scientifique impartial et les «études» conduites par une association aveuglément partisane…

Un écran d’ordinateur et de TV émet des ondes radio de faible puissance. En aucun cas des corps non métalliques n’interfèrent avec les ondes radio. Les métaux réfléchissent ou dévient les ondes radio, et quand les corps ne sont pas des métaux ils sont traversés sans difficulté par les ondes radio.

Puis en ce qui concernent les rayons X et les rayons gamma, ils peuvent être absorbés par la matière, mais dans un cas assez explicite : plusieurs mètres d’épaisseur de plomb métallique. Autrement, les rayons X et gamma traversent très facilement la matière, de façon pénétrante, et en ionisent les atomes.

Le seul cas où les plantes vertes (et pas seulement les cactus) absorbent des ondes électromagnétiques, c’est le cas de la couleur rouge (c’est pour cela que les plantes apparaissent sous une couleur verte. Dans une chambre dans laquelle on allume une ampoule rouge, comme chez les photographes professionnels qui utilisent la photographie argentique, les plantes habituellement vertes y apparaissent en couleur noire (en fait le noir est l’absence de couleur), le vert étant une combinaison du bleu et du jaune, ces couleurs sont absentes dans une chambre éclairée par une lampe rouge.

En dehors du cas de la couleur rouge, absorbée par les plantes vertes (sauf les pétales rouges des roses rouges), l’absorption des ondes électromagnétiques (en dehors du spectre visible et des UV qui sont eux aussi absorbés par la chlorophylle pour la photosynthèse) par les plantes est une idée très douteuse, sans fondement d’après moi. Je pense que c’est une croyance forgée par une certaine pensée magique inspiré par du mysticisme.

Les plantes dépolluantes ? C’est à prendre avec des pincettes. Nous devrions demander ce qu’en pensent les botanistes, les biologistes, les biochimistes. Car jusqu’à présent, le thème est principalement diffusé par les journalistes, les écologistes partisans, les internautes crédules, avec parfois un peu de mysticisme, c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas familières avec la science et qui n’ont même pas objectivement expérimenté elles-mêmes…

  • Dans le lien ci-contre, j’ai le plaisir de voir que des internautes se posent des questions :  http://www.blog.terracites.fr/plantes-depolluantes-miracle-arnaque/
  • En septembre 2011, l’ADEME annonce la remise en cause des plantes dépolluantes :  http://www.actu-environnement.com/ae/news/Ademe-plantes-depolluantes-avis-air-interieur-efficacite-13495.php4   Je m’en doutais que les plantes dépolluantes ne sont qu’un baratin marketing.
  • S’il existe une efficacité avec un substrat complet, cela ne concerne que des concentrations très faibles de polluants, de l’ordre de 1 molécule de gaz polluant pour un million de molécules d’air. Pour des concentrations plus élevées de polluants, ceux-ci sont nocifs pour les plantes.
  • A t-on démontré que les plantes dépolluantes sont un phénomène distinct de la solubilité des gaz ? Ou alors seule la solubilité peut expliquer le phénomène, sans qu’il n’y ait besoin des plantes ? Après tout, un aquarium rempli d’eau ensemencée de bactéries pourrait «purifier» l’air, d’une part par la dissolution des gaz, et la dégradation des gaz par les bactéries.
  • Selon l’Ademe, la priorité reste la prévention et la limitation des sources de pollution accompagnées d’une ventilation ou plus généralement d’une aération des locaux. Ouvrir les fenêtres tous les jours, ne pas bloquer les orifices d’aération, entretenir les chauffe-eaux et chaudières ou réduire l’utilisation de produits chimiques figurent parmi les préconisations de l’Agence en matière d’amélioration de la qualité de l’air intérieur. (En effet, c’est encore plus simple !)
  • UFC – Que choisir : http://www.quechoisir.org/environnement-energie/air/air-interieur/actualite-plantes-depolluantes-inefficaces où l’on lit : «Inutile de céder aux sirènes des publicités des catalogues de jardineries, aux affiches ou aux étiquettes présentes dans les rayons concernant des plantes qui promettent d’améliorer la qualité de l’air intérieur du logement : leur efficacité n’est pas prouvée ! Efficacité nulle en conditions réelles»
  • N’en déplaisent aux best-sellers des jardineries, les plantes dépolluantes brassent de lairhttp://www.terraeco.net/Les-plantes-depolluantes-ne-font,54324.html  L’argument des plantes dépolluantes a fait fleurir le commerce, mais il est plus marketing que scientifique.

 

Ainsi, nous ne devrions pas croire des salades sur les plantes dépolluantes… Mais cela ne doit pas cependant nous dissuader d’installer des plantes à domicile. Ce qui est avéré, c’est que la verdure est une source d’oxygène, et que le CO2 est absorbé pour produire de la cellulose (qui est la structure solide des plantes vertes). Le seul risque avec les plantes d’appartement, ce sont les allergies au pollen…

Moi j’ai toujours rêvé d’avoir des plantes carnivores excitées comme des fauves affamés, afin d’y jeter des gourous par exemple. Aussi bons crus que cuits, qui l’eut crû ?

plantescarnivores

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Activité du blog

  • Je préviens mes lecteurs pour leur annoncer que mon blog commencera à devenir nettement moins actif à partir de la semaine prochaine, dès le 4 ou 5 août 2014. Le mois de juillet a été assez prolifique, avec 36 articles, cela n’était pas survenu depuis avril 2013 au cours duquel j’avais posté 51 articles. Le blog ne sera pas abandonné, je n’hésiterai pas à poster des trucs si je trouve des choses intéressantes entre-temps.

 

 

  • Avant la baisse d’activité du blog, je prévois cependant de poster bientôt, le 2 ou 3 août, un article intéressant à propos du thème des plantes dépolluantes. C’est un sujet que j’avais déjà abordé avec un certain scepticisme, mais il y a des éléments nouveaux qui permettent de formuler un avis incisif et objectif sur ce sujet. À bientôt en ce qui concerne ce futur article.  ;)

 

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Bibliographie

Sur le thème des livres publiés par le physicien Stephen Hawking, j’avais écrit un article qui dressait l’analyse d’un de ses livres les plus récents.

 

Le professeur Wolfgang Smith, physicien américain, a écrit un livre intitulé «Réponse à Stephen Hawking – De la physique à la science-fiction», où il fait une critique des écrits du professeur Hawking.

La page 3 du livre laisse un résumé complet du contexte :

phys-scifi

Je suis d’accord sur le fait que nous devons rester prudent à ne pas mêler la science avec la métaphysique voire avec la religion.

S’il n’y avait pas de garde-fous qui interviennent de temps à autre, nous serions aveuglément abusés par des dérives qui nous glissent peu à peu dans diverses formes d’obscurantisme.

Cela montre néanmoins que les lecteurs eux-mêmes doivent s’autoformer à l’esprit critique, à travers leurs lectures. Ce n’est pas aux sceptiques médiatiques de dire ce qu’il faut faire. Il ne faut jamais lire un livre naïvement en considérant tout pour vrai, un livre doit être lu de manière analytique, à la recherche de contradictions, de non-sens, d’erreurs. Sinon cela n’est pas vraiment savoir lire… Des livres qui disent 100% vrai, exempts d’erreurs, et parfaits, ça n’existe pas. Les livres, comme leurs auteurs, sont faillibles. Même moi je suis faillible, mais je m’efforce malgré tout de faire très attention, je me relis souvent.

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Statistiques sur les CV des jeunes diplômés

Dans cet article de L’Express, j’ai relevé deux informations qui vont permettre d’obtenir quelque chose d’intéressant.

Voici ces deux informations :

  • Les jeunes diplômés qui ont récemment trouvé un emploi ont envoyé en moyenne 27 CV et lettres de motivation pour obtenir leur poste.
  • 9% des jeunes ont en outre dû envoyer plus de 50 CV pour avoir un poste.

 

Avec ces données essentielles, on va poser la conjecture que le recrutement se fait au hasard, puisqu’on va parler ici de courbe normale de Gauss. Nous avons une moyenne, et une densité partielle de probabilité d’une fonction gaussienne dite normale.

L’investigation porte sur cette équation dont il faut déterminer l’écart-type :

LoiNormale

Ensuite, j’essaie d’obtenir l’intégrale de cette fonction pour tout x supérieur ou égal à 50. Le moteur WolframAlpha n’a pas été capable de calculer l’écart-type quand l’intégrale vaut 0,09. WolframAlpha a ses limites… Alors il m’a fallu concevoir un script Perl qui a déterminé de façon empirique la valeur de l’écart-type.

  • Si le choix des CV par les recruteurs s’effectue au hasard, alors il existe une courbe de Gauss dont les paramètres sont les suivants :  µ = 27 ;  σ = 16,79.

 

eq-cv-norm

cv-norm

  • Ainsi, pour 68,2% des candidats ayant été embauchés, ceux-ci ont dû envoyer 27 ± 16,79 CV, donc entre 10 et 44 CV.
  • Et pour 95,4% des embauchés, ils auront envoyé 27 ± 33,58 CV, donc entre 1 et 61 CV.
  • Puis pour 99,8% des embauchés, ils auront envoyé 27 ± 50,37 CV, donc entre 1 et 77 CV.

La courbe de Gauss ne vaut que si le recrutement des candidats est aléatoire.

  • Le recrutement est-il aléatoire ? D’après le magazine Science-et-Vie n° 900 de Septembre 1992, dans le dossier intitulé «Les folies du recrutement», les techniques d’embauche s’appuient plutôt sur des pratiques irrationnelles (astrologie, graphologie, langage des gestes, dont le mode est proche du hasard) plutôt que sur des méthodes déterministes objectives (comme un bilan de compétences ou une période d’essai, tout simplement).

Avec la courbe gaussienne maintenant paramétrée, on peut estimer certaines nouvelles informations statistiques.

Par exemple, pour 0,7% des candidats, ceux-ci obtiendraient un poste dès un seul CV envoyé. Moi je n’y crois pas trop.

Pour être franc, je connais beaucoup de monde, des gens pourtant compétents, pour qui l’envoi de nombreux CV (plus de 100, jusqu’à 600 CV ou plus pour certains) a pour conséquence qu’ils n’obtiennent aucune réponse. Et quand il existe un seul courrier de réponse (sur un minimum d’une trentaine de CV envoyés), il s’agit d’une réponse polie mais négative. À une époque, des CV j’en ai posté des centaines, sans réponses en retour. Et systématiquement dans cette attente, j’avais trouvé du travail entre-temps, soit par l’intérim par l’intermédiaire d’une agence, soit en ayant rencontré le directeur directement en personne, sans intermédiaires. Si je ne devais compter que sur les réponses pour des CV envoyés, je vous assure qu’au bout de plusieurs années, j’attendrai encore, en vain. Il ne faut pas trop compter sur les CV. Nous vivons une époque où les entreprises ont de grandes difficultés pour pouvoir engager du personnel, parce qu’avoir au moins un employé, c’est une contrainte lourde pour chaque employeur. Les cotisations sociales et fiscales sont élevés, en France. Ces dernières années, j’avais eu la chance d’avoir exercé deux postes comme salarié, et j’ai vite réalisé que dans la conjecture économique actuelle il est vraiment très difficile de trouver un travail. C’est pourquoi dans un futur très proche (avant septembre prochain), après une formation professionnelle couronnée de succès, je vais devenir auto-entrepreneur, car pour mon cas comme pour celui d’un million de français qui ont choisi cette issue par nécessité, retrouver un poste de salarié est devenu quasi-impossible.

Seulement 27 CV en moyenne pour trouver un travail, d’après ce que raconte L’Express. Cela me paraît excessivement optimiste, j’ai quand même des difficultés à y croire, je suis sceptique… En effet, si c’était vrai qu’il ne fallait que 27 CV en moyenne avant d’être embauché, il n’existerait sans doute pas 2 millions de français expatriés (au moins). Si certains pensent que l’herbe est plus verte ailleurs et qu’ils assument leur choix, cela voudrait peut-être dire que cela ne va pas si bien que ça en France, non ?

 

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© 2014 John Philip C. Manson

 

De l’art de s’habituer à prendre froid en hiver

En 2011 j’avais publié un article similaire : http://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-lart-de-ne-plus-se-chauffer-decemment-en-hiver/ et je publie ici-même une suite à celui-ci.

 

À propos d’économie de chauffage électrique et d’abaissement de la température de chauffage, j’ai pu voir des affirmations à travers le web :

 

J’ai vérifié ça, en me basant sur la capacité calorifique massique de l’air. Par exemple, lorsque la température extérieure est d’environ +5°C, et pour passer d’une température intérieure de +19°C à +18°C, cela correspond effectivement à environ 7% d’économie de chaleur. Pour ces grandeurs, et elles seules, c’est cohérent.

Cependant, est-ce le pourcentage d’économie vaut pour toute température initiale et pour n’importe quelle température extérieure ? Je ne le crois pas. Cela dépend de la température extérieure à cause de laquelle on chauffe une maison afin de lutter contre le froid. Cela dépend aussi de la température initiale dans la maison, ainsi que la température intérieure redéfinie.

Par exemple, ce que je trouve, quand on passe de 22°C à 21°C dans une maison, quand il fait +10°C à l’extérieur, c’est une économie de 8,3%. Par contre, si la température extérieure est de -10°C (donc en-dessous de zéro degré) quand on abaisse de +22 à +21°C, cette économie ne vaut plus que 3% environ.

Cela semble évident : pour un abaissement de 1°C dans une maison, l’économie de chaleur en pourcentage dépend de la température initiale de la maison ainsi que de la température extérieure.

  • «L’énergie est note avenir, économisons-la», dit en substance le slogan d’un fameux fournisseur d’électricité. Si nous nous mettons tous à économiser au maximum, radins que nous sommes, en portant une laine et un gros bonnet, le fournisseur d’électricité risquerait une perte en chiffre d’affaire, et cela équivaudrait à se tirer une balle dans le pied. Avez-vous déjà vu un vendeur qui dit à ses clients : «après tout, vous n’en avez pas vraiment besoin, au revoir monsieur, pas la peine, merciii» ; ce serait alors mettre la clé sous la porte… Comme par exemple un pompiste qui dirait qu’il faut économiser le pétrole, et que ça pollue de toute façon… «Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout !», dirait un buraliste qui refuse obstinément de vendre des cigarettes. C’est un non-sens de dissuader les clients d’acheter ce que l’on doit vendre, non ? Enfin bon, je n’ai rien contre ce fournisseur d’électricité, je suis satisfait de ses services. Mais les slogans devraient être peut-être plus logiques. Par exemple, ça c’est mieux : «la fée Électricité éclaire le monde».
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© 2014 John Philip C. Manson

L’effet de serre en examen

Les médias parlent souvent de l’effet de serre, au point que tout le monde croit savoir ce que c’est. En réalité c’est souvent confus.

Je vais entrer de plein pied dans le vif du sujet, je vais être précis.

Que voit-on dans cette vidéo ? La scène se passe dans une serre, où il fait vraisemblablement très chaud. Ce court métrage est sans paroles, ce qui fait que ce qui est visuel peut être interprété de façon subjective, car la vidéo reste évasive, sans renseignement précis, sans information structurée.

Les métaphores et les analogies sont un risque dans la vulgarisation scientifique. Il est pourtant nécessaire d’expliquer le comment des choses observées, et faire la distinction entre différents phénomènes distincts.

Dans une serre dont les parois sont en verre, la température intérieure augmente sous l’effet du rayonnement solaire. C’est un fait. La lumière du spectre visible traverse le verre qui est transparent. Les objets sombres dans la serre (la terre elle-même, ou le revêtement plastique noir) absorbent le rayonnement reçu et le réémettent sous forme de rayonnement thermique (infrarouge). Or, le verre est un matériau isolant, c’est un mauvais conducteur de la chaleur : le verre est transparent pour le spectre visible de la lumière, mais il est opaque aux rayons infrarouges. Ainsi, la serre retient la chaleur à l’intérieur.

J’avais réalisé une expérience il y a environ 4 ou 5 ans. Avec un détecteur de présence (détecteur infrarouge), cet appareil détectait ma présence en l’absence de filtre intermédiaire entre l’appareil et moi, mais il ne détectait rien quand je plaçais un grand verre entre l’appareil et moi. Cela prouve que les rayons infrarouges ne traversent pas le verre.

Lorsque le chimiste suédois Arrhénius a choisi d’appeler «effet de serre» le phénomène d’absorption du rayonnement solaire par certains gaz (CO2, méthane, etc), il s’agit d’une analogie trompeuse. Ce n’est pas le même phénomène.

Dans une serre, c’est tout le spectre infrarouge qui est retenu à l’intérieur de la serre.

En ce qui concerne les gaz dits à effet de serre (GES), au niveau spectrographique, les molécules comme le CO2 ou le méthane n’absorbent qu’une étroite marge de longueur d’onde du rayonnement infrarouge, donc pas la totalité du rayonnement thermique. Ce qui est différent.

En continuant à visionner la vidéo, on constate que la personne introduit un thermomètre dans un gobelet d’eau, et un autre thermomètre dans un gobelet rempli de terre, le tout exposé au soleil. Ces thermomètres sont eux-mêmes sous le rayonnement du soleil pour leur partie émergée, ce qui est un biais expérimental dans une certaine mesure, quand le thermomètre chauffe de lui-même. Mieux vaudrait peut-être enfoncer complètement les thermomètres dans chaque matériau à tester. À la fin de la vidéo, la personne s’aperçoit que le gobelet de terre est celui qui a subi la plus forte élévation de température.

Comment évaluer quantitativement ce résultat avec l’expérience des gobelets ?

  • La capacité calorifique massique de l’eau est de 4185 J par kg par kelvin. Celle de l’humus est de 1965 J par kg par kelvin. La masse volumique de l’eau vaut 1000 kg/m³ et celle de l’humus vaut 1200 kg/m³. On suppose que chaque gobelet utilise des volumes équivalents de matériaux (l’eau liquide, et l’humus, séparément). On va supposer que chaque gobelet est cylindrique, de rayon 5 cm, et la hauteur de chaque matériau dans chaque gobelet est 10 cm. À partir de ces données, le calcul de thermodynamique indique que si on expose les gobelets à un rayonnement solaire moyen pendant une heure, alors l’élévation de température est de 3,3°C pour le gobelet d’eau liquide, et de 5,8°C pour le gobelet d’humus.
  • Dans la vidéo, on voit que la température du gobelet d’eau est de 28°C, et celle du gobelet d’humus atteint 30 à 31°C. Soit environ 2 à 3°C de différence, alors que la température initiale est la même pour les deux gobelets. Ce qui est cohérent avec le calcul ci-dessus.

L’expérience des gobelets met en exergue une propriété thermodynamique des matériaux : la capacité calorifique massique.

Où je veux en venir ? Hé bien, je vais vous le dire :

  • Dans la vidéo, en aucun cas l’on n’a vu un exemple concret et explicite qui concerne les gaz à «effet de serre». La vidéo n’a fait qu’illustrer le rôle du verre en tant qu’isolant thermique, ainsi que la convection thermique de l’air confiné en intérieur, et mis en évidence des propriétés de matériaux comme l’eau et de la terre. Mais aucun exemple sur des gaz… Rien sur les gaz comme le dioxyde de carbone.

Dans le cadre du réchauffement climatique, où l’on dit que la Terre (son atmosphère plutôt) se réchauffe à cause des GES, une expérience avec des gaz aurait été mieux appropriée qu’une analogie avec l’exemple d’une serre. Le CO2 n’est pas intervenu une seule fois dans la vidéo. Or dans le cadre où l’on chercherait à prouver que des gaz sont des gaz à "effet de serre", tout en faisant des expériences qui n’ont rien à voir avec des gaz eux-mêmes, je trouve ça choquant, quand même…

Cependant, l’intérêt de la vidéo montre la preuve de ce que l’on appelle l’îlot thermique urbain : des matériaux exposés au soleil se mettent à chauffer, surtout s’ils sont noirs (meilleur absorption) ou s’ils sont métalliques (les métaux sont d’excellents conducteurs thermiques). Une plaque en acier peinte en noir dépasse nettement les 53°C en plein soleil, quand la température de l’air à l’ombre est de 27°C (j’ai expérimenté moi-même). Ces matériaux échaudés (métaux, plastique noir, terrasse en calcaire, bitume, asphalte…) échauffent eux-mêmes l’air ambiant dans les zones urbanisées. Indépendamment des effets du CO2.

Pour reparler de la serre de verre, outre le rôle d’isolant thermique du verre, il y a autre chose : l’air à l’intérieur de la serre est confiné, la température ne peut que s’élever. En ce qui concerne l’atmosphère terrestre, avec son oxygène, son azote et le CO2, il n’y a pas confinement d’air, l’air est libre de circuler. Une serre empêche les échanges thermiques, comme si on était enfermé dans une bouteille de verre. Mais l’atmosphère n’a ni membrane, ni paroi, elle est directement en contact avec l’espace. Comme on le sait avec la poussée d’Archimède : un gaz devient moins dense quand il est chauffé, il s’élève en altitude, puis il se refroidit en altitude, et l’air refroidi redescend, c’est la convection. Un gaz chauffé finit par refroidir grâce à la convection, puisque l’atmosphère n’est naturellement pas enfermée comme dans une serre de verre ou de plexiglas. C’est parce que la serre est un milieu fermé qu’elle conserve son air chaud.

Quand il fait très chaud, j’ai souvent remarqué que les orages survenaient après, et que la température chutait quand la pluie d’orage était soudaine et forte. L’atmosphère terrestre s’autorégule. Tandis qu’une serre est un milieu fermé.

 

 

 

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Je vais faire de l’humour noir, je suis désolé mais je le dis (pour lire, surligner avec la souris ci-dessous) :

S’il pleut des avions en ce moment, dans l’Océan Indien, en Ukraine ou au Sahara, c’est peut-être parce qu’ils ont percuté la paroi d’une serre qui surplombe l’atmosphère terrestre ?

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Mésusages idéologiques, pseudo-vulgarisation scientifique, mysticisme et métaphysique

  • En lisant le blog de M. Anton Suwalki, je tombe sur quelque chose d’intéressant :  http://www.imposteurs.org/article-quantox-un-livre-de-richard-monvoisin-114728786.html

En bref, cela dénonce l’intrusion du mysticisme dans la science, et la récupération de la physique quantique comme alibi pour servir les charlatans du New Age. C’est un sujet que j’avais déjà abordé en détail dans mon blog.

Ce qui est intéressant en particulier c’est cette page : http://cortecs.org/textes-et-opinions/these-r-monvoisin-pour-une-didactique-de-lesprit-critique/  où il est question d’une thèse nommée «Pour une didactique de l’esprit critique» dont le contenu est intéressant. Vous pourrez la lire ici :  http://cortecs.org/wp-content/uploads/2010/11/CorteX_Monvoisin_these_didactique_esprit_critique.pdf  (document de 444 pages).

À la page 389 de cette thèse, on y lit des observations pertinentes que j’avais moi-même constaté. Une certaine forme de vulgarisation scientifique repose malheureusement moins sur l’objectivité sobre que sur des techniques de communication, de mise en valeur d’images, de stéréotypes, d’usage immodéré de métaphores, d’approximations, et autres a priori.

Un aperçu de la page 389 de la thèse :

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(Cliquer pour agrandir)

«Dis… Pourquoi ?», voit-on en titre.

Le pourquoi appartient à la métaphysique. La science aborde la question du comment, pas du pourquoi. La chose la plus essentielle qui soit si peu vulgarisée, c’est bien l’épistémologie et les critères de scientificité, ainsi que la méthode scientifique.

Si les pseudo-sciences sont souvent l’objet de critiques pleinement justifiées, je pense qu’il est tout aussi intéressant et important d’analyser et de décortiquer les différentes formes de vulgarisation scientifique, afin de montrer des réalités discordantes, voire des aberrations.

En juin 1997, le magazine S&V se hasardait à utiliser l’effet paillasson. Je me souviens avoir lu moi-même cette page de magazine. La thèse de M. Monvoisin aborde ce sujet à la page 391.

Un aperçu ci-dessous :

paillasson

(Cliquer pour agrandir)

«Fracassante découverte», voila une dénomination tendancieuse et suspecte.

 

  • De la bonne vulgarisation scientifique, ça existe. Je prends l’exemple du magazine «Pour La Science». Mais même si un magazine a une qualité reconnue, cela ne doit pas pour autant nous dispenser de l’esprit critique… Les autres magazines de vulgarisation scientifique : à prendre avec des pincettes, à mon avis.

 

L’important n’est pas ce qu’on lit, mais avec quelle approche intellectuelle on considère ce que l’on lit. Croire tout ce qu’on lit, c’est foncer droit dans le mur… L’exercice de l’esprit critique est une approche analytique qui nous apprend bien plus de choses que la seule crédulité qui nous rendait perméables à toutes les salades et à toutes les sauces…

Certaines publications s’égarent dans des dérives inutiles et stériles, en s’éloignant du cadre de la scientificité, dont acte :

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(Page 394 de la thèse)

Cet exemple concernant ce Hors-Série du magazine C&E montre que ce n’est déjà plus de la vulgarisation scientifique.

 

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© 2014 John Philip C. Manson