Des victimes d’arnaques au photovoltaïque

Depuis le temps que je disais que l’énergie solaire est peu rentable (surtout comme moyen de production électrique chez les particuliers), les journalistes annoncent bien tardivement les mauvaises surprises, pourtant prévisibles par quelques calculs…

Certains pensaient investir grâce à l’énergie solaire… Ils se retrouvent avec 200 euros de coûts chaque mois…

On peut refaire le calcul :

  • Le rayonnement solaire incident est de 1367 W/m² au niveau de l’orbite terrestre (c’est la constante solaire).
  • Le rayonnement solaire incident reçu sur la surface terrestre (pendant le jour) sur une section de disque est de 342 W/m².
  • Le rendement habituel des panneaux solaires est compris entre 10% et 20%.
  • Par conséquent, dans le meilleur des cas (temps ensoleillé sans ombrage dans les régions tempérées), un mètre carré de panneau solaire produit environ 34 à 68 W maximum (25 à 50 W si on se base sur un rayonnement solaire incident de 1 kW/m²). De quoi faire fonctionner une ou deux ampoules électriques.

La plupart des installations photovoltaïques sur les toits, c’est 16 panneaux d’environ 1 m² chacun, soit 16 m². Dans les conditions d’ensoleillement les plus optimistes (et seulement durant les jours, et non les nuits), on peut espérer une production électrique atteignant 400 à 800 W maximum pendant le jour. Mais un temps ensoleillé continu, et constamment au zénith, ça n’existe pas. Ce sera donc toujours inférieur à 400 ou 800 W/m² en période diurne pour les 16 panneaux solaires. En effet, le temps peut être souvent nuageux, et l’angle des rayons solaires incidents forment souvent un angle qui fait que les rayons sont tangents par rapport à la surface des panneaux (comme au lever et au coucher de soleil). L’inclinaison des panneaux par rapport à la position changeante du soleil a des conséquences sur le rendement électrique.

La production d’énergie solaire photovoltaïque réalisée par un panneau solaire cristallin (dans la région de Lyon en France) est en moyenne de 100 kWh/m² par an. Ce qui correspond, calcul fait, à environ 11 W/m² en moyenne (cette valeur est inférieure à mes calculs précédents car là elle prend en compte les périodes d’ennuagement et les intempéries, car il n’y a pas tout le temps du soleil en journée).

En moyenne, avec 16 m² de panneaux solaires sur un toit de maison, on produit environ 176 W. C’est bien maigre comme production électrique. Grâce aux calculs aux conclusions explicites, je n’achèterai jamais ce bazar dont la publicité fait plus de bruit que les résultats réels…

En pédalant comme un athlète sur un vélo équipé d’une dynamo, on peut atteindre environ 600 watts. La force musculaire d’un homme produisant de l’électricité à l’aide d’une dynamo bon marché, ça donne un meilleur résultat que 16 m² de panneaux photovoltaïques, et mieux aussi qu’une petite éolienne domestique. Évidemment, on remplace le cycliste quand celui-ci est fatigué.  ;)

La logique veut que l’on évalue et que l’on vérifie avant d’acheter. Non ? On ne doit pas acheter sous prétexte de croire qu’un vendeur dit la vérité quand il vous convainc qu’une 2-CV a un moteur dont la puissance dépasse de loin celle d’un Boeing 747… Quand vous achetez une bagnole, vous l’essayez avant de l’acheter.

iconlol

© 2014 John Philip C. Manson

La fréquence des tempêtes en France entre 1950 et 2005

Voici l’image :

DSC_0500

 

Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on peut extraire les données pour les exploiter : 8 11 8 3 6 4 2 3 5 5 2 3 7 1 1 6 3 6 1 1 2 1 2 1 5 1 1 1 3 3 1 5 4 4 6 0 3 4 6 5 6 2 4 3 3 2 3 2 4 5 2 0 3 2 2 1. Cet échantillon indique le nombre de tempêtes en France pour chaque année, de 1950 à 2005.

L’échantillon statistique nous révèle qu’il y a eu 188 tempêtes en France sur une période de 56 années. Ce qui fait une moyenne de 3,357 tempêtes par an en France.

J’ai ensuite calculé l’écart-type de l’échantillon. L’écart-type est de 2,23.

Concrètement, le nombre annuel de tempêtes en France est de 3,357 ± 2,23.

  • Il y a une probabilité de 68,2% pour qu’il y ait entre 1 et 6 tempêtes par an en France.
  • Il y a une probabilité de 95% pour qu’il y ait entre 0 et 8 tempêtes par an en France.
  • Il y a une probabilité de 99,7% pour qu’il y ait entre 0 et 10 tempêtes par an en France.

Il y a une probabilité de 0,03% pour qu’il y ait au moins 11 tempêtes en une année donnée en France.

 

En France, le nombre de tempêtes par an augmente t-il d’années en années ? Il n’y a rien de franchement significatif.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Linux power

Aujourd’hui, c’est l’occasion de parler d’un domaine très inhabituel dans ce blog. Une mésaventure est survenue aujourd’hui lorsque j’essayais d’installer la nouvelle version de Skype pour Linux 32 bits. En effet, lors de l’installation de Skype, j’ai eu la désagréable surprise de voir soudain la déconnexion ADSL simultanément avec le plantage insoluble du driver ou de la config de ma carte graphique ATI.

Merde… Impossible de redémarrer l’ordinateur. Comme si la carte graphique n’existait plus. J’ai tenté un "chroot" en ligne de commande. Mais rien… Je savais que l’installation des pilotes propriétaires de Catalyst, c’était le bazar…

J’ai trouvé une solution radicale mais efficace, tout en épargnant les précieuses données, cela pourra servir à ceux qui sont confrontés au même incident (carte graphique hors service, ou le boot KO indéfiniment).

J’ai donc reformaté partiellement le disque dur. En épargnant surtout la partition /home qui est distincte des autres partitions (bien heureusement !). Pour cela, j’ai placé les labels qui s’associent respectivement aux partitions concernées :

  • Pour mon cas : sda pour le point de montage sur la racine, sda1 pour /boot, sda7 pour /usr, sda6 pour /home (que l’on ne reformate surtout pas !), sda2 pour / (répertoire racine, donc root)

Important : pour éviter les accidents d’effacage de données, je n’ai pas modifié la taille des partitions, j’ai conservé la partition /home telle quelle, et surtout j’ai conservé le même identifiant et le même password, ainsi que le même nom d’ordinateur. À savoir : ne jamais avoir une seule partition pour tous les répertoires (home, usr, etc…), des partitions distinctes sont une garantie de survie des données si on veut épargner une partition précise d’un reformatage.

Mon système d’exploitation a donc été restauré et j’ai aussitôt écrit ce présent article très peu de temps après le démarrage. ^^

Oui, oui, je suis un geek.  ;)

En plus, j’ai remplacé Linux Mint 11 par Mint 15, qui est une distribution plus récente. Et cela à partir d’une clé USB bootable sur laquelle j’avais installé Mint 15 il y a quelques mois, avec la commande dd depuis un fichier image ISO de la distribution. Sauvé par un petit bout de plastique (la clé USB)… Heureusement car sinon mon ordi était mort, mort, mort ! La résurrection c’est possible avec Linux, mais pas avec Windows…

iconlol

  • Ajout du 18/09/2014 : j’ai finalement installé Linux Mint 17, une version beaucoup plus récente, et j’ai appris qu’il n’y avait plus besoin de créer une partition /boot pour le Grub. En résumé, on conserve l’ancienne partition /home, et on crée une partition "/" contenant /var, /etc, /boot, /usr, /cdrom, /dev, /lib, /root, /run, /bin, /sbin, /tmp et le reste (sauf /home qui est une partition distincte). La partition qui servait pour /usr est réaffectée comme partition FAT32, tandis que /usr va dans "/".
  • 19/09/2014 : lorsque le boot fonctionne de façon irrégulière, parfois le boot ça marche, souvent ça ne démarre pas, je pense avoir trouvé l’explication. le BIOS était configuré de façon à être verrouillé contre la réécriture sur le point de montage. Ainsi le secteur d’amorçage ne pouvait pas fonctionner. Verrou désactivé, maintenant ça démarre sans le moindre bug.

© 2014 John Philip C. Manson

Comment réaliser une recherche documentaire : le cas de l’ESRA

  • Ceci est l’un des articles les plus aboutis de mon blog. J’ai pris mon temps pour le rédiger. Le contenu de cet article vous intéressera si vous aimez lire patiemment les détails, comme une lente autopsie soigneuse. Ainsi je vous préviens d’avance : le texte est un peu long, au risque de décourager ou dissuader les lecteurs les moins courageux. Pour les plus impatients d’entre vous, j’ai gardé le meilleur pour la fin, où j’ai exploré des pistes en matière de théorie des nombres, vous pouvez si vous le voulez lire directement la fin de ce présent article. Autrement, l’ensemble de ce dossier est intéressant.
    D’habitude, j’ai fréquemment rédigé mes articles directement dans l’interface d’édition du blog lui-même. Là j’ai pris tout mon temps, à partir d’un brouillon avec un simple éditeur de texte.

 

De quoi mon article parle t-il ? Hé bien, je vais vous le dire.
Ayant un contact occasionnel qui me demandait des renseignements sur un bouquin de Bernard Werber, j’en profite pour relancer ce thème déjà abordé il y a plusieurs mois sur mon blog. Ici : http://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/18/analyse-partielle-de-la-nouvelle-encyclopedie-du-savoir-relatif-et-absolu/
J’ai appris que l’écrivain est connu aussi dans d’autres pays, et pas seulement en France où il est très populaire. C’est l’occasion de recadrer les choses dans leur contexte.

Je tiens à préciser formellement que la critique ci-dessous ne porte pas directement sur l’écrivain lui-même, j’atteste qu’il est un bon romancier, mais la critique porte principalement sur la manière dont les lecteurs perçoivent son oeuvre, notamment selon un point de vue historique et scientifique.

Les éditions successives de «L’encyclopédie du savoir relatif et absolu» et de «La nouvelle encyclopédie…» du même nom forment un ensemble bien relatif.
Annoncé comme une encyclopédie de connaissances, ce livre n’est finalement qu’un recueil de légendes urbaines, d’anecdotes fantaisistes qui côtoient plus ou moins la métaphysique ou la spiritualité. Ayant fait état de nombre d’erreurs manifestes sur le thèmes scientifiques pendant la lecture, on est vite déçu par le manque de travail documentaire de l’auteur (à moins qu’il l’ai délibérément voulu dans le cadre de son roman, c’est-à-dire un contenu fictif de A à Z puisqu’il s’agit de littérature).

Je ne comprends absolument pas l’enthousiasme des lecteurs quand ceux-ci prétendent avoir accès à des connaissances alors que l’ESRA (acronyme désignant l’encyclopédie de Werber) est une oeuvre littéraire de fiction. Il est incroyable que de nombreux lecteurs prennent cet ouvrage pour argent comptant, comme des références scientifiques avérées, alors que le bouquin est truffé d’erreurs, d’inexactitudes ou d’anecdotes non prouvées. On peut vanter Werber pour sa prodigieuse imagination et son écriture fluide pour écrire des romans de science-fiction. L’enthousiasme est légitime quand on parle d’un ouvrage de science-fiction (c’est justement ce qu’il est) et perçu comme tel. Mais l’enthousiasme devient incompréhensible si le public perçoit l’ouvrage comme de la vulgarisation scientifique authentique. On peut légitimement émettre des réserves (preuves à l’appui ici-bas) en ce qui concerne la diffusion de prétendues connaissances scientifiques authentiques dans l’ESRA. Les détails que je vais donner sont suffisamment concis, les inexactitudes révélées sont évidentes et flagrantes. Ces inexactitudes entrent peut-être en scène dans le cadre d’un récit imaginaire de science-fiction, ou bien ce sont des gaffes produites par inadvertance, je ne sais pas si elles sont volontaires ou pas. Je penche plutôt pour l’hypothèse que ces erreurs soient volontaires, car l’auteur a été journaliste scientifique, et je ne crois pas qu’il aurait gaffé à ce point, je pense qu’il sait ce qu’il fait). Ce n’est pas l’auteur qui est à blâmer, mais la plupart de ses lecteurs. Vous devriez lire les commentaires enthousiastes d’internautes dans les sites web marchands francophones (comme Amazon) dans les pages qui parle des livres de l’ESRA publiés par l’auteur : on ne peut que constater l’aveuglement des lecteurs qui croient sincèrement s’instruire au gré de la lecture des «connaissances» scientifiques rencontrées dans l’encyclopédie. Ces lecteurs pourraient éventuellement être intéressés par une analyse critique. Sinon, au pire, ils n’apprécieront aucun forme de critique.

Certains pourraient affirmer que je n’ai pas lu Werber et que mes critiques sont faciles, vilaines ou insolentes. Or j’ai lu Werber afin de mieux cerner la pertinence de son encyclopédie. Si une écrasante majorité de lecteurs font des éloges sur l’écrivain, il existe une petite minorité de lecteurs qui ont un avis critique négatif sur son oeuvre (quand cette oeuvre est erronément perçue comme un ensemble de connaissances, ce que les critiques contestent). Et pourtant, c’est cette petite minorité qui a l’avis le plus lucide.

Je ne juge pas ad hoc une oeuvre sous prétexte que j’aurais décidé arbitrairement qu’elle n’est pas bien. J’ai des arguments concrets à livrer. Je donne ces arguments pour informer, pas pour exercer un jugement de valeur.

On peut voir «L’encyclopédie du savoir relatif et absolu» comme un roman de fiction, une fable, de la science-fiction. Je lis moi-même occasionnellement de la science-fiction, surtout en BD. Se distraire et se faire plaisir en lisant de la science-fiction, tout en sachant que c’est une oeuvre littéraire de fiction, ça va. Mais croire à tort qu’une oeuvre de fiction raconte des faits réels, cela ne va plus, l’on risque de s’égarer (et parfois cela va loin pour certains lecteurs)… On peut néanmoins offrir ces livres à des enfants ou des adolescents, tout en leur disant que ce sont des anecdotes de fiction, que c’est juste de la lecture pour se distraire, mais que ce n’est pas de la lecture pour s’informer ni pour acquérir des connaissances objectives. Croire à tort que des choses erronées sont des «vérités», c’est un égarement intellectuel. La culture scientifique du grand public est déjà assez galvaudée…

Comment faire un travail documentaire ? Voila la question essentielle de ce présent article. Avoir en mémoire des connaissances de base pour détecter des erreurs, des approximations ou des affirmations non prouvées, c’est très bien. Pour avoir une pareille mémoire, il faut être un grand lecteur, lire de tout, et savoir démêler le vrai du faux. Cela s’apprend. Mais il faut y mettre de la volonté. Et si l’on n’a pas de connaissances en mémoire, ce n’est pas grave du tout, mais cela prendra un peu plus de temps, à travers une recherche documentaire patiente. Mais je donnerai un petit bémol : même si on a une bonne mémoire, il ne faut jamais se fier à sa mémoire, parce qu’une mémoire, même bonne dans l’ensemble, peut occasionner des erreurs involontaires, c’est ce que j’ai appris par expérience. La rigueur d’un travail documentaire est plus important et plus fiable que la confiance que l’on a pour notre mémoire. Je ne prétends jamais à la science infuse. Je prends pour principe de départ que l’on ne sait rien, que l’on n’est sûr de rien, et qu’il convient mieux de vérifier avant de croire n’importe quoi. C’est le principe de mon blog : je suppose que je ne sais rien, je prends le soin de vérifier ce qu’on entend dire à travers les médias, je fais des comparaisons avec des sources sérieuses, et je livre mes conclusions, et lorsque je ne suis pas sûr de mon avis, je demande à l’un de mes contacts plus habile que moi-même quand le niveau requis de connaissances devient plus poussé.

Comment faire un travail documentaire ? On compose une équipe. Pas forcément des experts universitaires barbus avec des lunettes et ayant 50 ans d’expérience professionnelle, non. On peut même constituer une équipe composée exclusivement de lycéens des filières scientifiques et technologiques, et issus des classes de 1ère et de Terminale, donc des élèves âgés d’environ 16 à 19 ans. Des individus jeunes, certes, mais cela n’empêche pas qu’ils sont tout-à-fait compétents pour réaliser une recherche documentaire soigneuse s’ils font preuve de rigueur. En plus, avec l’avènement d’Internet, les recherches sont plus rapides que dans un CDI de lycée ou une bibliothèque universitaire, mais il faut toutefois trier efficacement les divers contenus trouvés sur le web.

Principe du travail documentaire : on lit un texte à vérifier, on le compare avec des contenus du web dont les sources sont pertinentes sur le plan scientifique ou sur le plan historique, et on livre une conclusion.

Je suis tout-à-fait confiant que l’équipe de lycéens, si l’on en constitue une, est tout-à-fait capable de déceler les erreurs que j’ai moi-même rencontrées dans l’encyclopédie du savoir relatif et absolu. N’importe qui, ou presque, est capable, avec sa seule motivation, sa volonté, de détecter les erreurs contenues dans l’ouvrage ci-nommé.
Ces erreurs sont flagrantes comme un gros bouton d’acné au milieu du nez, n’importe qui ayant un esprit éveillé peut déceler ces erreurs sans difficulté.

Tout croire dans ce que l’on lit d’un livre, surtout quand certains affirment que le livre est un inventaire de connaissances, c’est ne pas savoir vraiment lire. L’approche d’un livre avec un regard critique, c’est souvent vachement intéressant.  ^^

Je récapitule ci-dessous les diverses erreurs et inexactitudes rencontrées lors de la lecture de «La nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu» (2009), ce qui fut l’objet d’un article précédent dans mon blog avec cependant des nouveautés que je rajouterai ici aussi. Je me suis basé essentiellement sur ma propre mémoire des connaissances pour déceler des erreurs (je suis aussi sensible qu’un sismographe, je suis assez bon pour ça mais je ne suis pas infaillible), mais pour être vraiment sûr (parce que l’erreur est humaine) je prends quand même le soin de vérifier cela au moyen de sources externes suffisamment fiables.

Maintenant, voici l’analyse critique de l’ESRA.

Dans le tome 2 intitulé «Le jour des Fourmis», on peut lire à la page 46 cet extrait, mot pour mot : «En septembre 1519, le roi aztèque Moctezuma partit à la rencontre de l’armée espagnole avec des chars jonchés de bijoux en guise d’offrandes. Le soir même, il était assassiné.»

Voici mon argument : Moctezuma rencontra Hernan Cortés le 8 novembre 1519, mais Moctezuma fut assassiné en juin 1520, plusieurs mois après cette première rencontre, mais certainement pas le soir-même un jour d’automne 1519. L’erreur dans l’encyclopédie est flagrante…

Réinventer l’Histoire en créant de nouveaux destins, dans le cadre d’une oeuvre littéraire de fiction, cela s’appelle de l’uchronie, c’est un des styles de la science-fiction. Par exemple, on peut créer une histoire fictive où Moctezuma aura été zigouillé le premier jour de l’invasion des Conquistadores, ou même imaginer l’histoire fictive uchronique des États-Unis qui auront eu la particularité de devenir un régime politique autoritaire communiste (et portant toujours l’acronyme USA, mais avec la dénomination suivante : Union Soviétique Américaine).  ^^

Mais réécrire l’Histoire, la vraie, en pensant avoir été conforme à la réalité historique et la présenter comme telle (l’auteur comme ses lecteurs) alors que cela ne l’est pas, c’est une gaffe en matière de pédagogie… Je pense que l’auteur a voulu donner une version uchronique de l’Histoire, il en a le droit dans le cadre de son roman puisqu’il s’agit d’une oeuvre de fiction. Mais ses lecteurs n’auront pas tous eu la même approche, pensant avoir affaire à un récit authentique alors qu’il est manifestement fictif.

Premier article de «La nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu», intitulé «Au début». Cela parle du commencement de l’univers, le Big Bang. L’auteur raconte qu’au début de l’univers il n’y avait rien avec un peu d’hydrogène : donc s’il y avait de l’hydrogène c’est qu’il y avait quelque chose et non pas "rien". Après, l’auteur dit que l’univers se réveille : en fait, le commencement de l’univers est aussi le commencement du temps, la physique est une science incapable de remonter au-delà des premiers instants, il est donc inexact de dire qu’il y a un réveil puisque cette affirmation suggère qu’il y a un changement d’état (attente puis action) alors que le temps avant le Big Bang n’est pas supposé exister… Après, Werber affirme : «L’hydrogène détone». En fait, le verbe est inapproprié : la détonation fait plutôt penser à une violente explosion de type chimique, comme une violente combustion (en l’hydrogène et l’oxygène par exemple). Le Big Bang n’est pas une explosion chimique, d’où l’appellation impropre de détonation. C’est en fait la fusion thermonucléaire de l’hydrogène pour former de l’hélium. Plus précisément, il s’agit de la nucléosynthèse primordiale, laquelle est à l’origine des premiers éléments chimiques dans l’univers : hydrogène, hélium, lithium, béryllium… Mais Werber (ou plutôt Edmond Wells, personnage fictif créé par Werber, et Wells est désigné comme étant lui-même l’auteur fictif de l’encyclopédie) n’en évoque même pas le nom. Il précise heureusement peu après qu’il s’agit de réactions nucléaires. Critiquer l’appellation de détonation, ce n’est pas le détail le plus significatif, il peut paraître léger en effet, mais voici la suite c’est bien mieux. Après alors, l’auteur nous donne les taux de composition chimique de l’univers. Une vérification des chiffres montre rapidement qu’ils concernent plutôt la composition chimique du soleil, et non celle de l’univers. Des erreurs dès le premier thème abordé…

En effet, concernant la composition chimique de l’univers, il y a 75% d’hydrogène et 25% d’hélium (proportions connues depuis les années 40).
La composition chimique du soleil est de 92,1% d’hydrogène, et 7,8% d’hélium, proportions similaires aux données indiquées par Werber : respectivement 90% et 0,1%.

Parler de détonation c’est un détail minime excusable, mais se tromper dans les chiffres à propos de la composition chimique de l’univers, c’est quand même plus gênant…

Le plus terrible n’est pas l’existence de telles erreurs dans ce bouquin. Enfin bon, ce n’est qu’un roman de science-fiction et de philosophie-fiction. Le plus terrible, c’est la cécité culturelle apparente des lecteurs de ce livre qui ne s’aperçoivent pas du tout de ces erreurs, et les prennent sincèrement pour des vérités historiques et scientifiques, sans le moindre recul critique. L’écrivain réalise quelque chose d’intéressant : il fait révéler un symptôme, l’inaptitude d’une proportion non négligeable de lecteurs qui n’utilisent pas de discernement critique.

Je vois toute lecture comme une occasion de remise en question et comme un passe-temps pour se divertir, et non comme un moyen de croire n’importe quoi. Je n’ai pas toujours eu ce recul critique, mais j’ai su m’apercevoir que celui-ci est une nécessité.

À propos de l’encyclopédie, on croit dès la couverture que c’est un recueil scientifique, un recueil de faits, de théorèmes, de pensées. Mais on se sent finalement mystifié tout le long du recueil. Cela casse le plaisir si l’on s’attendait au préalable à lire des connaissances éprouvées. Vous savez maintenant que cette encyclopédie est à lire en connaissance de cause : c’est une oeuvre littéraire de fiction, un roman ordinaire, n’ayant que peu en commun avec la richesse objective de l’Encyclopédie Larousse. Le mérite du bouquin est de stimuler l’imaginaire et de distraire. Mais si ce bouquin s’érigeait en vulgarisation scientifique (ou défini comme tel par des lecteurs maladroits), il est ce que j’ai de vu de pire dans ce domaine, suggérant un niveau proche de l’amateurisme, à travers des exemples simplistes et évasifs. Mais dans son contexte littéraire de fiction, ce qu’est le bouquin en réalité, ce bouquin peut être distrayant à lire.

Je ne nie pas la qualité littéraire de l’ouvrage, son auteur est un bon romancier, mais la façon biaisée dont le livre est perçu contextuellement par ses nombreux lecteurs c’est ça le fond de la critique.

Prendre ce livre comme une encyclopédie de connaissances véridiques, exactes et exemptes d’erreurs, c’est comme si je vous racontais que la Terre du Milieu existe vraiment, que l’Oeil de Sauron est une menace réelle, et que nos amis les Hobbits et les Elfes vont réellement nous donner un coup de main pour vaincre les forces du mal. Gandalf veille sur nous. Aragorn m’a même prêté son énorme épée. Si, si, j’vous l’jure.  ^^

Le second article de la nouvelle encyclopédie concerne la réalité parallèle. Cela concerne plutôt les concepts métaphysiques que les connaissances scientifiques.
La science est définie comme ayant la possibilité de réfuter une hypothèse si celle-ci est fausse. Ainsi, par exemple, tous les cygnes sont blancs, mais si je veux réfuter cette hypothèse généraliste, il suffit que j’ai la possibilité d’observer au moins un cygne noir (ou d’une autre couleur) pour invalider l’hypothèse selon laquelle tous les cygnes sont blancs. Il peut paraître très difficile de recenser tous les cygnes, mais on a cependant la possibilité de faire des observations. Dans le cas de la métaphysique, on ne peut ni démontrer la véracité d’une idée, ni même en établir la fausseté : les idées métaphysiques ne sont donc pas des hypothèses scientifiques. Exemple de question non scientifique : Dieu a t-il une barbe ? On ne peut absolument rien vérifier, c’est inobsersable et inquantifiable. On ne peut pas concevoir une observation ou une expérience permettant de prouver factuellement que Dieu a une barbe, on ne peut pas le réfuter non plus. L’hypothèse «Dieu a une barbe» n’est pas scientifique. Même remarque pour les réalités parallèles : on ne peut en tirer aucune connaissance à ce jour, on ne saura peut-être jamais si les réalités parallèles existent, ni même si elles n’existent pas. Tandis que la science peut permettre les observations et les quantifications de phénomènes. Il n’y a pas de scientificité quand la potentialité de réfutabilité est et reste inapplicable.

Le cinquième article de la nouvelle encyclopédie est intitulée «Question sur l’espace-temps». Werber évoque la structure sphérique des atomes. Il raconte que certains électrons sont proches du noyau atomique et que d’autres électrons en sont plus éloignés. Il affirme aussi que les électrons émettent de l’énergie quand ils s’éloignent du noyau atomique et qu’ils absorbent de l’énergie quand ils se rapprochent du noyau. Ce qui est faux ! En fait, quand un électron s’éloigne du noyau, il absorbe de l’énergie, et il en émet quand il s’en éloigne. En inversant, l’auteur s’est trompé. Il semble avoir oublié ses cours sur l’électromagnétisme et sur la physique quantique, cela peut arriver. Mais la moindre des choses c’est de se renseigner sur le sujet avant d’écrire un bouquin. Étant moi-même beaucoup lecteur, je sais que les écrivains, que ce soit des auteurs de romans ou des essayistes, font un important travail documentaire pour écrire des fictions crédibles ou des essais sérieux. Par exemple, j’ai pu m’apercevoir que le livre de Pascal Bruckner, «Les fanatiques de l’apocalypse» (dont j’avais consacré un article dans mon blog) est le fruit d’une recherche documentaire soigneuse.

Le treizième article de la nouvelle encyclopédie est intitulé «L’usure du cerveau». L’auteur parle d’un neuropsychologue américain, le professeur Rosenzweig, de l’université de Berkeley, qui a voulu connaître le rôle du milieu sur nos facultés cérébrales. Werber parle d’une expérience sur des hamsters. Ces animaux furent occupés par diverses activités et Rosenzweig aurait remarqué des différences corticales par rapport aux autres hamsters qui étaient restés oisifs. Werber affirme que les hamsters actifs ont une élévation de masse cortical de 6% par rapport au groupe témoin, et que les neurones sont 13% plus gros que ceux du groupe témoin. Sur la base de ces affirmations, j’en ai déduit que la densité des neurones aura diminué concernant les hamsters actifs par rapport aux hamsters oisifs. Pourquoi la densité a t-elle varié significativement ? Bizarre…

Rosenzweig est le nom de plusieurs homonymes. Une recherche sur Google permet d’en apprendre plus. Mark R. Rosenzweig (1922-2009) était un chercheur authentique, il a travaillé sur la neuroplasticité des animaux. Rosenzweig a montré que le cerveau animal ne devient pas mature après l’enfance mais qu’il continue de se développer, de se modeler, et de s’adapter. C’est tout.

L’expérience de Rosenzweig, narrée par Werber, a été réalisée en 1947, mais avec des rats, pas avec des hamsters. Oui, encore une erreur…

En réalité, Rosenzweig a montré qu’un milieu enrichi (des jeux pour les rats) augmente l’activité d’une enzyme : la cholinestérase. Werber n’explique rien à ce sujet. Une enzyme est une protéine. C’est seulement en 1962 que Rosenzweig découvrit que les rats joueurs ont un volume cortical augmenté. Mais concernant la masse corticale, je n’en sais pas plus. Il n’y eut donc pas une mais plusieurs expériences, avec des rats, et étalées sur plusieurs années (sur 15 ans au moins).

Une lacune flagrante dans l’encyclopédie de Werber : aucune source n’est citée quelque soit le sujet abordé.

L’auteur commet à plusieurs reprises des inexactitudes. Inexactitudes volontaires, peut-être. Il a peut-être voulu délibérément et implicitement tester l’esprit critique des lecteurs, et si c’est cela, il a bien fait, il aura montré une réalité : la cécité scientifique du public, l’absence d’esprit critique des lecteurs. En tout cas, si c’était une expérience sociologique ou de psychologie sociale, elle est concluante… Si tous ses lecteurs avaient un niveau de formation scientifique (filière bac S ou filières du bac technologique), il n’aurait peut-être pas autant de succès en littérature… Mais cependant, des lecteurs issus de filières scientifiques et qui sont dépourvus d’esprit critique, ça existe, j’en ai déjà vus…

Le trente-huitième article de la nouvelle encyclopédie concerne les sphères. L’auteur affirme que pleins de choses sont sphériques : des atomes aux planètes. En fait, à propos des planètes, ce sont des sphères imparfaites (on parle plutôt même de boules quand elles sont pleines de matière, la sphère désigne la délimitation formée par sa surface). En ce qui concerne les atomes, ce ne sont pas non plus exactement des sphères. Une incertitude existe sur la position des électrons en mouvement autour du noyau atomique. La forme des atomes est un "nuage" électronique, c’est flou et imprécis. À notre échelle, on considère les particules comme ponctuelles plutôt que sphériques ou ellipsoïdales. À l’échelle subatomique, tout est flou (d’après les bases de la physique quantique). Les lycéens en Terminale (filières scientifiques) savent cela. Les atomes sont improprement des sphères, ils ont même des orbitales étirées (selon les différentes couches électroniques). Les orbitales relèvent plus de la probabilité sur la position des électrons que sur des formes précises comme celles que l’on voit à notre échelle (voir l’équation de fonction d’onde de Schrödinger, celle-ci correspond à une amplitude de probabilité). Ainsi, évoquer une forme sphérique idéale pour des atomes, par rapport aux paramètres probabilistes en physique quantique, ça n’a guère de sens…

Werber parle aussi des quatre interactions fondamentales de l’univers : la gravitation, l’interaction électromagnétique, l’interaction faible et l’interaction forte. Werber prétend alors que l’interaction forte confine les particules dans le noyau atomique et que l’interaction faible confine les quarks ensemble. Encore une erreur, l’auteur a inversé les faits : l’interaction faible assure la cohésion des nucléons entre eux (protons et neutrons), et les quarks sont confinés par l’interaction forte.

Dans le livre «L’ultime secret», à la première page, Werber nous livre une citation d’Einstein : «Nous n’utilisons que 10% de nos capacités cérébrales». Après vérification sur Google, avec la citation mot pour mot en critère de recherche, je tombe sur un site web suisse, unique résultat, et qui suggère ce texte : ««Nous n’utilisons que 10% de nos capacités cérébrales», clamaient les scientologues il y a 30 ans.». Quelle surprise… La citation est attribuée à tort à Einstein, elle est apocryphe. Comme Einstein avait été naturalisé américain, il aurait certainement écrit sa citation en anglais s’il en avait été l’auteur. J’ai relancé la recherche sur Google mais en anglais. Je tombe sur cette page du Wikipedia anglophone : http://en.wikipedia.org/wiki/Ten_percent_of_brain_myth
L’utilisation du cerveau à 10% est un mythe, une légende urbaine, une rumeur infondée. Voici la page francophone : fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_l%27utilisation_incompl%C3%A8te_du_cerveau
Ce mythe est habituellement entretenu de nos jours par la mouvance New Age… Par ailleurs, les oeuvres de fiction véhiculent beaucoup d’idées reçues dont celle-ci.
Les technologies d’imagerie cérébrale telles que la tomographie par émission de positons (TEP) et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) permettent de suivre l’activité cérébrale d’un humain vivant. Elles démontrent que chaque partie du cerveau est en activité, au moins partiellement, même pendant le sommeil. Les seules zones qui sont inactives sont des zones lésées gravement.
Quand même, faire croire qu’Einstein ait dit une citation sur un sujet farfelu, alors qu’il ne la jamais dite ni écrite, c’est comme renier ses compétences alors qu’il a beaucoup contribué à la physique, et cela n’est pas honorer sa mémoire…

Enfin, je termine par un article de Werber, intitulé «142857», dans le roman «Nous les dieux», et présent, semble t-il, dans la «Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu». Werber semble s’intéresser aux jeux mathématiques, connus aussi sous le nom de mathématiques récréatives. Malgré leur caractère ludique, le jeu mathématique que l’on va aborder fait partie de la théorie des nombres. C’est même l’une de mes spécialités préférées en maths. C’est amusant et cela vaut de s’intéresser sur ce que Werber dit. Je cite l’auteur : «Le carré de 142 857 est 20408122449. Ce nombre est formé de 20 408 et 122 449, dont l’addition donne… 142 857. Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome V». J’ai aperçu cette affirmation partiellement via Google, n’ayant malheureusement pas le texte en entier.
En substance, Werber semble attribuer au nombre entier 142857 des propriétés remarquables, dont celle dont je viens de citer.
Mais ce nombre fait-il figure de candidat unique, ou n’est-il qu’un nombre parmi de nombreux autres partageant les mêmes propriétés. Une démonstration complète avec des polynômes est fastidieuse, alors j’ai utilisé un moyen de calcul informatique. J’avais pensé au préalable au langage Perl mais l’écriture du code risquait d’être très compliquée. J’ai rapidement préféré le choix du langage Python dont la subtilité permet d’écrire un code bien plus simplifié que l’on ne le croyait. On va utiliser la base décimale. L’algorithme est le suivant : on prend un entier, on l’élève au carré, on scinde en deux séquences le nombre obtenu à peu près dans sa partie centrale, on aura donc soit deux entiers à 6 chiffres chacun, soit deux entiers dont l’un a 5 chiffres et l’autre 6 chiffres, soit 6 et 5 chiffres respectivement.

Voici le code source de mon programme en Python :

#!/usr/bin/python
n = 1000
while (n <= 999999):
carre = n * n
sq = str(carre)
seq1 = sq[0:5]
seq2 = sq[5:11]
q1 = long(seq1)
q2 = long(seq2)

somme = q1 + q2
if (somme == n):
print "(",n,")^2 = ", sq, " : ", seq1," + ",seq2," = ",str(somme)

seq3 = sq[0:6]
seq4 = sq[6:14]

q3 = long(seq3)
q4 = long(seq4)

somme = q3 + q4
if (somme == n):
print "(",n,")^2 = ", sq, " : ", seq3," + ",seq4," = ",str(somme)

n=n+1

—————————————

J’ai entre-temps amélioré le code en nuançant les séquences scindées, pour affiner les résultats.
Les résultats sont intéressants : le nombre 142857 n’est pas le seul à avoir la propriété définie par Werber. Il y en a par dizaines.
Preuve ci-dessous :

( 1000 )^2 =  1000000  :  1000  +  000  =  1000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 4950 )^2 =  24502500  :  2450  +  2500  =  4950
( 5050 )^2 =  25502500  :  2550  +  2500  =  5050
( 7272 )^2 =  52881984  :  5288  +  1984  =  7272
( 7777 )^2 =  60481729  :  6048  +  1729  =  7777
( 9999 )^2 =  99980001  :  9998  +  0001  =  9999
( 10000 )^2 =  100000000  :  10000  +  0000  =  10000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 17344 )^2 =  300814336  :  3008  +  14336  =  17344
( 22222 )^2 =  493817284  :  4938  +  17284  =  22222
( 38962 )^2 =  1518037444  :  1518  +  037444  =  38962
( 77778 )^2 =  6049417284  :  60494  +  17284  =  77778
( 82656 )^2 =  6832014336  :  68320  +  14336  =  82656
( 95121 )^2 =  9048004641  :  90480  +  04641  =  95121
( 99999 )^2 =  9999800001  :  99998  +  00001  =  99999
( 100000 )^2 =  10000000000  :  100000  +  00000  =  100000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 142857 )^2 =  20408122449  :  20408  +  122449  =  142857
( 148149 )^2 =  21948126201  :  21948  +  126201  =  148149
( 181819 )^2 =  33058148761  :  33058  +  148761  =  181819
( 187110 )^2 =  35010152100  :  35010  +  152100  =  187110
( 208495 )^2 =  43470165025  :  43470  +  165025  =  208495
( 318682 )^2 =  101558217124  :  101558  +  217124  =  318682
( 329967 )^2 =  108878221089  :  108878  +  221089  =  329967
( 351352 )^2 =  123448227904  :  123448  +  227904  =  351352
( 356643 )^2 =  127194229449  :  127194  +  229449  =  356643
( 389620 )^2 =  151803744400  :  15180  +  374440  =  389620
( 390313 )^2 =  152344237969  :  152344  +  237969  =  390313
( 461539 )^2 =  213018248521  :  213018  +  248521  =  461539
( 466830 )^2 =  217930248900  :  217930  +  248900  =  466830
( 499500 )^2 =  249500250000  :  249500  +  250000  =  499500
( 500500 )^2 =  250500250000  :  250500  +  250000  =  500500
( 533170 )^2 =  284270248900  :  284270  +  248900  =  533170
( 538461 )^2 =  289940248521  :  289940  +  248521  =  538461
( 609687 )^2 =  371718237969  :  371718  +  237969  =  609687
( 627615 )^2 =  393900588225  :  39390  +  0588225  =  627615
( 643357 )^2 =  413908229449  :  413908  +  229449  =  643357
( 648648 )^2 =  420744227904  :  420744  +  227904  =  648648
( 670033 )^2 =  448944221089  :  448944  +  221089  =  670033
( 681318 )^2 =  464194217124  :  464194  +  217124  =  681318
( 791505 )^2 =  626480165025  :  626480  +  165025  =  791505
( 812890 )^2 =  660790152100  :  660790  +  152100  =  812890
( 818181 )^2 =  669420148761  :  669420  +  148761  =  818181
( 851851 )^2 =  725650126201  :  725650  +  126201  =  851851
( 857143 )^2 =  734694122449  :  734694  +  122449  =  857143
( 961038 )^2 =  923594037444  :  923594  +  037444  =  961038
( 994708 )^2 =  989444005264  :  989444  +  005264  =  994708
( 999999 )^2 =  999998000001  :  999998  +  000001  =  999999
( 5479453 )^2 =  30024405179209  :  300244  +  05179209  =  5479453
( 8161912 )^2 =  66616807495744  :  666168  +  07495744  =  8161912

En recherchant sur Google, avec les mots-clés suivants (en provenance de mes résultats) : "142857 148149 181819 187110 208495", j’ai regardé s’il existait une liste répertoriée de ces nombres.
Je constate alors que ces nombres sont connus sous le nom de nombres de Kaprekar, d’après le nom d’un mathématicien indien qui les a étudiés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Kaprekar

En me renseignant sur le web, j’ai pu apercevoir dans quelques forums des reproductions du texte de Werber sur le nombre 142857, et il apparaît que l’auteur n’a pas daigné mentionner que 142857 (parmi d’autres nombres du même type) est un nombre de Kaprekar. La moindre des choses serait de nommer les choses que l’on raconte, histoire de permettre aux lecteurs intéressés de se renseigner et d’approfondir le sujet s’ils le désiraient.

Une autre remarque à propos du nombre 142857, c’est que Werber a montré que les multiples de ce nombre (du facteur 1 au facteur 9) sont composés des mêmes chiffres dans le désordre (en base 10) du nombre initial. Des anagrammes numériques en quelque sorte. Propriété extraordinaire ou plutôt assez banale ? Particularité de ces nombres : ils ne comportent pas le chiffre zéro.

J’ai conçu un programme en langage Perl. En voici le code source, adapté en particulier pour les nombres à 4 chiffres.

#!/usr/bin/perl

for ($a = 1; $a <= 9; $a++)
{
for ($b = 1; $b <= 9; $b++)
{
for ($c = 1; $c <= 9; $c++)
{
for ($d = 1; $d <= 9; $d++)
{

$nombre = (1000 * $a) + (100 * $b) + (10 * $c) + $d;

for ($factor = 2; $factor <= 9; $factor++)
{
$multiple = $factor * $nombre;

for ($z = 1; $z <= 9; $z++)
{
for ($y = 1; $y <= 9; $y++)
{
for ($x = 1; $x <= 9; $x++)
{
for ($w = 1; $w <= 9; $w++)
{

$verif = (1000 * $z) + (100 * $y) + (10 * $x) + $w;

if ($verif == $multiple)
{
$sommenombre = $a + $b + $c + $d;
$sommemultiple = $w + $x + $y + $z;
$produitnombre = $a * $b * $c * $d;
$produitmultiple = $w * $x * $y * $z;

if (($sommenombre == $sommemultiple) and ($produitnombre == $produitmultiple))
{
print "$nombre x $factor = $multiple  \n\a";
} # end if algo

$w = $x = $y = $z = 9;
} # end if verif

}  # end for w
}  # end for x
}  # end for y
}  # end for z

}   # end for factor

}  # end for d
}  # end for c
}  # end for b
}  # end for a

########### END ##################

Voici le résultat pour les nombres à 4 chiffres :

1359 x 7 = 9513
1386 x 6 = 8316
1782 x 4 = 7128
2178 x 4 = 8712
2475 x 3 = 7425

Il existe en effet plusieurs nombres de type anagrammatique parmi les nombres à 4 chiffres, mais ils sont néanmoins relativement peu nombreux : 5 cas pour 9000 entiers à 4 chiffres non nuls (dans l’intervalle 1000 à 9999).

Maintenant, après amélioration du programme Perl, voici une partie (et non la totalité) des nombres anagrammatiques à 5 chiffres ci-dessous, ils sont significativement plus nombreux que ceux à 4 chiffres. La quantité d’anagrammes numériques semble augmenter sensiblement avec le nombre de chiffres par nombre. Ainsi, plus un nombre est grand, plus il sera susceptible d’avoir des anagrammes. Cela voudrait même dire qu’il existerait une infinité d’anagrammes numériques, et le nombre 142857 est très loin d’être le seul…
J’ai constaté que le programme pouvait parfois générer des nombres qui ne sont pas anagrammes, il arrive que cela ne soit pas les mêmes chiffres, j’ai ôté ces erreurs dans le résultat ci-dessous :

11688 x 7 = 81816
11883 x 7 = 83181
12375 x 3 = 37125
13359 x 7 = 93513
13449 x 7 = 94143
13599 x 7 = 95193
13659 x 7 = 95613
13986 x 6 = 83916
14247 x 3 = 42741
14724 x 3 = 44172
14859 x 6 = 89154
15192 x 6 = 91152
16782 x 4 = 67128
17832 x 4 = 71328
17982 x 4 = 71928
19728 x 4 = 78912
19782 x 4 = 79128
21678 x 4 = 86712
21783 x 4 = 87132
21798 x 4 = 87192
21978 x 4 = 87912
23751 x 3 = 71253
23958 x 4 = 95832
24147 x 3 = 72441
24714 x 3 = 74142
24876 x 3 = 74628
24975 x 3 = 74925
27585 x 3 = 82755
28575 x 3 = 85725

Je dénombre 29 nombres à 5 chiffres qui possèdent chacun un anagramme numérique.

En ce qui concerne les anagrammes numériques à 6 chiffres dont 142857 fait partie, je conjecture qu’il en existerait des dizaines ou des centaines (c’est directement vérifiable par calcul informatique, mais c’est très long…). Avec les résultats comme indices ci-dessus, on voit que le nombre 142857 n’est donc pas une exception.

Mais quelle est la probabilité pour qu’un nombre soit à la fois un nombre de Kaprekar et un nombre ayant des anagrammes numériques ? Je suppose que cette probabilité augmente d’autant plus que le nombre est grand. Pour les nombres inférieurs à 142857, la probabilité pourrait être nulle ou presque (je n’ai pas vérifié mais c’est plausible). Mais pour les nombres supérieurs à 142857, jusqu’à l’infini, la probabilité augmente vraisemblablement.

Pour approfondir et terminer ce dernier sujet, je vais parler d’un type particulier d’anagrammes numériques.
Examinons cette forme suivante : 23958 x 4 = 95832. On voit le terme 958 de part et d’autre, puis 23 qui est permuté pour former 32.
J’ai développé un programme simple qui permet de générer tous les nombres anagrammes de cette forme précise pour les entiers à 5 chiffres.

#!/usr/bin/perl
for ($w = 1; $w <= 9; $w++)
{
for ($x = 0; $x <= 9; $x++)
{
for ($z = 1; $z <= 9999; $z++)
{
$nombre = 1000 * ((10 * $w) + $x) + $z;
$multiple = (100 * $z) + (10 * $x) + $w;
$modulo = $multiple % $nombre;
if ($modulo == 0)
{
$div = $multiple / $nombre;
if (($div >= 2) and ($div <= 9))
{
print "$nombre x $div = $multiple \n";
}
}

}
}
}

Pour les nombres à 5 chiffres : 3 cas de ce type de nombres.

10989 x 9 = 98901
12903 x 7 = 90321
23958 x 4 = 95832

Maintenant, je teste la forme particulière [aaabbb] de façon à ce que le multiple (qui est un anagramme) soit de la forme [bbbaaa], pour les nombres à 6 chiffres.

Voici le code Perl :

#!/usr/bin/perl
for ($w = 1; $w <= 999; $w++)
{
for ($x = 1; $x <= 999; $x++)
{
$nombre = 1000 * $w + $x;
$multiple = 1000 * $x + $w;
$modulo = $multiple % $nombre;
if ($modulo == 0)
{
$div = $multiple / $nombre;
if (($div >= 2) and ($div <= 9))
{
print "$nombre x $div = $multiple \n";
}
}

}
}

J’obtiens ceci :
142857 x 6 = 857142

Cela se complique si on cherche pour les nombres de plus de 6 chiffres.
Mais maintenant, j’essaie autre chose : les anagrammes palindromes. L’intérêt ici est qu’on prenne enfin en compte les zéros intercalaires.

1 cas pour les entiers à 4 chiffres : 2178 x 4 = 8712
2 cas pour les entiers à 5 chiffres : 10989 x 9 = 98901 et 21978 x 4 = 87912
2 cas pour les entiers à 6 chiffres : 109989 x 9 = 989901 et 219978 x 4 = 879912
2 cas pour les entiers à 7 chiffres : 1099989 x 9 = 9899901 et 2199978 x 4 = 8799912
4 cas pour les entiers à 8 chiffres : 10891089 x 9 = 98019801 et 10999989 x 9 = 98999901 et 21782178 x 4 = 87128712 et 21999978 x 4 = 87999912
4 cas pour les entiers à 9 chiffres : 108901089 x 9 = 980109801 et 109999989 x 9 = 989999901 et 217802178 x 4 = 871208712 et 219999978 x 4 = 879999912
6 cas pour les entiers à 10 chiffres : 1089001089 x 9 = 9801009801 et 1098910989 x 9 = 9890198901 et 1099999989 x 9 = 9899999901 et 2178002178 x 4 = 8712008712 et 2197821978 x 4 = 8791287912 et 2199999978 x 4 = 8799999912
Après, le temps de calcul est nettement trop long…

Le but de cette présentation ? Montrer une preuve empirique que les anagrammes (les anagrammes palindromes ici en particulier) se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure que les entiers comportent davantage de chiffres. Par conséquent, à défaut d’une démonstration mathématique complète (hélas !), il existerait une infinité d’anagrammes, afin d’illustrer que le nombre 142857 ne fait pas figure d’exception.

Voila, c’est la fin du dossier. Peut-être que cela vous aura convaincu, mais je ne me fais pas d’illusion.

Pour résumer, nous avons eu affaire à un anachronisme historique évident (la date de la mort de Moctezuma), à une confusion flagrante sur les proportions chimiques de l’hydrogène et de l’hélium concernant la composition chimique de l’univers (confondue avec celle du soleil), puis l’évocation des réalités parallèles dont l’existence ne peut être prouvée, ni réfutée. Ensuite, la bourde concernant le saut d’un électron d’une orbitale à l’autre (l’auteur a inversé le fait, entre l’émission d’un photon et l’absorption). Ensuite, l’auteur a confondu les rats avec des hamsters, puis il y a la bourde à propos des interactions forte et faible (il a inversé l’attribution des nucléons et celle des quarks à leur interaction respective, en confondant l’interaction forte et l’interaction faible). Ensuite, il y a le non-sens de l’attribution d’une forme sphérique parfaitement déterminée pour les atomes lorsqu’on sait que la physique quantique établit qu’à l’échelle atomique les formes sont plutôt floues et probabilistes. Pire, l’auteur fait parler Einstein et lui attribue une citation apocryphe fantaisiste… Pour finir, il y a ce fameux nombre 142857, présenté implicitement comme miraculeux, ou plutôt comme quelque chose d’unique. J’ai montré empiriquement (par des programmes informatiques dont j’ai fourni le code source ici) que le nombre 142857 n’était pas isolé et que d’autres nombres présentaient les mêmes propriétés.

Seule une partie de l’ESRA a été analysée, le dossier n’aura établi qu’une partie des erreurs pouvant y exister. Autant d’erreurs, ce n’est pas seulement du fait que l’erreur est humaine. Cela semble délibéré. Ou alors l’ESRA aura été écrit à la hâte. Toutes ces erreurs pourraient nous inciter à grogner, mais enfin bon… Elles révèlent cependant, et c’est intéressant, que beaucoup de lecteurs peuvent prendre toute anecdote comme une vérité alors que la moindre recherche documentaire (qui n’est pas si compliquée à réaliser, bien que ça prenne du temps) aurait mis en évidence ces erreurs, et inciter au doute.

Pour conclure :
Des erreurs volontaires pour concevoir une oeuvre de fiction, et que d’aucuns considèrent sans ambiguïté l’oeuvre comme une fiction, cela ne nécessite pas de recadrage critique. Cependant, quand des erreurs (délibérées ou non) s’amoncellent dans une oeuvre de fiction qui est considérée à tort par certains lecteurs comme étant un matériel pédagogique authentique, alors un recadrage critique est nécessaire et utile. D’une part, l’on ne confond pas la science-fiction avec la science, l’on ne doit pas confondre non plus la science avec la science fictive. Voila, c’est tout ce que je voulais dire.

Maintenant vous pouvez quitter cette page et reprendre une activité normale.  ;)

© 2014 John Philip C. Manson

News

C’est la rentrée !

Tiens ? WordPress a changé complètement le design de l’interface d’édition des articles. C’est plus simple, mais je trouve que la structure d’autrefois était meilleure… Je n’aime pas trop les changements d’habitude, j’ai l’impression de me perdre. Le nouveau design a un fonctionnement tellement lent que la publication ne se fait même pas… Fort heureusement, il est toujours possible d’utiliser l’ancien mode d’édition, c’est ce que j’ai fait.

«Il existe désormais un système de création plus simple avec WordPress.com ! Optez pour une expérience de publication améliorée». Tsss, mon oeil… L’ancien mode de publication, il marche, lui.

J’ai peu publié sur mon blog ces derniers temps. Je suis très occupé. Parfois blasé. Des soucis, notamment une santé fragile (c’est assez pénible, notamment pour marcher) mais mon projet professionnel est en train de se concrétiser malgré tout. Pas facile, mais je n’ai pas le choix. De l’angoisse aussi, car je prépare quelque chose qui est nouveau pour moi.

Il ne me reste plus beaucoup de temps, ni même la motivation, pour entretenir régulièrement mon blog. Néanmoins, j’ai préparé un gros article rédigé en plusieurs jours pendant le mois d’août dernier (c’est inhabituel de ma part car ordinairement j’improvisais souvent). Cet article sera publié très bientôt. Après, je ne sais pas quand j’en publierai d’autres.

Ce blog a connu des périodes prolifiques, et a été marqué aussi par des moments de doute, mais je suis toujours revenu malgré tout. Il y a des hauts et des bas, que cela vienne de soi ou des circonstances où l’on n’a pas trop le choix.

La santé, et une attitude positive, c’est aussi important que l’esprit critique. S’il est déconseillé de croire n’importe quoi, croyez néanmoins en vous-mêmes.

© 2014 John Philip C. Manson

Le réchauffement climatique noyé dans l’océan Atlantique ?

«Selon une étude, des courants entraînent cycliquement une énorme quantité d’énergie dans les entrailles de l’océan. Assez pour atténuer la hausse des températures.»

Quoi ? Ce n’est que maintenant, au bout de 16 années, qu’ils découvrent la circulation thermohaline des océans ? Ils doivent tomber des nues…

 

L’ensemble de l’article du Point met en exergue plusieurs choses :

  • Prendre en compte un nouveau paramètre climatologique implique que les modèles de prédictions antérieurs étaient faux, inexacts ou incomplets par rapport au nouveau modèle corrigé par la prise en compte du nouveau paramètre climatologique. Jusqu’au prochain paramètre qui sera pris en compte lui aussi… (En effet, un modèle ne peut prétendre à la fiabilité s’il existe des paramètres manquants ou erronés).
  • En thermodynamique, on sait que l’eau chaude est moins dense que l’eau froide (comme l’air chaud d’un aérostat) : l’eau échauffée s’élève vers la surface, et l’eau refroidie retombe vers le fond. «Une énorme énergie entraînée dans les entrailles de l’océan», ça dit implicitement que l’eau chaude s’enfonce, alors que c’est le contraire d’après la poussée d’Archimède… Le magma sécrété par la dorsale médio-atlantique (et à l’origine de la dérive des continents) échauffe l’eau océanique profonde, entraînant une convection thermique océanique. Donc pas seulement à cause de l’atmosphère terrestre soumise au réchauffement climatique. Vu dans l’article : "Cette découverte est une surprise, car cette théorie des courants entraînant la chaleur vers les fonds océaniques pointait plutôt vers le Pacifique comme principale source de la chaleur manquante". Comment cette chaleur est entraînée vers les fonds si l’eau chaude est moins dense que les eaux froides qui stagnent au fond ? N’y a t-il pas un problème ?
  • Les océans sont des réservoirs à chaleur, oui, mais il reste difficile de quantifier cela en raison de grandes incertitudes. Fait-on de nombreux relevés de températures à diverses profondeurs des océans et partout sur tous les océans ? J’en doute. D’où des incertitudes évidentes.
  • Les prédictions climatiques paraissent bien biaisées du fait que nous découvrons peu à peu de nouveaux paramètres qui viennent compléter les modèles.

Quand on nous promet le pire, comme ici : http://www.20min.ch/ro/news/science/story/Les-m-t-orologues-se-pr-parent-au-pire-28306016 , cela me laisse l’impression qu’on se paie notre tête…

L’on devrait se contenter des faits par des observations, tandis que maintes fois le futurisme s’est trompé.

Mais oui, les océans vont se mettre à bouillir, nous allons cuire comme des langoustes… On assaisonne avec du basilic ou de la mayonnaise ?  ;)

Les scénarios catastrophes se multiplient, on s’y habituerait presque… C’est fou, cet acharnement des cassandres qui veulent absolument punir les hommes…

Je «crois» à la méthode scientifique par l’observation des faits. Je ne crois pas du tout aux modèles prédictifs par simulation informatique : ça ne marche pas à la Bourse, ça ne nous épargne pas des crises économiques… À la limite, on pourrait parler de probabilités. Mais de certitudes, non.

Puis en mal de sensations fortes, les journalistes adorent exagérer et font monter la sauce… La marge fournie par le dernier rapport du GIEC est une élévation de température moyenne comprise entre 0,3°C et 4,8°C pour 2100. Seul le dernier chiffre a été retenu par la plupart des médias…

Un mystère mérite d’être éclairci : en quoi le GIEC a-t-il mérité le prix Nobel de la Paix ? Pourquoi ne lui a t-on pas attribué un prix scientifique comme le prix Nobel de physique ?

 

© 2014 John Philip C. Manson

Les calculs hasardeux de l’empreinte écologique

Oh putain, c’est la première fois (ou l’une des premières fois) que je rencontre un avis critique sur les calculs de l’empreinte écologique ;) :

 

Les calculs selon lesquels la planète ne suffira bientôt plus, compte tenu de notre empreinte écologique, ne tiennent pas vraiment la route. Par Bjorn Lomborg, directeur du Copenhagen Consensus Center.

Je cite : «Ce talon d’Achille de l’empreinte écologique a été soulevé depuis plusieurs années dans la littérature académique. En 2002, l’un de ses plus fervents défenseurs affirmait déjà que : "la théorie qui consiste à assimiler l’empreinte écologique des émissions de CO₂ à la superficie terrestre requise pour absorber le carbone émis, est considéré par la plupart des promoteurs d’une empreinte écologique durable – dont nous-mêmes – comme difficile à défendre." L’article académique "Why the ecological footprint is bad economics and bad environmental science" a été publié dans ce contexte, et selon une critique récente, "les mesures de l’empreinte écologique, telles qu’elles sont établies et présentées actuellement, sont tellement erronées qu’elles ne peuvent être utilisées dans un contexte scientifique ou politique sérieux.

 

J’avais moi-même dans mon blog montré en détails l’incohérence des calculs sur l’empreinte carbone : rien ne collait… Même dans un de mes articles récents au sujet de l’annuaire en papier des Pages Jaunes, quelque chose ne collait pas, et je n’ai toujours pas trouvé d’où venait les différences de résultats… Le plus flagrant, c’est les incohérences rencontrées à partir des citations écolos livrées par Pascal Bruckner dans son livre intéressant : «Les fanatiques de l’apocalypse». Cela divergeait quand on comparait les résultats de calculs. Je me demande toujours, à l’heure actuelle, quels sont les détails des calculs réalisés par les spécialistes de l’empreinte écologique, notamment d’après tout ce qu’on peut lire sur le web… C’est un mystère pour moi.

Les mieux placés pour effectuer des évaluations sur le carbone, ce sont les chimistes (plutôt que les économistes ou les militants écolos). Non ? Le carbone comme une fin en soi, c’est excessivement simpliste dans l’écologie, c’est plus une apologie (numérologique ?) à la mode que comme un moyen véritable pour trouver des solutions lucides et urgentes.

Les critiques contre l’empreinte écologique commençaient à se faire attendre… L’écologisme idéologique punitif est une dérive à dénoncer, l’heure est venue pour réhabiliter l’écologie scientifique et la replacer dans son contexte.

En aucune manière je ne conteste ni ne nie la réalité de problèmes environnementaux graves (pollution des océans par le pétrole et les plastiques, braconnage et massacre des espèces en voix de disparition, déforestation intensive, pollution des régions agricoles par les engrais et pesticides, empoisonnement des abeilles, intoxication de l’air à cause des gaz et fumées de combustions, accumulation des déchets nucléaires, accumulation du CO2 dans l’atmosphère terrestre…). Ce sont des réalités préoccupantes auxquelles il faut des solutions intelligentes et adaptées. L’objet de la critique porte sur la pertinence des calculs sur l’empreinte écologique, et cette critique est légitime et nécessaire. Il faut des solutions fiables. Pourquoi nous fierions nous à des calculs erronés ? Pourtant, certains en ont fait l’apologie, voire même un dogme. Soyons lucides, rationnels et logiques.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

-

P.S. :  Ayant déménagé pour raisons professionnelles, j’utilise actuellement une connexion internet précaire (temporaire) de technologie antérieure à la 3G (connexion de merde ! seulement 5 à 15 Ko/s au lieu de 1 Mo/s). J’ai hâte d’avoir bientôt une box ADSL… L’internet par téléphonie mobile, une horrible abomination, une aberration…